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Le président de l’Institut Jean-Paul II prend la défense d’Humanae vitae

Celui qui, envers et contre tout, a pris ouvertement la défense de l’enseignement authentique d’ « Humanae vitae » est justement celui que le pape François a placé il y a deux ans à la tête du Institut théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille qu’il a refondé, c’est-à-dire de l’institut qui est censé soutenir et renforcer la nouvelle ligne de l’Eglise en la matière.  Il s’agit du théologien milanais PierAngelo Sequeri, un expert unanimement reconnu, un géant par rapport à […]Vincenzo Paglia qui est en théorie son supérieur comme Grand Chancelier de ce même institut en plus d’être président de l’Académie pontificale pour la vie, lui aussi promu à cette double charge par le pape François et notoirement enclin à admettre la licéité de la pilule et des autres contraceptifs.

Le professeur Sequeri a saisi pour intervenir l’occasion offerte par un important colloque consacré à Paul VI qui s’est tenu les 9 et 10 mai à l’Université Catholique de Milan. Le texte de sa conférence a été publié presque dans son intégralité dans « Avvenire », le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, le jour même où Sequeri l’a prononcé :

 

Il s’agit d’un texte d’une épaisseur théologique remarquable qui mérite d’être lu dans son entièreté, particulièrement quand il identifie le fondement ultime de l’amour génératif entre un homme et une femme non seulement au symbolisme nuptial de la relation entre Dieu et son peuple mais bien plus et plus profondément dans la vie du Dieu trinitaire, dans l’éternelle génération du Père dans le Fils qui se répand en tant qu’Esprit.

C’est à ce fondement que Sequeri ramène « l’intime union du sens de l’union et de la procréation » mise en lumière dans « Humanae vitae ».

Et c’est ainsi qu’il donne raison à ce qu’enseigne l’encyclique en faveur du recours aux rythmes naturels de fécondité et par conséquent contre les contraceptifs artificiels :

« L’intime union du sens de l’union et de la procréation institue la justice de l’acte propre de l’intimité conjugale. L’intégrité d’une telle union tient à la structure symbolique de l’acte conjugal : préserver le sens naturel de l’affection conjugale, même en-dehors de l’effet procréatif, que les rythmes naturels de ses conditions n’imposent d’ailleurs pas automatiquement par eux-mêmes. »

« Dans ce cadre, semble donc justifiable – honnête, licite, cohérent – la pratique de l’intimité conjugale qui reconnaît et prend en compte la suspension naturelle de l’effet génératif tandis que semble injustifiable la pratique qui procure et impose une stérilisation artificielle de l’acte conjugal. »

« le rythme personnel de l’union et de l’abstention, qui met en harmonie la domination de la volonté avec le rythme ‘naturel’ de la fécondité et de l’infertilité apparaît comme le paradigme d’un chemin d’éducation et de mûrissement précoce. »

« Paul VI est conscient du fait que ‘cet enseignement ne sera sans doute pas facilement accueilli par tout le monde’ (HV 18). Dans le même temps, il reconnaît avec la même franchise la charge que cette ligne de responsabilité entraîne, par rapport à la conciliation des dynamiques conjugales avec la fidélité à ses principes.  La compréhension des moments où cet effort doit s’accommoder de notre fragilité et notre vulnérabilité fait partie de cette prise en compte ».

Voilà ce qu’a déclaré le président de l’institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. En publiant cette conférence, « Avvenire » n’a pas le moins du monde fait écho au passage dans lequel il rappelle la condamnation des contraceptifs artificiels.  Et on peut comprendre cette réticence puisqu’il s’agit du journal des évêques italiens qui s’emploient eux aussi à mettre cette condamnation au placard et à adapter « Humanae vitae » aux soi-disants « nouveaux paradigmes » inaugurés par le Pape François.

En effet, le pape actuel a affirmé qu’il était un grand admirateur de Paul VI, du « génie prophétique » avec lequel il a écrit « Humanae vitae » et de son « courage de se dresser contre la majorité, de défendre la discipline morale, d’exercer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et à venir ».

 

Source et intégralité de l’article (plus polémique que notre extrait)

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Paul VI applaudissait-il la réforme liturgique ?

Paul VI et la réforme liturgique. Il l’a approuvée mais elle ne lui plaisait guère.

