Doctrine / Formation

Saint Paul VI et Vatican II

de Gérard Leclerc pour France-catholique :

La canonisation de Paul VI, ce dimanche, nous permet de méditer sur la stature spirituelle du Pape qui permit le plein épanouissement du grand œuvre conciliaire de Vatican II. Certes, c’est son prédécesseur, saint Jean XXIII, qui avait eu l’audace d’imaginer pour le XXe siècle une entreprise qui renouait avec la longue tradition qui, depuis Nicée, avait permis à l’Église de définir les grandes lignes de sa doctrine (trinitaire, christologique) et de répondre aux crises qui l’avaient mise en péril (singulièrement avec le concile de Trente). Il s’agissait pour le pape Roncalli de mettre en valeur les extraordinaires richesses de la Révélation pour les faire briller à la face du monde contemporain. C’était un retour à la Tradition la plus profonde au service de la plus actuelle des évangélisations. Le pape Montini était tout à fait accordé à ce projet qu’il mena à bien, en définissant ses contours exacts, pour le traduire en réformes concrètes dans la vie ecclésiale.

Malheureusement, l’enseignement de Vatican II ne fut pas toujours reçu dans sa profondeur, laissant place à des traductions idéologiques qui en trahissaient le contenu. Le cardinal de Lubac, un des théologiens qui avaient le plus réfléchi au mystère de l’Église, central pour le Concile, eut l’occasion de le déplorer par la suite. Et si l’on dut parler de crise post-conciliaire, ce ne fut pas à cause du contenu des grandes constitutions de Vatican II, mais en raison de leur méconnaissance. La canonisation du Pape du Concile devrait être l’occasion d’un retour à des textes fondateurs qui, à distance, continuent à répandre une vive clarté pour mieux comprendre la Révélation et vivre selon l’esprit du Christ dans le monde de ce temps.

Le souvenir de Paul VI oblige aussi à revenir sur les souffrances éprouvées, avec le sentiment d’une démolition de l’Église, suscitée par les déviations doctrinales et pastorales, et aggravée par les dérives de la société des années soixante. De plus, on ne peut mener une réforme nécessaire, si l’on ne dispose pas des agents de terrain pour la mener à bien. À son ami Jean Guitton qui lui suggérait de fonder un séminaire d’une facture nouvelle, apte à répondre aux défis du temps, le Pape répondait qu’il ne disposait pas de l’encadrement qui conviendrait. Et puis il y a la division qui sévit entre chrétiens, définis déjà comme conservateurs ou progressistes, et bientôt conciliaires ou anti-conciliaires. Elle se prolonge encore aujourd’hui, et elle est toujours aussi ruineuse. Elle est contraire à l’unanimité morale qui doit prévaloir dans une assemblée conciliaire comme dans la vie de l’Église, au-delà des diversités légitimes. La leçon est permanente : l’Église est un grand corps qui réunit la plus grande variété de peuples ainsi que des familles spirituelles qui se sont constituées au long de l’histoire. Le ministère pétrinien, celui de saint Paul VI et de François, rassemble cette diversité, puisqu’il est le foyer ecclésial de l’unité de l’épouse du Christ.

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Paul VI et six autres bienheureux seront canonisés le 14 octobre prochain

Le pape Paul VI, qui est décédé il y a aujourd’hui 40 ans, en la fête de la Transfiguration, le 6 août 1978, sera canonisé le 14 octobre 2018, durant le Synode des évêques sur les jeunes qui aura lieu à Rome. Le pape François a annoncé cette date lors d’un consistoire ordinaire public le 19 mai : il voit en lui le « grand pape de la modernité ».

Le pape François s’est rendu tôt ce lundi matin, 6 août 2018, dans les grottes vaticanes – la crypte de Saint-Pierre – , là où est enterré son prédécesseur le bienheureux – et bientôt saint – Paul VI, pour se recueillir devant sa tombe, en ce 40e anniversaire.

Le pape a aussi fixé la date des canonisations de six autres bienheureux : l’évêque salvadorien Oscar Romero, un jeune italien, Nunzio Sulprizio (1817-1836), deux prêtres italiens, une religieuse allemande et une religieuse espagnole.

