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Philippines – L’Eglise s’oppose au retour de la peine de mort

L’Eglise aux Philippines s’oppose au retour de la peine de mort dans le système légal du pays. C’est ce qu’affirme dans un entretien accordé à l’Agence Fides le laïc catholique Rodolfo Diamante, membre de la Commission épiscopale pour la Pastorale des prisons, remarquant que « les législateurs ne devraient pas approuver les lois seulement pour faire plaisir au Président Rodrigo Duterte ». Le débat sur une possible réintroduction de la peine capitale est revenu sur le devant de la scène après que le Chef de l’Etat ait remporté les récentes élections de mi-mandat, les candidats alliés de l’actuel Président ayant obtenu 9 des 12 sièges du Sénat à renouveler, 3 ayant échu à des candidats indépendants. « Les Sénateurs sont élus par le peuple et ils doivent travailler pour le bien-être de l’ensemble de la nation, pas pour le Président. Nous les exhortons à étudier attentivement la situation pour relever les défis que présente notre pays » affirme Rodolfo Diamante.
Le Président du Sénat philippin, Vicente Sotto III, a affirmé que la réintroduction de la peine capitale pour certains crimes graves représente une « possibilité réelle » attendu que « plusieurs alliés de R. Duterte se préparent à faire leur entrée au Sénat ». Avec l’arrivée de neuf Sénateurs favorables au Chef de l’Etat, l’Assemblée, qui compte au total 24 membres, est désormais solidement sous le contrôle du Président Duterte.
L’une des propositions les plus controversées du Chef de l’Etat est justement la réintroduction de la peine de mort. Les Philippines l’ont aboli en 1987 pour la réintroduire six ans plus tard avant de l’abolir à nouveau en 2006. Deux nouveaux Sénateurs ont déjà exprimé publiquement leur soutien à la peine capitale. Il s’agit de Ramon Revilla et de Ronald de la Rosa, ancien cadre supérieur de la police, qui se sont déclarés favorables à la réintroduction de la peine de mort pour les crimes liés à la drogue.
Selon R. Diamante, « la peine de mort n’a jamais été et ne sera jamais une solution pas plus qu’une dissuasion contre la criminalité. En outre, il s’agit d’une mesure contre la vie, contre les pauvres qui ne disposent pas des moyens adéquats pour se défendre en tribunal. Elle ne fera qu’accroitre la diffusion de la culture de la violence qui prévaut actuellement dans notre pays ». « La population philippine mérite mieux que cela » conclut-il

 

Source Agence Fides

Asie #Dans le Monde

Dieu est stupide pour le président philippin

Président plutôt “atypique” – pour dire les choses aimablement –, Rodrigo Duterte vient, par des propos irréfléchis autant qu’inexcusables, de se mettre à dos les chrétiens philippins qui l’avaient élu. Est-ce bien raisonnable d’insulter 90 % de sa population – dont 81 % de catholiques – pour satisfaire son goût de parler de choses qui ne sont pas de sa compétence ? Que César ne se mêle pas des affaires de Dieu et les choses iront mieux aux Philippines… et ailleurs…

 

Des évêques de premier plan de l’Église catholique ont critiqué le Président Rodrigo Duterte pour avoir qualifié Dieu de stupide, dans des déclarations à la tonalité peu habituelle qui attirent l’attention sur le chef de l’exécutif qui doit affronter désormais la réprobation publique. Comment être le Président de tous les Philippins quand on n’a aucun respect pour les fidèles catholiques, s’interroge l’évêque Pablo Virgilio David [vice président de la Conférence des évêques catholiques (CBCP) des Philippines] dans un post sur Facebook, lundi 25 juin. « La plupart de ses soutiens sont des catholiques, n’est-ce pas ? Les catholiques doivent le respecter même s’il n’est pas d’accord avec la foi catholique. Mais un désaccord ne vaut pas permission d’insulter », a déclaré David. « Les catholiques respectent la fonction présidentielle et son mandat comme Président. J’attends de son côté qu’il respecte les catholiques, même s’il n’est pas d’accord avec les doctrines catholiques », a-t-il ajouté. […] David a déclaré que le Président critiquait violemment sa propre interprétation de la Bible. Il a déclaré que la version du récit de la Création selon Duterte ne pouvait être trouvée dans aucune Bible […]

