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La Pologne secouée par un documentaire accablant sur la pédophilie dans l’Eglise

Un tabou est définitivement en train de tomber dans le dernier bastion catholique d’Europe. Les révélations sur le caractère systémique de la pédophilie dans l’Eglise se multiplient en Pologne. Celui déclenché, samedi 11 mai, par le film documentaire indépendant Seulement ne le dis à personne aura assurément un impact plus profond et durable que les autres.

Financé par des dons d’internautes, diffusé sur le réseau de vidéos en ligne YouTube, le film, d’une durée de deux heures, est devenu en l’espace d’un week-end un véritable phénomène de société. Mardi matin, trois jours après sa mise en ligne, il affichait plus de 11 millions de vues. Dans un pays de 40 millions d’habitants, dont 40 % fréquentent la messe dominicale, il a déclenché une véritable tempête politico-médiatique, en pleine campagne des élections européennes.

Le caractère inédit du documentaire, fruit d’une consciencieuse enquête journalistique, est de confronter directement des victimes de prêtres pédophiles, en caméra cachée, avec leurs agresseurs. A plusieurs reprises, ces derniers avouent leurs actes, et tentent de demander pardon, surpris par ces rencontres inattendues, des dizaines d’années après les faits. Les nombreux témoignages de victimes, poignants, font l’effet d’un électrochoc. Leurs signalements des faits aux autorités ecclésiastiques et leurs tentatives de communication se heurtent systématiquement à un mur.

 

Suite de l’article sur Le Monde (avec les réticences d’un journal qui se réjouit de l’infortune de l’Eglise)

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Manifeste de soutien au cardinal Barbarin

Face à la déferlante anti cardinal Barbarin, on nous demande de relayer ce manifeste à signer.

 

Oser une parole libre à propos du retrait du cardinal Philippe BARBARIN

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Le pape défend sa stratégie à l’égard de la pédophilie dans l’Eglise

Pédophilie dans l’Église : Le pape François défend sa stratégie

Le souverain pontife a répondu aux critiques qui lui reprochent l’absence de concret à l’issu du sommet sur la pédophilie.

CAPTURE D’ÉCRAN LA SEXTA
Le pape François est revenu sur les reproches de ceux qui regrettent qu’il n’y ait pas eu plus d’annonces concrètes au terme du sommet sur la pédophilie organisé au Vatican en février.
ÉGLISE CATHOLIQUE – Le pape François a espéré avoir lancé un processus d’“assainissement” de l’Église catholique, tout en reconnaissant s’être abstenu de sanctionner pour l’exemple des prêtres coupables d’abus sexuels, dans une interview diffusée dimanche 31 mars.

Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, le souverain pontife a dit comprendre que beaucoup aient été déçus du manque de résultats concrets du sommet sur la pédophilie qui s’est tenu en février dernier au Vatican.

“Si j’avais pendu 100 curés sur la place Saint-Pierre (on aurait dit) comme c’est bien, voilà du concret. (…) J’aurais occupé le terrain, mais ce qui m’intéresse, ce n’est pas d’occuper le terrain, c’est de lancer des processus d’assainissement et cela prend du temps”.

Au terme du sommet destiné à responsabiliser les évêques de la planète, le Pape a promis “une lutte à tous les niveaux” contre les abus sexuels sur mineurs qui ne devront plus jamais être dissimulés. Mais de nombreux porte-parole des victimes ont exprimé leur frustration, lui reprochant de ne pas avoir abordé directement le problème.
La lutte contre les abus sur mineurs

Interrogé sur la question des abus sexuels sur mineurs, le Pape a expliqué que partout où les abus sont couverts, ces drames se diffusent, mais qu’une fois qu’entre en jeu « la culture de la transparence », les choses ne se diffusent plus. Il a toutefois précisé que l’objectif de ce sommet était d’ouvrir des processus, et que ceci demande du temps.

Cette interview a aussi abordé la question de la discrimination vis-à-vis des femmes. Le Pape François a déclaré qu’il est nécessaire de promouvoir les femmes dans l’Église et donc de les écouter, au-delà de la seule question des répartitions de postes et de fonctions. Il souligne aussi que la traite des femmes est un phénomène énorme. Certaines filles migrantes sont amenées en Europe avec ce piège. « L’esclavage des filles est un esclavage de terreur », a-t-il dénoncé.

 

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Il y a un juge à Rome

En ces temps de grisaille intellectuelle et morale aggravés par toutes sortes de désordres ainsi que des manifestations étranges de justice, il est heureux de constater, mais personnellement je n’en doutais pas, qu’il y a toujours un juge à Rome, en la personne de Notre Saint Père François. Puisse cette réalité éclairer les consciences, comme la célèbre réplique d’un humble meunier prussien, « il y a des juges à Berlin », éclaira le roi Frederic II qui convoitait son moulin. Le despote se montra véritablement éclairé en laissant son bien à son sujet.

Je doute que certains catholiques de France imitent cette sagesse. Et pourtant le juge de Rome s’est exprimé, à l’inverse de ceux de Berlin qui ne furent jamais saisis de l’affaire du moulin de « Sans Soucis ». C’est qu’en réalité le litige lui-même ne les intéresse que modérément. Certes ils auraient aimé que le Pape acceptât la démission du Cardinal Barbarin. La clameur médiatique de la bien pensance en cours l’y engageait. Et ce mot est bien faible pour résumer les propos de ceux qui voulaient faire la leçon au Saint Père. Certains journalistes n’ont pas été de reste. Ils n’avaient pas ménagé leur peine pour se payer un Cardinal, pourquoi pas un Pape, puisque le but réel poursuivi dans toutes ces affaires de pédophilie est la ruine de l’Eglise catholique traditionnelle.

Et là, qu’on me comprenne bien. Je ne nie absolument pas qu’il y ait eu des fautes extrêmement graves commises par des membres du clergé, soit d’une manière active, soit par manque de vigilance de la part de responsables ecclésiastiques. Il appartient à la justice civile d’en faire la preuve au regard des lois existantes en France. La justice de l’Eglise passera après, elle a son temps, il n’y a pas de prescription pour le droit canonique. La France est encore, grâce à Dieu, un État de droit. En stricte matière de droit pénal, l’interprétation du code qui a permis la condamnation du Cardinal Philippe Barbarin est pour le moins étrange. Elle a d’ailleurs provoqué deux appels qui doivent être respectés. C’est certainement pour aller dans ce sens que le Pape a refusé une démission dont l’acceptation aurait préjugé de l’appel. Le Saint Père n’a donc pas opéré une volte-face.  Il n’a nullement contredit toute son action contre les dérives inadmissibles vis à vis des mineurs, commises par certains prêtres. Il poursuivait d’ailleurs l’œuvre de son prédécesseur Benoît XVI.