Et c’est justement Paul VI qui avait béatifié Nunzio Sulprizio , disant de lui : « Il vous dira que vous, jeunes, pouvez régénérer en vous-mêmes le monde dans lequel la Providence vous a appelés à vivre et qu’il vous appartient à vous, les premiers, de vous consacrer au salut d’une société qui a précisément besoin d’âmes fortes et intrépides. »

Sept bienheureux seront donc élevés à la gloire des autels le 14 octobre :

– Le bienheureux pape Paul VI (1897-1978) (Giovanni Battista Montini). Elu pape le 21 juin 1963 et décédé le 6 août 1978, son pontificat dura une quinzaine d’années (1963-1978) marquées par le concile Vatican II et par le souci de l’ouverture aux exigences des temps modernes.

– Le bienheureux évêque salvadorien Oscar Romero (1917-1980), évêque de San Salvador, martyr. Mgr Oscar Romero a été tué le 24 mars 1980 par les escadrons de la mort alors qu’il célébrait l’Eucharistie  dans la chapelle de l’hôpital de la Divine-Providence de San Salvador. Il est connu pour avoir dénoncé les injustices commises durant le conflit armé au Salvador qui a duré pendant 12 ans, et a fait 75 000 morts, 8 000 disparus et 12 000 invalides.

– Le bienheureux italien Francesco Spinelli, prêtre diocésain, fondateur de l’Institut des Sœurs adoratrices du Très-Saint Sacrement (1853 -1913). Don Francesco est né à Milan et a été ordonné prêtre le 17 octobre 1875. Lors d’un pèlerinage dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, il s’agenouille devant la crèche de l’Enfant Jésus et il a une vision de jeunes filles qui se consacreraient à l’adoration de Jésus dans le Sacrement. Le 15 décembre 1882, il fonde, avec Caterina Comensoli et deux autres sœurs, l’Institut des Sœurs adoratrices, à Bergame, pour « attiser un amour plus ardent pour l’Eucharistie célébrée et adorée pour le verser sur les plus pauvres parmi les frères ».

– Le bienheureux italien Vincent Romano, prêtre diocésain, curé de paroisse (1751-1831). Né à Torre del Greco, près de Naples, et ordonné prêtre en 1775, le père Vincent Romano a été curé de sa ville natale pendant trente ans. Souvent comparé au Curé d’Ars, il a consacré sa vie à éduquer les enfants et à s’occuper des besoins des ouvriers et des pêcheurs, notamment les pêcheurs de corail. Sa devise était : « Faire le bien ».

– La bienheureuse allemande Maria-Katharina Kasper, fondatrice de l’Institut des Pauvres servantes de Jésus-Christ (1820 -1898). Née à Dernbach, en Allemagne, au sein d’une famille paysanne pauvre, elle est attirée très tôt par une vie religieuse. Elle persuade l’évêque de Limbourg d’ouvrir une petite maison dédiée aux pauvres et y commence une vie monastique avec quelques sœurs, fondant une congrégation qui se consacra notamment à l’éducation.

– La bienheureuse religieuse espagnole Nazaria Ignacia de Santa Teresa de Jesus (1889-1943), au siècle Nazaria Ignacia March Mesa. Née à Madrid (Espagne) et morte à Buenos Aires (Argentine), elle est la fondatrice de la Congrégation des soeurs Misioneras Cruzadas de la Iglesia (Missionnaires croisées de l’Eglise).

– Le bienheureux Nunzio Sulprizio (1817-1836), jeune laïc italien. Né le 13 avril 1817 à Pescosansonesco, le bienheureux Nunzio Sulprizio est très tôt resté orphelin. Il vivait avec un oncle très violent qui le battait. À cause de ces violences, le jeune artisan de Naples souffrait d’une plaie à la jambe : on l’appelait pour cela « le petit saint boiteux ». Malgré sa maladie, le jeune homme assistait les autres malades, et, dans sa pauvreté, soulageait la misère des pauvres. Il a passé les deux dernières années de sa vie à l’hôpital des incurables de Naples où il est mort le 5 mai 1836, à 19 ans.

