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Inde : appel au pape pour la reconnaissance du martyr des victimes des violences en Orissa

Les catholiques d’Inde écrivent au Pape François en demandant d’accélérer le processus visant à déclarer martyrs les victimes des violences qui, voici dix ans, transformèrent le district de Kandhamal de l’Etat indien de l’Orissa en un lieu où des groupes extrémistes hindous perpétrèrent un nettoyage ethnique à l’encontre des chrétiens du cru.

A l’occasion du X° anniversaire de cette tragédie, une lettre a été envoyée au Pape par John Dayal, laïc catholique indien, intellectuel et ancien Président de la All India Catholic Union, le plus ancien mouvement de laïcs en Asie. Le texte de la missive reconnaît « la force de la foi des plus pauvres et des plus vulnérables de la communauté », en s’inspirant d’eux pour écrire au Pape. Après l’antique évangélisation du sous-continent, les fidèles indiens « vivent dans la sécurité d’une Inde démocratique et républicaine dont la Constitution garantit la liberté de foi. Depuis l’indépendance, il s’est agi d’une garantie suffisante. Nous avons vécu en paix » peut-on lire dans le texte parvenu à Fides.

La lettre rappelle « mais des moments traumatisants ont marqué notre histoire. Au cours de la fin du XVIII° siècle, le Sultan de Mysore, Tipu, fit prisonniers 100.000 catholiques de la côte ouest du Kerala et de Mangalore. Un grand nombre d’entre eux mourut sous la torture et à cause de maladies. Jusqu’en 2008, il s’agissait de la plus importante violence commise à l’encontre de la communauté catholique et jusqu’ici les victimes n’ont pas reçu la récompense qu’elles méritent ».

Ensuite arriva la tragédie : « En 2008, au sein du district de Kandhamal, dans l’Etat de l’Orissa, nous avons assisté au deuxième plus important pogrom à l’encontre des chrétiens. Il a débuté le 25 août 2008 sous la conduite de bandes d’extrémistes, l’Etat se démontrant complice. Le nombre des morts aurait pu être aussi élevé que voici trois siècles mais le salut a été offert par la forêt dense qui entourait villages et maisons ».

Plus de 60.000 enfants, femmes et hommes, âgés, jeunes, nouveaux-nés ou non encore nés, ont fui dans la forêt. Plus tard, 30.000 d’entre eux ont vécu un an dans des camps d’évacués mis en place par le gouvernement. Dans plus de 400 villages, a été menée une épuration des chrétiens. Par ailleurs, 6.000 maisons ont été détruites tout comme plus de 300 églises et tout institut à caractère social géré par des ordres religieux ou des religieuses. De plus, 120 personnes ont été tuées dont le Père Bernard Digal, prêtre dalit et Trésorier de l’Archidiocèse de Cuttack Bhubaneswar, sur le territoire duquel se trouve le district de Kandhamal. Des pasteurs et prédicateurs laïcs chrétiens ont également perdu la vie, tués à l’épée, à coups de machette ou par le feu. Ils ont courageusement affronté la mort plutôt que de renier leur foi. De nombreuses femmes ont été violées dans ce cadre dont une religieuse ».

« Dix ans après, la majeure partie des assassins sont en liberté. Des années de procès allant jusqu’à la Cour Suprême d’Inde ont été nécessaires pour obtenir un dédommagement proportionné et pour reconstruire leurs maisons. Cependant, reconstruire des vies est une question différente. Les jeunes ont dû interrompre leurs études. Les enfants souffrent de traumatismes. Les familles ont été détruites et aujourd’hui, elles ne disposent pas de moyens de subsistance ».

Toutefois, « leur force d’âme et leur foi – poursuit la lettre – ont constitué un phare spirituel pour la communauté des fidèles indiens. Nous croyons que la foi des chrétiens de Kandhamal doit être reconnue selon les modalités au travers desquelles l’Eglise a historiquement reconnu un tel sacrifice. Nous avons demandé à l’Archevêque de Cuttack Bhubaneswar et aux Evêques d’Inde à ce que les victimes des violences de 2008 soient reconnues par l’Eglise comme Martyrs de la foi car c’est ce qu’ils sont. Cette reconnaissance renforcera la foi du peuple indien, en particulier à un moment comme celui que nous connaissons actuellement ».

