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Comment célbrait-on la Pentecôte à Jérusalem au IVème siècle

Suite et fin de notre série sur les fêtes pascales, l’Ascension et la Pentecôte à travers les récit d’Egérie. Merci au professeur Thelamon pour ce roman historique liturgique

A Jérusalem avec Égérie pour célébrer la Pentecôte

 

Après avoir juste indiqué : « Le jeudi, quarantième jour, l’office se célèbre de la manière habituelle », Égérie décrit les célébrations du cinquantième jour qui comportent en fait la commémoration de l’Ascension du Seigneur au mont des Oliviers et celle de la descente du Saint Esprit sur les apôtres à Sion. En 384, à Jérusalem, l’Ascension n’était pas encore célébrée au quarantième jour (v. Infocatho …).

Comme lors des fêtes pascales le clergé, moines, moniales, ascètes et tout le peuple fidèle parcourent en longues et lentes processions les lieux où ces évènements se sont produits. Une journée longue et fatigante, du chant du premier coq à la nuit tombée, souligne Égérie.

De bon matin …

« Le cinquantième jour après Pâques, un dimanche, qui est une journée très chargée pour le peuple, on fait comme d’habitude depuis le chant du premier coq : on fait la vigile à l’Anastasis, pour que l’évêque lise ce passage de l’évangile qu’on lit toujours le dimanche, celui de la résurrection du Seigneur.[…] Quand le matin est venu, tout le peuple se réunit dans l’église majeure, c’est-à-die le Martyrium, et on fait tout ce qu’il est d’usage de faire : les prêtres prêchent, puis l’évêque, on offre l’oblation comme on a coutume de faire le dimanche. Mais ce jour-là, on hâte le renvoi du Martyrium pour qu’il ait lieu avant la troisième heure.

En effet, quand on a fait le renvoi, tout le peuple sans exception conduit l’évêque à Sion, avec des hymnes, mais de manière qu’on soit à Sion juste à la troisième heure. »

Sion, le lieu de la descente du Saint-Esprit

A Jérusalem, c’est sur le lieu et à l’heure même où se produisit la descente du Saint Esprit sur les premiers disciples qu’il est fait mémoire de l’évènement. Cette commémoration est marquée par une seconde célébration de l’eucharistie comme le Jeudi-Saint et durant la nuit de Pâques.

« Quand on est arrivé à Sion, on lit ce passage des Actes des Apôtres où l’Esprit descendit, de sorte que les gens de toutes langues comprenaient ce qui se disait. Ensuite on fait l’office de la manière habituelle. Les prêtres lisent ce passage des Actes des Apôtres parce que, d’après cette lecture, c’est à cet endroit, à Sion – où se trouve maintenant une autre église – que la foule s’était jadis rassemblée après la passion du Seigneur avec les Apôtres lorsque cela eut lieu […]. Après cela l’office a lieu de la manière habituelle ; on fait l’oblation ici aussi, et avant le renvoi, l’archidiacre élève la voix et dit : “ Aujourd’hui aussitôt après la sixième heure, soyons tous présents sur l’Éléona, à l’Imbomon.”  Tout le peuple retourne alors, chacun dans sa maison, se reposer. »

 

Sur le mont des Oliviers, l’Imbomon, le lieu de l’Ascension

La cérémonie à l’Imbomon commémore en fait l’Ascension, mais la topographie et le souci de respecter l’heure des événements, l’emportent sur la chronologie, et  c’est ainsi qu’on fait mémoire de l’Ascension l’après-midi après avoir commémorer la Pentecôte le matin.

