A la une #Articles #Asie #NLH #NLQ

Pakistan – Enlèvement et conversions forcées à l’Islam de jeunes chrétiennes et hindoues

« Il est urgent que le nouveau gouvernement pakistanais d’Imran Khan mette en place des mesures sérieuses et efficaces pour protéger les jeunes, chrétiennes et hindoues, qui subissent de continuelles violences physiques et morales ». Tel est l’appel remis à l’Agence Fides par Anjum James Paul, responsable laïc chrétien, enseignant d’une école publique et Président de la Pakistan Minorities Teachers Association. Il observe que « le festival de Holi est devenu un jour de deuil pour les hindous en ce que deux sœurs, Ravina, 13 ans, et Rina, 15 ans, qui vivent dans le Sindh, ont été enlevées le 20 mars et converties de force à l’ìslam ». Le responsable remarque que « de même, une jeune chrétienne de 13 ans, Sadaf Khan, a été enlevée, convertie à l’islam et contrainte à s’unir en mariage avec un musulman en février dernier au Pendjab ».
« Ces actes – poursuit-il – sont intolérables. L’heure est venue de décider si les jeunes chrétiennes et hindoues ont le droit de vivre librement ou bien si elles doivent vivre cachées, en étant exposées à de dangereux crimes qui demeurent impunis ». « Nous exhortons avec force le gouvernement à garantir la vie des femmes pakistanaises chrétiennes et hindoues et à prendre des mesures afin de bloquer la plaie des enlèvements, des conversions et des mariages forcés, en affrontant les violations des droits des minorités religieuses au Pakistan ».
S’adressant au Premier Ministre pakistanais, Imran Khan, Anjum James Paul dit à Fides : « Nous nous souvenons de ses promesses de protéger les droits des minorités religieuses faites au cours de la campagne électorale de 2018. Les minorités religieuses souffrent à cause de la discrimination et de la persécution au Pakistan », concluant : « Contre cet horrible phénomène qui foule aux pieds les droits fondamentaux élémentaires de la vie, de la liberté de conscience et de la religion, il faut un plan d’action national qui bloque les enlèvements, les conversions à l’islam et les mariages forcés ».
Selon des communiqués envoyés à l’Agence Fides par l’Eglise au Pakistan, quelques 1.000 jeunes chrétiennes et hindoues sont enlevées au Pakistan chaque année. De nombreux autres cas ne font pas même l’objet d’une plainte, du fait de la complicité de la police ou d’une magistrature complaisante qui décourage les minorités d’entreprendre des actions légales. Les femmes des communautés religieuses minoritaires – le Pakistan compte environ 2 % de population hindoue et 1,5 % de population chrétienne – vivent dans une condition de « double vulnérabilité », exposées à des abus et à des discriminations en tant que femmes et en tant que non musulmanes.

 

Source Agence Fides

Articles #Asie #Dans le Monde #NLQ

Asia Bibi craint pour la sécurité de ses filles

Acquittée le 31 octobre dernier par la Cour Suprême pakistanaise, Asia Bibi est toujours en lieu tenu secret, séparée de sa famille. Ses deux filles reçoivent régulièrement des menaces, comme le rapporte l’Aide à l’Église en Détresse.

« Nous avons peur. Ces derniers jours ont a tiré sur le portail de la maison où nous nous trouvons. Nous recevons constamment des menaces et plus d’une fois j’ai été suivi », témoigne Joseph Nadeem, le responsable de la Fondation Renaissance Education qui prend soin de la famille d’Asia Bibi au Pakistan depuis la condamnation de cette dernière en 2010.

La menace des islamistes

Aujourd’hui Joseph Nadeem et sa famille vivent avec Esha et Eisham, les filles d’Asia Bibi. « À peine Asia a-t-elle été acquittée, nous avons dû fuir », explique-t-il. « Elle et son mari se trouvent dans un lieu sûr protégé par le gouvernement, mais nous ne pouvons pas être avec eux », précise-t-il à l’association Aide à l’Église en Détresse (AED). Depuis le 31 octobre, date de l’acquittement d’Asia Bibi, ils ont changé quatre fois d’habitation. « Les islamistes nous poursuivent, et à chaque fois que nous nous rendons compte que nous sommes en danger, nous nous échappons immédiatement. Nous ne pouvons même pas sortir acheter à manger. Je sors seulement de nuit et le visage couvert », confie le tuteur de la famille d’Asia Bibi.