Le texte conclut : « L’Archevêque de Cuttack Bhubaneswar a formellement ouvert le procès. Nous prions et nous demandons au Pape François que ce procès soit accéléré. Cela renouvellera la foi de chacun d’entre nous ».

Source : Agence Fides

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Inde : 50 000 signatures pour demander la libération de 7 chrétiens innocents en Orissa

Alors que s’approche le X° anniversaire des violences antichrétiennes d’août 2008 perpétrées dans l’Etat indien de l’Orissa, la pétition en ligne réclamant la libération de sept chrétiens innocents qui se trouvent incarcérés depuis lors, totalise actuellement plus de 50.000 signatures.

En remerciant tous ceux qui ont adhéré à la campagne en ligne sur le site Internet www.release7innocents.com, le journaliste et activiste chrétien Anto Akkara, auteur de la campagne, a demandé un soutien ultérieur, y compris de la part des institutions et de la société civile afin d’obtenir la tant attendue remise en liberté de ces sept innocents.
Les sept chrétiens en question – Bhaskar Sunamajhi, Bijay Kumar Sanseth, Budhadeb Nayak, Durjo Sunamajhi, Gornath Chalenseth, Munda Badamajhi et Sanathan Badamajhi – se trouvent en détention depuis l’homicide de Swami Laxmanananda Saraswati, le responsable hindouiste assassiné dans la nuit du 23 août 2008. Ce meurtre, faussement attribué aux chrétiens avant d’être revendiqué par un groupe maoïste, servit de prétexte à la vague de violences et de massacres de la population chrétienne dans le district de Kandhamal, en Orissa.

Quelques 100 chrétiens furent tués, 300 églises et 6.000 maisons chrétiennes saccagées et incendiées dans le cadre d’une campagne de violence qui dura pendant des semaines. Les masses hindoues – en majorité analphabètes – furent instiguées à se venger. Un juge du tribunal de première instance a condamné les chrétiens inculpés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’homicide de Swami Laxmanananda Saraswati en 2013 sur la base d’une théorie du complot et d’un certain nombre de témoignages. A la mi 2015, deux hauts fonctionnaires de police ont témoigné devant la Commission d’enquête judiciaire de Kandhamal, affirmant dans ce cadre que les accusations formulées par les témoins étaient fausses. Cependant, le procès en appel des condamnés innocents est encore pendant devant la Haute Cour de l’Orissa.

Le 3 mars 2016, Anto Akkara, qui a relaté les massacres en Orissa, lançant la pétition en ligne. Chaque signature reçue génère trois messages courriel automatiques au Président de la Cour Suprême d’Inde, au Président de l’Union indienne et au Président de la Commission nationale pour les droits fondamentaux. L’auteur a révélé « la fraude et la parodie de justice de Kandhamal » dans son livre d’enquête « Qui a tué Swami Laxmanananda Saraswati ? », présenté au niveau national. Il est désormais clair en effet que ce furent des guérilleros maoïstes à tuer le responsable hindou.

La pétition en ligne a eu un fort élan après qu’à l’automne dernier ait été lancée une campagne de prière spéciale en faveur des sept innocents, diffusée dans toutes les églises d’Inde.

Source : Agence Fides 12/07/2018 – PN

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Inde : l’Eglise à Orissa se prépare à commémorer le 10ème anniversaire des massacres antichrétiens

L’Eglise qui est dans l’Etat indien d’Orissa, dans l’est du pays, se prépare actuellement à célébrer de manière solennelle la commémoration des victimes des massacres antichrétiens de 2008. Ainsi que l’a appris l’Agence Fides, à cette occasion sera célébrée une Messe commémorative dans le district de Kandhamal, théâtre des massacres, en collaboration avec la Conférence épiscopale d’Inde (CBCI).

Une lettre de l’Archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar rappelle que la persécution antichrétienne intervenue à Kandhamal en 2008 arrive à son X° anniversaire le 25 août prochain. Dans la missive, parvenue à Fides, l’Archevêque, S.Exc. Mgr John Barwa, SVD, remarque : « Dans le livre de l’Ecclésiaste, il est dit qu’il existe un temps pour chaque chose. Nous y croyons. Dieu avait une raison et un but pour avoir permis les persécutions de Kandhamal en 2008. Ainsi que l’écrit Saint Paul (2 Co 4, 9), nous sommes persécutés mais pas abandonnés, abattus mais non écrasés ».