Ce qui est en fait plus grave, c’est que la position de la chaîne en question faisait suite à celle d’un autre média, le journal La Croix, qui, en date du 20 mars, titrait en première page « La décision surprise du pape ». Monsieur Guillaume Goubert, patron de La Croix, qui signe l’éditorial est un homme prudent et cultivé. Il connaît son monde et les intérêts bien compris de sa publication. Celle-ci a beau avoir débarrassé sa une du lourd crucifix rayonnant des origines de sa parution, le 16 juin 1883, elle s’appelle tout de même « La Croix », et entre encore dans presque tous les presbytères et maisons diocésaines, sans compter celles de nombreux paroissiens abonnés qui pensent contribuer à la diffusion du catholicisme, sans pour autant forcément lire le journal dans son entier et dans ses détails. Aussi l’auteur de l’éditorial avance-t-il sur le chemin de la vérité avec une humilité de caractère ecclésiastique très professionnelle, de contagion sans doute, un peu comme s’il mettait en pratique ce conseil du rabbin ukrainien du XVIIIe siècle qu’il citait lors de sa prise de fonction en 2015 : « Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît. Car tu pourrais ne pas t’égarer »[i]. Je ne sais pas à qui monsieur Goubert a demandé son chemin… mais je salue au passage la référence rabbinique qui consacre l’heureuse rupture du journal avec l’antisémitisme de ses origines. Voilà qui doit réjouir l’âme du colonel Dreyfus. Si La Croix ne se proclame plus comme avant le « journal le plus anti-juif de France » (La Croix, 30 août 1890), ne publie plus de fulminations contre la « youtrerie universelle » qu’il s’agit de mettre à bas en « [boutant] hors de France les Juifs, ces parasites dangereux » et en « [détruisant] par tous les moyens leur influence politique, commerciale et financière » (La Croix, 21 juillet 1898), il en a gardé malheureusement les méthodes et le fonds idéologique. En l’occurrence, il s’agit toujours de souscrire à la forme de progressisme que prescrit l’air du temps et de l’introduire dans ce que l’on présentera comme la foi catholique : en 1898, c’était le dévoilement du « péril juif », hier et aujourd’hui la promotion des vœux pieux humanitaro-socialistes les plus stériles, façon « ne laissons pas mourir la terre »[ii], et demain la « réforme » de l’Eglise dont La Croix semble disposer des plans en vue de sa « réparation » (La Croix, 28 mars 2018)[iii], avec pourquoi pas « l’égalité de genre » jusque dans le sacerdoce ?

Ce journal a gardé aussi le penchant mercantile de ses origines, sachant écrire ce que son « cœur de cible » catholique veut lire, tout en flattant le monde pour « ratisser » le lectorat au plus large, dans le but bien compréhensif d’augmenter les adhésions. Rappelons qu’en 1884, quand on ne dédaignait pas encore la religion populaire, La Croix misa sur la valeur très sûre que constituait Saint Antoine de Padoue. Aussi organisa-t-elle à sa manière l’œuvre du « Pain de Saint Antoine », récoltant les dons des fidèles pour les prières adressées à ce saint, publiant les demandes et les remerciements, et répartissant les sommes reçues, ce que certains catholiques dénoncèrent, tel Léon Bloy dans « Je m’accuse ». Sans oublier le providentialisme systématique d’un des célèbres fondateurs, le père Emmanuel Bailly, qui ne craignit pas d’écrire que la mort accidentelle de deux cents enfants anglais constituait une double bénédiction : deux cents innocents allaient droit au ciel et devenaient un signe de retour à la vraie foi pour un pays égaré (La Croix, 21 juin 1883).

Les problèmes des mœurs du clergé catholique ont aujourd’hui remplacé le « péril juif » et le Pain de Saint Antoine. La tradition de La Croix impose de viser large, depuis le Comité de la Jupe jusqu’aux porteurs de soutanes, si ces derniers ont la pieuse idée de s’abonner au journal. Aussi notre éditorialiste après avoir souligné son titre provocateur par une citation abusivement tronquée de Monseigneur Georges Pontier, dont il ne retient que deux mots sortis de leur contexte, « étonné » et « inédite », ce qui semble aller dans le sens de la « décision surprise », va tout de même essayer de justifier « un peu » le Pape. Il consent à écrire que le Cardinal Barbarin n’est pas aussi responsable que d’autres, que le Saint Siège respecte la procédure d’appel. Voilà pour satisfaire les soutanes et ce qui peut tourner autour.

Mais il faut maintenant satisfaire le Comité de la Jupe, véritable résurrection d’un mélange subtil de comité de salut public et de tribunal révolutionnaire, dans lequel l’âme de Fouquier-Tinville aurait été insufflée dans de juvéniles Théroigne de Méricourt, non encore fessées, puisqu’elles ne veulent rien moins que décanoniser Saint Jean Paul II. Alors tombe la sentence sur le Saint Père : « la décision du pape, si elle est fondée humainement et juridiquement, a cependant un lourd inconvénient, celui de donner l’image d’une Église qui se tient à distance du trouble ressenti dans l’opinion mais aussi par de nombreux fidèles »[iv].

J’abandonne volontiers, pour l’instant à monsieur Goubert ce qu’il appelle l’opinion. Elle est travaillée, et le mot est faible, par des médias qui haïssent l’Eglise catholique et se délectent des fautes graves commises ces temps-ci par certains de ses membres. Ils y prennent tant de plaisir, qu’ils répètent à longueur d’émissions les mêmes faits, au point que pendant certains jours on aurait pu croire que le diocèse de Lyon était un repère de pédophiles camouflés par leur hiérarchie, alors même que le Cardinal Barbarin depuis son arrivée à la tête du diocèse a été un modèle de rectitude sur cette question des mœurs, n’hésitant pas à prendre des décisions et des sanctions exemplaires, dans des situations particulièrement graves.

Mais je ne resterai pas muet sur ce qui est appelé « le trouble des fidèles » : il s’agit moins d’une réaction légitime face aux abus que d’une remise en cause de cette vérité fondamentale selon laquelle, l’Eglise de Jésus Christ« subsiste » dans l’Eglise Catholique[v]. Ayant le bonheur de me trouver toujours en activité et auprès de toutes les sortes de fidèles qui fréquentent à des rythmes aussi divers que variés notre Église catholique, je puis affirmer que le trouble en question n’est fort heureusement pas aussi répandu qu’on veut nous le faire croire !

Cela dit ce « trouble des fidèles » est sensible, c’est vrai, chez une minorité, pratiquante hélas, mais qui, triplement hélas lit des journaux comme La Croix et consorts… qui savent très bien entretenir ce trouble. Madame Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe de La Croix, forte de sa proximité avec les victimes du prêtre accusé dans l’affaire en question, a agi comme un témoin à charge contre le Cardinal – et c’est peu dire. Elle a plus que contribué au trouble de certains fidèles, honorant ainsi une certaine ligne de conduite en la matière, elle qui exhortait par exemple à « respecter » le vote irlandais permettant l’avortement, osant explicitement donner la préférence à une vie déjà là, celle de la mère, sur ce qu’elle appelle « une vie en devenir », celle de l’enfant à naître. Rappelons ici quelques vérités chrétiennes : le fœtus est une vie humaine, le supprimer est un acte homicide, aider à le faire rend complice. Ceux qui s’en rendent coupables, comme ceux qui par leur propos diminuent la gravité d’un tel acte, doivent savoir qu’ils sont excommuniés. Ils ne peuvent donc plus participer à l’Eucharistie et sont privés des honneurs des funérailles chrétiennes, sauf repentir. Ils sont donc très mal placés pour donner des leçons de morale catholique. Madame de Gaulmyn devrait y réfléchir. Mais je ne pense pas que son but premier soit d’ordre moral.