« C’est le Pape qui le veut ». C’est ainsi que Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), l’artisan de la réforme liturgique qui suivit le Concile Vatican II, réduisait systématiquement au silence les experts qui contestaient l’une ou l’autre de ses innovations les plus inconsidérées.

Le pape en question, c’était Paul VI qui avait en effet confié à Bugnini le rôle de secrétaire et de factotum du conseil pour la réforme de la liturgie présidé par le cardinal Giacomo Lercaro.

Bugnini jouissait d’une mauvaise réputation auprès de certains membres du conseil. « Scélérat et mielleux », « manipulateur », « dépourvu de culture comme d’honnêteté » : c’est ainsi que le grand théologien et liturgiste Louis Bouyer (1913-2004), que Paul VI estimait énormément, l’a décrit dans ses « Mémoires ».

En fin de compte, ce pape fut sur le point de créer Bouyer cardinal et punit Bugnini en l’exilant comme nonce à Téhéran après s’être rendu compte des dégâts qu’il avait causés et de la fausseté de ce « c’est le Pape qui le veut » derrière lequel Mgr Bugnini s’abritait.

Lire la suite sur diakonos.be

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Humanae vitae en danger ? Attaque et contre attaque dans les coulisses de la Curie

Le siège contre l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI datant de 1968 vient de connaître ces derniers jours deux nouveaux assauts. Mais également une vigoureuse contre-attaque.

Le premier assaut vient du cardinal Walter Kasper qui vient, dans un livret, de faire l’éloge du « changement de paradigme » inauguré par le Pape François avec l’exhortation « Amoris laetitia ». Un changement de paradigme – écrit Kasper – qui ne se limite pas à autoriser la communion aux divorcés remariés mais qui selon lui pourrait également légitimer la contraception.

Le second vient du journal des évêques italiens “Avvenire” qui vient de publier un commentaire alambiqué d’un très beau livre qui vient de sortir sur la genèse de “Humanae vitae” contenant de nombreux documents inédits de la correspondance de Jean-Paul II. Malgré la qualité de l’ouvrage, Avvenire tente de faire passer Jean-Paul II pour un fondamentaliste rigide qui aurait fait pression sur un Paul VI ouvert.

Face à ces deux interprétations malhonnêtes, Luigi Melina, Melina, l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, remet les pendules à l’heure.

 

 

On entend aujourd’hui parler d’un « changement de paradigme » historique qu’il faudrait appliquer à la morale sexuelle catholique. Dans le but de l’imposer, on est en train de se livrer à une tentative discutable de relecture historique qui oppose les personnages de Paul VI et de Jean-Paul II, voyant dans le second un traditionnaliste rigide et intransigeant qui aurait compromis l’attitude ouverte et flexible du premier.

En réalité, cette falsification grossière et arbitraire ne vise qu’à faciliter une manipulation idéologique du magistère du Pape Paul VI. La mise entre parenthèses de l’enseignement de Saint Jean-Paul II sur la théologie du corps et sur les fondements de la morale, de ses catéchèses et de « Veritatis splendor » au nom du nouveau paradigme pastoral du discernement au « cas par cas » ne nous fait faire aucun pas en avant, au contraire, il nous fait reculer vers le casuistique, avec le désavantage que celle-ci était au moins soutenue par un solide contexte ecclésial et culturel de vie chrétienne tandis qu’aujourd’hui elle ne pourrait qu’aboutir en une totale subjectivisation de la morale.

Le Pape François a récemment approuvé la publication de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la lettre « Placuit Deo », qui met entre autre en garde contre une résurgence du néo-gnosticisme. Ne serait-ce pas cela le venin qui se cache derrière ces soi-disant relectures et actualisations de « Humanae vitae » qui, en prétendant dépasser la lettre voudraient pour en atteindre l’esprit ou qui, en niant avec suffisance sa pertinence normative (« le problème de ‘Humanae vitae’ ce n’est pas oui ou non à la pilule ») en exalte une vague dimension prophétique anthropologique creuse, une affirmation de valeurs ensuite laissées à l’interprétation subjective, en fonction des circonstances ?