« Dans toutes ses difficultés, l’Eglise fait continuellement l’expérience de la présence puissante et de l’accompagnement de Dieu. Prions afin que le Saint Esprit illumine les Eglises persécutées afin qu’elles grandissent continuellement dans la foi » ajoute le texte en annonçant la Messe solennelle du 25 août, qui aura un caractère commémoratif et à laquelle sont invités Cardinaux, Archevêques, Evêques, prêtres, religieux et fidèles afin de se souvenir de « ceux qui ont donné la vie pour le Seigneur et Son Evangile » et de prier « pour que leurs vies puissent nous inspirer et nous encourager » écrit l’Archevêque.

L’Eglise en Orissa invite les Evêques de la CBCI à « s’unir à nous dans la prière en cette occasion privilégiée, sacrée et mémorable ». « Je vous exhorte également à prier sans vous lasser pour la cause des martyrs de Kandhamal. Puisse Saint Thomas, le Saint Patron de l’Archidiocèse, intercéder pour nous afin que nous puissions être guéris de nos blessures et vivre en harmonie et en paix comme frères et sœurs, enfants du Dieu unique » conclut la lettre.

Source : Agence Fides – PN 15/06/2018

D’autres articles sur les massacres d’Orissa :

Inde – Orissa – Neuf ans après les violences antichrétiennes, quelle justice ?

Inde – Déni de justice pour les victimes des massacres

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Inde : une nouvelle loi “anti-conversion”

[Le 18 avril] l’Uttarakhand est devenu le septième État de l’Inde à appliquer une loi « anti-conversion ». […] L’Uttarakhand s’ajoute aux États d’Orissa, de Madhya Pradesh, de Chhattisgarh, de Gujarat, d’Himachal Pradesh et de Jharkhand qui ont adopté des lois anti-conversion que les extrémistes hindous utilisent systématiquement pour accuser faussement les chrétiens de conversions forcées […]. Le Dr John Dayal, porte-parole du United Christian Forum […], a expliqué à Morning Star News […] : « Il n’y a pas de conversions forcées ou frauduleuses de la part des chrétiens, des musulmans ou des sikhs qui puissent être démontrées par les chiffres des recensements ou les statistiques de la police. En l’absence de ces faits, la seule explication possible, c’est que cela a pour but de menacer les minorités religieuses ou de renverser la courbe des conversions chez les Dalits [Intouchables] […]. Nous contesterons cette loi devant les tribunaux et devant l’opinion publique ».

Morning Star News, 30 avril – © traduction CH.

Source : Christianophobie Hebdo

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Orissa – Des chrétiens souffrants mais prêts pour le mois missionnaire extraordinaire

 Les chrétiens de l’Etat indien de l’Orissa, bien que vivant dans une condition de souffrance et de gène, ont une conscience forte et claire du fait qu’ils sont missionnaires en tant que baptisés. Heureux de l’annonce faite par le Pape François, à l’occasion de la Journée missionnaire mondiale, ils se préparent au « Mois missionnaire extraordinaire » dans la joie d’annoncer l’Evangile, conscients que « l’Eglise est missionnaire par nature, autrement il ne s’agirait plus de l’Eglise du Christ mais d’un groupe comme tant d’autres » affirme une source locale de Fides.