Source : Zenit.org

NLH #Tribunes et entretiens

Humanae Vitae, 50 ans après – Paul VI et le regard positif

« En ce cinquantième anniversaire d’Humanae vitae, redécouvrons les paroles de Paul VI sur l’encyclique, pendant l’audience générale une semaine après la publication du texte. L’appel du pape Montini s’adresse aux époux chrétiens afin que, dans le document  laborieusement mis au point, ils lisent non pas une série d’interdits mais une contribution à leur vocation », explique, ce 25 juillet 2018, Vatican News en italien (Alessandro De Carolis) dans ce récit, traduit par Hélène Ginabat :

« Un mercredi en plein été, devant la foule. Paul VI est à Castel Gandolfo et préside l’audience générale dans la Salle du Palais pontifical. « Nos paroles, annonce-t-il, ont aujourd’hui un thème imposé par l’encyclique intitulée Humanae vitae… ». C’est le moment que le pape Montini a peut-être attendu depuis des jours. Le moment de s’adresser directement à la foule et de parler à cœur ouvert d’un thème qui l’a absorbé pendant des années et jusqu’à la semaine précédente, dans un effort pour finaliser un des documents les plus délicats et complexes de son pontificat et de l’Église contemporaine.

L’adjectif-clé

« Le point névralgique apparaît dès les premières lignes : « Ce document pontifical (…) n’est pas seulement la déclaration d’une loi morale négative, à savoir l’exclusion de toute action qui se propose de rendre la procréation impossible, mais c’est surtout la présentation positive de la moralité conjugale ordonnée à sa mission d’amour et de fécondité… ».

« Paul VI connaît bien les critiques et les réserves à l’égard du texte, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église. Le ton habituel, sobre et solennel, du discours, change. L’enregistrement de l’audience générale manifeste l’accent mis sur l’expression « présentation positive » : « Humanae vitae est surtout la présentation positive de la moralité conjugale ».

« Parce que cet adjectif est comme le poinçon de l’émotion qui, pour une fois, émerge de l’austère retenue et révèle le cœur non seulement du pape, mais aussi de l’homme. Le cœur de celui qui, au-delà du débat difficile généré autour de l’encyclique – ressent le besoin d’expliquer et de s’expliquer. Raconter que ce que le pape a revu personnellement, scrupuleusement, paragraphe par paragraphe, pour en faire un acte du magistère, n’est pas une sorte de pensée autocratique insensible et vexatoire, mais la réflexion dictée avant tout par l’amour d’un père pour les familles, en particulier celle qui, chaque jour, mesure leur vie à l’aune de leur foi.

« Le pape Montini déclare à la foule qu’il ne veut pas parler, dans cette circonstance, du contenu d’Humanae vitae. En ce dernier jour de juillet, il désire laisser place aux « sentiments ». Ceux qui, dit-il, lui ont rempli l’ « âme » pendant les « quatre années » de la « laborieuse rédaction » de l’encyclique. « Le premier sentiment, confie-t-il, a été celui de notre très grave responsabilité » qui « nous a aussi fait pas mal souffrir spirituellement » (…)

« Nous avons étudié, lu, discuté autant que nous le pouvions ; et nous avons aussi beaucoup prié ». L’emploi du pluriel semble vouloir dilater la fatigue d’un travail que Paul VI n’a pas l’intention de dissimuler, en écoutant et en se confrontant à toutes les voix compétentes en la matière.

« Toutefois, il évoque ensuite « un autre sentiment qui nous a toujours guidé dans notre travail, c’est celui de la charité, de la sensibilité pastorale envers ceux qui sont appelés à intégrer leur personnalité dans la vie conjugale et dans la famille ». Et un troisième sentiment qui est « l’espérance ». L’espérance que « ce seront les époux chrétiens qui comprendront combien notre parole, qui peut sembler sévère et ardue, veut être l’interprète de l’authenticité de leur amour, appelé à se transfigurer dans l’imitation de celui du Christ pour son épouse mystique, l’Église » et à « inspirer à la famille moderne sa propre spiritualité, source de perfection pour chacun de ses membres et de témoignage moral dans la société ». »

Source : Zenit.org

Doctrine / Formation

Retour sur le credo du peuple de Dieu, le credo de Paul VI

de Mgr Ginoux, évêque de Montauban sur le site de son diocèse :

Il y a 50 ans, le 30 juin 1968, le bienheureux Paul VI publiait un texte essentiel, sa profession de foi. Celui qui sera proclamé saint dans quelques mois, le 14 octobre, avait des raisons fortes pour écrire ce texte. Il est toujours d’actualité et nous avons à le connaître et à le faire connaître.