Asia Bibi est au courant de cette situation dangereuse pour ses proches : « Je l’ai rencontrée dès sa libération, et chaque jour nous parlons avec elle par téléphone. Elle est très inquiète pour ses filles », poursuit Joseph Nadeem.

L’espoir d’un Noël à Rome 

Même si le calvaire de la pakistanaise et de sa famille ne semble pas encore terminé, Asia Bibi garde une foi et une force remarquables : « C’est une femme incroyable ! », fait remarquer Joseph Nadeem. « Elle a conservé une foi inébranlable et une confiance infinie dans le Seigneur. Ça peut sembler étrange, mais c’est elle qui nous soutient dans ces moments difficiles. Elle nous invite à ne pas se décourager ». 

« Nous tous, y compris Asia, nous sommes reconnaissants envers ceux qui élèvent leur voix pour dénoncer notre situation », déclare par ailleurs M. Nadeem. Il espère « pouvoir quitter bientôt le Pakistan pour vivre dans un lieu sûr » avec tous ses proches. « Et nous espérons que nos deux familles puissent passer ce Noël à Rome, avec vous », conclut-il dans son témoignage à la branche italienne de l’AED.

Rome, où Asia Bibi est évoquée aujourd’hui puisqu’un congrès organisé par l’Alliance Catholique s’y tient sur le thème : « Asia Bibi, plus jamais ! Le Pakistan, la loi sur le blasphème et la liberté religieuse ». À l’heure actuelle, 400 personnes sont emprisonnées à cause de cette loi sur le blasphème.

Source : Vatican News

Articles #NLH #NLQ #Orient

Urgence prière pour Asia Bibi !

Asia Bibi a été condamnée à mort pour “blasphème” en novembre 2010 au Pakistan. A Islamabad ce lundi 8 octobre, le dernier recours possible a été examiné : c’est le dernier recours judiciaire pour cette femme en prison depuis 9 ans. Dans ce dossier particulièrement délicat, les audiences ont fait l’objet de renvois à de nombreuses reprises – les magistrats subissant des menaces de la part des islamistes. La Cour suprême du Pakistan a différé son jugement, et on ignore quand il pourrait être rendu…

Dans un pays où l’islam est religion d’État, cette affaire particulièrement médiatisée divise l’opinion publique car le blasphème constitue un sujet extrêmement sensible. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages et les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.*

 

Si la Haute Cour devait confirmer la sentence, seule une grâce présidentielle pourrait sauver Asia Bibi. Le nouveau Premier ministre pakistanais, Imran Khan a déclaré durant la dernière campagne électorale qu’il soutenait la législation en vigueur.

Au service des chrétiens persécutés, l’AED s’est résolument engagée aux côtés d’Asia Bibi et de sa famille. L’Eglise catholique au Pakistan a appelé à adopter une certaine discrétion sur cette affaire, afin de ne pas compromettre l’éventuelle libération d’Asia Bibi et de ne pas mettre en danger ses proches.

L’AED continue d’apporter un soutien moral, spirituel et financier à Asia Bibi et à sa famille : Aujourd’hui, nous vous invitons à prier pour la libération d’Asia Bibi.

 

* Selon la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan, 964 personnes ont été condamnées pour blasphème entre 1986 et 2009. Parmi eux, on compte 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis, 14 hindous et dix appartenant à d’autres religions.

Seigneur,

Partout dans le monde aujourd’hui,
tant de chrétiens sont emprisonnés,

comme Asia Bibi au Pakistan.

Nous te prions aujourd’hui tout spécialement pour elle,
Et nous te confions aussi ses persécuteurs.

Que le sacrifice et le pardon de ceux qu’ils oppriment
les mènent sur un chemin de conversion.

 
Amen

Articles #Asie #Dans le Monde #NLQ

Pakistan : jugement différé pour Asia Bibi, condamnée à mort

Asia Bibi a été condamnée en 2010 à la peine capitale pour « blasphème » après une simple dispute. La Cour suprême s’est réunie lundi, mais a différé son jugement. Au Pakistan, les accusations de blasphèmes, portées par un islam rigoriste, frappent particulièrement les minorités chrétiennes.