L’Orissa a besoin de se développer au niveau économique, social, éducatif et psychologique. Il s’agit du deuxième Etat le plus pauvre de l’Inde, sachant que le district de Kandhamal, qui accueille un grand nombre de chrétiens, est le plus arriéré au niveau socioéconomique. Sur le plan de la liberté religieuse également, les minorités telles que les chrétiens rencontrent des difficultés. L’Orissa est en effet l’un des huit Etats indiens dans lequel est en vigueur une loi anti-conversion, qui limite la liberté religieuse et se trouve également utilisée pour pénaliser les minorités non hindoues. Les chrétiens sont souvent menacés et le fait de se déplacer librement dans le cadre de l’action missionnaire peut parfois signifier s’exposer à des accusations de prosélytisme de la part de groupes extrémistes hindous tels que Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), Bajarangdal et Viswa Hindu Parishad, qui, souvent, frappent les dalits et les adivasis – les populations tribales – certains de se voir garantir l’impunité. Ces groupes ne voient pas d’un bon œil le fait que les deux groupes précités fréquentent des écoles et institutions chrétiennes et si un dalit embrasse la foi chrétienne, il se trouve immédiatement doublement discriminé.
« Après 70 ans d’indépendance, les droits constitutionnellement reconnus, tels que celui à la religion, à l’expression, à la profession de toute religion ne sont pas respectés en Inde. Neuf ans ont passé depuis qu’en 2008, les chrétiens de Kandhamal ont subi un véritable massacre. La Cour Suprême a déclaré le 2 août 2016 que le gouvernement de l’Etat devait fournir une indemnisation adéquate aux victimes, pour les pertes en vies humaines, en maisons, en églises, en institutions endommagées, en propriétés mais cette décision n’a pas été appliquée » rappelle à Fides le Père Manoj Kumar Nayak, récemment intervenu devant le Conseil des Nations unies pour les droits fondamentaux à Genève.
La réalité est qu’au sein de la bureaucratie de l’Etat et du système judiciaire, les hauts fonctionnaires sont seulement hindous, ce qui cause des retards ou des défauts de réponse aux besoins légitimes des minorités chrétiennes. L’Eglise fait actuellement beaucoup en particulier pour les pauvres dalits et adivasis en vue de leur instruction et pour leur fournir une assistance sanitaire. « Les chrétiens – conclut le Père Nayak – de par nature, veulent construire la paix, l’unité et l’harmonie et ce même lorsqu’ils sont pris pour cibles en tant qu’innocents. En cela les chrétiens de Kandhamal représentent un exemple : leur foi est vive et leur témoignage de béatitude évangélique constitue un exemple pour tous les baptisés en Inde ».

 

Source Agence Fides

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Inde – Orissa – Neuf ans après les violences antichrétiennes, quelle justice ?

 Neuf ans après les violences antichrétiennes, quelle justice ?

Le défi représenté par l’extrémisme hindouiste qui traverse la nation constitue l’un des thèmes du débat politique et social qui, en Inde, touche de près la vie des minorités religieuses, surtout musulmanes et chrétiennes. Des groupes radicaux, sympathisants du parti aux affaires, le Baratiya Janata Party du Premier Ministre Narendra Modi, continuent à promouvoir la violence, à répandre la haine et l’intolérance, en suivant l’idéologie de l’hindutva qui voudrait faire de l’Inde une nation de seuls citoyens hindous. Dans ce cadre, revient sur le devant de la scène la situation et les blessures de la population chrétienne de l’Etat de l’Orissa, dans l’est de l’Inde, théâtre de l’une des vagues de violence religieuse les plus importantes de l’histoire nationale : les massacres antichrétiens de 2008.

La population locale en fait régulièrement mémoire et, depuis quelques années, la date du 26 août est observée comme Journée des Martyrs. En 2017 également, des centaines de personnes se sont rassemblées dans le district de Kandhamal, sis sur le territoire de l’Archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, pour commémorer le plus important épisode de violence antichrétienne de l’Inde moderne. « Voici 120 ans, des missionnaires sont arrivés à Kandhamal et ils ont contribué largement au développement de la population dans les domaines de l’éducation et de la santé. Ils n’ont jamais forcé le peuple à se convertir mais il ont adapté et accepté notre culture et nos traditions » a indiqué S.Exc. Mgr Bijay Nayak, Evêque de Phulbani. « Nous sommes fiers d’être indiens et nous avons célébré récemment le 70ème anniversaire de l’indépendance de notre pays ».

« Chaque citoyen est égal en droits et devant la justice mais sept personnes innocentes se trouvent encore en prison pour neuf ans sans avoir commis aucun crime » indique le Père Ajay Kumar Singh, un prêtre de l’Orissa.

En effet, la justice n’a pas été rendue à la population de Kandhamal. Dans le cadre des violences de 2008, 395 églises ont été détruites, plus de 100 personnes ont perdu la vie, 40 femmes ont été victimes de harcèlement sexuel, sans compter la destruction complète d’écoles, de couvents et de maisons à Kandhamal. Les violences ont duré cinq mois. « Les aides et la réhabilitation sont encore en cours » affirme le Père Singh.