Le pape Paul VI avait ouvert en 1967 une « année de la foi ». A la fin de cette année il voulut donner au « peuple de Dieu » un condensé de la foi catholique à partir des bases clairement formulées du Symbole de Nicée-Constantinople. Il répondait par là à des sollicitations venues d’esprits éminents : Jacques Maritain, le théologien Charles Journet ou Yves Congar … lui en avaient suggéré l’idée. Le Pape, après les avoir écoutés, souscrivait à cette idée. Il voyait dans l’Eglise, heureusement inspirée par le concile Vatican II terminé en décembre 1965, naitre certaines remises en question des principes fondamentaux de la foi catholique. Il déplorait les mises en discussion et les contestations des vérités immuables de la foi. Il voulut donc adresser à tous un texte qui reprendrait ce qu’un fidèle du Christ doit croire et ce que l’on doit enseigner à un catéchumène ou à un recommençant dans la vie de foi. Paul VI se rend compte que l’unité entre la foi et la vie tend à se dissoudre et, surtout, que les vérités de la foi exprimées clairement par la Tradition et le Magistère de l’Eglise revues dans la dynamique de Vatican II ont toujours leur pertinence. Paul VI insiste sur la cohérence indispensable entre la vie et la foi : « La foi est un principe de vie surnaturelle et, en même temps, un principe de vie morale » (Audience Générale, 3 juillet 1968). La foi transforme notre action, elle éclaire notre existence et l’enrichit dans toutes ses dimensions (Pape François, Lumen Fidei, n°6). Paul VI dira que « la foi peut avoir une influence déterminante et positive, sur notre psychologie d’abord, et sur notre vie pratique ensuite » (Audience Générale, 3 juillet 1968).

Le Credo  enrichi par la méditation du Pape
C’est pour permettre à chaque fidèle de se réapproprier le credo que le Pape développe sa profession de foi en rappelant que la foi naît de la Parole de Dieu entendue et vécue, c’est-à-dire mise en pratique. De plus la foi, si elle est toujours personnelle, est une réalité ecclésiale : on croit en Jésus-Christ mort et ressuscité par l’Eglise et l’enseignement constant du magistère. Dans ce texte que je vous invite à lire (voir le lien en fin d’article) nous trouvons une vraie catéchèse qui donne les points traditionnels de notre foi depuis les origines, des points qui s’appuient sur la Parole de Dieu. L’enseignement du Credo porte sur la Trinité, sur la conception virginale de Jésus, sur la place de la Vierge Marie. Il rappelle que Dieu s’est fait homme pour nous sauver du péché originel, ce péché de l’homme qui nous marque tous parce qu’il est transmis avec la nature humaine « non par imitation mais par propagation ». Par le baptême nous redevenons libres et nous renaissons à la vie divine dans le Christ Jésus. Le Credo proclame la foi en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Elle est « le germe et les prémices du Royaume de Dieu », elle est sainte et pourtant composée de membres pécheurs parce qu’elle donne aux hommes la grâce de Dieu (par les sacrements). La messe célébrée par le prêtre agissant en lieu et place du Christ est d’abord le sacrifice de la croix rendu sacramentellement présent sur l’autel. Le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés en corps et sang du Christ « glorieux siégeant au Ciel ». Il s’agit de la présence vraie, réelle et substantielle du Christ ressuscité. Cette présence demeure après le sacrifice dans le Saint Sacrement qui, au tabernacle, est le cœur de nos églises vivantes et accueillantes à tous. L’Eglise du Christ n’est pas de ce monde même si elle est dans le monde. Elle ne se confond pas avec l’évolution du monde, des mœurs, des techniques mais elle avance dans l’amour du Dieu miséricordieux pour faire connaître à tous l’amour dont il nous aime. Elle est présente à la vie des hommes et, comme l’a répété le concile Vatican II, elle en porte les espoirs et les peines, les souffrances et les joies. La vie éternelle est l’aboutissement de la route de l’homme. Déjà commencée sur la terre elle rassemble tous ceux qui ont cru et qui ont cherché à vivre du Christ et à faire le bien.
Enfin la profession de foi nous redit la joie de la communion de tous les fidèles du Christ, pèlerins sur la terre, bienheureux du ciel ou fidèles défunts encore en attente d’être purifiés.