A l’opposé de ces tendances le livre de Pawel Galuszka est un puissant remède qui nous permet de respirer la bonne théologie morale de Karol Wojtyla, qui a été le fils fidèle et dévoué de Paul VI avant de lui succéder sur la chaire de Saint Pierre.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Luigi Melina

 

 

Source Diakonos.be

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Venez fêter les 50 ans d’Humanae Vitae à l’Evangile de la Vie à Bollène (84) les 24 et 25 mars 2018

Du 24 au 25 mars 2018

   DATE LIMITE D’INSCRIPTION LE 15 MARS

2018 est l’année du Pape Paul VI. Pour sa Profession de foi (30 juin 1968) et son Encyclique Humanae Vitae (25 juillet 1968) documents publiés alors que l’Eglise et la société connaissant de graves troubles. 2018 pourrait être l’année de la canonisation de Paul VI. Le miracle retenu est celui d’une petite fille, Amandine, née le jour de Noël 2014, à 26 semaines. “A sa 13e semaine de grossesse la maman est hospitalisée à cause de la rupture prématurée du placenta. Mais la situation ne s’améliorant pas, les médecins évoquèrent un « avortement thérapeutique ». Vanna et son mari, Alberto, décidèrent de poursuivre la grossesse. Une amie leur suggéra alors de confier l’enfant à la prière de Paul VI, qui allait être béatifié, justement après un miracle ayant sauvé la vie d’un enfant à naître. Le couple décida de se rendre en pèlerinage au Sanctuaire des Grâces pour prier le pape Montini qui aimait ce sanctuaire et y a célébré sa première messe. Ils ont ensuite invoqué sa prière tous les jours. La maman poursuivit les contrôles médicaux réguliers, les thérapies mais la perte du liquide amniotique continuait. Le 25 décembre 2014, vers 4h du matin, Vanna Pironato fut hospitalisée avec les signes d’un accouchement imminent. Environ deux heures plus tard, elle donnait naissance à sa petite-fille, à la 26e semaine de grossesse. Le bébé prématuré sera deux jours en soins intensifs, et quatre mois plus tard elle quittait l’hôpital en bonne santé.”

L’Evangile de la Vie tient à fêter les 50 ans d’Humanae Vitae en proposant aux étudiants, jeunes pros, personnel de santé, fiancés et jeunes mariés de se retrouver pour un week-end de formation sur cette Encyclique jugée prophétique, y compris par nombre de scientifiques.

Le 25 mars 2018, nous fêterons les 23 ans de l’Encyclique de Saint Jean Paul II, Evangelium Vitae. Et c’est aussi, depuis l’Annonciation, la Journée Mondiale de l’Enfant à naître.

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LIEU  : l’Evangile de la Vie. Entrée 32 cours de la République 84500 Bollène. Parking possible Place du 18 juin.

Parmi les intervenants :

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PROGRAMME :

Samedi 24 mars : accueil à 9h00 (merci de votre ponctualité – Puis, Messe présidée par S.E.Monseigneur Cattenoz, archevêque d’Avignon. La Messe sera suivie d’un enseignement de Monseigneur Cattenoz, sur Humanae Vitae. Repas tiré du sac. Reprises des enseignements avec

Père Bernard, Supérieur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame : “Les enjeux d’Humanae Vitae 50 ans après”

– Mme Valérie Ternynck, avec son époux, – Mère de Miséricorde.

Dans la journée Village des stands. Avant le diner : temps de rencontre.  Après le diner, Veillée mariale, puis nuit d’adoration

Dimanche 25 mars : : présentations de réalités nouvelles au service de la vie : avec

– Odile Guinnepain, infirmière.  Fonde « serviteurs et priants pour la ViE », œuvre de prière pour les malades en fin de vie ; « Curare Vitam l’antenne d’écoute ; « Nos mains ne tueront pas » membre de l’association Choisir la Vie

Guillaume d’Alançon, marié avec Hélène, 5 enfants. Délégué Episcopal pour la Famille et pour la Vie du diocèse de Bayonne, directeur de l’Institut pour la Famille en Europe.

Blandine de Fougeroux, avec l’Association Médicale Gabriel : une réponse pour les soignants et les patients désireux de vivre l’Evangile de la Vie.

Messe des Rameaux. Déjeuner. Fin 14h30

JE M’INSCRIS : AVANT LE 15 MARS :  seules les inscriptions avec le formulaire seront retenues, accompagnées de la participation aux frais 25€ par personne à l’ordre de AD-Evangile de la Vie. (comprend : frais d’organisation et de réalisation, repas du dimanche petit déjeuner er dimanche midi). (Les repas du samedi midi et samedi soir : chacun apporte son repas tiré du sac). Pas de garderie d’enfant.