L’attente dans le couloir de la mort se prolonge pour Asia Bibi. La Cour suprême du Pakistan s’est penchée lundi sur un recours déposé par cette chrétienne née en 1971 et condamnée pour blasphème, mais a différé son jugement.

« Nous réservons le jugement pour le moment », a déclaré le juge Saqib Nisar à l’issue d’une audience de près de trois heures dans la capitale Islamabad. On ignore dans l’immédiat quand il pourrait être rendu. Les juges de la Cour suprême ont semblé s’interroger sur la véracité de l’accusation. « Je ne vois aucune remarque désobligeante envers le Coran dans le rapport d’enquête », a observé le juge Nisar, tandis qu’un second juge, Asif Saeed Khan Khosa, relevait plusieurs points de non-respect des procédures.

Asia Bibi, mère de cinq enfants, avait été condamnée en 2010 à la peine capitale suite à une dispute avec une musulmane au sujet d’un verre d’eau, suscitant l’indignation à l’étranger. Le mari d’Asia Bibi, Ashiq Masih, continue de croire que sa femme reste « forte ». « Elle est psychologiquement, physiquement et spirituellement forte. En ayant une foi très forte, elle est prête à mourir pour le Christ. Elle ne se convertira jamais à l’islam », a-t-il récemment déclaré à l’Association britannique des chrétiens pakistanais (BPCA).

Son exécution serait une première au Pakistan, où une quarantaine de personnes se trouveraient dans les couloirs de la mort ou serviraient une peine de prison à perpétuité pour blasphème, selon un rapport paru cette année de la Commission américaine sur la liberté de religion dans le monde. Si la Cour suprême devait valider la sentence, Asia Bibi, qui a toujours nié les accusations, pourrait en dernier recours solliciter la grâce du président pakistanais, Arif Alvi. Celui-ci est un allié du nouveau premier ministre Imran Khan qui, vu comme plutôt libéral au début de sa carrière politique, a évolué vers une ligne plus conservatrice, déclarant notamment, durant la dernière campagne électorale, soutenir inconditionnellement la loi. « Le gouvernement n’est pas forcément hostile aux minorités, mais des groupes islamistes exercent sur lui de fortes pressions », explique au Figaro Béatrice Challan Belval, membre de SOS Chrétiens d’Orient, citant notamment le cas d’Afzal Qadri, religieux musulman pakistanais, qui a lancé des menaces de mort contre tous ceux qui essaieraient de sauver Asia Bibi.

Chrétiens persécutés au Pakistan

« Les juges se sentent menacés », ajoute la chargée de communication de l’ONG, qui lance une pétition « pour sauver Asia Bibi ». « Le jugement n’ayant pas été rendu public nous espérons qu’en cas de condamnation à mort, une mobilisation en Occident pourrait influer sur la situation », précise-t-elle. En 2016, une précédente audition de l’affaire Bibi devant l’instance judiciaire la plus élevée au Pakistan avait été annulée à la suite du désistement au dernier moment de l’un des trois magistrats appelés à se prononcer. « Celui-ci s’opposait en réalité à la condamnation d’Asia Bibi, c’est pour cette raison qu’il a démissionné », ajoute Béatrice Challan Belval.

Au Pakistan, l’histoire de cette chrétienne d’origine modeste divise fortement l’opinion. Les tenants de la ligne dure exigent régulièrement son exécution. Nombre d’entre eux l’ont encore exigée lundi sur Twitter et les autres réseaux sociaux. Certains tweets, réunis sous le hashtag #PunishAsiaUnder_295c, sont particulièrement violents :

 

Deux responsables politiques soutenant la jeune femme ont été assassinés ces dernières années. Le ministre des minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, a été assassiné en mars 2011 après avoir tenté de défendre Asia Bibi et critiqué la « loi blasphème ». Toujours en 2011, un ancien gouverneur du Pendjab, Salman Taseer, qui avait pris la défense de la jeune condamnée à mort, a lui été abattu en plein cœur d’Islamabad par son garde du corps. L’assassin, Mumtaz Qadri, a été pendu début 2016. La décision, saluée par les libéraux, a poussé les conservateurs à manifester en exigeant qu’Asia Bibi soit à son tour exécutée.