David a publié sa déclaration après que Duterte eut qualifié Dieu de stupide, vendredi 22 juin dernier, et ridiculisé le récit de la Création dans la Bible. De même que David, Socrates Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan, a fait paraître un cinglant message critiquant Duterte, le 25 juin. Dans son message Villegas exhorte les jeunes de son archidiocèse à « demeurer ferme dans la foi » face aux diatribes de Duterte. « Dans les réseaux sociaux, vous avez été vilainement exposés à l’insulte, aux menaces et à la honte par le Président de notre pays. Choisissez, néanmoins, de l’aimer, mais demeurez fidèle à notre foi. Soyez fermes dans la foi ». Villegas a expliqué que Duterte pourrait bien ne pas avoir été suffisamment aimé dans le passé. […] « S’il avait été davantage aimé, il rendrait beaucoup d’amour. […] Nous prions pour sa guérison et pour qu’il obtienne le pardon de Dieu, mais nous devons réprimander ses erreurs sur notre foi chrétienne. […] Prier pour lui ne suffit pas. Nous devons vous apporter la vérité en même temps que nous prions pour lui », a déclaré l’archevêque de LingayenDagupan. Face à la colère de l’opinion publique, le porte-parole du Président, Harry Roque, a défendu Duterte en déclarant que le chef de l’exécutif n’avait fait qu’exprimer ses conceptions personnelles. Duterte, lui-même, n’a pas rétropédalé en continuant à insulter les croyances religieuses dans un discours de lundi [25 juin]. « Votre Dieu n’est pas mon Dieu parce que le vôtre est stupide. Le mien a beaucoup plus de bon sens ».

Matters India, 25 juin – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo

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Les évêques des Philippines contre l’armement des prêtres

Il y a une semaine, Oscar Albayalde, le chef de la police nationale philippine, suggérait aux prêtres catholiques de s’équiper d’armes à feu afin de mieux se défendre. Depuis, les médias philippins ont affirmé, le 17 juin, que plusieurs membres du clergé s’étaient déjà armés suite aux attaques contre les prêtres. Les évêques philippins sont montés au créneau, dénonçant cette idée comme contraire au sens même du sacerdoce. Pour le père Jérôme Secillano, du comité des affaires publiques de la conférence épiscopale, le prêtre n’est pas là pour jouer les justiciers, mais pour annoncer la Parole de Dieu.

Plusieurs évêques philippins ont fait part de leur consternation et de leur colère suite à des signalements annonçant que des prêtres catholiques s’étaient armés suite à l’assassinat de plusieurs membres du clergé ces derniers mois. Mgr Pablo Virgilio David, évêque de Calookan près de Manille, confie sa « profonde déception », ajoutant que les prêtres qui veulent porter une arme à feu afin de se protéger devraient quitter le sacerdoce et rejoindre la police ou l’armée. « Ce n’est pas la peine de s’attarder sur la moralité de leur décision. C’est pour le moins un contre-témoignage », martèle l’évêque, suite à des rapports affirmant que plusieurs prêtres de la province de Laguna, dans le sud de l’archipel, s’étaient procuré des armes à feu en secret, suite à l’assassinat de trois prêtres et à l’attaque contre un autre prêtre, en seulement six mois.
Toutefois, Mgr David se dit que ces informations, publiés par les quotidiens nationaux le 17 juin, pourraient être des « fausses nouvelles », destinées à provoquer des réactions négatives à l’encontre des prêtres. « Cela ne fait que remuer le couteau dans la plaie, après la peine causée par les meurtres sauvages contre nos frères prêtres », déplore l’évêque, également vice-président de la conférence épiscopale philippine. Mgr David ajoute que selon lui, si c’est vrai, les prêtres qui ont décidé de porter des armes à feu ont « vraiment besoin d’aide ».
Mgr Romula Valles, évêque de Davao et président de la conférence épiscopale philippine, avait déjà rejeté, un peu plus tôt, toute idée d’armer les prêtres. « Nous sommes des hommes de Dieu, des hommes de l’Église, et cela fait partie de notre ministère de faire face au danger, et même de faire face à la mort s’il le faut », a-t-il déclaré. Le père Jérôme Secillano, secrétaire général du comité des affaires publiques pour la conférence épiscopale, explique que la position de l’Église est très claire, mais il tient à ajouter que les prêtres qui songent à porter une arme à feu doivent d’abord demander la permission de leur évêque.
« Ils dépendent de leur diocèse qui, sur le plan juridique, est un territoire indépendant dirigé par l’évêque. Celui-ci est responsable, juridiquement, des prêtres dont il a la charge », poursuite le père Secillano. Pour lui, c’est « inapproprié et inconvenant » de porter une arme pour un prêtre, qui est « chargé de prêcher la Parole de Dieu, pas de jouer les justiciers adeptes de la gâchette ». « Les prêtres sont des artisans de paix, pas des complices de la violence », soutient le père Secillano.