LOGEMENT : Pour les hôtels : les plus proches de l’Evangile de la Vie se trouvent en centre ville. (Pour les jeunes et étudiants possibilité de loger chez l’habitant, suivant les places disponibles)

Je ne peux venir, mais je participe :

S’inscrire

>>> Formulaire d’inscription à imprimer et à retourner à l’Evangile de la Vie

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Humanae vitae vivrait-elle ses dernières heures ?

Depuis un peu plus d’un an les changements vont bons train, à Rome autour des questions bioéthiques et familiales. Nous avons annoncé, le remaniement de feu l’Institut Jean-Paul II, les nouvelles personnalités, parfois favorables aux “progrès” qui ont fait leur entrée dans le nouvel institut. Et voici les conclusions désormais publiques qui, si elles sont confirmées par le pape, risquent bien d’enterrer en catimini Humanae vitae.

Adieu « Humanae vitae ». A plus d’un demi-siècle de distance, l’encyclique contre les méthodes artificielles de régulation des naissances qui a constitué le moment le plus dramatique du pontificat de Paul VI, rejetée par des épiscopats entiers, contestée par d’innombrables théologiens, ignorée par des myriades de fidèles, cède désormais le pas à une réinterprétation radicale, à un « changement de paradigme » sans aucun doute souhaité et encouragé par le Pape François en personne.

Paradoxalement, Paul VI est le pape que Jorge Mario Bergoglio admire et loue le plus. Et précisément à cause – et ce sont ses propres mots – de la « génialité prophétique » avec laquelle il a écrit cette encyclique et aussi pour son « courage de se dresser contre la majorité, de défendre la discipline morale, de faire jouer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et futur. »

Mais précisément, « tout dépend de la manière dont on interprète ‘Humanae vitae’ », ne manque pas de préciser systématiquement le Pape François, parce que « la question n’est pas celle d’un changement de doctrine mais d’un travail en profondeur qui fasse en sorte que la pastorale tienne compte des situations et de ce que les gens sont en mesure de faire. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Et celui qui vint de donner explicitement le feu vert à l’utilisation de contraceptifs artificiels, c’est l’un des théologiens qui a le plus de crédit auprès du pape actuel, Maurizio Chiodi, professeur de théologie morale à la Faculté théologique d’Italie septentrionale et membre tout juste nommé à l’Académie pontificale pour la vie et auteur en 2006 d’un livre intitulé « Ethique de la vie » qui soutient la licéité de la procréation artificielle.

L’autorité de sa prise de position est renforcée par l’enchaînement de deux facteurs.

Le premier c’est le contexte dans lequel Chiodi a donné cette nouvelle interprétation d’ « Humanae vitae » : une conférence à l’Université pontificale grégorienne qui s’est déroulée le 14 décembre dans le cadre d’un cycle de rencontres entièrement consacré à cette encyclique à l’occasion du cinquantenaire de sa publication, sous le patronage de la Faculté de théologie morale de l’université dirigée par le jésuite argentin Humberto Miguel Yáñez, pupille de Bergoglio.

La journaliste américaine Diane Montagna a fourni le 8 janvier sur LifeSiteNews un compte-rendu de cette conférence qui n’a d’ailleurs pas manqué de susciter de vives réactions de la part des défenseurs de l’encyclique controversée.

> New Academy for Life member uses « Amoris » to say some circumstances « require » contraception

Mais il y a plus. Dimanche 28 janvier, la conférence de Chiodi a été republiée bien en évidence dans le quotidien de la Conférence épiscopale italienne « Avvenire » dans le supplément mensuel « Noi, Famiglia & Vita » sous le titre : « Du pape Montini à François, développement dans la fidélité », dans lequel on peut lire :

« Cette position [de Chiodi] s’insère avec autorité dans le débat en cours et il ne faudrait pas la comprendre comme un dépassement ou une critique de ‘Humanae vitae’, il s’agit d’un texte qui est et qui demeure le fruit d’un choix prophétique et courageux pour l’époque et au vu de la situation historique dans laquelle le Pape Montini l’a élaborée, non sans tourments et non sans avoir clarifié qu’il s’agissait d’un magistère qui n’était ni infaillible ni irréformable. Dans cette perspective, il faut comprendre la réflexion de ce théologien comme une proposition qui entend représenter le développement d’une tradition.  Et une tradition, pour être vivante et continuer à parler aux femmes et aux hommes de notre temps, de doit pas être sclérosée mais dynamisée, c’est-à-dire rendue cohérente avec une société qui est en pleine mutation.  Don Chiodi a le courage de définir le problème qui se pose depuis des décennies aux théologiens et aux experts en pastorale.  Les méthodes naturelles sont-elles vraiment la seule voie possible de planification des naissances ? ».