Ce but est ecclésiologique. Il faut descendre le prêtre de son piédestal et le désacraliser. Je résume là un programme que l’on retrouve dans plusieurs déclarations et offensives médiatiques faisant suite à ces affaires de mœurs[vi]. Ainsi le prêtre redeviendra un humain « normal », il pourra se marier et être du sexe féminin, et, qui sait, transsexuel ! Voilà qui réjouirait celles à qui les deux pieds dans le bénitier ne suffisent pas et qui souhaitent tâter du Saint Chrême dans les paumes de leurs mains. Certes le Comité de la Jupe ne présente pas officiellement la demande de l’ordination des femmes, pas plus que sa chapelle annexe « La conférence des baptisés-e-s de France ». Mais quand on en vient à organiser un « conclave » de femmes comme en mars 2013, au moment même où se réunissait le conclave qui allait élire le successeur de Benoît XVI, à multiplier les déclarations selon lesquelles l’Eglise serait misogyne en ne donnant pas aux femmes la place qui leur est due, on est en droit de se poser des questions. A cause de tels groupes, des catholiques « périphériques » ou de « parvis » sautent carrément le pas, et réclament le mariage des prêtres ainsi que l’ordination des femmes comme signe de normalisation de l’Eglise, c’est-à-dire de configuration à l’esprit du monde.

Or il s’agirait là ni plus ni moins que d’une remise en cause radicale de la mission sacerdotale de l’Eglise et de l’anthropologie chrétienne instituée par le Christ lui-même. Comme, entre autres, le montre bien le prologue de l’Evangile selon Saint Jean, le Verbe de Dieu, en se faisant chair, a dressé sa tente parmi nous. Il est le Nouveau Temple, indestructible, rebâti en trois jours. Pendant sa construction terrestre, c’est à dire pendant tout son ministère jusqu’à la croix, comme dans la suite de sa mystérieuse reconstruction après Pâques, il a maintenu ses différents parvis : la place privilégiée de sa Mère et celle des saintes femmes, celle de Pierre et des autres apôtres, celle des disciples. Voilà l’accomplissement dans l’Eglise de l’anthropologie israélite incarnée dans le Temple de Jérusalem, anthropologie de l’Alliance qui distingue au sein de la nature humaine les femmes des hommes, et qui distingue spécialement d’eux les prêtres et le grand prêtre, ces derniers étant issus des seuls hommes et placés à part dans le sacerdoce. Chacun disposait de son parvis, de son sanctuaire exclusif. Jamais les hommes et les femmes ne mettaient le pied chez les prêtres ! Et encore moins dans le Saint des Saints, réservé au seul grand prêtre ! Voilà pourquoi, seuls les Apôtres, dans la communion avec Pierre, des hommes exclusivement, et leurs successeurs conformés comme eux au nouveau grand prêtre qu’est le Christ assument désormais son sacerdoce. Ils peuvent s’adjoindre des collaborateurs. Ceux-ci n’auront jamais la possibilité d’être leurs égaux, pas plus que les prêtres d’Israël ne pouvaient entrer dans le Saint des Saints. Ils n’ont d’ailleurs pas le pouvoir d’assurer leur succession. L’évêque demeure donc le seul prêtre à part entière dans son diocèse. Il y représente le Christ, qui était un vrai homme placé à part dans le sacerdoce messianique ; son lien avec lui est d’ordre conjugal, il en porte l’anneau et ne peut donc qu’être célibataire. Changer cela porterait atteinte au cœur même du mystère de l’Eglise et du projet de Dieu pour les hommes et les femmes.

Les partisans de ces mortelles innovations les savent impossibles dans la Tradition catholique, reçue de celle d’Israël. Ces nouveaux marcionites[vii]essaient en vain à se livrer au spiritisme conciliaire en invoquant les mânes de Vatican II, à défaut de ses textes. Aussi espèrent-ils la réunion d’un concile Vatican III, grâce aux troubles des consciences qu’ils vont tout faire pour augmenter. Et les médias ne manqueront pas pour préparer le terrain. On voit certains hurler partout que rien ne va plus, que le feu est mis à l’Église ! Mais ce sont eux qui le propagent par leurs écrits, leurs biais idéologiques, leurs informations déformées, exagérées et aussi démagogues. Et d’oser aller jusqu’à demander l’intervention du politique pour réformer l’Eglise et réprimer ses abus ! Une commission parlementaire pour rechercher les cas de pédophilie aujourd’hui, demain des élections dans des assemblées primaires paroissiales pour élire les curés et pourquoi pas les évêques ! La conférence épiscopale saisie de ces votes et délibérant en direct à la télévision – et avec les commentaires de madame de Gaulmyn ? En fait, on ne ferait que remettre au goût du jour la Constitution civile du clergé de 1790. Et qu’y aura-t-il après ? Le schisme et la déportation des prêtres récalcitrants ? Et le diable sait quoi d’autre…

Il est donc plus que temps de veiller à ce que certaines publications n’entrent plus par effraction dans les lieux où l’on veut vivre le catholicisme. Continuons donc à faire pénitence pour nos péchés et ceux de l’Eglise, en poursuivant au-delà du Carême quelques privations, comme le jeûne du papier journal qui trouble nos idées et dévaste nos forêts.

 

Abbé Michel Viot

source

[i]https://www.la-croix.com/Culture/Medias/Guillaume-Goubert-nouveau-directeur-de-La-Croix-2015-01-30-1274793

[ii]Référence au chant tragique « laisserons nous à notre table » qui fit (et fait toujours ?) tant pour transformer l’Eglise en ONG et en faire ainsi s’éloigner tant de fidèles…

R : Ne laissons pas mourir la terre, ne laissons pas mourir le feu.

Tendons nos mains vers la lumière, pour accueillir le don de Dieu (bis).

1 – Laisserons nous à notre table un peu de place à l’étranger ?

Trouvera-t-il quand il viendra un peu de pain et d’amitié ?

2 – Laisserons nous à nos paroles un peu de temps à l’étranger ?

Trouvera-t-il quand il viendra un cœur ouvert pour l’écouter ?

3 – Laisserons nous à notre fête un pas de danse à l’étranger ?

Trouvera-t-il quand il viendra des mains tendues pour l’inviter ?

4 – Laisserons nous à nos fontaines un peu d’eau vive à l’étranger ?

Trouvera-t-il quand il viendra des hommes libres et assoiffés ?

5 – Laisserons nous à nos églises un peu d’espace à l’étranger ?

Trouvera-t-il quand il viendra des cœurs de pauvres et d’affamés ?

[iii]https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Reparons-lEglise-prenez-parole-2019-03-27-1201011768

[iv]https://www.la-croix.com/Debats/Editos/Deux-enjeux-2019-03-19-1201009953

[v]Lumen Gentium 8

« C’est là l’unique Église du Christ, dont nous professons dans le symbole l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité, cette Église que notre Sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur (Jn 21, 17), qu’il lui confia, à lui et aux autres Apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28, 18, etc.) et dont il a fait pour toujours la « colonne et le fondement de la vérité » (1 Tm 3, 15). Cette Église comme société constituée et organisée en ce monde, c’est dans l’Église catholique qu’elle subsiste, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui, bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de sa sphère, éléments qui, appartenant proprement par le don de Dieu à l’Église du Christ, portent par eux-mêmes à l’unité catholique »

[vi]Voir par exemple cet éditorial du journal La Vie : http://www.lavie.fr/debats/edito/comme-si-de-rien-n-etait-26-03-2019-97181_429.php

… ou bien ce sondage financé par le journal Témoignage Chrétien, repris dans toute la presse : https://www.temoignagechretien.fr/eglise-catholique-une-crise-sans-precedent/

[vii]Marcionisme : doctrine hérétique par Marcion, exégète romain du 2ndqui rejetait tout de l’ancienne alliance en prétendant que son Dieu n’était pas celui de Jésus Christ

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Pape François : Traiter la crise de crédibilité de l’Eglise

Source : Zenit.org

« La lutte contre la culture des abus, la perte de crédibilité, la perplexité et la confusion qui en résultent et le discrédit jeté sur notre mission exige d’urgence de notre part une approche renouvelée et décisive pour résoudre les conflits », écrit le pape François aux évêques des Etats-Unis d’Amérique : il ne s’agit plus de publier « des décrets sévères » ou « de nouveaux comités… comme si nous étions en charge d’un service des ressources humaines » encore moins « de tout réduire à un problème d’organisation ».