Apprenez les arts martiaux

Un autre évêque a lui aussi réagit, en suggérant qu’au lieu de s’armer, les prêtres pourraient apprendre des arts martiaux comme le karaté, afin d’apprendre à se défendre. «  Vous devez aussi apprendre à vous défendre », estime Mgr Rolando Rirona, archevêque de Caceres, précisant que le fait d’apprendre de telles techniques ne serait qu’une mesure préventive. « Les prêtres ne peuvent pas prétendre ressembler à Superman ou Spiderman, prêts à intervenir au moindre danger », plaisante l’évêque. Le père Edwin Gariguez, secrétaire de la conférence épiscopale pour l’action sociale, estime qu’un prêtre doit être prudent, et « apprendre les arts martiaux peut être un moyen de se protéger ». Mais en revanche, pour lui, armer les prêtres est « contraire au sens même du sacerdoce, qui consiste en une vie donnée par amour ». Selon lui, les prêtres « s’engagent à construire la paix de façon non violente ». « Un prêtre doit être prêt à mourir en martyr, afin de défendre les droits des pauvres, afin de défendre ce qui est juste et vrai. L’autodéfense ne peut justifier de contre-attaquer », ajoute le père Gariguez.
Le chef de la police nationale philippine, Oscar Albayalde, avait déclaré la semaine dernière qu’il était prêt à aider les prêtres à s’équiper d’armes à feu en toute légalité, s’ils le demandaient. Il a ajouté que les prêtres pouvaient s’armer pour se défendre, tant qu’ils possédaient des armes et des permis en règle, et qu’ils apprenaient à s’en servir correctement. « Ils se sentiront plus en sécurité, s’ils portent des armes », a-t-il poursuivi. « Nous les aiderons à aller jusqu’au bout du processus d’acquisition de licence », a même ajouté le chef de la police, assurant le public qu’il n’y avait pas de raison de s’alarmer à propos des attaques contre les prêtres.

Source : Eglises d’Asie

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Philippines – le “prêtre à vélo” devient ermite

Le père Amado Picardal, connu pour son engagement contre les tueries liées à la guerre du gouvernement philippin contre la drogue, est désormais connu comme le « prêtre à vélo ». Il menait en effet campagne à vélo, en parcourant le pays en signe de protestation. Il a décidé de continuer son action autrement, en allant mener une vie d’ermite dans les montagnes du centre de l’archipel philippin. Pour le prêtre, les deux sont liés.