« Après le déjeuner, on monte au mont des Oliviers, l’Éléona, chacun comme il le peut, de sorte qu’il n’est pas un chrétien qui reste dans la ville et que tous s’y rendent. Quand on est monté sur le mont des Oliviers, l’Éléona, on va d’abord à l’Imbomon, l’endroit d’où le Seigneur est monté aux cieux. L’évêque et les prêtres, mais aussi tout le peuple, s’assoient là. On y lit des lectures, on intercale des hymnes, on dit des antiennes appropriées à ce jour et à ce lieu : les prières qu’on intercale sont aussi en de tels termes qu’elles conviennent au jour et au lieu. On lit aussi le passage de l’évangile qui relate l’ascension du Seigneur (Luc 24, 50-51), on lit encore, tiré des Actes des Apôtres, le passage où il est parlé de l’ascension du Seigneur dans les cieux après la résurrection (Ac 1, 9-11). Les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles. »

A l’Éléona : le lucernaire

« Puis on redescend, alors qu’il est déjà la neuvième heure, et on va de là avec des hymnes, à l’église qui est, elle aussi, à l’Éléona, dans laquelle est la grotte où le Seigneur s’asseyait pour instruire les Apôtres. Quand on est arrivé là, c’est la dixième heure passée ; on y fait le lucernaire, on dit une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles. »

Le retour en ville à la nuit tombée : une procession lente et recueillie

« Ensuite on descend de là avec des hymnes, tout le peuple sans exception accompagnant l’évêque, tous disant des hymnes et des antiennes appropriées à ce jour. Ainsi va-t-on lentement, lentement, jusqu’au Martyrium. Quand on arrive à la porte de la ville, c’est déjà la nuit ; on apporte des flambeaux d’église, au moins deux cents, à cause du peuple. Comme la porte est assez loin de l’église majeure, le Martyrium, on n’y arrive que vers la deuxième heure de la nuit, car on va toujours lentement, lentement, pour que cette marche ne fatigue pas le peuple. On ouvre les grandes portes qui donnent sur le marché et tout le peuple entre au Martyrium avec des hymnes, accompagnant l’évêque. Quand on est entré dans l’église, on dit des hymnes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles.

On va ensuite avec des hymnes à l’Anastasis. Lorsqu’on est arrivé, on dit des hymnes et des antiennes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles ; on fait encore de même à la Croix. De là tout le peuple chrétien sans exception escorte encore l’évêque à Sion. Lorsqu’on y est arrivé, on lit des lectures appropriées, on dit des psaumes et des antiennes, on fait une prière, les catéchumènes sont bénis, puis les fidèles, et l’on fait le renvoi. Alors tous s’approchent à portée de main de l’évêque, puis chacun rentre dans sa maison vers minuit. »

Et Égérie, sans doute épuisée, de conclure :

« Ainsi ce jour-là, on a dû supporter une très grande fatigue, puisque, depuis le chant du premier coq, on a fait la vigile à l’Anastasis et qu’ensuite, tout au long du jour, on n’a jamais eu de cesse ; toutes les cérémonies se sont tellement prolongées que c’est à minuit, après le renvoi qui a lieu à Sion, que tous rentrent dans leurs maisons. »

Égérie, Journal de voyage, 43, 1-9, trad. Pierre Maraval, coll. « Sources chrétiennes » 296.

 

Quittons Égérie et Jérusalem

Ainsi avons-nous suivi Égérie, du début du Carême à la Pentecôte 384, dans presque tous les sanctuaires érigés sur les Lieux saints de Jérusalem où se déroulaient les célébrations depuis le chant du premier coq à l’aube, avant même le lever du soleil, qui « sonnait le réveil » et le début de la liturgie journalière, et duraient jusqu’au milieu de la nuit les jours de fête.

Lors des fêtes pascales et de la Pentecôte, le peuple chrétien tout entier, escortant l’évêque, parcourt ces lieux en une lente procession. A plusieurs reprises, Égérie fait état de cette lenteur et y voit une façon de ménager le peuple, de lui éviter une fatigue excessive. Peut-être faut-il plutôt y voir, la volonté de vivre pieusement des célébrations, d’autant plus solennelles et poignantes qu’elles se déroulent dans les pas même du Christ, qu’elles empruntent un chemin qu’il a parcouru, qu’elles commémorent sa mort et sa résurrection, son ascension, la descente du Saint-Esprit. S’avancer lentement, en marchant d’un pas lent et mesuré, dans le calme et le recueillement, en méditant, en revivant ces événements, correspond tout à fait au comportement que Jean Chrysostome recommandait à la même époque aux chrétiens d’Antioche, trop enclins à manifester une exubérance festive déplacée. C’est que, dans les processions et plus encore pour aller communier, leur explique-t-il : « Lorsque tu marches, pas à pas, dans l’église, lorsque tu participes à la prière, à l’instruction spirituelle, le déplacement se fait pour la gloire de Dieu » (Jean Chrysostome, Discours sur les kalendes, 3).