A l’occasion de la retraite de la Conférence épiscopale du pays, guidée par le prédicateur de la Maison pontificale, le p. Raniero Cantalamessa, du 2 au 8 janvier 2019, le pape a fait parvenir une longue lettre proposant de réfléchir avec eux sur des « aspects importants » de la question, afin de « lutter contre la ‘culture des abus’ et traiter la crise de crédibilité ».

« Nous devons faire attention à ce que le remède ne soit pas pire que le mal, met en garde le pape. Et cela exige de nous sagesse, prière, beaucoup d’écoute et la communion fraternelle. »

Il souligne que « la crédibilité de l’Église a été sérieusement entamée et diminuée par ces péchés et ces crimes, mais plus encore par les efforts faits pour les nier ou les cacher », appelant à  « un changement dans notre état d’esprit (metanoia), notre manière de prier, notre rapport au pouvoir et à l’argent, notre exercice de l’autorité et la manière dont nous sommes en relation entre nous et avec le monde qui nous entoure ».

Le pape fait aussi observer que les crimes peuvent « servir d’excuse pour certains afin de discréditer » l’Eglise : « Chaque fois que le message de l’Évangile devient inconfortable ou gênant, de nombreuses voix s’élèvent pour tenter de faire taire ce message en montrant du doigt les péchés et les incohérences des membres de l’Église et, plus encore, de ses pasteurs. »

Voici notre traduction de la première partie de cette lettre.

AK

Lettre du pape François aux évêques des Etats-Unis (1)

À l’attention des évêques de la Conférences des évêques catholiques des États-Unis

Chers Frères,

Lors de ma rencontre du 13 septembre dernier avec les membres de votre Conférence épiscopale, j’ai suggéré que vous fassiez une retraite ensemble, un temps de solitude, de prière et de discernement, comme un pas nécessaire pour répondre dans l’esprit de l’Évangile à la crise de crédibilité dont vous faites l’expérience en tant qu’Église. Nous voyons cela dans l’Évangile : à des moments critiques de sa mission, le Seigneur se retirait et passait toute la nuit en prière, invitant ses disciples à faire la même chose (cf. Mc 14,38). Nous savons qu’étant donné la gravité de la situation, aucune réponse ou approche ne semble adéquate ; néanmoins, en tant que pasteurs, nous devons avoir la capacité, et par dessus tout la sagesse, de dire une parole venant d’une écoute sincère, priante et collective de la Parole de Dieu et de la souffrance de notre peuple. Une parole venant de la prière de bergers qui, comme Moïse, luttent et intercèdent pour leur peuple (cf. Ex 32,30-32).

Au cours de cette rencontre, j’ai dit au cardinal DiNardo et aux autres évêques présents mon désir de vous accompagner personnellement pendant plusieurs jours de cette retraite et cette offre a été reçue avec joie et espoir. En tant que successeur de Pierre, je voulais me joindre à vous tous pour implorer le Seigneur d’envoyer son Esprit qui « fait toute chose nouvelle » (cf. Ap 21,5) et d’indiquer les chemins de vie qu’en tant qu’Église nous sommes appelés à suivre pour le bien de tous ceux qui sont confiés à nos soins. Malgré tous mes efforts, je ne pourrai pas, pour des raisons logistiques, être physiquement présent avec vous. Cette lettre veut, d’une certaine façon, remplacer ce voyage qui ne peut pas avoir lieu. Je suis aussi heureux que vous ayez accepté ma proposition de faire diriger cette retraite par le prédicateur de la Maison pontificale et de partager sa profonde sagesse spirituelle.

Avec ces quelques lignes, j’aimerais me rapprocher de vous comme un frère et réfléchir avec vous à certains aspects que je considère importants, tout en encourageant en même temps votre prière et les pas que vous faites pour lutter contre la « culture des abus » et traiter la crise de crédibilité.

« Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous » (Mc 10,43-45). Par ces paroles, Jésus intervient et reconnaît l’indignation éprouvée par les disciples qui ont entendu Jacques et Jean demander d’être assis à la droite et à la gauche du Maître (cf. Mc 10,37). Ses paroles aideront à nous guider dans notre réflexion commune.

L’Évangile n’a pas peur de mentionner certaines tensions, conflits et disputes présents dans la vie de la première communauté des disciples ; il semble même qu’il veuille le faire. Il parle de chercher des places d’honneur et de jalousie, d’envie et de machinations. Sans parler des intrigues et des complots qui, secrètement ou ouvertement, étaient manigancés autour du message et de la personne de Jésus par les chefs politiques et religieux et par les marchands de l’époque (cf. Mc 11,15-18). Ces conflits ont augmenté à l’approche de l’heure du sacrifice de Jésus sur la croix, alors que le prince de ce monde, et le péché et la corruption, semblaient avoir le dernier mot, empoisonnant tout avec amertume, méfiance et ressentiment.

Comme l’avait prophétisé le vieillard Siméon, les moments difficiles et critiques peuvent mettre en lumière les pensées, les tensions et les contradictions les plus profondes, présentes chez les disciples individuellement et en tant que groupe (cf. Lc 2,35). Personne ne peut se considérer à l’abri de cela ; en tant que communauté, il nous est demandé de veiller à ce qu’à ces moments-là, nos décisions, nos choix, nos actions et intentions ne soient pas teintés par ces conflits et tensions intérieurs, mais soient au contraire une réponse au Seigneur qui set la vie pour le monde. En des temps de grande confusion et d’incertitude, nous avons besoin d’être attentifs et de discerner, pour libérer nos cœurs des compromis et des fausses certitudes, afin d’entendre ce que le Seigneur demande de nous dans la mission qu’il nous a donnée. Beaucoup d’actions peuvent être utiles, bonnes et nécessaires et peuvent même sembler correctes, mais toutes n’ont pas le « parfum » de l’Évangile. Pour le dire de manière familière, nous devons faire attention à ce que « le remède ne soit pas pire que le mal ». Et cela exige de nous sagesse, prière, beaucoup d’écoute et la communion fraternelle.

  1. « Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi »

Ces dernières années, l’Église aux États-Unis a été secouée par divers scandales qui ont gravement affecté sa crédibilité. Ce furent des temps de turbulence dans la vie de toutes les victimes qui ont souffert dans leur chair des abus de pouvoir et de conscience et d’abus sexuels par des ministres ordonnés, religieux et religieuses et fidèles laïcs. Mais des temps de turbulence et de souffrance aussi pour leurs familles et pour le peuple de Dieu tout entier.

La crédibilité de l’Église a été sérieusement entamée et diminuée par ces péchés et ces crimes, mais plus encore par les efforts faits pour les nier ou les cacher. Cela a conduit à un sentiment croissant d’incertitude, de méfiance et de vulnérabilité parmi les fidèles. Comme nous le savons, la mentalité qui cherche à dissimuler les choses, loin d’aider à résoudre les conflits, leur a permis de s’envenimer et de causer encore plus de mal au réseau de relations que nous sommes aujourd’hui appelés à guérir et à restaurer.