Le cas d’Asia Bibi avait eu un retentissement international, attirant l’attention des papes Benoît XVI et François. En 2015, l’une des filles d’Asia Bibi avait rencontré le pape François. Elle a également reçu le soutien du maire de Paris Anne Hidalgo, qui a réclamé sa grâce et l’avait élevée en 2015 au rang de citoyenne d’honneur de sa ville. Les défenseurs des droits de l’Homme voient en Asia Bibi un emblème des dérives de la loi réprimant le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels.

Le blasphème est un sujet extrêmement sensible dans ce pays conservateur où l’islam est religion d’État. La loi prévoit jusqu’à la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’offense à l’islam. En 2010, le parlement européen a estimé que cette loi était utilisée pour justifier la censure, la persécution, et même le meurtre de membres des minorités religieuses. Des appels à changer la législation ont souvent donné lieu à des violences et ont été rejetés. De simples allégations se terminent régulièrement par des lynchages aux mains de la foule ou d’extrémistes. Les chrétiens, minorité persécutée, sont fréquemment visés.

Les personnes accusées de blasphème sont souvent emprisonnées sans preuve et pour une durée indéterminée, la justice rechignant à se saisir de leurs cas car plusieurs juges ou des avocats qui les avaient défendues ont été attaqués par des extrémistes ces dernières années. Alors que les Chrétiens, souvent pauvres, représentent de 2 à 3 % des quelque 207 millions d’habitants de la République islamique du Pakistan, ils représentent en revanche 15 % des condamnations pour blasphème, rappelle sur son site la BPCA. « Les chrétiens se cachent au Pakistan », conclut Béatrice Challan Belval, de SOS Chrétien d’Orient.

Source : le Figaro 

Articles #Asie #Dans le Monde #NLQ

Pakistan : les chrétiens au risque de la loi anti-blasphème

Les chrétiens pakistanais savent qu’ils peuvent être accusés à tout moment de blasphème. Ils dénoncent cette loi qui institue la précarité de la situation des minorités religieuses.

Le 27 septembre, quelques dizaines de Pakistanais émigrés manifestaient devant le siège des Nations unies à Genève. Ils portaient des banderoles : « Arrêtez de vous en prendre aux chrétiens » et « Abolissez la loi anti-blasphème ! » Il arrive fréquemment qu’un chrétien accusé de blasphème au Pakistan préfère la fuite à un procès, qui peut mener à une condamnation à mort. Profaner le Coran et insulter Mahomet sont deux délits punissables respectivement des peines maximales d’emprisonnement à perpétuité et de la peine de mort.

Lire la suite sur le site de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED)

Brèves

Pakistan : Inquiétude sur la santé mentale d’Asia Bibi

« Je suis en contact avec un journaliste étranger qui a rencontré Asia et qui a décrit des symptômes relatifs à sa santé mentale, comme la perte de mémoire et la confusion. Comme infirmière, j’y vois clairement des signes de démence. Elle ne reçoit aucun traitement au Pakistan et le personnel de la prison la qualifie simplement de folle ». Noreen Barkat, chrétienne pakistanaise, communiqué de la British Pakistani Christian Association, 24 septembre

Source Christianophobie Hebdo

Abonnez-vous et recevez les quatre premiers numéros gratuits

Asie #Dans le Monde #NLH #NLQ

Pakistan : effroyable bilan des violences antichrétiennes en août

Le gouvernement a changé au Pakistan, mais les violences contre les chrétiens demeurent. Le bilan pour le mois d’août dernier est effroyable. Le calvaire des chrétiens pakistanais cessera-t-il un jour ?
P our le seul mois d’août, International Christian Concern (ICC) a décrit de façon détaillée 14 cas de graves persécutions, de violations des droits de l’homme et de violences contre les chrétiens. En moins de trente et un jours, quatre chrétiens ont été tués : Vicky Saleem à Lahore, Amara à Sheikhupura, Yousaf Masih à Okara, et Mehwish Shaukat à Hyderabad. Trois femmes ont été violées à Sialkot, Khanewal, et Waziabad, et trois autres ont été contraintes de se convertir à l’islam à Karachi, Sargodha, et Sahiwal. Des communautés chrétiennes dans leur totalité ont grandement souffert, comme celle de Kasur qui a été attaquée et battue pour avoir cherché à protéger son église. ICC a également décrit de façon détaillée les cas de onze chrétiens qui ont été violemment battus et torturés dans l’ensemble du Pakistan. Parmi ces chrétiens, signalons Vickram John qui a perdu un œil, Beenish qui a subi une lésion de la moelle épinière et Elwin John qui a été roué de coups à Karachi. Des médecins ISSN : 2426-3559 de Khanewal ont dû procéder à l’ablation de l’utérus d’une adolescente chrétienne qui avait été brutalement violée par trois hommes.
International Christian Concern, 13 septembre – © CH pour P la traduction.