Mosaïque byzantine du Vè siècle, représentant les quatre Evangiles. © Dagli Orti/Aurimages

Annonces #Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

En Chemin avec Marie le 10 juin 2019 à Plobsheim (67)

Le lundi 10 juin, lundi de Pentecôte, La Zone Pastorale de Strasbourg propose un pèlerinage à Plobsheim. 

Avec des temps d’échanges, de témoignages, de spiritualités, les jeunes de 12 à 18 ans pourront parler librement et rencontrer des jeunes venant des JMJ du Panama. Un temps fort pour les collégiens et lycéens en quête de nouvelles rencontres.

Programme

► 10 h RDV à l’abbatiale Saint-Trophisme d’Eschau.

►11h30 Eucharistie a Notre-Dame du Chêne

►13h30/15h30 : Ateliers et témoignages

► 16h fin de la journée.

Inscription auprè des paroisses ou aumôneries à l’adresse : pastojeunes@cathocus.fr

Annonces #Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Pèlerinage Saint-Mathurin de Larchant (77) les 9 & 10 juin 2019

Dimanche et lundi de Pentecôte

« Ne crains pas, moi, je viens à ton aide » Is 41,13b

 

9-10 Juin 2019
Réconciliations, libérations, guérisons
de l’âme et du corps.

PLUS D’INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS

NLQ

Pentecôte : les sept dons de l’Esprit ou l’Echelle intérieure

Plus de sept siècles avant la naissance de Jésus, le prophète Isaïe parle ainsi du Messie : “Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété ; et l’esprit de crainte du Seigneur le remplira” (Is. 11, 2-3).

Cette mystérieuse énumération ne s’applique pas seulement au Fils de Dieu incarné, elle propose à notre humanité une voie de sanctification, car nous sommes invités à recevoir les mêmes dons, à gravir les mêmes échelons spirituels pour progresser sur le Chemin, dans la Vérité, vers la Vie. Comme l’écrit Dom Prosper Guéranger dans son Année liturgique (qui a inspiré la substance de ce texte) : “L’humanité de Jésus est le type surnaturel de la nôtre, et ce que l’Esprit-Saint a opéré pour la sanctifier doit en proportion avoir lieu en nous”.

On vient de le lire, la première liste des dons de l’Esprit est descendante ; Isaïe décrit le Messie comme s’il le voyait d’en haut, commençant par la sagesse et terminant par la crainte. Or, le rédacteur inspiré du livre des Proverbes affirme que “la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse” (Prov. 9, 10), comme s’il contemplait les mêmes dons de l’Esprit d’en bas, depuis le sol de notre nature humaine, là où l’aventure spirituelle commence…

Posons le pied sur le premier échelon : la crainte de Dieu. Cette crainte n’est en rien de la peur ou de la défiance vis-à-vis de Dieu ; au contraire, elle exprime la situation initiale objective de la créature face au Créateur : la petitesse. Considérant l’infinité de Dieu, l’homme ne peut que reconnaître d’emblée sa propre insuffisance, ses carences, son péché. La vision du sommet d’une très haute montagne, l’infini des mathématiques ou le ciel étoilé peuvent donner une idée du rapport initial qui s’établit entre Dieu et celui qui le découvre. La vertu primordiale pour entamer et poursuivre jusqu’au bout le voyage spirituel est donc l’humilité. Lestée de son orgueil natif, l’homme peut entamer avec confiance son ascension, sûr que Jésus-Christ le précède tout au long du parcours, car s’il a pris notre condition humaine, c’est pour nous entraîner à sa suite. Il a reconnu le parcours, l’a balisé, équipé de relais…