Nous savons que les péchés et les crimes qui ont été commis, ainsi que leurs répercussions aux niveaux ecclésial, social et culturel, ont profondément affecté les fidèles. Ils ont causé beaucoup de perplexité, de bouleversement et de confusion ; et cela peut souvent servir d’excuse pour certains afin de discréditer et de remettre en question les vies désintéressées de tous ces nombreux chrétiens qui montrent « un immense amour pour l’humanité inspiré par le Dieu qui s’est fait homme » (1). Chaque fois que le message de l’Évangile devient inconfortable ou gênant, de nombreuses voix s’élèvent pour tenter de faire taire ce message en montrant du doigt les péchés et les incohérences des membres de l’Église et, plus encore, de ses pasteurs.

Le mal causé par ces péchés et ces crimes a aussi profondément affecté la communion des évêques et généré non pas cette sorte de désaccords et de tensions sains et nécessaires propres à tout corps vivant, mais plutôt la division et la dispersion (cf. Mt 26,31). Ces derniers ne sont certainement pas des fruits et des incitations de l’Esprit-Saint, mais  plutôt de « l’ennemi de la nature humaine » (2) qui tire davantage de profit de la division et de la dispersion que des tensions et désaccords auxquels ont peut raisonnablement s’attendre dans la vie des disciples du Christ.

La lutte contre la culture des abus, la perte de crédibilité, la perplexité et la confusion qui en résultent et le discrédit jeté sur notre mission exige d’urgence de notre part une approche renouvelée et décisive pour résoudre les conflits. Jésus nous dirait : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi » (Mc 10,42-43). La perte de crédibilité demande une approche spécifique puisqu’elle ne peut pas être retrouvée en publiant des décrets sévères ou en créant simplement de nouveaux comités ou en améliorant des organigrammes, comme si nous étions en charge d’un service des ressources humaines. Cette forme de vision finit par réduire la mission de l’évêque et celle de l’Église à une fonction purement administrative ou organisationnelle dans le « business de l’évangélisation ». Soyons clairs : beaucoup de ces choses sont nécessaires mais insuffisantes, puisqu’elles ne peuvent pas saisir et traiter la réalité dans sa complexité ; en fin de compte, elles risquent de tout réduire à un problème d’organisation.

La perte de crédibilité soulève aussi des questions douloureuses sur la façon dont nous sommes en relation les uns avec les autres. Il est clair qu’un tissu vivant a été défait et que, comme des tisserands, nous sommes appelés à le réparer. Cela implique notre habileté, ou manque d’habileté, en tant que communauté, à forger des liens et à créer des espaces qui soient sains, mûrs et respectueux de l’intégrité et de l’intimité de chaque personne. Cela implique notre habileté à réunir les gens, à leur donner confiance et les enthousiasmer pour un projet vaste et commun qui est à la fois modeste, solide, sobre et transparent. Cela requiert non seulement une nouvelle approche du management, mais aussi un changement dans notre état d’esprit (metanoia), notre manière de prier, notre rapport au pouvoir et à l’argent, notre exercice de l’autorité et la manière dont nous sommes en relation entre nous et avec le monde qui nous entoure. Les changements dans l’Église ont toujours pour but d’encourager un état constant de conversion missionnaire et pastorale capable d’ouvrir toujours de nouvelles voies ecclésiales en lien avec l’Évangile et, en cela, respectueux de la dignité humaine. L’aspect programmatique de notre activité devrait être lié à un aspect paradigmatique qui fasse ressortir l’esprit et la signification sous-jacents. L’un et l’autre sont nécessairement liés. Sans cette attention claire et décisive, tout ce que nous faisons risque d’être teinté d’auto-référence, d’instinct de conservation et d’attitude défensive et d’être ainsi condamné dès le départ. Nos efforts peuvent être bien structurés et organisés, mais ils manqueront de puissance évangélique parce qu’ils ne nous aideront pas à être une Église qui rend un témoignage crédible, mais au contraire « un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante » (1 Cor 13,1).

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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France : l’Eglise crée une commission indépendance sur la pédophilie

Réunis en Assemblée plénière à Lourdes, les évêques de France ont annoncé la création d’une commission indépendante, dont la composition précise sera présentée prochainement.

Cette décision était très attendue, la CEF l’a officialisée ce mercredi, quatre jours après l’accueil par les évêques réunis à Lourdes de plusieurs personnes victimes d’actes de pédophilie de la part de membres du clergé.

Une commission indépendante sera donc bientôt mise en place pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires, et pour faire des préconisations, précise l’épiscopat dans un communiqué. Cette commission devra aussi évaluer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000. Elle rendra public un rapport d’ici 18 mois à 2 ans.

Dans les jours qui viennent, des précisions seront apportées sur cette commission indépendante et notamment sera annoncé le nom de la personnalité qui aura la charge de la mettre en place, d’en nommer les membres et d’en préciser le périmètre, précise la Conférence des évêques de France.

Par ailleurs, les évêques vont travailler sur quatre axes : la mémoire, avec un travail de recueil des récits des victimes, la prévention, avec des actions de sensibilisation qui seront menées notamment dans les paroisses en étroite collaboration avec des personnes victimes, la réparation des crimes subis, qui pourront donner lieu à un « geste financier », et enfin l’accompagnement des prêtres impliqués, vis-à-vis desquels des mesures spécifiques seront prises.

Source : Vatican News

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Les évêques de France publient leur rapport sur la lutte contre la pédophilie

211 victimes d’ de la part de membres du clergé se sont manifestées auprès des diocèses de  entre 2017 et 2018. 75 cas ont été signalés à la justice civile et 129 clercs ont été mis en cause. Tels sont les principaux éléments chiffrés du Rapport de la Conférence des évêques de France sur la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise, publié le 31 octobre 2018.

Ce document de la CEF d’une quinzaine de pages résulte d’une enquête effectuée auprès des diocèses entre septembre et octobre 2018. Cette recherche ne porte que sur les années 2017 et 2018. Quelques éléments concernant les années 2010 à 2016 y sont également mentionnés. Mais aucune vision d’ensemble n’est donnée sur l’ampleur du phénomène des abus sexuels dans l’Eglise de France sur une période étendue. Ce document fait le point et présente un nouveau rapport d’étape. Il renseigne aussi sur les moyens déployés depuis avril 2016, explique la CEF.

129 clercs mis en cause

Sur les 129 prêtres et diacres mis en cause, 10 ont été mis en examen, 4 sont actuellement incarcérés et 5 ont purgé leur peine. Sur le plan des sanctions canoniques, 49 clercs ont été suspendus de tout ou partie de leur ministère et 9 ont été condamnés à une peine canonique. La CEF signale aussi que 11 des prêtres impliqués sont décédés et que plusieurs signalements peuvent concerner un même individu.

Une nette augmentation des dénonciations

Les dénonciations survenues en 2017-2018 sont nettement plus nombreuses que celles des années 2010-2016. La CEF l’explique surtout par la mise en place dans tous les diocèses de structures d’accueil, la publication en janvier 2017 du nouveau guide Lutter contre la pédophilie, la création d’un site internet dédié, ainsi que la forte médiatisation de quelques affaires. Le rapport relève néanmoins que 14 diocèses n’ont connu aucun signalement pour 2017 et 2018.
La deuxième partie du document fait d’abord un rappel historique des diverses mesures et publications des évêques de France concernant la lutte contre la pédophilie. Il indique ensuite les moyens mis en œuvre aux niveaux national et local.
Le chapitre suivant donne un aperçu des mesures de prévention, de sensibilisation et de formation. Le rapport signale entre autres que, depuis 2017, des interventions spécifiques sont conduites dans les séminaires à partir de l’actualité et de témoignages de victimes. Les séminaristes sont également invités à s’exprimer dans le cadre de l’accompagnement spirituel individuel.