 

Source Christianophobie Hebdo

Abonnez-vous et recevez les quatre premiers numéros gratuits

Asie #Dans le Monde #NLQ

Pakistan : quelle place pour les jeunes chrétiens dans les écoles ?

Au Pakistan, la discrimination des chrétiens ne s’arrête pas aux portes des écoles. Là-bas, dès le plus jeune âge, un enfant chrétien connaît l’angoisse de la persécution.

Le harcèlement. C’est le quotidien de milliers d’enfants qui ont choisi de croire en Jésus au Pakistan. Sharon, 15 ans, fait partie de ceux-là. Après des jours et des jours de vexation, insultes et tentatives de conversion forcée, il est mort sous les coups de pieds et de poings de ses camarades musulmans.

Aller à l’école n’est pas une évidence au Pakistan. Selon un rapport du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, 47 % des enfants de 5 à 16 ne sont pas scolarisés. Les filles sont évidemment sur-représentées dans ces chiffres. Les infrastructures scolaires sont pauvres, détruites ou endommagées par des attaques terroristes, dépourvues de commodités de base. Les enseignants sont peu qualifiés et ont des moyens dérisoires.

Lire la suite sur infochretienne.com

Asie #Dans le Monde #NLQ

Pakistan : les catholiques face aux discriminations

Les chrétiens représentent près de 3 % des 210 millions d’habitants de la république islamique, dont une moitié de catholiques. Aux côtés d’autres minorités marginalisées, ils subissent les discriminiation et la persécution quotidiennement, que ce soit à l’école, au travail ou encore par l’usage abusif des lois sur le blasphème. Malgré cette situation, certains catholiques assurent que la situation s’est améliorée, comme ce chroniqueur qui salue la présence de ses amis musulmans à la messe d’enterrement de son père, qui tombait le premier jour de la fête de l’Aïd. « C’est le Pakistan que j’ai appris à aimer », assure-t-il.

Tenter de défendre les valeurs catholiques dans une théocratie musulmane telle que le Pakistan peut être décourageant. Pourtant, la foi persévère. Les chrétiens représentent 3 % des 210 millions d’habitants du pays, dont une moitié de catholiques qui, aux côtés d’autres communautés marginalisées, subissent la persécution quotidiennement. Il y a dix ans, Faisal Mushtaq, catholique, a décidé de quitter sa ville natale de Sialkot, dans la province du Pendjab, pour aller chercher de meilleures opportunités professionnelles vers le sud, à Karachi. C’est là que ce père de famille de 32 ans travaille aujourd’hui, comme plombier et gardien. Il gagne 115 dollars par mois, soit moins que le salaire minimum officiel. Malgré tout, Faisal gagne 80 dollars supplémentaires par mois en lavant des voitures. Être catholique dans un pays comme le Pakistan n’a jamais été facile, mais il a appris à survivre et se faire accepter par les musulmans.
« Bien que la plupart des gens soient accueillants, certains de mes collègues musulmans ne voulaient pas manger ou boire avec moi », regrette-t-il. Au début, il était choqué, mais il a fini par comprendre que bien souvent, il n’était pas possible de changer la façon de penser des gens. Faisal Mushtaq commence ses journées en priant pour rendre grâce à Jésus. « Mes parents, qui vivent à Karachi aujourd’hui, viennent à la messe du dimanche dans notre paroisse, mais je ne peux pas y aller à cause de mon emploi du temps », explique-t-il. « À l’école, nos enfants sont souvent moqués et harcelés, mais ils ont fini par s’y habituer, et les choses s’améliorent dans les classes supérieures. »
L’État du Pakistan a d’abord été créé afin de devenir un refuge pour les minorités ethniques et religieuses du sous-continent indien, majoritairement hindou, mais les principes fondateurs de pluralisme et de tolérance religieuse sont attaqués. Malgré tout, beaucoup de catholiques et d’autres minorités religieuses au Pakistan demeurent fidèles à leur pays. Mais bien souvent, les musulmans ignorent les problèmes des minorités. Certains catholiques pakistanais ont pris la parole pour dénoncer les injustices du passé. Ils assurent pourtant qu’aujourd’hui, la situation s’est améliorée. D’autres affirment cependant que les abus continuent et que leurs difficultés sont toujours négligées.

