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Conférences sur la famille les 20 & 27 novembre et le 4 décembre à Laval (53)

La famille ! Cellule fondamentale de toute société, point d’ancrage indéfectible des petits et des grands, référence incontournable pour comprendre la personne, est aujourd’hui malmenée, même, déconsidérée. Pour nous aider à mieux comprendre ses mutations, les associations familiales catholiques, en lien avec l’UDAF de la Mayenne, nous invitent à une série de trois conférences courant novembre.

Animées par Pascal Jacob, professeur agrégé de philosophie, il s’agira avec lui, de mieux comprendre les transformations de la famille ; de décrire les grandes mutations qui ont caractérisé les 30 dernières années et dont les impacts en termes d’autorité, d’éducation et de parentalité ont été importants. Trois thèmes ont été retenus.

Rendez-vous les 20, 27 novembre et 4 décembre, dans les locaux de l’UDAF, rue Calmette-et-Guérin à Laval.

Le programme des conférences

Mardi 20 novembre  à 20h15- ” L’émergence de l’individu”  : Il s’agira d’analyser le passage d’une société organique à une association contractuelle entre individus libres et égaux. Qu’est-ce qui nous lie  ? Avec l’avènement de l’individu, les chaînes de servitudes tombent en même temps que les chaînes de solidarité. La conquête de l’autonomie est aussi celle de la solitude. Quelles conséquences pour les être de relations que nous sommes ?

Mardi 27 novembre à 20h15 – Un nouveau rapport à l’autorité   : De la difficulté à transmettre à la mise en cause de l’autorité. Dans une société du contrat, la loi cède le pas à la volonté individuelle : quel avenir pour l’autorité menacée par l’obsolescence généralisée ?

Mardi 4 décembre à 20h15 – Être parents aujourd’hui : C’est quoi, un papa et une maman ? La déconstruction généralisée des genres remet en cause nos représentations. Faut-il s’abstraire de la nature pour s’émanciper ?

A la une #Tribunes et entretiens

Elections – Un peu de hauteur pour donner à la raison de quoi se nourrir et voter (ou non) en connaissance et en conscience

Mes amis qui se trouvent plus « à gauche » que moi expliquent qu’il est absolument nécessaire de voter Macron pour faire barrage au FN, et que le vote blanc avantage sa candidate. En même temps, ceux qui sont plus « à droite » que moi ne comprennent pas comment, en ne votant pas FN, je prends le risque de faire passer Macron.

Aussi faudrait-il pour certains choisir entre une gauche humaniste et ouverte et une droite extrémiste, xénophobe et donc dangereuse, tandis que pour d’autre le choix se pose entre un héritier du hollandisme et une candidate dernier rempart d’une France traditionnelle et chrétienne assaillie par l’islam.

Je pense qu’il faut accepter de regarder de plus près quelques-uns des présupposés qui sont à l’œuvre.

Sur le plan sociétal, il est clair que Macron est un homme de gauche. Si en effet la gauche se caractérise par une volonté d’égalité, on peut dire qu’il se situe dans la ligne d’une gauche extrême qui veut une égalité extrême, au prix de la négation des différences les plus naturelles : négation de la différence entre l’homme et la femme portée par la loi Taubira, indifférenciation des cultures et des individus qui conduit à l’aveuglement face à l’islamisme et au multiculturalisme. Je ne peux voter pour cette gauche extrême.

Qu’en est-il de Le Pen ? Le FN est, grâce à François Mitterrand, une épine ancienne dans le pied de la droite. Sous bien des aspects, le FN ne me paraît pourtant pas être un parti de droite. Économiquement, Sylvain Jutteau (1) me paraît montrer assez bien que le programme du FN est davantage socialiste que libéral : Contrôle des prix, planification de l’économie, contrôle politique des fonctionnaires et de l’école, nationalisations… Si le socialisme est une doctrine qui affirme la prééminence du social sur l’individuel, alors la doctrine du FN me paraît bien pencher de ce côté. L’histoire montre que le socialisme n’est pas incompatible avec un nationalisme fort, et les hésitations des mélanchonistes montrent que le FN attire davantage les nostalgiques du communistes que les libéraux. On comprend aussi pourquoi gravitent autour du FN tant de personnes proches des milieux néonazis, et parmi ses fondateurs des gens comme Léon Gaultier dont on sait qu’il avait préférer se battre aux côtés des Waffen-SS. Mais si la proximité du FN avec de telles personnes doit faire réfléchir chacun, celle de Macron avec des personnages comme Pierre Bergé ou Jacques Attali doivent aussi nous arrêter, parce que leur idéologie est elle aussi une culture de mort : IVG, euthanasie, voilà des entreprises criminelles devant lesquelles d’autres criminels notoires pourraient bien passer, lorsqu’on aura accepté d’ouvrir les yeux, pour des bricoleurs. La planification mortelle scientifiquement élaborée, dont Pierre Simon a tracé le programme (2) relève d’un totalitarisme dont les partis “de gouvernement” sont les alliés.