Il reste beaucoup de chemin à parcourir

Depuis 2016, un travail important a été réalisé tant au niveau national que local, conclut Mgr Luc Crepy, évêque du Puy-en-Velay et président de la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie de la CEF. Il s’agit de mieux accueillir et écouter les victimes, de faciliter la dénonciation des faits et le suivi judiciaire des auteurs et d’amplifier le travail de prévention et de formation. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, reconnaît Mgr Crépy. « La culture du secret, la tentation de minimiser la gravité des abus sexuels, l’oubli et le refus d’écouter les victimes et la tentation de vouloir défendre à tout prix l’institution sont autant d’obstacles à surmonter dans l’Eglise. »

Prison ferme requise contre un ancien évêque

Un exemple de cette attitude avait d’ailleurs été mis en avant la veille de la publication de ce rapport, puisqu’on apprenait que le procureur d’Orléans avait requis  une peine de prison ferme avec mandat d’arrêt contre Mgr André Fort, 83 ans, ancien évêque d’Orléans. Ce dernier (absent à l’audience pour raisons médicales) avait omis de dénoncer à la justice les atteintes sexuelles sur mineurs commis par l’abbé Pierre de Castelet, 69 ans, pour des attouchements sur des jeunes garçons, lors d’un camp organisé par le Mouvement eucharistique des jeunes, pendant l’été 1993.
L’évêque d’Orléans de 2002 à 2010, Mgr Fort n’avait pas informé la justice lorsqu’une des victimes lui avait adressé en 2008 une lettre faisant état de ces attouchements. Le prélat s’était contenté d’éloigner le prêtre (contre qui trois ans de prison, dont six mois avec sursis, ont  été requis) de tout contact avec les jeunes. Ce n’est qu’après l’arrivée du nouvel évêque, Mgr Jacques Blaquart, que la justice sera saisie.
Le procureur Nicolas Bessone a expliqué vouloir créer un « électrochoc » dans cette affaire qui a été mise en délibéré au 22 novembre. (cath.ch/ag/mp)

Source : cathobel

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La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle ou à la pédophilie

De Catherine Mallaval sur le site de Libération :

Roland Coutanceau : « La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle »

Le psychiatre Roland Coutanceau rappelle que l’attirance pour les mineurs revêt des formes très variées et qu’il est possible, dans certains cas, d’éviter le passage à l’acte.

Psychiatre expert en criminologie auprès des tribunaux, président de la Ligue française pour la santé mentale, Roland Coutanceau est à l’origine de la création, en région parisienne, d’un pôle de victimologie et de thérapie familiale qui fait référence. Auteur des Blessures de l’intimité (éd. Odile Jacob), il décortique le profil des pédophiles.

L’Eglise est confrontée de par le monde à des scandales de pédophilie. Cela est-il surprenant ?

En général, vous vous en doutez, les institutions qui ont affaire à ce genre de scandale sont surtout celles dans lesquelles des adultes sont directement en relation avec des enfants. L’éducation nationale, le milieu des associations qui gèrent l’après-scolaire… L’Eglise, c’est un peu différent. Il y a manifestement un certain nombre de personnes qui présentent un attrait pédophilique en son sein. Même si à ce jour aucune étude statistique de référence ne permet de quantifier le problème.

Comment peut-on essayer d’expliquer la présence de ces pédophiles ?

Un certain nombre d’êtres humains, à la fin de l’adolescence ou lorsqu’ils sont jeunes adultes, ne sont pas au clair avec leur sexualité, leur orientation, leurs fantasmes. On peut supposer que certains de ceux-là, outre la sincérité de leur foi, sont enclins à se réfugier dans un idéal, une forme de sublimation que sont le célibat et la chasteté. Pour être plus direct : mon hypothèse est qu’il y a parmi les prêtres des pédophiles qui se sont tournés vers l’Eglise pour de mauvaises raisons, sans qu’ils en soient forcément conscients. Le psychanalyste et prêtre catholique Marc Oraison, disparu en 1979, avait conseillé à ses pairs de créer une sorte de filtre lorsque des hommes s’engagent dans la voie du séminaire, permettant d’analyser précisément les motivations qui poussent vers la prêtrise. L’Eglise aurait pu le faire.

L’absence de sexe, le vœu d’abstinence ne sont-ils pas des pousse-au-crime ?

Non. C’est ce que beaucoup pensent intuitivement, mais la chasteté, le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle. Ce ne sont pas des facteurs aggravants ou facilitants. La pédophilie, cette sexualité maudite, ne naît pas de ça.

De quoi alors ?

D’abord, il faut savoir que la pédophilie est un monde. Varié. De la même façon qu’il y a des Don Juan, des inhibés, des hommes qui ne couchent qu’avec des prostituées… Concrètement, l’attrait pédophilique que certains ressentent est, à un niveau fantasmatique, une excitation sexuelle pour un corps prépubère, garçon ou fille. Cet attrait peut être exclusif (les sujets ne sont attirés que par des enfants) ou pas. Il peut aussi être ressenti par une personne qui a une orientation hétérosexuelle (et préférera les petites filles), homosexuelle (avec une attirance pour les petits garçons) ou bi. Des tas de gens, des médecins, des juges, des journalistes peuvent avoir ce fantasme qu’on ne choisit pas (de même que son orientation) sans pour autant passer à l’acte. Il n’y a pas de mécanicité.

Mais des hommes franchissent le pas. Qu’ont-ils en commun ?

On observe souvent une forme d’immaturité. Le pédophile peut avoir un QI brillant, mais se sentir comme un enfant au niveau affectif. Autre trait : un égocentrisme au carré, qui se traduit par une moindre capacité à réfléchir à ce qui se passe dans la tête des autres et un intérêt quasi exclusif pour leur propre sexualité et leurs fantasmes. Ces sujets présentent ce que nous, les psys, avons appelé « troubles de la personnalité ». Ils ne sont pas en capacité de se demander quelle est la réalité sexuelle de l’autre. Et sont atteints d’une distorsion, une déformation cognitive qui les empêche de voir clairement ce qui est. Ainsi, ils vont mal interpréter le comportement d’un enfant. Qu’une petite fille sourie, et ils ont l’impression qu’elle leur fait du gringue. Ils mésinterprètent les discours et le comportement de l’enfant. Et projettent leur propre sexualité sur celle de l’enfant. En outre, ils érotisent tous les faits et gestes de ces enfants : un sourire donc, s’asseoir sur les genoux, prendre la main… Et interprètent une demande d’intérêt ou d’affection de l’enfant comme une demande sexuelle. C’est ce type de distorsion qui est le trait des délinquants sexuels. Mais je précise qu’en dépit de cette distorsion, ils connaissent l’interdit que représente la pédophilie. Ils en ont conscience. Et sont responsables de leurs actes.

Parmi ceux qui passent à l’acte, y a-t-il des différences ?

Il y a ceux qui culpabilisent, des fatalistes, des très égocentriques, uniquement centrés sur leur désir. Mais aussi des cyniques qui sont dans une mégalomanie de leur désir.

Peut-on les repérer ?

On ne peut pas scanner la vie fantasmatique des gens. Mais on peut avoir l’intuition des comportements qui dérapent. Des comportements de promiscuité. Ceux qui souvent s’isolent avec un enfant ou ont un chouchou… Il ne s’agit pas d’être parano, mais vigilant.