Le prêtre cite également l’étude réalisée par l’Avocat près la Cour Suprême Vrinda Grover et par le Pr. Saumya Uma sur le Système d’administration de la justice dans le cas des survivants des violences de Kandhamal. L’étude en question montre que 3.232 plaintes ont été déposées devant les autorités de police mais que seules 827 ont été enregistrées desquelles seules 512 ont eu des suites judiciaires. Les militants ont tué, assassiné, violé et détruit mais aucune action n’a été entreprise contre eux. Ils se promènent dans la rue sans crainte. « Nous disons toujours que nous avons reçu la justice mais où est la justice ? Ils sont laissés en liberté parce que nous sommes des dalits, des membres des minorités et des adivasis » explique le Père Singh.

« Les violences de Kandhamal ont été provoquées par le parti politique et par des hommes d’affaires pour leur propre profit. Aujourd’hui, nous sommes ici pour rechercher la fraternité, la paix et l’harmonie au sein du district » déclare Ram Krishna Panda, membre du Parti communiste d’Inde. « Lorsque nous avons élevé nos voix contre le système de gouvernement, nous avons risqué d’être tués en tant que dalits et adivasis. Mais ceci est également une attaque portée à notre constitution. Laissez-nous prêter serment pour protéger la Constitution » poursuit M. Panda.

« Il est honteux que les victimes des violences de Kandhamal n’aient pas reçu la justice qui leur revient neuf ans après les faits » déclare Amiya Pandav, écrivain et journaliste. « Neuf années se sont écoulées depuis le plus grand crime envers la minorité chrétienne et la justice n’a pas encore été rendue. La décision de la Cour Suprême du 2 août 2016 vis-à-vis du gouvernement de l’Etat n’a pas encore été appliquée. La souffrance, l’agonie et le traumatisme psychologique, la peur de la minorité vis-à-vis des fondamentalistes sont encore présents » indique Jacob Pradhan, membre de l’Assemblée législative. « Outre à rendre un hommage appuyé aux martyrs, nous promettons d’être aux côtés des veuves et des familles des dalits, des pauvres adivasis chrétiens qui doivent encore recevoir des indemnisations adéquates et la justice de la part du gouvernement » affirme M. Pradhan.

« Il est injuste que sept chrétiens innocents soient emprisonnés pour le meurtre du responsable hindou Swami Laxmanananda Saraswati » précise encore M. Pradhan.

Des attaques fortes et bien planifiées ont été programmées par les fondamentalistes, forçant les pauvres dalits et les chrétiens issus de populations tribales à fuir dans la forêt. A partir 24 août 2008 – jour de l’assassinat de Laxmanananda Saraswati Swami – des membres du groupe extrémiste hindou Viswa Hindu Parishad (VHP), organisé durant une procession funéraire parcourant 220 Km, autorisée par l’administration publique.

Le meurtre a eu des conséquences massives et des émeutes eurent lieu dans l’ensemble du district de Kandhamal. Plus de 100 chrétiens innocents furent tués. Une religieuse catholique fut victime d’un viol de groupe. Plus de 6.000 églises, lieu de culte et salles de prière, institutions chrétiennes, couvents et presbytères furent détruits. L’épicentre des violences antichrétiennes de 2007 et 2008 força quelques 60.000 personnes à fuir dans les forêts. Ce pogrom fut le pire acte de violence antichrétienne et la plus importante attaque planifiée dans le détail perpétrée contre les chrétiens au cours des 300 dernières années en termes d’échelle, de nature et de motif des dommages et de pertes en vies humaines. La vie innocente de centaines de chrétiens était en danger. Quelques 30.000 personnes sont passées par les camps de secours et plus de 10.000 élèves ont dû interrompre leur éducation.