Les mains nues, le coeur ouvert, l’homme peut à présent approfondir sa relation à Dieu par le moyen de la prière. Il peut s’adresser au Créateur en toute confiance et l’appeler “Père”. La piété unit l’âme au Père d’une façon filiale, familière, respectueuse. Le coeur qui prie est d’abord un coeur qui aime ; un coeur qui aime est disposé au pardon, à la patience, à l’endurance, à la joie. Un coeur qui prie est aussi un coeur qui partage, qui échange, qui donne et se donne. Il participe, dans la mesure qui lui est accordée, à l’échange d’amour trinitaire qui est l’amour même de Dieu, qui est Dieu.

Rendue à la simplicité grâce à la crainte, ouverte au dialogue grâce à la piété, l’âme peut à présent demander à Dieu le don de science : ce don l’aidera à distinguer le bien du mal, lui indiquera le bon chemin au milieu des carrefours de la vie, là où si souvent la voie du bien est discrète tandis que la voie du mal s’ouvre largement devant lui. Grâce au don de science, chacun saura ce qu’il doit rechercher et ce qu’il doit fuir ; la science de Dieu avertira l’homme égaré, l’éclairera sur les choix importants de sa vie, fera disparaître les doutes, écartera les erreurs, fera briller la vérité. S’il se fourvoie malgré tout sans le savoir, une lumière surnaturelle l’avertira des dangers et le dirigera vers la sortie de secours, rudement ou doucement, à la mesure de sa docilité.

Maintenant qu’elle se trouve enfin sur le bon chemin, munie des viatiques de l’humilité, de la piété de la science, l’âme pèlerine peut recevoir le don de force. Elle peut accueillir de Dieu l’énergie physique et spirituelle nécessaire au bon progrès du voyage dans la voie qu’Il vient de montrer. Les obstacles seront nombreux, les combats seront rudes ; l’âme devra lutter contre elle-même, contre ses propres défaillances, ses passions désordonnées, ses lacunes. Elle devra aussi lutter contre l’esprit du monde, la tyrannie des modes, la pression du temps présent. Un autre adversaire ne manquera pas, tôt ou tard, de faire obstacle à celui qui chemine : Satan et ses anges, experts en fausses lumières, chausse-trapes et perfidies souriantes. Le don de force permettra de surmonter ces épreuves (voire la persécution) dans le calme et avec une assurance indémontable. Et par les mérites de la Passion du Christ, les blessures de la vie, aussitôt guéries, pourront produire des fruits inattendus et merveilleux.

Dans le feu de l’épreuve, la force ne peut être laissée à elle-même ; le don de conseil doit lui être adjoint, car il permet de débusquer l’une des tentations les plus efficaces contre l’âme qui progresse vers Dieu : entre deux biens distinguer le meilleur. L’Adversaire du genre humain a montré son habileté à égarer le juste en l’entraînant dans les culs-de-sac spirituels : sectarisme, pharisianisme, jugements hâtifs, pureté hautaine, goût morbide de la mortification, destruction de l’équilibre du corps, de l’âme et de l’esprit, etc. Tout ceci pour les motifs apparemment les meilleurs. Grâce au don de conseil, les vertus peuvent s’harmoniser, s’ajuster à Dieu, et ne pas dégénérer en défauts, car selon l’adage : le mieux est souvent l’ennemi du bien. Le don de conseil nous prémunit contre les soi-disant bonnes résolutions qui ne viennent pas de Dieu, mais de nous-même… N’a-t-il pas dit : “Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies” (Is. 55, 8). Tous les conseillers spirituels devraient supplier l’Esprit-Saint de leur accorder ce don.