« Le Pakistan que j’ai appris à aimer »

« En grandissant à Karachi, je subissais la discrimination de mes professeurs, simplement parce que j’étais catholique », raconte Jennifer Michael, une étudiante de 22 ans. Les professeurs d’études islamiques et d’ourdou lui disaient d’aller étudier dans une école chrétienne. La situation a persistée au point qu’elle commençait à mettre en doute sa propre identité et à voir le fait d’être chrétien comme quelque chose de mauvais. « Je voulais abandonner, mais ma famille m’a encouragé à aller de l’avant, à pratiquer ma foi sans avoir peur », explique-t-elle. « En grandissant, j’ai rencontré moins de difficultés. Les gens sont devenus plus tolérants. Les amis et les professeurs que je rencontre à l’université me traitent comme l’une des leurs. »
Steve Watson, qui travaille dans une célèbre pâtisserie de Karachi, remarque que la plupart des accusations de blasphème ont eu lieu au Pendjab. Il y a aussi eu des attaques terroristes contre des églises catholiques à Lahore, la capitale du Pendjab, ajoute-t-il. « La vie n’a jamais été facile, mais cela ne m’a pas empêché de vivre en tant que catholique », assure Steve, qui dénonce les discriminations dans l’emploi public et dans l’attribution des logements sociaux. Sunny Sameer, un développeur web de 30 ans vivant à Karachi, salue la liberté religieuse qui lui permet de pratiquer sa foi, mais il dénonce les menaces posées par les lois sur le blasphème. Ces lois ont été utilisées de manière abusive afin de servir des intérêts personnels. Il s’inquiète ainsi que quelqu’un qui lui en voudrait, et qui voudrait s’approprier ses biens comme sa maison, pourrait essayer de le faire tuer en faisant de fausses accusations de blasphème. Sunny précise que les jeunes chrétiens ne sont pas forcément catégoriquement opposés aux lois sur le blasphème, mais ils veulent que leur manipulation injuste soit contrôlée. Il y a toujours des musulmans qui refuseront de partager leur repas avec des non musulmans. Mais Sunny ajoute qu’il y a aussi des musulmans qui traitent correctement les pratiquants d’autres religions comme lui.
Quelques tweets de Norbert J. Almeida, chroniqueur et militant, ont attiré l’attention du public sur les aspects plus positifs des relations entre musulmans et non musulmans. Il a ainsi affirmé que l’immense majorité de ceux qui ont assisté à la messe d’enterrement de son père étaient des amis ou des collègues musulmans, alors qu’il s’agissait du premier jour de la fête de l’Aïd. « C’est le Pakistan que j’ai appris à aimer », témoigne-t-il, ajoutant qu’il espère que cet état d’esprit s’enracinera avec le temps.

Source : Eglises d’Asie

Asie #Dans le Monde #NLQ

Pakistan : le nouveau Premier ministre protégera-t-il les chrétiens ?

L’ancien joueur de cricket Imran Khan, nommé Premier ministre du Pakistan, a prêté serment ce samedi 18 août. Si l’élection de ce représentant d’un parti centriste semblait à première vue une bonne nouvelle pour les chrétiens, ses prises de position en faveur des lois sur le blasphème et son refus de se positionner pour les groupes minoritaires et la liberté religieuse n’augurent rien de bon.

Sa victoire à peine confirmée, il a déclaré que sa forme de gouvernement préférée était “L’Etat islamique établi par le prophète Mahomet à Médine.”

Il soutient en outre les lois sur le blapshème au Pakistan : “Je sais que cette loi est un inconvénient pour certaines personnes, comme cette pauvre femme Asia Bibi. Mais c’est une loi qui est complète et je la soutiens.

L’association Portes Ouvertes International voit l’avenir de la minorité chrétienne (2 % des habitants) s’assombrir.

Source : Chretiens.info