L’erreur de la droite est d’avoir accepté trop rapidement cet étiquetage du FN comme parti de droite au lieu d’en souligner le socialisme nationaliste. On dira peut-être que la nation est une valeur de droite, contre le mondialisme multiculturaliste porté par la gauche. Mais le FN se trompe sur la Nation, en voulant en faire une sorte de but en soi et non un bien au service des personnes. La nation est un bien commun et vivant, que nous ne devons pas opposer à autrui comme une sorte d’obstacle, mais que nous devons proposer à autrui comme un lieu de vie ouvert à ceux qui veulent en faire partie, pour peu qu’il en adopte les conditions, les valeurs, les coutumes… La gauche brade une Nation qu’elle n’aime pas, tandis que le FN l’idolâtre et finalement la méconnaît, en prétendant par exemple vouloir “étendre la laïcité à tout l’espace public” (3).

Si la croyance quasi religieuse au progrès est un marqueur de gauche, la droite a pour vocation de rappeler notre héritage, en particulier notre héritage chrétien. Or les principes que cet héritage nous offre sont ceux de ce que l’on appelle l’enseignement social de l’Eglise, et que seul le PCD de Jean-Frédéric Poisson reconnaît comme une source fondamentale de sa pensée politique.S’il existe un parti de droite, c’est celui-ci, car aucun autre ne défend comme lui les valeurs de la droite, leur préférant celles de la bourse.

Le sens de la personne humaine, la primauté du bien commun comme bien des personnes en relation, l’option préférentielle pour les pauvres, les principes de subsidiarité et de solidarité, la famille, voilà quelques notions que la gauche cherche à éradiquer et que la droite ne sait défendre. La première par idéologie, parce que le réel se dresse avec insolence en travers de sa marche vers une utopie où l’homme est son propre Dieu, la seconde par lâcheté, parce que la logique du marché lui est plus profitable que l’attention à ces valeurs.

Avec la sécularisation et l’effacement des religions, le politique a clairement tendance à s’approprier le rôle de sauveur. A gauche, on nous promet une marche forcée vers l’égalité et l’indifférenciation dans laquelle l’individu libéré de toute détermination n’est plus esclave que de son désir prométhéen et narcissique. A droite, on nous promet une liberté totale dont la condition est que la richesse ne profite qu’à ceux qui sont assez forts pour s’en emparer, quitte pour cela à laisser le chaos s’installer dans le monde.

Nous sommes frustrés de l’essentiel, à savoir de ce que la droite a vocation à promouvoir. On veut nous forcer à choisir entre deux solutions mauvaises, au motif qu’il faudrait choisir le moindre mal. Mais parfois le moindre mal est si mauvais que même le choisir est impossible. Le politique ne nous sauvera pas. C’est un seul empire que se déchire sous nos yeux, nous sommant de prendre partie, les deux faces d’une même mauvaise pièce et l’on voudrait qu’on choisisse une face.

Voici pour finir une prophétie infaillible : le prochain locataire de l’Elysée sera nuisible.

Pascal Jacob,

agrégé de philosophie

(1)https://www.contrepoints.org/2014/05/30/167459-qui-peut-prouver-que-le-fn-est-socialiste?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

(2) Pierre Simon, La vie avant toute chose, Mazarine, 1979. Voir l’excellent papier des Cahiers Libres : http://cahierslibres.fr/2014/01/pierre-simon-co-fondateur-du-planning-familial-de-ladmd/

(3) Proposition 95

Dessin de JM Uccian, avec l’aimable autorisation de l’auteur