Peut-on les soigner ?

La sexualité humaine s’apprivoise quand on en parle à un autre être humain. Dans ma consultation, je reçois des sujets qui n’en sont qu’au stade du fantasme, d’autres qui sont passés à l’acte. La première chose à faire avec ces derniers est de clarifier la distorsion cognitive dont ils sont atteints. Dire : “Vous avez une attitude pédophile mais un enfant ne désire pas ça”. Il s’agit de faire monter le niveau de lucidité. On peut leur apprendre une vie auto-érotique (masturbation), les aider à être plus structurés, plus au clair avec leur sexualité. Et à replacer leur attrait pédophile au niveau du fantasme. Nous pouvons aussi essayer de faire avancer l’âge de l’objet sexuel qu’ils désirent. La plupart d’entre nous, sans nous en rendre compte, à mesure que nous avançons en âge, désirons des partenaires plus âgés que lorsque nous avions 20 ans.

Est-ce vraiment possible ?

La sexualité est plus souple qu’on ne le croit. Il y a une certaine plasticité qui permet d’en faire passer certains qui n’étaient attirés que par des enfants à la peau soyeuse, sans poil, vers un désir pour de jeunes adultes. Cela ne marche pas toujours. Certains ne veulent pas changer. Et vous disent et redisent « les enfants ont une peau plus belle ». C’est une idéalisation à laquelle ils tiennent, une forme de fétichisme.

Comment l’Eglise peut-elle se dépêtrer de tout ça ?

Comme toutes les institutions confrontées à ce genre d’affaires, elle a voulu laver son linge sale en famille. Mais, comme les autres, elle ne peut pas couvrir et doit répondre à la justice des hommes. Et se préoccuper de cette question. Ce que l’on pourrait conseiller à l’Eglise, c’est de parler vrai avec certains prêtres : beaucoup de gens parlent quand ils se sentent devinés. Quand on soupçonne quelqu’un de pédophilie, il faut donc lui en parler. Quitte à s’être trompé.

Via Belgicatho

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La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle ni à la pédophilie

De Catherine Mallaval sur le site de Libération :

Roland Coutanceau : « La chasteté et le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle »

Le psychiatre Roland Coutanceau rappelle que l’attirance pour les mineurs revêt des formes très variées et qu’il est possible, dans certains cas, d’éviter le passage à l’acte.

Psychiatre expert en criminologie auprès des tribunaux, président de la Ligue française pour la santé mentale, Roland Coutanceau est à l’origine de la création, en région parisienne, d’un pôle de victimologie et de thérapie familiale qui fait référence. Auteur des Blessures de l’intimité (éd. Odile Jacob), il décortique le profil des pédophiles.

L’Eglise est confrontée de par le monde à des scandales de pédophilie. Cela est-il surprenant ?

En général, vous vous en doutez, les institutions qui ont affaire à ce genre de scandale sont surtout celles dans lesquelles des adultes sont directement en relation avec des enfants. L’éducation nationale, le milieu des associations qui gèrent l’après-scolaire… L’Eglise, c’est un peu différent. Il y a manifestement un certain nombre de personnes qui présentent un attrait pédophilique en son sein. Même si à ce jour aucune étude statistique de référence ne permet de quantifier le problème.

Comment peut-on essayer d’expliquer la présence de ces pédophiles ?

Un certain nombre d’êtres humains, à la fin de l’adolescence ou lorsqu’ils sont jeunes adultes, ne sont pas au clair avec leur sexualité, leur orientation, leurs fantasmes. On peut supposer que certains de ceux-là, outre la sincérité de leur foi, sont enclins à se réfugier dans un idéal, une forme de sublimation que sont le célibat et la chasteté. Pour être plus direct : mon hypothèse est qu’il y a parmi les prêtres des pédophiles qui se sont tournés vers l’Eglise pour de mauvaises raisons, sans qu’ils en soient forcément conscients. Le psychanalyste et prêtre catholique Marc Oraison, disparu en 1979, avait conseillé à ses pairs de créer une sorte de filtre lorsque des hommes s’engagent dans la voie du séminaire, permettant d’analyser précisément les motivations qui poussent vers la prêtrise. L’Eglise aurait pu le faire.

L’absence de sexe, le vœu d’abstinence ne sont-ils pas des pousse-au-crime ?

Non. C’est ce que beaucoup pensent intuitivement, mais la chasteté, le célibat ne conduisent pas à la délinquance sexuelle. Ce ne sont pas des facteurs aggravants ou facilitants. La pédophilie, cette sexualité maudite, ne naît pas de ça.

De quoi alors ?

D’abord, il faut savoir que la pédophilie est un monde. Varié. De la même façon qu’il y a des Don Juan, des inhibés, des hommes qui ne couchent qu’avec des prostituées… Concrètement, l’attrait pédophilique que certains ressentent est, à un niveau fantasmatique, une excitation sexuelle pour un corps prépubère, garçon ou fille. Cet attrait peut être exclusif (les sujets ne sont attirés que par des enfants) ou pas. Il peut aussi être ressenti par une personne qui a une orientation hétérosexuelle (et préférera les petites filles), homosexuelle (avec une attirance pour les petits garçons) ou bi. Des tas de gens, des médecins, des juges, des journalistes peuvent avoir ce fantasme qu’on ne choisit pas (de même que son orientation) sans pour autant passer à l’acte. Il n’y a pas de mécanicité.

Mais des hommes franchissent le pas. Qu’ont-ils en commun ?

On observe souvent une forme d’immaturité. Le pédophile peut avoir un QI brillant, mais se sentir comme un enfant au niveau affectif. Autre trait : un égocentrisme au carré, qui se traduit par une moindre capacité à réfléchir à ce qui se passe dans la tête des autres et un intérêt quasi exclusif pour leur propre sexualité et leurs fantasmes. Ces sujets présentent ce que nous, les psys, avons appelé « troubles de la personnalité ». Ils ne sont pas en capacité de se demander quelle est la réalité sexuelle de l’autre. Et sont atteints d’une distorsion, une déformation cognitive qui les empêche de voir clairement ce qui est. Ainsi, ils vont mal interpréter le comportement d’un enfant. Qu’une petite fille sourie, et ils ont l’impression qu’elle leur fait du gringue. Ils mésinterprètent les discours et le comportement de l’enfant. Et projettent leur propre sexualité sur celle de l’enfant. En outre, ils érotisent tous les faits et gestes de ces enfants : un sourire donc, s’asseoir sur les genoux, prendre la main… Et interprètent une demande d’intérêt ou d’affection de l’enfant comme une demande sexuelle. C’est ce type de distorsion qui est le trait des délinquants sexuels. Mais je précise qu’en dépit de cette distorsion, ils connaissent l’interdit que représente la pédophilie. Ils en ont conscience. Et sont responsables de leurs actes.

Parmi ceux qui passent à l’acte, y a-t-il des différences ?

Il y a ceux qui culpabilisent, des fatalistes, des très égocentriques, uniquement centrés sur leur désir. Mais aussi des cyniques qui sont dans une mégalomanie de leur désir.

Peut-on les repérer ?

On ne peut pas scanner la vie fantasmatique des gens. Mais on peut avoir l’intuition des comportements qui dérapent. Des comportements de promiscuité. Ceux qui souvent s’isolent avec un enfant ou ont un chouchou… Il ne s’agit pas d’être parano, mais vigilant.