Comme on peut le voir, l’article se termine par un point d’interrogation. Il est cependant uniquement rhétorique.  Les thèses mises en avant par Chiodi dans sa conférence ne sont en fait nullement hypothétiques mais assertives.  Certaines circonstances – selon lui –non seulement autorisent mais « exigent » d’autres méthodes, non naturelles, pour la régulation des naissances.

On trouvera le texte intégral de la conférence de Chiodi relayé sur « Avvenire » – avec quelques coupures sans importance par rapport à celle prononcée à la Grégorienne – sur cette autre page de Settimo Cielo :

> Rileggere « Humanae vitae » alla luce di « Amoris laetitia »

Après avoir rediscuté de « la responsabilité subjective de la conscience et du rapport constitutif entre norme et discernement » dans le sillage de l’exhortation post-synodale du Pape François, Chiodi pose « la question de savoir si les méthodes naturelles peuvent / doivent être l’unique forme de procréation responsable ».

Et voici les conclusions auxquelles il aboutit :

« Ce dont la pratique des ‘méthodes naturelles de fécondité’ atteste, c’est du caractère responsorial de la procréation : elles aussi nous disent que procréer n’est pas créer. La méthode atteste cependant de plus que ce qu’elle ne peut garantir par elle-même.  Elle révèle un sens qui la transcende.  Si la responsabilité de procréer est bien ce à quoi renvoient ces ‘méthodes’, alors on peut comprendre comment dans les situations où celles-ci sont impossibles ou impraticables, il faut trouver d’autres formes de responsabilité : ces ‘circonstances’, pour être responsable, exigent d’autres méthodes de régulation des naissances.  Dans ces cas-là, l’intervention ‘technique’ ne nie pas la responsabilité du rapport générateur, tout comme, du reste, un rapport conjugal qui observe les méthodes naturelles n’est pas automatiquement responsable.

L’insistance du magistère sur les méthodes naturelles ne peut dont être interprété comme une norme en soi ni comme une simple conformité aux lois biologiques puisque la norme renvoie au bien de la responsabilité conjugale et que les lois physiques (physis) de l’infécondité s’inscrivent dans un corps de chair et dans des relations humaines qu’on ne peut réduire à des lois biologiques.

La technique, dans des circonstances déterminées, peut permettre de préserver la qualité responsable de l’acte sexuel. Elle ne peut donc pas être rejetée à priori lorsque la naissance d’un enfant est en jeu parce qu’il s’agit également d’une forme d’agir et qu’en tant que telle, elle exige un discernement sur base de critères moraux qu’on ne peut réduire à une application sillogistico-déductive de la norme ».

Pour ses lecteurs, « Avvenire » résume ainsi, au centre de la page, la réinterprétation d’ « Humanae vitae » faite par Chiodi :

« S’il y a des situations dans lesquelles les méthodes naturelles sont impossibles ou impraticables, il faut trouver d’autres moyens, parce qu’une paternité responsable ne peut ignorer les possibilités offertes par la techniques ».

Il convient d’ajouter que le 27 janvier, la veille de la republication de cette conférence de Chiodi, Mgr Vincenzo Paglia lui-même, le Président de l’Académie pontificale pour la vie et Grand Chancelier de l’Institut Jean-Paul II, a déclaré dans une interview accordée au journal de la Conférence épiscopale italienne, en faisant allusion à « Humanae vitae » qu’il convenait de faire « des approfondissement ultérieurs en ce qui concerne la paternité responsable » parce que « les normes sont faites pour faire vivre les êtres humains et pas pour faire fonctionner les robots » et que donc « elles demandent un processus d’évaluation qui doit prendre en compte l’ensemble concret des circonstances et des relations dans lesquelles la personne se trouve ».