Un prêtre philippin rédemptoriste, connu pour sa défense des Droits de l’Homme et pour ses critiques contre le président Rodrigo Duterte, a décidé de mener une vie de solitude, en ermitage. Le père Amado Picardal, également connu comme le « prêtre à vélo » à cause de ses campagnes à vélo à travers le pays, en protestation contre les tueries liées à la guerre contre la drogue, a décidé qu’il était temps pour lui d’être silencieux. À 64 ans, le prêtre se dit déjà à une époque charnière de sa vie, et il ressent le besoin de se retrouver en solitude. « Ce n’est pas pour tout le monde, mais j’aime cela », explique-t-il avant de se rendre dans les montagnes d’une province centrale de l’archipel philippin. « Il y a toujours une période très active dans la vie de chacun, puis vient un temps pour devenir contemplatif. Les deux sont liés », assure le prêtre.
Le père Amado a décidé de passer le reste de sa vie dans le jeûne et la prière. Quand on lui demande pourquoi il a décidé ainsi de ne plus s’occuper des problèmes de la société philippine, le prêtre ajoute : « Il ne s’agit pas toujours de ce que je peux faire moi, mais de ce que Lui peut faire. » Pour lui, une vie de prière peut contribuer à transformer la société, « en particulier quand vous comprenez que vous vous battez contre des forces maléfiques ». Le prêtre pense que les Philippins devraient consacrer plus de temps à la prière silencieuse, assurant que le pays a besoin d’une « désintoxication spirituelle ». « Il y a un temps pour les manifestations publiques, mais il y a aussi un temps pour plier le genou », confie le père Amado, qui est aussi appelé « Father Pix » par ses amis.
Le prêtre, qui a également été responsable du corps des Communautés Ecclésiales de Base, qui dépend de la Conférence épiscopale philippine, explique que l’Église doit redoubler d’effort « si nous voulons renouveler notre société ». Premièrement, beaucoup de membres du clergé manquent à leurs devoirs en tant que serviteurs de l’Évangile, en particulier face au mal qui ronge notre société, estime le prêtre. « Ne vous contentez pas de célébrer la messe, soyez davantage », continue le prêtre, pour qui beaucoup de catholiques « pensent trop aux apparences ». Il estime que trop de fidèles ne font pas assez attention à leur « transformation intérieure ». « Les personnes qui participent aux processions religieuses et à la sainte messe sont parfois les mêmes qui soutiennent les tueries… C’est le problème d’un christianisme divisé. »

« Je veux vivre le sacerdoce dans toutes ses dimensions »

Le père Picardal a été ordonné prêtre le 24 avril 1981, et durant les 37 dernières années, il a vécu sa vie de prêtre à travers différentes missions, comme curé, missionnaire, enseignant et responsable de communauté. Il est aussi connu pour son engagement pour les Droits de l’Homme et pour sa défense de l’environnement, mais aussi pour ses talents de musicien, de plongeur, d’alpiniste et de blogueur, entre autres. « Je veux vivre le sacerdoce dans toutes ses dimensions », confie le prêtre, originaire de la ville d’Iligan, au sud des Philippines dans l’île de Mindanao. Né en 1954, le père Amado est l’aîné de huit enfants. Il est entré au petit séminaire à quatorze ans et a étudié la philosophie à l’université San Carlos dans l’île de Cebu. Ses années étudiantes ont été marquées par la déclaration de la Loi martiale en 1972. Comme beaucoup d’activistes de l’époque, le futur prêtre a été arrêté, emprisonné et torturé durant plusieurs mois. Il a terminé ses études en 1975 avant de vivre et de travailler avec les habitants des bidonvilles de Cebu.
Il a rejoint les Rédemptoristes en 1977 et a été ordonné quatre ans plus tard. Son travail aux côtés des communautés pauvres lui a ouvert les yeux sur les menaces de l’exploitation forestière illégale. Il a alors mené une rude campagne pour demander l’interdiction totale des abattages dans la province de Bukidnon, dans le sud de l’archipel. En 1995, il a terminé un doctorat en théologie à Rome, et durant les quinze années suivantes, le père Amado a mené une vie de « dialogue et de défenseur de la paix ». C’est en enseignant au grand séminaire de Davao, dans le sud de l’île de Mindanao, qu’il a été directement témoin des atrocités commises sous l’autorité de l’administration municipale, dont le maire était alors Rodrigo Duterte. Le prêtre a alors mené sa première campagne à vélo pour attirer l’attention sur ces tueries. Depuis, il a parcouru 12 000 kilomètres en pédalant, en marchant et en courant à travers le pays.