Avec le sixième don de l’Esprit, nous dépassons le domaine de l’action pure (sans l’exclure formellement) pour entrer dans une voie supérieure. Depuis cet avant-dernier échelon nous pouvons déjà jouir d’un avant-goût de la félicité que Dieu réserve aux siens dans l’autre vie. Certes, les délices n’ont pas manqué à celui qui cheminait vers Lui : l’émerveillement devant la grandeur divine (crainte), la joie pure au sein du colloque intime (la piété), la paix dans le coeur de celui qui a choisi la voie du bien (don de science), la douceur ineffable qui s’épanouit dans la force spirituelle, la liberté souveraine qui brise les dernières chaînes (conseil)… L’Esprit réserve le don d’intelligence à celui qui a persévéré dans l’ascension : sa vue se déploie sur des paysages nouveaux, il voit plus loin, plus net, plus juste dans sa propre vie et dans celle de ses frères ; il peut lire dans les âmes, dans les coeurs, dans l’Ecriture, il peut – davantage et mieux que durant les étapes précédentes – faire profiter les autres des lumières spirituelles reçues. Sa relation à Dieu est devenue plus intime ; il commence à partager la table du Seigneur, selon ce que le Maître lui donne. Tout est renouvelé, tout est régénéré par une vision intérieure des êtres, des choses et des événements. Il reçoit des paroles intérieures, des visions ou des charismes inattendus, toujours utiles pour le bien de tous. Car celui qui reçoit, ne reçoit pas seulement pour lui-même, mais pour le bien de tous.

Si l’intelligence est illumination, la sagesse est union. Cette union avec le souverain bien est le but et l’origine de notre être, car bien avant notre naissance dans le temps, nous avons tous été aimés et désirés par Dieu de toute éternité. Chacune de nos vies se déploie comme un livre en trois tomes : la vie dans la pensée de Dieu, la vie dans la chair, la vie dans le ciel. Dans la pensée de Dieu, nous étions déjà dans le Christ, Parole éternelle du Père, “par qui tout fut créé” ; dans la vie terrestre, nous cheminons avec l’Esprit qui nous défend et nous console ; dans la vie céleste, nous sommes ressuscités avec le Christ, corps et âme glorieux. La sagesse nous fait participer dès ici-bas à la royauté de Dieu, elle nous conforme à la figure de Jésus-Christ, l’Homme-Dieu. Loin d’être l’apanage de la Vierge Marie, Siège de la Sagesse, ce don sublime est accessible à tous, ainsi que l’écrit S. Jacques : “Si la sagesse fait défaut à l’un de vous, qu’il la demande au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans éprouver le moindre doute” (Jc 1, 5-6).

Demandons et nous recevrons “une bonne mesure, tassée, secouée, débordante”… (Lc 6, 38).

Le meilleur est à venir.

Pierre René Mélon

Source : belgicatho

En France #NLQ

Nantes : un homme aurait confisqué le micro de l’évêque pour dire “Allah Akhbar” le jour de la Pentecôte

A la une #Doctrine / Formation

Pentecôte : les sept dons de l’Esprit ou l’Echelle intérieure

Plus de sept siècles avant la naissance de Jésus, le prophète Isaïe parle ainsi du Messie : “Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de piété ; et l’esprit de crainte du Seigneur le remplira” (Is. 11, 2-3).

Cette mystérieuse énumération ne s’applique pas seulement au Fils de Dieu incarné, elle propose à notre humanité une voie de sanctification, car nous sommes invités à recevoir les mêmes dons, à gravir les mêmes échelons spirituels pour progresser sur le Chemin, dans la Vérité, vers la Vie. Comme l’écrit Dom Prosper Guéranger dans son Année liturgique (qui a inspiré la substance de ce texte) : “L’humanité de Jésus est le type surnaturel de la nôtre, et ce que l’Esprit-Saint a opéré pour la sanctifier doit en proportion avoir lieu en nous”.