 Une lecture à reprendre
Les mois d’été peuvent vous permettre de relire ce texte fondamental du bienheureux pape Paul VI. Je vous le conseille : il est une modeste révision de notre connaissance de la foi, un petit travail pour un temps de vacances et pour retrouver quelques points de repère sûrs. Bon été ! Soyez assurés, chers diocésains, de ma prière et de mes fidèles pensées.

Traduction non officielle :

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse ; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne : en sorte que ces deux noms, Être et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, “habitant une lumière inaccessible”, est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine. Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité.

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, “coaeternae sibi et coaequales”, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours “doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité”.

Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, “homoousios to Patri”, et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne.

Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Évangile : pauvreté en esprit, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les mort : chacun selon ses mérites – ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

Nous croyons en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église ; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait”.

Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, “non par imitation, mais par propagation”, et qu’il est ainsi “propre à chacun”.

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, “là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé”.

Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent “de l’eau et de l’Esprit Saint” à la vie divine dans le Christ Jésus.

Nous croyons à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Église terrestre ; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Église comblée des biens célestes ; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Église par les sacrements qui émanent de sa plénitude. C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce : c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint.

Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes ; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteur dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui ; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus. Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage.

Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur.

Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes ; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle.

Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique.

L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut signifier jamais que l’Église se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

Nous croyons à la vie éternelle. Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.

Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit : Demandez et vous recevrez. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen.

Paul PP. VI

NLQ #Points non négociables PNN

Humanae Vitae : un livre sur la genèse de l’encyclique

Cette étude parue sous la plume de Mgr Marengo vise-t-elle à préparer une  “réinterprétation” de l’encyclique que certains évoquaient l’année dernière ?

Dans le livre italien « La naissance d’une encyclique. Humanae vitae à la lumière des Archives du Vatican » (Librairie éditrice du Vatican), don Gilfredo Marengo publie quelques données inédites qui aident à dissiper les préjugés sur le texte, cinquante ans après sa publication par Paul VI (1968). Vatican News se fait l’écho de l’ouvrage qui souligne que le texte reflète les débats post-conciliaires.

Un temps de gestation très long – Paul VI travailla le texte cinq ans, de 1963 à 1968 – et de nombreux conseillers impliqués dans le projet, c’est ce qui ressort notamment de l’étude faite par don Gilfredo Marengo, enseignant à l’Institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. L’auteur a obtenu une dérogation spéciale du pape François pour accéder aux archives avant les 70 ans prévus, afin de reconstruire la genèse du texte.

« Beaucoup de polémiques et beaucoup de jugements critiques sur Humanae vitae, explique don Marengo, sont nés de conjectures sur sa composition. C’est pourquoi reconstruire ce parcours aide à faire tomber de nombreux préjugés qui se sont accumulés autour du texte pendant toutes ces années. »

« Sa rédaction, et ensuite sa réception, explique l’auteur, ont subi les effets des premières tensions ecclésiales après le Concile et le texte est étroitement lié à ses conclusions… pour la génération qui a travaillé pendant ces années-là, le Concile était encore une réalité nouvelle comme le montre la gêne exprimée, dans certains passages, par certains conseillers par rapport aux thèmes conciliaires ». En même temps, note-t-il, « chez beaucoup d’autres, qui contestèrent Humanae vitae, il y avait clairement un préjugé, selon lequel tout ce qui avait été écrit avant le Concile n’avait plus de valeur ».

Dans cette consultation de documents inédits, don Marengo a mis en lumière l’existence d’un projet d’encyclique, approuvé puis éliminé, ainsi qu’une consultation synodale sur les méthodes de régulation des naissances, pendant le premier synode des évêques à l’automne 1967.