Et déjà avant que Chiodi ne tienne sa conférence à la Grégorienne, même Mgr Luigi Bettazzi, 94 ans, l’un des rares évêques encore en vie ayant participé au Concile Vatican II, a déclaré à « Avvenire » le 29 octobre 2017 que cinquante ans après « Humanae vitae », le moment était désormais venu de « réexaminer cette question » parce que « ce ne sont pas les doctrines qui changement mais nous, au fil du passage des ans, qui parvenons à en comprendre toujours mieux le sens, à la lumière des signes des temps ».

En outre, la commission d’étude mise sur pied par le Vatican pour reconstruire la genèse de « Humanae vitae » du point de vue documentaire et historique est déjà au travail depuis le printemps dernier.

En font partie Mgr Gilfredo Marengo et Pierangelo Sequeri de l’Institut Jean-Paul II, Mgr Angelo Maffeis de l’Institut Paul VI de Brescia et l’historien Philippe Chenaux de l’Université pontificale du Latran.

Marengo et Paglia ont démenti que les travaux de cette commission concernaient le contenu de « Humanae vitae » et encore moins leur réinterprétation.

Mais il est désormais évident que le nouvel examen du parcours de préparation tourmenté de cette encyclique – dans laquelle déjà à l’époque les courants favorables à la contraception artificielle étaient beaucoup plus forts et plus pressants que le courant contraire, épousé par Paul VI – ne pourra que profiter au changement de paradigme qui est déjà en cours.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

 

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Populorum Progressio en quelques mots

Cette année l’Eglise célèbre les 50 ans de l’encyclique Populorum progressio. Une encyclique souvent citée, un texte fondateur pour le nouveau dicastère du développement humain intégral, mais pourtant peu lu. Sera-t-il tiré des oubliettes cette année ?

 

Pour vous inciter à lire ou à parcourir cette encyclique, InfoCatho vous en propose une synthèse en 5 pages que vous pouvez télécharger ici.

 



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Message de carême de Paul VI – 1977 – Il est nécessaire de nous rappeler que nous sommes les intendants de Dieu

Chers Fils et chères Filles,

Voici le Carême ! Écoutez-Nous un instant ! Le Carême est une période favorable, le « tempus acceptabile » dont parle la liturgie, pour nous préparer à célébrer dignement le Mystère Pascal. C’est une période assurément austère, mais féconde et déjà porteuse de renouveau comme un printemps spirituel. Nous devons raviver le sens du devoir et le désir de correspondre, concrètement, aux exigences d’une vie chrétienne authentique.

Voici bientôt dix ans, notre Encyclique Populorum Progressio sur le développement des peuples était comme un « cri d’angoisse, au nom du Seigneur », lancé aux communautés chrétiennes et à tous les hommes de bonne volonté. Aujourd’hui, en ce début du temps liturgique du Carême, Nous voudrions répercuter cet appel solennel. Notre regard et notre cœur de Pasteur universel continuent en effet d’être bouleversés par la foule immense de ceux que toutes les sociétés du monde laissent sur le bord de la route, blessés dans leur corps et leur âme, spoliés de leur dignité humaine, sans pain, sans voix, sans défense, seuls dans la détresse !

Certes, nous éprouvons des difficultés à partager ce que nous avons, afin de contribuer à la disparition des inégalités d’un monde devenu injuste. Cependant, les déclarations de principes ne suffisent pas. C’est pourquoi, il est nécessaire et salutaire de nous rappeler que nous sommes les intendants des dons de Dieu, et que « la pénitence du temps du Carême ne doit pas être seulement intérieure et individuelle, mais aussi extérieure et sociale » (Vat. II, Const. Sacrosanctum Concilium, n. 110).

Allez au devant du pauvre Lazare qui souffre de faim et misère. Faites-vous son prochain, pour qu’il reconnaisse dans votre regard celui du Christ qui l’accueille, et dans vos mains celles du Seigneur qui répartit ses dons. Répondez aussi avec générosité aux appels qui vous seront adressés dans vos Églises particulières, pour soulager les plus déshérités et pour participer au progrès des peuples les plus démunis.