Source : Eglise d’Asie

Photo : Vincent Go(Avec Ucanews, Tacloban)

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Philippines : la migration, un problème social cause de la division de la famille

Le phénomène de l’émigration est devenu, aux Philippines, un problème social qui a des effets négatifs sur la tenue de l’institution familiale, affirme un prêtre qui œuvre parmi les migrants. « L’une des réalités sociales alarmantes que notre pays affronte aujourd’hui est le phénomène des émigrations qui provoque des mutations sociales et de sérieuses conséquences sur l’unité des familles » relève pour l’Agence Fides le Père Leonardo Adaptar, Directeur du Ministère diocésain des Migrants du Diocèse de Cubao.
On estime que quelques 10,3 millions de philippins travaillent à l’étranger et qu’environ 3.000 personnes pleines d’espérance quittent le pays chaque jour pour chercher ailleurs une vie meilleure. Les travailleurs philippins expatriés sont qualifiés de héros de notre temps, dans la mesure où, grâce à leur contribution, sous forme de transferts financiers, ils apportent un puissant soutien à l’économie philippine.
« Cependant, arrivent actuellement toujours davantage de récits négatifs concernant leurs problèmes, les préoccupations des migrants et de leurs familles » indique le Père Adaptar. « il existe aujourd’hui une plus forte nécessité de contrôler et d’accompagner, au plan humain et pastoral, ces personnes, en leur fournissant une aide en particulier en termes de conseil légal, d’orientation et de bien-être des travailleurs émigrés et de leurs familles » explique-t-il.
Chacun des 86 Diocèses du pays a pour mission d’offrir une formation spécifique aux migrants et de suivre leurs familles, en collaboration avec la Commission épiscopale chargée de la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, indique à Fides le Frère Dexter Ignacio, membre du personnel de la Commission chargée des Migrants du Diocèse de Cubao.
Ce qui est gagné en termes économiques au travers de l’émigration – phénomène organisé et bénéficiant de la médiation de l’Etat – se révèle constituer une perte pour les familles des expatriés. Pendant des décennies, la tendance de l’émigration des femmes, qui représentent plus de la moitié des philippins établis à l’étranger, a comporté le fait que les familles perdaient la présence de la mère. Ainsi que l’indiquent les cas suivis par les Commissions diocésaines, les enfants grandissent sans la présence fondamentale de la mère alors que les maris sont tentés d’entreprendre des relations extraconjugales ou pire encore d’abuser sexuellement de leurs enfants.
« La question de la migration n’a pas de solution simple vis-à-vis de tous les problèmes qui en dérivent. L’action doit être multisectorielle et interdisciplinaire. Tous les sujets impliqués doivent comprendre l’ensemble du cycle et les conséquences du phénomène migratoire. Il est urgent que soit mise en place une coopération entre l’Etat, la société civile et l’Eglise afin d’éviter qu’il ne créée des problèmes sociaux plus grands et plus répandus » conclut le Père Adaptar. (SD)

Source : (Agence Fides 20/04/2018)

 

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Travailler à la vigne du Seigneur, une mission risquée

Les prêtres, religieuses, religieux et laïcs au service des pauvres ont toujours été, aux Philippines, la cible des persécutions. Tout récemment, une religieuse australienne, sœur Patricia Fox, de la congrégation missionnaire des Sœurs de Notre-Dame de Sion, a été arrêtée par les autorités philippines pour son action, avant d’être relâchée le 17 avril.

L’un des faits majeurs de la semaine, aux Philippines, a été l’arrestation de sœur Patricia Fox, de la congrégation missionnaire des Sœurs de Notre-Dame de Sion.

La frêle religieuse australienne de 71 ans, appelée « Sister Pat » par beaucoup de ses amis philippins, fait partie des derniers serviteurs travaillant à la vigne du Seigneur à tomber aux mains des autorités philippines. Les prêtres et les religieuses qui vivent l’Évangile du Christ, en travaillant avec les pauvres et en défendant leurs droits, s’attirent les foudres du gouvernement. Cela a été particulièrement le cas durant les années 1970, dans le cadre de la Loi martiale (1965 – 1986) instaurée par le président Ferdinand Marcos. On se souvient de l’ardente théologienne et religieuse bénédictine, sœur Mary John Mananzan, qui avec l’aide de prêtres et d’autres religieuses, s’était jointe à la première grève organisée durant la dictature.