On vient de le lire, la première liste des dons de l’Esprit est descendante ; Isaïe décrit le Messie comme s’il le voyait d’en haut, commençant par la sagesse et terminant par la crainte. Or, le rédacteur inspiré du livre des Proverbes affirme que “la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse” (Prov. 9, 10), comme s’il contemplait les mêmes dons de l’Esprit d’en bas, depuis le sol de notre nature humaine, là où l’aventure spirituelle commence…

Posons le pied sur le premier échelon : la crainte de Dieu. Cette crainte n’est en rien de la peur ou de la défiance vis-à-vis de Dieu ; au contraire, elle exprime la situation initiale objective de la créature face au Créateur : la petitesse. Considérant l’infinité de Dieu, l’homme ne peut que reconnaître d’emblée sa propre insuffisance, ses carences, son péché. La vision du sommet d’une très haute montagne, l’infini des mathématiques ou le ciel étoilé peuvent donner une idée du rapport initial qui s’établit entre Dieu et celui qui le découvre. La vertu primordiale pour entamer et poursuivre jusqu’au bout le voyage spirituel est donc l’humilité. Lestée de son orgueil natif, l’homme peut entamer avec confiance son ascension, sûr que Jésus-Christ le précède tout au long du parcours, car s’il a pris notre condition humaine, c’est pour nous entraîner à sa suite. Il a reconnu le parcours, l’a balisé, équipé de relais…

Les mains nues, le coeur ouvert, l’homme peut à présent approfondir sa relation à Dieu par le moyen de la prière. Il peut s’adresser au Créateur en toute confiance et l’appeler “Père”. La piété unit l’âme au Père d’une façon filiale, familière, respectueuse. Le coeur qui prie est d’abord un coeur qui aime ; un coeur qui aime est disposé au pardon, à la patience, à l’endurance, à la joie. Un coeur qui prie est aussi un coeur qui partage, qui échange, qui donne et se donne. Il participe, dans la mesure qui lui est accordée, à l’échange d’amour trinitaire qui est l’amour même de Dieu, qui est Dieu.

Rendue à la simplicité grâce à la crainte, ouverte au dialogue grâce à la piété, l’âme peut à présent demander à Dieu le don de science : ce don l’aidera à distinguer le bien du mal, lui indiquera le bon chemin au milieu des carrefours de la vie, là où si souvent la voie du bien est discrète tandis que la voie du mal s’ouvre largement devant lui. Grâce au don de science, chacun saura ce qu’il doit rechercher et ce qu’il doit fuir ; la science de Dieu avertira l’homme égaré, l’éclairera sur les choix importants de sa vie, fera disparaître les doutes, écartera les erreurs, fera briller la vérité. S’il se fourvoie malgré tout sans le savoir, une lumière surnaturelle l’avertira des dangers et le dirigera vers la sortie de secours, rudement ou doucement, à la mesure de sa docilité.

Maintenant qu’elle se trouve enfin sur le bon chemin, munie des viatiques de l’humilité, de la piété de la science, l’âme pèlerine peut recevoir le don de force. Elle peut accueillir de Dieu l’énergie physique et spirituelle nécessaire au bon progrès du voyage dans la voie qu’Il vient de montrer. Les obstacles seront nombreux, les combats seront rudes ; l’âme devra lutter contre elle-même, contre ses propres défaillances, ses passions désordonnées, ses lacunes. Elle devra aussi lutter contre l’esprit du monde, la tyrannie des modes, la pression du temps présent. Un autre adversaire ne manquera pas, tôt ou tard, de faire obstacle à celui qui chemine : Satan et ses anges, experts en fausses lumières, chausse-trapes et perfidies souriantes. Le don de force permettra de surmonter ces épreuves (voire la persécution) dans le calme et avec une assurance indémontable. Et par les mérites de la Passion du Christ, les blessures de la vie, aussitôt guéries, pourront produire des fruits inattendus et merveilleux.