La recherche permet aussi une approche plus objective de l’encyclique, comme il l’explique, démystifiant deux mythes : « Il n’est pas vrai que Paul VI a travaillé dans la solitude : au contraire, il a fait en sorte d’avoir toutes les suggestions possibles et il a consulté les évêques. Mais ce n’est pas vrai qu’il a été tourmenté par des doutes, parce qu’il avait mûri son jugement depuis le début. Le pape Montini a simplement toujours demandé à tous ses collaborateurs de l’aider sur la manière de présenter son jugement de façon positive. Et il faut dire que ceux-ci n’ont pas toujours été en mesure de répondre jusqu’au bout à cette exigence. »

Source : Zenit.org – Avec une traduction d’Hélène Ginabat

NLH #NLQ #Récollections/Retraites

Venez à l’écart… les 4 & 5 août à l’Abbaye de Kergonan (56) pour les 50 ans d’Humanae Vitae avec le Cardinal Sarah

A l’occasion des 50 ans d’Humanae Vitae, l’abbaye sainte Anne de Kegonan accueille tous les couples, jeunes foyers, fiancés, étudiants, prêtres pour un week-end exceptionnel de découverte, d’enseignements et de témoignages sur l’actualité de l’encyclique publiée par le Pape Paul VI en 1968 : offices bénédictins, messes, adoration, rencontres, échanges, etc.
Avec la participation du Cardinal Robert Sarah. 

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site

Brèves

Une lettre inédite de Paul VI envisageait sa démission

En marge des signaux envoyés par François sur une démission :

Le pape François a annoncé ce 19 mai 2018 qu’il canoniserait le pape Paul VI le 14 octobre, durant le Synode sur les jeunes. Quelques jours plus tôt, il soulignait « une preuve supplémentaire de la sainteté de Paul VI » : une lettre inédite qui envisageait sa démission en cas d’incapacité.

Le pape Montini, qui a guidé la barque de Pierre de 1963 à 1978, avait en effet prévu et évalué son départ, eût-il été confronté à une maladie « présumée incurable ou de longue durée et qui empêche l’exercice suffisant des fonctions de notre ministère apostolique ».

Dès 1965, la deuxième année de son pontificat, le pape Paul VI écrivait une lettre en ce sens, à ce jour inédite, adressée au doyen du Collège des cardinaux. Le secrétaire d’État était chargé de la rendre publique, si nécessaire.

Ce texte a été rassemblé, avec plusieurs autres écrits inédits de Paul VI, dans un volume édité par le père Sapienza, régent de la préfecture de la maison papale, intitulé « La barque de Paul », qui arrivera bientôt dans les librairies en Italie.

Avec la lettre de Paul VI, le père Sapienza a également publié un bref commentaire signé par le pape François : les deux textes ont été publiés par L’Osservatore Romano le 16 mai 2018. Paul VI, écrit le pape François, ne se soustrait pas à ses responsabilités. Ce qui compte pour lui, ce sont les besoins de l’Église et du monde. Et un pape entravé par une maladie grave ne serait pas capable d’exercer le ministère apostolique avec une efficacité suffisante. Par conséquent, poursuit le pape François, « en conscience et après mûre réflexion, il indique sa volonté précise, pour le bien supérieur de la Sainte Église ».

« Nous devons remercier Dieu, le seul qui guide et sauve l’Église, d’avoir permis à Paul VI de continuer à être Père, Pasteur, Maître Frère et Ami jusqu’au dernier jour de sa vie », souligne cependant le pape argentin.

Source : Zenit.org – traduction Marina Droujinina

A la une #NLH #NLQ #Rome

Le président de l’Institut Jean-Paul II prend la défense d’Humanae vitae

Celui qui, envers et contre tout, a pris ouvertement la défense de l’enseignement authentique d’ « Humanae vitae » est justement celui que le pape François a placé il y a deux ans à la tête du Institut théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille qu’il a refondé, c’est-à-dire de l’institut qui est censé soutenir et renforcer la nouvelle ligne de l’Eglise en la matière.  Il s’agit du théologien milanais PierAngelo Sequeri, un expert unanimement reconnu, un géant par rapport à […]Vincenzo Paglia qui est en théorie son supérieur comme Grand Chancelier de ce même institut en plus d’être président de l’Académie pontificale pour la vie, lui aussi promu à cette double charge par le pape François et notoirement enclin à admettre la licéité de la pilule et des autres contraceptifs.