Kandhamal était une région pacifique avant les violences de 2007-2008. La population vivait dans la fraternité, l’amour et l’unité. L’Eglise de Kandhamal représente le cœur de l’Archidiocèse de Cuttack-Bhubaneswar, en Orissa. La population catholique totale dudit Archidiocèse est de quelques 70.000 personnes, sachant que Kandhamal compte environ 50.000 catholiques. Ces 50.000 personnes ont été directement affectées par les violences antichrétiennes des fondamentalistes hindous.
La compensation versée par le gouvernement aux victimes et aux survivants des violences de Kandhamal a été minime. La Cour Suprême a ordonné le 2 août 2016 au gouvernement de l’Etat de l’Orissa de pourvoir à un dédommagement complémentaire des victimes des émeutes antichrétiennes de 2008. La requête a été déposée par l’Archevêque émérite de Cuttack-Bhubaneswar, S.Exc. Mgr Raphael Cheenath, SVD. Une Cour de rang inférieur avait accordé précédemment 50.000 roupies indiennes (environ 656 €uros NDT) à ceux qui avaient perdu leurs maisons et 500.000 roupies indiennes (soit environ 6.560 €uros NDT) aux familles dont des membres avaient été tués.
Dans sa requête, l’Archevêque émérite demandait à la Cour d’accorder 1,5 millions de roupies indiennes (soit 19.665 €uros NDT) aux familles en deuil et 400.000 roupies indiennes (soit 5.244 €uros NDT) à celles qui avaient subi des dommages à leurs maisons. Près d’un an s’est écoulé depuis la Décision de la Cour Suprême et aucun dédommagement n’a été versé aux victimes par le gouvernement de l’Etat.

Aucun des criminels responsables de ces destructions ne se trouve aujourd’hui en prison. Les meurtriers, les violeurs, les émeutiers et les destructeurs sont aujourd’hui en liberté. En revanche, sept chrétiens innocents sont aujourd’hui en prison sur la base de preuves fabriquées. Deux rapports de la Commission spéciale de Kandhamal sur les preuves soumises au gouvernement d’Orissa indiquent des rebelles maoïstes comme les tueurs de Swamy Laxmananda, mais l’accusation continue à peser sur la communauté chrétienne.

Il faudrait dire que, derrière la violence, se trouve la crainte de voir s’agrandir la communauté chrétienne. La population chrétienne a vu ses dimensions augmenter et les hindous affirment que la population hindoue en Orissa a diminué. Selon les données disponibles au niveau du district, la population chrétienne de Kandhamal – toutes dénominations confondues – était de quelques 75.000 personnes dans les années 1990 et se trouvait être de 118.000 dans le cadre du recensement de 2001. Il existe donc une croissance de la population chrétienne mais cela ne veut pas dire pour autant que des organisations fanatiques comme Bajrang Dal et Vishwa Hindu Parishad peuvent tuer des personnes, faire d’elles des sans abri et perpétrer des actes de vandalismes contre des édifices religieux.

 

Source Agence Fides

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Inde – Les violences antichrétiennes de 2008 en Orissa encore impunies

Pour la neuvième année consécutive, un « Kandhamal Day » était organisé ce vendredi 25 août, date anniversaire du premier jour des terribles violences antichrétiennes de 2008 menées par des hindouistes nationalistes dans l’État de l’Orissa (nord-est de l’Inde).

Cette année-là, en quelques jours, 415 villages avaient été attaqués, 395 églises avaient été détruites, ainsi que 6 500 maisons appartenant à des chrétiens adivasi (indigènes) et dalits (hors castes) ; 91 chrétiens avaient été tués, une quarantaine de femmes chrétiennes avaient été victimes de viol ou d’agression et plusieurs établissements d’enseignement, de services sociaux et de santé avaient été pillés. Enfin, les violences avaient contraint à la fuite 56 000 chrétiens.

Pour le Père Ajaya Kumar Singh, coordinateur du Forum national de solidarité, réseau de plus de 70 organisations venant en aide aux victimes de 2008, cette attaque en Orissa est « la plus grande dans l’histoire de la communauté chrétienne en Inde au cours des trois derniers siècles ». Or le gouvernement rechigne à indemniser les victimes du Kandhamal. « Il y a eu plus de 3 300 plaintes déposées, mais seulement 820 ont été enregistrées », rappelle le Père Kumar Singh.

« En observant cette journée anniversaire du 25 août, nous voulons aider à la paix et à l’harmonie entre les communautés, et lutter pour la justice dans le pays »,considère le Père Ajaya Kumar Singh.

« Ma prière est que le Kandhamal Day soit un rappel de la lutte et de la solidarité de notre peuple qui a tant souffert à cause de sa foi », a expliqué le 24 août à l’agence AsiaNews Mgr John Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar, l’un des diocèses de l’Orissa.