Dans le feu de l’épreuve, la force ne peut être laissée à elle-même ; le don de conseil doit lui être adjoint, car il permet de débusquer l’une des tentations les plus efficaces contre l’âme qui progresse vers Dieu : entre deux biens distinguer le meilleur. L’Adversaire du genre humain a montré son habileté à égarer le juste en l’entraînant dans les culs-de-sac spirituels : sectarisme, pharisianisme, jugements hâtifs, pureté hautaine, goût morbide de la mortification, destruction de l’équilibre du corps, de l’âme et de l’esprit, etc. Tout ceci pour les motifs apparemment les meilleurs. Grâce au don de conseil, les vertus peuvent s’harmoniser, s’ajuster à Dieu, et ne pas dégénérer en défauts, car selon l’adage : le mieux est souvent l’ennemi du bien. Le don de conseil nous prémunit contre les soi-disant bonnes résolutions qui ne viennent pas de Dieu, mais de nous-même… N’a-t-il pas dit : “Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies” (Is. 55, 8). Tous les conseillers spirituels devraient supplier l’Esprit-Saint de leur accorder ce don.

Avec le sixième don de l’Esprit, nous dépassons le domaine de l’action pure (sans l’exclure formellement) pour entrer dans une voie supérieure. Depuis cet avant-dernier échelon nous pouvons déjà jouir d’un avant-goût de la félicité que Dieu réserve aux siens dans l’autre vie. Certes, les délices n’ont pas manqué à celui qui cheminait vers Lui : l’émerveillement devant la grandeur divine (crainte), la joie pure au sein du colloque intime (la piété), la paix dans le coeur de celui qui a choisi la voie du bien (don de science), la douceur ineffable qui s’épanouit dans la force spirituelle, la liberté souveraine qui brise les dernières chaînes (conseil)… L’Esprit réserve le don d’intelligence à celui qui a persévéré dans l’ascension : sa vue se déploie sur des paysages nouveaux, il voit plus loin, plus net, plus juste dans sa propre vie et dans celle de ses frères ; il peut lire dans les âmes, dans les coeurs, dans l’Ecriture, il peut – davantage et mieux que durant les étapes précédentes – faire profiter les autres des lumières spirituelles reçues. Sa relation à Dieu est devenue plus intime ; il commence à partager la table du Seigneur, selon ce que le Maître lui donne. Tout est renouvelé, tout est régénéré par une vision intérieure des êtres, des choses et des événements. Il reçoit des paroles intérieures, des visions ou des charismes inattendus, toujours utiles pour le bien de tous. Car celui qui reçoit, ne reçoit pas seulement pour lui-même, mais pour le bien de tous.

Si l’intelligence est illumination, la sagesse est union. Cette union avec le souverain bien est le but et l’origine de notre être, car bien avant notre naissance dans le temps, nous avons tous été aimés et désirés par Dieu de toute éternité. Chacune de nos vies se déploie comme un livre en trois tomes : la vie dans la pensée de Dieu, la vie dans la chair, la vie dans le ciel. Dans la pensée de Dieu, nous étions déjà dans le Christ, Parole éternelle du Père, “par qui tout fut créé” ; dans la vie terrestre, nous cheminons avec l’Esprit qui nous défend et nous console ; dans la vie céleste, nous sommes ressuscités avec le Christ, corps et âme glorieux. La sagesse nous fait participer dès ici-bas à la royauté de Dieu, elle nous conforme à la figure de Jésus-Christ, l’Homme-Dieu. Loin d’être l’apanage de la Vierge Marie, Siège de la Sagesse, ce don sublime est accessible à tous, ainsi que l’écrit S. Jacques : “Si la sagesse fait défaut à l’un de vous, qu’il la demande au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans éprouver le moindre doute” (Jc 1, 5-6).

Demandons et nous recevrons “une bonne mesure, tassée, secouée, débordante”… (Lc 6, 38).

Le meilleur est à venir.

Pierre René Mélon

Source : belgicatho

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Pèlerinage de Chartres (28) de Notre-Dame de Chrétienté du 19 au 21 mai 2018

Il n’est pas trop tard pour participer au pèlerinage de Chartres de Notre-Dame de Chrétienté

Vous pouvez vous inscrire sur place en rejoignant les étapes du cortège :

Des navettes sont prévues, par l’organisation, aux gares suivantes :

  • Samedi 19 mai 2018 (pour rejoindre le bivouac) : St Rémy les Chevreuse de 18h00 à 21h00 (RER ligne B)
  • Dimanche 20 mai 2018 : St Rémy lès Chevreuse de 7h à 8h00 ; Rambouillet de 9h30 à 12h00 et Epernon de 18h30 à 21h00 (ligne Paris-Montparnasse-Chartres)
  • Lundi 21 mai 2018 : Chartres de 7h30 à 12h00. A noter que les navettes au départ de la gare de Chartres déposent selon l’horaire à la halte de milieu de matinée ou directement à la halte du déjeuner “adultes”, mais en aucun cas sur la colonne en marche.