Le professeur Sequeri a saisi pour intervenir l’occasion offerte par un important colloque consacré à Paul VI qui s’est tenu les 9 et 10 mai à l’Université Catholique de Milan. Le texte de sa conférence a été publié presque dans son intégralité dans « Avvenire », le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, le jour même où Sequeri l’a prononcé :

 

Il s’agit d’un texte d’une épaisseur théologique remarquable qui mérite d’être lu dans son entièreté, particulièrement quand il identifie le fondement ultime de l’amour génératif entre un homme et une femme non seulement au symbolisme nuptial de la relation entre Dieu et son peuple mais bien plus et plus profondément dans la vie du Dieu trinitaire, dans l’éternelle génération du Père dans le Fils qui se répand en tant qu’Esprit.

C’est à ce fondement que Sequeri ramène « l’intime union du sens de l’union et de la procréation » mise en lumière dans « Humanae vitae ».

Et c’est ainsi qu’il donne raison à ce qu’enseigne l’encyclique en faveur du recours aux rythmes naturels de fécondité et par conséquent contre les contraceptifs artificiels :

« L’intime union du sens de l’union et de la procréation institue la justice de l’acte propre de l’intimité conjugale. L’intégrité d’une telle union tient à la structure symbolique de l’acte conjugal : préserver le sens naturel de l’affection conjugale, même en-dehors de l’effet procréatif, que les rythmes naturels de ses conditions n’imposent d’ailleurs pas automatiquement par eux-mêmes. »

« Dans ce cadre, semble donc justifiable – honnête, licite, cohérent – la pratique de l’intimité conjugale qui reconnaît et prend en compte la suspension naturelle de l’effet génératif tandis que semble injustifiable la pratique qui procure et impose une stérilisation artificielle de l’acte conjugal. »

« le rythme personnel de l’union et de l’abstention, qui met en harmonie la domination de la volonté avec le rythme ‘naturel’ de la fécondité et de l’infertilité apparaît comme le paradigme d’un chemin d’éducation et de mûrissement précoce. »

« Paul VI est conscient du fait que ‘cet enseignement ne sera sans doute pas facilement accueilli par tout le monde’ (HV 18). Dans le même temps, il reconnaît avec la même franchise la charge que cette ligne de responsabilité entraîne, par rapport à la conciliation des dynamiques conjugales avec la fidélité à ses principes.  La compréhension des moments où cet effort doit s’accommoder de notre fragilité et notre vulnérabilité fait partie de cette prise en compte ».

Voilà ce qu’a déclaré le président de l’institut pontifical théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. En publiant cette conférence, « Avvenire » n’a pas le moins du monde fait écho au passage dans lequel il rappelle la condamnation des contraceptifs artificiels.  Et on peut comprendre cette réticence puisqu’il s’agit du journal des évêques italiens qui s’emploient eux aussi à mettre cette condamnation au placard et à adapter « Humanae vitae » aux soi-disants « nouveaux paradigmes » inaugurés par le Pape François.

En effet, le pape actuel a affirmé qu’il était un grand admirateur de Paul VI, du « génie prophétique » avec lequel il a écrit « Humanae vitae » et de son « courage de se dresser contre la majorité, de défendre la discipline morale, d’exercer un frein culturel, de s’opposer au néo-malthusianisme présent et à venir ».

 

Source et intégralité de l’article (plus polémique que notre extrait)

NLH #Tribunes et entretiens

Paul VI applaudissait-il la réforme liturgique ?

Paul VI et la réforme liturgique. Il l’a approuvée mais elle ne lui plaisait guère.

« C’est le Pape qui le veut ». C’est ainsi que Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), l’artisan de la réforme liturgique qui suivit le Concile Vatican II, réduisait systématiquement au silence les experts qui contestaient l’une ou l’autre de ses innovations les plus inconsidérées.