Peut-on les soigner ?

La sexualité humaine s’apprivoise quand on en parle à un autre être humain. Dans ma consultation, je reçois des sujets qui n’en sont qu’au stade du fantasme, d’autres qui sont passés à l’acte. La première chose à faire avec ces derniers est de clarifier la distorsion cognitive dont ils sont atteints. Dire : “Vous avez une attitude pédophile mais un enfant ne désire pas ça”. Il s’agit de faire monter le niveau de lucidité. On peut leur apprendre une vie auto-érotique (masturbation), les aider à être plus structurés, plus au clair avec leur sexualité. Et à replacer leur attrait pédophile au niveau du fantasme. Nous pouvons aussi essayer de faire avancer l’âge de l’objet sexuel qu’ils désirent. La plupart d’entre nous, sans nous en rendre compte, à mesure que nous avançons en âge, désirons des partenaires plus âgés que lorsque nous avions 20 ans.

Est-ce vraiment possible ?

La sexualité est plus souple qu’on ne le croit. Il y a une certaine plasticité qui permet d’en faire passer certains qui n’étaient attirés que par des enfants à la peau soyeuse, sans poil, vers un désir pour de jeunes adultes. Cela ne marche pas toujours. Certains ne veulent pas changer. Et vous disent et redisent « les enfants ont une peau plus belle ». C’est une idéalisation à laquelle ils tiennent, une forme de fétichisme.

Comment l’Eglise peut-elle se dépêtrer de tout ça ?

Comme toutes les institutions confrontées à ce genre d’affaires, elle a voulu laver son linge sale en famille. Mais, comme les autres, elle ne peut pas couvrir et doit répondre à la justice des hommes. Et se préoccuper de cette question. Ce que l’on pourrait conseiller à l’Eglise, c’est de parler vrai avec certains prêtres : beaucoup de gens parlent quand ils se sentent devinés. Quand on soupçonne quelqu’un de pédophilie, il faut donc lui en parler. Quitte à s’être trompé.

 

Via Belgicatho

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Eglise – “Une crise de crédibilité profonde et universelle” par le Cardinal Müller

Extraits de l’homélie du Cardinal Müller lors de l’ordination d’un nouveau prêtre à l’église Ste Agnès de Rome :

« (…) L’Eglise, don de Dieu confié aux mains des hommes, se trouve, du point de vue humain, dans une crise de crédibilité profonde et universelle, crise dont la faute est à imputer aux hommes. Dans cette période dramatique nous appréhendons et nous redoutons de possibles conséquences négatives de ces scandales et de ces erreurs de gouvernement. Spontanément, cela nous fait penser au schisme de la chrétienté occidentale au XVIe siècle, ou à la sécularisation de la vie religieuse suite au mouvement des Lumières et à la révolution française.

Ce n’est pas le cléricalisme, et tout ce que l’on peut mettre sous ce terme, qui est à la racine de ce mal, mais le fait que l’on se détourne de la vérité et qu’on laisse libre cours aux questions de morale. La corruption de la doctrine entraîne toujours après une corruption de la morale, et se manifeste en cette dernière. Le grave péché commis ainsi contre la sainteté de l’Eglise, sans remords ni regrets, est la conséquence du relativisme introduit dans les fondements de la doctrine de l’Eglise. C’est là la vraie raison de ce qui choque et bouleverse actuellement des millions de croyants catholiques qui vivent une grande déception. En analysant les origines de la rupture vécue par l’unique Eglise du Christ au XVIe siècle, le spécialiste de l’histoire de l’Eglise Hubert Jedin (1900-1980) a constaté dans le premier tome de son « Histoire du Concile de Trente », que « le mot réforme avait permis de dissimuler l’hérésie et la rupture naissante dans l’Eglise ».

Et aujourd’hui, comme en ce temps-là, il est beaucoup question de réforme.

Que se cache-t-il donc derrière la brillante formule de propagande dont les médias sont friands : “Réforme de la Curie et de toute l’Eglise”, si ce n’est pas, comme je n’ai cessé de l’espérer, une compréhension renouvelée de la vérité de la Révélation et de la vie dans les pas du Christ ? La réforme véritable consiste non pas en la sécularisation de l’Eglise, mais en la sanctification de l’homme en vue de Dieu.

Ce n’est pas réformer, que de penser qu’on pourrait, sans toucher à la doctrine de l’Eglise, inventer au nom de la faiblesse humaine une nouvelle pastorale qui amoindrirait l’exigence de vérité de la Parole de Dieu et de la morale chrétienne.

La délivrance du péché, la rédemption, est ce qui fonde en vérité le fait que Jésus est le Fils de Dieu. Sans la vérité de l’Incarnation, l’Eglise en serait réduite à n’être qu’une agence séculière pour l’amélioration de la condition humaine. Elle n’aurait aucun effet sur notre désir de Dieu et sur notre espoir de vie éternelle. Le prêtre ne serait qu’un fonctionnaire d’un mouvement social à coloration religieuse.

L’Eglise ne gagne aucunement en pertinence et en crédibilité si elle vit à la remorque du monde et de l’air du temps, mais seulement si elle marche en avant, portant haut le flambeau de la vérité du Christ. Nous ne devons pas chercher à nous rendre importants avec des thèmes secondaires et en reprenant les préoccupations des autres, de ceux qui ne veulent pas croire que Dieu seul est l’origine et le but unique des hommes et de toute la création.

Car le véritable danger qui guette l’humanité en ce moment se trouve dans les gaz d’échappement du péché et le réchauffement global du manque de foi et de l’écroulement de la morale, lorsque plus personne ne reconnaît ni n’enseigne la différence entre le bien et le mal. Le meilleur ami de la nature, l’écologiste le plus performant, est celui qui annonce l’Evangile, qui propage l’idée qu’il n’y a de survie qu’en Dieu, et pas seulement de façon limitée, pour un temps, mais pour toujours et pour l’éternité.

L’opinion que le dogme chrétien ne serait plus l’origine et le critère sur lequel se fondent la morale et la pastorale, révèle une hérésie sur le plan christologique. Celle-ci consiste à opposer le Christ enseignant de la vérité divine au Christ bon pasteur. Mais le Christ est une seule et unique personne. Il ne s’est pas tu devant Pilate, mais « a rendu son beau témoignage » (1Tim 6, 14). Jésus oppose au relativisme de Pilate, qui personnifie le cynisme du pouvoir temporel, le pouvoir salvateur de la vérité de Dieu : « Tu le dis, je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » (Jean, 18, 37). (…)

Alors que le Christ était sans péché, les croyants et leurs pasteurs ont besoin du pardon de leurs fautes. La reconnaissance des péchés se fait au confessionnal. Mais si des personnes consacrées à Dieu, avec un mépris cynique de leur vocation, mènent une double vie, il est alors nécessaire qu’elles paraissent devant un tribunal ecclésiastique. Les mauvaises actions doivent être jugées par l’autorité de l’Eglise ; ceux qui les ont commises doivent être jugés et punis de façon adaptée. Celui qui considère que la justice ecclésiale est incompatible avec l’Evangile de l’amour, celui-là n’agit pas avec miséricorde, mais avec le mépris de l’homme qui a été trompé dans ses droits et sa dignité. « Malheur au monde à cause des scandales. Il est fatal, certes, qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive ! » (Mt 18, 7). Cela s’applique particulièrement à ceux qui, à travers leur charge sacrée, sont présentés comme des modèles pour les croyants et ont reçu par leur consécration la force de l’Esprit-Saint. (…) »

 

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