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Inde – Appel en faveur de la remise en liberté des sept chrétiens de l’Orissa en détention depuis 2008

«  Les chrétiens de l’Orissa – et du district de Kandhamal en particulier – ont dû souffrir des brutalités et des violences. Sept chrétiens innocents se trouvent encore en prison et nous en demandons la libération. Il est urgent de montrer davantage de solidarité envers les chrétiens de Kandhamal et de diffuser le message de leur témoignage ». C’est l’appel lancé par le cardinal George Alencherry, archevêque majeur d’Ernakulam-Angamaly des syro malabars.
Au cours de ces jours derniers, en intervenant devant le Kerala Catholic Episcopal Council (KCBC), en présence de plus de 40 évêques et de 150 Supérieurs religieux, le cardinal a présenté l’œuvre d’Anto Akkara, journaliste qui a réalisé une enquête détaillée sur les massacres antichrétiens ayant eu lieu en Orissa en 2008.
Suite au mystérieux homicide du responsable hindouiste Swami Laxmanananda Saraswati, le 23 août 2008 à Kandhamal, les nationalistes hindous accusèrent les chrétiens du meurtre. Une véritable chasse à l’homme fut alors ouverte, qui aboutit au massacre d’une centaine de chrétiens. Dans le cadre d’une vague de violence organisée ayant duré quelques semaines, les fondamentalistes hindous ont saccagé et incendié plus de 6.000 maisons appartenant à des chrétiens et 300 églises, provoquant la fuite de 56.000 chrétiens hors du district.
Pour écrire son livre enquête intitulé « Qui a tué Swami Laxmanananda ? », publié en 2016, Anto Akkara a effectué 23 voyages à Kandhamal et interrogé des centaines de personnes. Après son enquête, le journaliste indique que sept chrétiens innocents – dont six analphabètes – ont été injustement accusés et frauduleusement condamnés à la réclusion à perpétuité pour le meurtre présumé de Swami Laxmanananda Saraswati. L’auteur a lancé une pétition en ligne, exhortant les autorités à libérer ces sept innocents, encore actuellement détenus.
« Anto Akkara a enregistré méticuleusement les témoignages et les souffrances des chrétiens de Kandhamal et tiré au clair l’histoire des sept innocents qui se trouvent en prison. Son livre a une grande importance pour nous » déclare le cardinal Alencherry, en marge de la rencontre avec les évêques. « Ce livre touche un nerf découvert de la conscience humaine, au travers de détails de la souffrance et du témoignage des chrétiens de Kandhamal qui invitent tout citoyen indien, chrétien ou non, à regarder en face la vérité » souligne par ailleurs Mgr Callist Soosa Packiam, archevêque de Trivandrum des Latins et Président de la KCBC.
« L’incroyable témoignage des chrétiens de Kandhamal porte la marque du Christ crucifié. Ce livre a le pouvoir d’encourager la foi et la vie chrétienne chez ses lecteurs » relève pour sa part le cardinal Baselios Cleemis, archevêque de Trivandrum des Syro malankars et Président de la Conférence épiscopale d’Inde (CBCI). « Les chrétiens de Kandhamal ont répondu à l’invitation de Saint Thomas qui déclarait : allons mourir avec le Christ » conclut Mgr Andrews Thazhath, archevêque de Trichur des Syro malabars et Vice-président de la CBCI.

Source : Agence Fides

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Inde – L’Eglise en Orissa, sous le manteau de la Vierge Marie et de saint Joseph