Nous vous rappelons les paroles du Seigneur Jésus, que l’Apôtre saint Paul a précieusement conservées, pour venir en aide aux faibles : « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35). Et Nous vous exhortons tous, chers Fils et chères Filles, à purifier ainsi votre cœur pour accueillir les prochaines célébrations pascales et annoncer au monde la joyeuse nouvelle du Salut. Et Nous vous bénissons au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

PAULUS PP. VI

 

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Message de carême 1974 de Paul VI – L’esprit du carême exige la rupture avec l’attachement trop excessif de notre avoir matériel

Chers Fils et Filles,

Voilà dix mois environ, Nous annoncions l’Année Sainte. « Renouvellement » et « réconciliation » demeurent les mots clefs de cette célébration ; il désignent les espoirs que Nous mettons en elle. Mais ils n’iront pas, avons-nous dit, sans que s’opère en nous une rupture (cf. Allocution du 9 mai 1973).

Or, voici le temps du Carême, le temps par excellence du renouveau de nous-mêmes dans le Christ, de la réconciliation avec Dieu et avec nos frères. Nous y sommes associés à la mort et à la résurrection du Christ, moyennant une rupture avec les situations de péché, d’injustice, d’égoïsme.

Permettez-Nous donc d’insister aujourd’hui sur une rupture exigée par l’esprit du Carême, celle d’un attachement trop exclusif à notre avoir matériel, qu’il soit abondant comme chez le riche Zachée (cf. Lc 19, 8), ou maigre comme chez la pauvre veuve louée par Jésus (cf. Mc 12, 43). Dans le langage imagé de son époque, saint Basile prêchait déjà à ceux qui sont dans l’aisance : « Le pain qui demeure inutile chez vous, c’est le pain de celui qui a faim ; la tunique suspendue dans votre garde-robe, c’est la tunique de celui qui est nu ; la chaussure qui demeure inutile chez vous est celle du pauvre qui va nu-pieds ; l’argent que vous tenez enfoui, c’est l’argent du pauvre : vous commettez autant d’injustices que vous pourriez répandre de bienfaits » (Hom. VI in Lc, XII, 18, PG XXXI, col. 275).

De telles paroles donnent à réfléchir en un temps où haine et conflits sont provoqués par l’injustice de celui qui accapare quand l’autre n’a rien, de celui qui préfère le souci de son propre lendemain à l’aujourd’hui de son prochain, de celui qui, par ignorance ou par égoïsme, refuse de se priver du superflu en faveur de ceux qui manquent du nécessaire (cf. Mater et Magistra).

Et comment ne pas évoquer ici le renouvellement et la réconciliation exigés et assurés par la plénitude de notre unique repas eucharistique ? Pour communiquer ensemble au Corps du Seigneur, il faut sincèrement vouloir que nul ne manque du nécessaire, fut-ce au prix de sacrifices personnels. Autrement, nous ferions affront à l’Église, Corps Mystique du Christ, dont nous sommes les membres. Saint Paul, admonestant les Corinthiens, nous met tous en garde contre le danger d’un comportement déplorable à cet égard (cf. 1 Cor 11, 17 ss.).

Ce serait pécher contre cette unanimité que de refuser aujourd’hui à des millions de nos frères ce que comportent les exigences de leur promotion humaine. De plus en plus, en ce temps du Carême, l’Église et ses institutions caritatives sollicitent les chrétiens pour cette immense entreprise. Prêcher le Jubilé, c’est prêcher le dépouillement à la fois joyeux et profond qui nous restitue à la vérité de nous-mêmes et à la vérité de la famille humaine telle que Dieu la veut. C’est alors que le présent Carême peut apporter dès ici-bas, outre le gage de la récompense céleste, le centuple promis par la Christ à celui qui donne à cœur ouvert.

Sachez tous écouter dans notre appel un double écho : celui de la voix du Seigneur qui vous parle et vous exhorte, et celui du gémissement de l’humanité qui pleure et qui vous prie. Tous, évêques et prêtres, religieuses et religieux, laïcs adultes et enfants, à titre individuel et en communauté, nous sommes appelés à faire œuvre de partage, dans l’amour, car c’est un commandement du Seigneur.

