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L’édito – Ces églises désormais encombrantes

C’est semble-t-il une préoccupation de la rentrée. Eglises à vendre, patrimoine religieux en ruines, bâtiments sous voire plus utilisés, que faire de ces églises désormais encombrantes pour les paroisses, les diocèses, les municipalités et l’Etat ? C’est la question que s’est posé le diocèse de Nancy à l’occasion d’un colloque, c’était l’objet d’un studieux rapport de Mgr Habert chargé de cela par la conférence épiscopale l’an dernier. La question n’est pas strictement française, puisque la Belgique, le Luxembourg ou encore le Québec ont chacun tenté des réponses variées. En France les pratiques divergent et évoluent selon, il faut bien le souligner, la vision même que les uns ou les autres ont de l’Eglise. Vente pure faute de moyens, avec ou sans attention au devenir ultérieur de l’usage du bâtiment. Situation qu’on laisse pourrir pour pouvoir ordonner une destruction pour raison de sécurité. Reconversion à usage pastoral, semi pastorale. Partage du lieu avec d’autres chrétiens ou l’islam. Les possibilités sont nombreuses, mais sont-elles toutes souhaitables ?

Plusieurs questions se posent quant au devenir des bâtiments catholiques et si l’église est le plus emblématique, il en va de même des séminaires, évêchés, presbytères et autres monastères. Dans l’histoire de l’Eglise, les monastères qui ferment, repartent ou s’effondrent est un élément récurent que nous oublions aujourd’hui, parce que nous constatons la friche de ruines dans son ensemble, comme s’ils avaient tous été abandonné en ce XXème siècle païen ou pour cause révolutionnaire. Mais une église qui ferme ne nous est pas habituel. Dans l’histoire de France, on pouvait les détruire, mais pour les agrandir. Ici la vétusté et le coût contraignent à l’abandon. Il est vrai que moins de fidèles fréquentent le culte, mais, comme le soulignait Mgr Habert, beaucoup, fidèles ou non, viennent déposer leur prière dans des petites églises perdues et anonymes. Des chapelles désertes, de tailles plus moins modestes ont toujours recouvert le sol de France, comme une porte toujours ouverte vers le Ciel. Notre âge, qui a peur du vide et de l’inutile, oublie, au-delà des aspects financiers, qu’une église, même vide 80 % du temps, emplit le paysage urbain ou rural de Dieu. Cela seul est déjà « utile ». Dans un autre édito nous avions abordé l’autre question pratique que pose ces églises reculées et désertées. Qui les ouvre et les ferme ? Qui les maintient agréables et vivantes ? Toute une réflexion sur la pastorale des pierres qui parlent devraient s’inspirer de la simple présence silencieuse qui loin d’être un enfouissement stérile demeure un phare dans la nuit des hommes. Nous cherchons à faire, à remplir, quand nous devrions permettre à ces pierres d’être et de dire et surtout de continuer à les laisser dire la présence de Dieu dans le monde. D’un côté on multiplie les colloques pour savoir que faire, de l’autre, dans un rapport pourtant porté par la conférence des évêques, on préconise de laisser être. Certes nous ne pouvons plus, faute de nombre être aussi présent dans le monde. Pourtant, la permanence de ces églises, de ces chapelles, de ces calvaires, dans le paysage remplit, bien mieux que nous ne saurons le faire en cherchant à « regrouper pour mieux s’agiter », cette mission de présence et plus encore de porte ouverte sur le Ciel.

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L’édito – Quand les pierres disent Dieu, l’enjeu de la pastorale du tourisme

 