Suivre le pèlerinage en direct

Le cardinal Sarah célebrera la messe de clôture du pèlerinage de Chartres

Du monde pour le Pèlerinage Paris-Chartres

Paris-Chartres : c’est parti !

NLQ #Théologie

Quels sont les sept dons de l’Esprit Saint ?

À la Pentecôte, nous fêtons la venue de l’Esprit Saint envoyé par le Père et le Fils sur les Apôtres, marquant la naissance de l’Eglise. Avant de quitter ses disciples pour rejoindre son Père (fête de l’Ascension), le Christ avait annoncé que le Père et lui-même leur enverrait l’Esprit, qu’il appelle le « défenseur » (paraclet) (Jn 14, 16). C’est l’esprit de vérité, qui rappellera tout ce que Jésus a dit et qui lui rendra témoignage contre le mensonge du monde (Jn 16, 13).

Recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.
  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’oeuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

 

« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
    La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.
  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement

Source : Diocèse d’Annecy

Doctrine / Formation #NLH #NLQ #Théologie

Quels sont les sept dons de l’Esprit Saint ?

À la Pentecôte, nous fêtons la venue de l’Esprit Saint envoyé par le Père et le Fils sur les Apôtres, marquant la naissance de l’Eglise. Avant de quitter ses disciples pour rejoindre son Père (fête de l’Ascension), le Christ avait annoncé que le Père et lui-même leur enverrait l’Esprit, qu’il appelle le « défenseur » (paraclet) (Jn 14, 16). C’est l’esprit de vérité, qui rappellera tout ce que Jésus a dit et qui lui rendra témoignage contre le mensonge du monde (Jn 16, 13).

Recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.
  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’oeuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

 

« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
    La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.
  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement

Source : Diocèse d’Annecy

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Pèlerinage de Provence à la Sainte-Baume (83) les 20 et 21 mai 2018

Dimanche 20 mai :


 Deux marches de 30 et 20 kms vers l’hôtellerie de la Sainte-Baume :durée 7 h
8h30 : départ de la basilique de Saint-maximin
8h45 : Départ de Saint Jean-de-Garguier
18h00 : messe de Pentecôte (Hôtellerie)


Lundi 21 mai :


Journée apothéose à la Sainte Baume.
Départ des cars de Marseille (tél : 04 91 50 68 01), de Toulon (tél : 04 94 92 28 91)
10h00 : Temps de louange sur la prairie de l’Hôtellerie de la Ste Baume
10h30 : Messe solennelle en l’honneur des Saints de Provence, présidée par
Mgr Jean-Pierre CATTENOZ, archevêque d’Avignon. Chants provençaux
avec le concours des Trompes du Rallye Maure-Estérel
12h45 : Déjeuner au restaurant de l’Hôtellerie ou repas tiré du sac
14h15 : Conférence « Le Père VAYSSIERE ou la sainteté au quotidien » par Mgr
Jean-Pierre RAVOTTI
15h15 : Procession des reliques
16h30 : Vêpres à la Grotte
18h15 : Départ des cars

Renseignements
Hostellerie de la Sainte-Baume 83640 Plan d’Aups-Sainte Baume
04 42 04 54 84 – accueil@saintebaume.org – www.saintebaume.org
ASTSP : contact@saintsdeprovence.com – www.saintsdeprovence.com

Inscription (pdf)


Les pèlerins intéressés pour venir en car le Lundi de Pentecôte peuvent le remplir, joindre leur chèques et l’envoyer à Marseille ou à Toulon