« Notre paroisse Saint Joseph de Godapur, dans le district de Kandhamal, en Orissa, a grandi au cours de ces 50 dernières années grâce au soin aimant de Dieu le Père et sous la protection de Notre-Dame et de Saint Joseph ». C’est ce qu’a affirmé Mgr Sarat Chandra Nayak, évêque de Berhampur, en introduisant la messe solennelle qui s’est tenue ces jours derniers pour célébrer deux anniversaires importants pour la communauté catholique au sein de l’Etat de l’Orissa, à savoir le cinquantenaire de fondation de l’église Saint Joseph et les 25 ans de la construction de la grotte de Notre-Dame de Lourdes au sein de cette même paroisse.
Plus de 10.000 fidèles, quelques 30 prêtres et 35 religieuses de l’Orissa ont pris part à la Messe solennelle célébrée par Mgr John Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar, à laquelle ont participé également Mgr Aplinar Senapati et Mgr Sarat Chandra Nayak, respectivement évêques de Rayagada et de Berhampur.
« Le Seigneur a été si bon pour cette communauté, en nous donnant saint Joseph comme patron. Saint Joseph était un homme honnête, sincère, engagé à porter Jésus et à soutenir Marie par toute sa vie. Laissons sa sincérité ainsi que l’honnêteté et les vertus de Notre-Dame être nos guides sur notre chemin » a déclaré Mgr Barwa dans son homélie. « Que saint Joseph et Notre-Dame de Lourdes intercèdent pour nous et portent des bénédictions à notre peuple » a-t-il ajouté.
La paroisse Saint Joseph de Godapur a été fondée en 1967 et elle comptait voici 50 ans 350 familles catholiques pour un total de quelques 1.750 fidèles. Aujourd’hui, les familles sont au nombre de 639 et les fidèles quelques 4.000. « Je suis heureux d’être présent à ce moment de célébrations jumelles qui représentent un encouragement spirituel pour tous » a déclaré le père Cassian Parichha, premier curé de la paroisse Saint Joseph de Godapur. « Cette paroisse a généré à la vie de foi 10 prêtres et 14 religieuses en 50 ans », remarque Maijo Digal, enseignant catholique en retraite. « Même si nous sommes pauvres en biens matériels, nous sommes riches de foi » a déclaré Gloriya Nayak, président de l’Association catholique mariale La Mère. « Ces moment accroissent notre dévotion particulière à notre Mère et au Saint Rosaire, arme puissante pour combattre Satan » ajoute-t-il.
Des célébrations comme celle-là sont importantes pour la population catholique locale, qui vit dans le district de Kandhamal, encore marquée par les massacres antichrétiens de 2008. Dans le cadre d’une forte vague de violence, quelques 100 chrétiens furent alors tués, 300 églises et 6.000 habitations saccagées alors que 56.000 personnes furent contraintes à prendre la fuite.

Source : Agence Fides

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Inde – Une nouvelle maison des Missionnaires de la Charité en Orissa, “lumière de l’évangile”

Les Missionnaires de la Charité ouvrent une nouvelle maison au sein de l’Etat de l’Orissa, dans l’est de l’Inde. La nouvelle communauté des religieuses de sainte Teresa de Calcutta se trouve dans le district bien connu de Kandhamal, qui fut le théâtre des violences antichrétiennes de 2008. L’archevêque de Cuttack Bhubaneswar, Mgr John Barwa, indique ainsi : « Il s’agit d’un rêve qui a été fait pendant longtemps, que d’ouvrir une communauté religieuse féminine au sein de la paroisse Saint Antoine de Padoue de Salimaguchha, au sein du district de Kandhamal. Maintenant, après différents contacts, Dieu nous a écouté et les Missionnaires de la Charité ont accepté d’ouvrir une maison en ce lieu ».
La cérémonie d’ouverture, avec la bénédiction de la communauté, est prévue pour le 13 mai 2017, jour de la mémoire de Notre-Dame de Fatima. « Je voudrais remercier sœur Prema, Supérieure générale des Missionnaires de la Charité, et sœur Olivet, Supérieure régionale en Orissa, pour avoir accueilli notre invitation à collaborer dans le ministère pastoral à Kandhamal », poursuit l’archevêque en rappelant qu’il s’agira là de la troisième communauté des Missionnaires de la Charité dans ce district, les deux autres se trouvant l’une dans la paroisse Saint Sébastien de Saramuli et Maria, et l’autre en la paroisse de la Mère de Dieu de Sukananda, toujours au sein de ce même district.
Sœur Olivet explique : « Nous sommes heureuses d’ouvrir notre nouvelle maison dans ce district. La population a besoin de notre service. Nous travaillons au profit des pauvres et portons la semence du Royaume de Dieu dans cette partie du monde. Avec la grâce et la miséricorde de Dieu, nous ferons de notre mieux pour être proches de la population locale, en soignant les plus pauvres, en oeuvrant en faveur du bien commun, en renforçant la foi en Dieu, en promouvant la paix et l’harmonie dans la région ».
La maison des missionnaires constituera « une lumière de l’Evangile » dans un contexte encore marqué par la souffrance et le malaise, l’injustice, la pauvreté et la marginalisation. Les violences antichrétiennes de 2007 et surtout celles de 2008 ont fait plus de 100 victimes et créé 56.000 sans abri. Différentes églises et institutions chrétiennes de Kandhamal furent alors endommagées.

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