Une grande question traverse les préoccupations pastorales, économiques et laïques. Que faire des églises vident ? La Belgique tend à s’en séparer invoquant des raisons économiques et l’argument pastoral du regroupement. L’Etat, en France, voudrait parfois récupérer certains lieux de cultes pour en faire des salles de concert, d’expositions, pour les transférer à d’autres confessions religieuses ou pour les vendre. Nous avons vu certaines municipalités laisser volontairement se dégrader des églises afin de pouvoir les raser ensuite. Certains fidèles et prêtres ou évêques préfèrent abandonner les lieux de cultes moins fréquentés au profit de nouveaux édifices situés dans des zones de populations plus denses, pour concentrer à la fois les efforts et les fidèles. D’autres, au contraire, poussent leurs curés et leurs évêques à garder ouvertes églises et chapelles, mêmes dans des lieux reculés et peu fréquentés, comme signe de présence de Dieu, comme soutien aux fidèles âgés qui ne peuvent se déplacer, comme proximité d’un lieu sacré ouvert ou prières occasionnelles. Nous voyons bien que de multiples enjeux, idéologiques, économiques, culturels et bien entendu diverses visions pastorales s’imbriquent pour une réalité complexe. Moins de prêtres, donc moins de célébrations liturgiques, ce qui outre la fontaine de grâces qui se tarit, est une réalité concrète de la vie du clergé et des paroisses. Même si en France l’entretien des églises est majoritairement à la charge de l’Etat et des communes, les frais courants demeurent et reposent sur de moins en moins de fidèles.

Pourtant…

Pourtant, si l’Eglise ne peut vivre sans prêtres, une église peut tout à fait être animée sans prêtre. Ouvrir, accueillir, expliquer, faire prier, bref être une présence chrétienne dans un lieu chrétien est non seulement à la portée de tous les catholiques, mais, finalement leur être même. Si toute église n’a pas la richesse et le rayonnement de la cathédrale de Paris ou de Chartres, chaque édifice a son histoire, son vécu avec les habitants et porte en elle-même un ensemble de signes qui sont autant de catéchèses. La pastorale du tourisme peut s’appliquer à n’importe quel édifice catholique de France. C’est un formidable enjeu d’évangélisation « passive ». Les visiteurs viennent voir des pierres qu’ils admirent mais ne comprennent pas et sont très demandeurs d’en découvrir le sens. Belle occasion, par l’art, de dire Dieu. Chacun pourra alors repartir avec quelque chose de plus dont, par notre intermédiaire, Dieu se sera servi pour le rejoindre. Pour éviter de fermer les églises, commençons par les réhabiter, par cesser de les déserter nous-mêmes. Ouvrir, fermer, garder, accueillir même une seule personne dans la journée n’est-ce pas déjà beaucoup ? Un jour, épuisé, le missionnaire du Chablais saint François de Sales arrive au petit village perdu de Marin au-dessus de Thonon, pour dire la messe après une journée harassante de prêche dans le milieu très hostile des protestants. Voyant qu’il n’avait qu’un fidèle, il s’était dit qu’il ne donnerait pas d’homélie. Mais poussé de l’intérieur il en prononça une pour son paroissien unique. Quelques jours plus tard, un parpaillot vint le voir pour le remercier de l’homélie de Marin qu’il avait écouté caché dans le confessionnal et qui l’avait convaincu de revenir au catholicisme. Depuis, il prêcha même pour les seules pierres. Si nous n’habitons plus les églises, si nous les livrons à la solitude, ces doigts pointés vers Dieu finiront par se recroqueviller un peu partout dans les déserts de France. Tel est l’enjeu que souligne Mgr Habert dans son document sur nos milliers d’églises en France.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

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La pastorale du tourisme au service de la lutte contre le travail des mineurs

L’archidiocèse de Salvador (Brésil), par sa Pastorale du Tourisme (PASTUR), a lancé le projet « L’été avec Foi » qui prévoit la réalisation de différentes activités dans les différentes églises du centre ville au cours des mois de janvier et de février 2017. Selon le Père Manoel Filho, Coordinateur de la PASTUR, le projet regroupe des initiatives nouvelles et certaines déjà mises en place dans les églises.

« Nous désirons promouvoir de nouvelles activités au cours de l’été. Le but est que les communautés comprennent, en partie au centre ville et au centre de pèlerinage, que l’été constitue la période au cours de laquelle sont présents le plus de touristes et que ces derniers peuvent avoir la possibilité de bénéficier de quelques activités supplémentaires liées à la foi ».

La programmation des activités tournera autour des grandes fêtes patronales de ces deux mois.

Pour le Ministère du Travail le projet de l’archidiocèse constitue une aide dans la lutte contre le travail des mineurs.

 

« L’Eglise sait comment, faire prendre conscience à la société et aux personnes qui fréquentent l’Eglise des maux liés au travail des enfants »