Le pape en question, c’était Paul VI qui avait en effet confié à Bugnini le rôle de secrétaire et de factotum du conseil pour la réforme de la liturgie présidé par le cardinal Giacomo Lercaro.

Bugnini jouissait d’une mauvaise réputation auprès de certains membres du conseil. « Scélérat et mielleux », « manipulateur », « dépourvu de culture comme d’honnêteté » : c’est ainsi que le grand théologien et liturgiste Louis Bouyer (1913-2004), que Paul VI estimait énormément, l’a décrit dans ses « Mémoires ».

En fin de compte, ce pape fut sur le point de créer Bouyer cardinal et punit Bugnini en l’exilant comme nonce à Téhéran après s’être rendu compte des dégâts qu’il avait causés et de la fausseté de ce « c’est le Pape qui le veut » derrière lequel Mgr Bugnini s’abritait.

Lire la suite sur diakonos.be

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Humanae vitae en danger ? Attaque et contre attaque dans les coulisses de la Curie

Le siège contre l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI datant de 1968 vient de connaître ces derniers jours deux nouveaux assauts. Mais également une vigoureuse contre-attaque.

Le premier assaut vient du cardinal Walter Kasper qui vient, dans un livret, de faire l’éloge du « changement de paradigme » inauguré par le Pape François avec l’exhortation « Amoris laetitia ». Un changement de paradigme – écrit Kasper – qui ne se limite pas à autoriser la communion aux divorcés remariés mais qui selon lui pourrait également légitimer la contraception.

Le second vient du journal des évêques italiens “Avvenire” qui vient de publier un commentaire alambiqué d’un très beau livre qui vient de sortir sur la genèse de “Humanae vitae” contenant de nombreux documents inédits de la correspondance de Jean-Paul II. Malgré la qualité de l’ouvrage, Avvenire tente de faire passer Jean-Paul II pour un fondamentaliste rigide qui aurait fait pression sur un Paul VI ouvert.

Face à ces deux interprétations malhonnêtes, Luigi Melina, Melina, l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, remet les pendules à l’heure.

 

 

On entend aujourd’hui parler d’un « changement de paradigme » historique qu’il faudrait appliquer à la morale sexuelle catholique. Dans le but de l’imposer, on est en train de se livrer à une tentative discutable de relecture historique qui oppose les personnages de Paul VI et de Jean-Paul II, voyant dans le second un traditionnaliste rigide et intransigeant qui aurait compromis l’attitude ouverte et flexible du premier.

En réalité, cette falsification grossière et arbitraire ne vise qu’à faciliter une manipulation idéologique du magistère du Pape Paul VI. La mise entre parenthèses de l’enseignement de Saint Jean-Paul II sur la théologie du corps et sur les fondements de la morale, de ses catéchèses et de « Veritatis splendor » au nom du nouveau paradigme pastoral du discernement au « cas par cas » ne nous fait faire aucun pas en avant, au contraire, il nous fait reculer vers le casuistique, avec le désavantage que celle-ci était au moins soutenue par un solide contexte ecclésial et culturel de vie chrétienne tandis qu’aujourd’hui elle ne pourrait qu’aboutir en une totale subjectivisation de la morale.

Le Pape François a récemment approuvé la publication de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la lettre « Placuit Deo », qui met entre autre en garde contre une résurgence du néo-gnosticisme. Ne serait-ce pas cela le venin qui se cache derrière ces soi-disant relectures et actualisations de « Humanae vitae » qui, en prétendant dépasser la lettre voudraient pour en atteindre l’esprit ou qui, en niant avec suffisance sa pertinence normative (« le problème de ‘Humanae vitae’ ce n’est pas oui ou non à la pilule ») en exalte une vague dimension prophétique anthropologique creuse, une affirmation de valeurs ensuite laissées à l’interprétation subjective, en fonction des circonstances ?

A l’opposé de ces tendances le livre de Pawel Galuszka est un puissant remède qui nous permet de respirer la bonne théologie morale de Karol Wojtyla, qui a été le fils fidèle et dévoué de Paul VI avant de lui succéder sur la chaire de Saint Pierre.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Luigi Melina

 

 

Source Diakonos.be