À chacun de vous, Nous donnons notre Bénédiction Apostolique, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

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Message de carême de Paul VI 1973 – Le carême temps de pénitence, renoncement, communion et solidarité

Chers Fils et Filles en Jésus-Christ,

Le Carême est un temps de renoncement et de pénitence : il est aussi un temps de communion et de solidarité. En faut-il davantage pour souligner son importance ? Écoutons les exhortations du prophète Isaïe, reprises par la liturgie du Carême : « Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît ?… Partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans-abri, vêtir celui que tu vois nu et ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair » (Is 58, 6-7, première lecture du vendredi après le mercredi des Cendres). Ces appels font écho aux préoccupations de l’humanité contemporaine. Chacun est appelé à partager réellement les peines et les misères de tous. L’aumône et le don de soi ne sauraient être des actes isolés et épisodiques, mais l’expression d’une communion fraternelle.

Notre époque ressent la nécessité d’une prise en charge collective des maux qui pèsent sur l’humanité. C’est seulement en répondant à cette exigence que ces malheurs pourront être surmontés. Le Carême met les fidèles en garde contre tout gaspillage et les pousse à entreprendre un effort commun. Le rétablissement de toutes choses dans le Christ est intimement lié à l’esprit de Carême. Jésus lui-même révèlera un jour l’importance de l’aide que nous aurons apportée à nos frères et sœurs : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35-36). Cet appel du Christ dans ses membres concerne chaque chrétien. Nul ne saurait se soustraire à l’appel urgent de son divin Frère. L’expérience prouve que les communautés chrétiennes les plus démunies sont loin d’être les moins sensibles aux besoins des autres. Oui, c’est maintenant et près de nous que nous rencontrons le Christ indigent dans ceux qui nous entourent et cette rencontre ne saurait nous laisser indifférents. Mais une des caractéristiques de notre époque est la découverte des proportions immenses des fléaux qui s’abattent sur les hommes. Tant d’obstacles, en tant de lieux, s’opposent à la promotion de la dignité humaine de chacun. Nous avons consacré divers documents à l’étude détaillée de ces problèmes. Notre propos, aujourd’hui, est d’encourager à des engagements et à des actions très directes en vue de leur solution.

Dans de nombreux pays, le Carême est l’occasion pour l’Église d’actions organisées. Elle demande à chacun d’apporter sa contribution matérielle en vue du développement intégral de tous. Fournir les moyens nécessaires pour cette promotion est une œuvre importante et nous espérons voir s’intensifier et multiplier ces efforts dans un esprit d’authentique partage. Il s’agit de projets et de programmes divers, requérant des sommes considérables, et le montant nécessaire ne peut être obtenu que si chacun y apporte personnellement sa contribution. Chacun est donc appelé à donner, en fonction de ses possibilités, et en faisant un réel effort dans ce don.

En insérant ces exigences dans le contexte du Carême, l’Église leur assure leur authenticité religieuse. On peut donner sans communiquer vraiment, contribuer sans participer réellement, se priver de biens matériels sans avoir un authentique esprit de pauvreté. Mais celui qui s’impose un véritable effort, qui cherche sincèrement à aider ses frères et sœurs, qui accepte de prendre sa part de la Croix du Christ, ne saurait tomber dans de tels risques. Si le Carême est ainsi animé par la charité évangélique et s’il conduit à une action effective, l’assistance matérielle sera assurée. Par-dessus tout, le Carême apportera un accroissement de fraternité, de justice, de bonheur et d’amour. Il nous apportera la véritable joie lors de la Résurrection du Seigneur. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Source Vatican

NLQ #Rome

Le pape ira-t-il en Egypte ?

Un voyage du pape François en Egypte est actuellement à l’étude mais les dates et le programme ne sont pas encore définis. C’est ce qu’a indiqué le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, dans une note diffusée le 11 mars 2017.

Greg Burke fait cette précision après les supputations publiées dans la presse autour de ce voyage que le pape a récemment évoqué dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Die Zeit.

En 2017, le pape doit se rendre dans trois villes d’Italie : à Milan le 25 mars, à Carpi le 2 avril et à Gênes le 27 mai. Il est attendu au Portugal, à Fatima, les 12 et 13 mai et en Colombie du 6 au 11 septembre.

Parmi les autres destinations encore à l’étude, le pape a parlé à plusieurs reprises d’un déplacement en Asie, incluant l’Inde et le Bangladesh. Et lors de sa récente visite à l’église anglicane de Rome, il a exprimé son souhait de se rendre au Soudan du Sud.

 

 Lu sur Zenith