Les membres de l’Église engagés dans de tels mouvements de protestations attirent toujours l’attention, mais certaines histoires n’ont pas fait la une des journaux ou des livres d’histoire, alors que la démocratie était de retour dans le pays. L’une d’entre elle concerne le père Melquiades Anda, originaire des montagnes de la province de Laguna, au nord de Manille. Un 24 décembre, des guérilleros sont entrés dans un village et ont passé la nuit dans la maison d’un agriculteur. Le jour suivant, l’armée a arrêté le fermier et sa famille pour avoir aidé les rebelles. Sa femme a donc demandé l’aide du père Anda. Le jeune prêtre est venu expliquer la situation aux soldats. Mais au lieu de l’écouter, les militaires l’ont arrêté et l’ont emmené dans un camp militaire où il a été détenu et torturé. Mais le prêtre a survécu. En songeant à cette expérience, il explique que les pauvres, qui n’ont personne vers qui se tourner, demandent toujours l’aide de l’Église. « Comment pourrions-nous jamais les ignorer ? », demande-t-il.

« Comment pourrions-nous les ignorer ? »

Beaucoup d’autres faits similaires sont survenus ailleurs dans le pays. Ce sont des prêtres, des religieuses, des religieux ou des laïcs engagés auprès des pauvres, qui font l’objet de harcèlement. Sœur Patricia, qui vit aux Philippines depuis 27 ans, connaît ces histoires par cœur. Elle a été témoin de la lutte quotidienne de beaucoup de Philippins pour la survie. Elle sait bien qu’être religieux, dans ce pays pourtant majoritairement catholique, n’est pas toujours aisé. Son arrestation, suite à des accusations d’activités politiques partisanes, est survenue peu après le meurtre du père Marcelito Paez en 2017, un prêtre connu pour sa défense des Droits de l’Homme, à l’image de sœur Patricia. Presque cinq mois après l’assassinat dans le nord de la province de Nueva Ecija, personne n’a encore été arrêté ou n’a revendiqué le meurtre.

Aux Philippines, durant des années, des chrétiens, y compris des prêtres et des religieuses, ont été soit kidnappés, soit tués à cause de leur action auprès des communautés pauvres. Des terroristes armés ont ainsi enlevé le père Teresito Suganob, vicaire de la prélature territoriale de Marawi, dans l’île de Mindanao, où il a été leur otage pendant cinq mois en 2017. Toujours dans le sud de l’archipel, trois missionnaires italiens de l’Institut pontifical pour les missions étrangères (PIME) ont connu des morts violentes. Le père Tulio Favali, tué le 11 avril 1985 par Norberto Manero, originaire de la province du Cotabato, qui fut libéré des années plus tard pour bonne conduite. La première chose qu’il fit à sa sortie de prison fut d’aller demander pardon sur la tombe du prêtre. En 1992, un groupe d’agresseurs inconnus a tué un autre prêtre italien dans la ville de Zamboanga, le père Salvatore Carzedda. Le 17 octobre 2011, des tireurs inconnus ont assassiné le père Fausto Tentori, connu pour sa défense de l’environnement, dans le nord du Cotabato.

Un refuge pour les victimes d’injustice

En 1998, prêtre italien Luciano Benedetti a été enlevé dans la province de Zamboanga del Norte, avant d’être relâché grâce à l’intervention de rebelles musulmans. En 2002, le missionnaire Guiseppe Pierantoni, enlevé dans le Zamboanga del Sur, s’est échappé. En juin 2007, le père Ginacarlo Bossi a été enlevé avant d’être libéré un mois plus tard. En 2009, le père Michael Sinnot, un missionnaire Colomban, a été enlevé par un groupe armé avant d’être libéré, lui aussi, au bout d’un mois. Le 3 mai 2000, le père clarétien Rohel Gallardo est mort aux mains du groupe terroriste Abu Sayyaf, dans l’île de Basilan.

Durant la dictature de Marcos, les militaires étaient connus pour leur tendance à s’en prendre aux missionnaires trop critiques envers les abus du pouvoir. En 1983, les missionnaires colombans Brian Gore (australien) et Niall O’Brien (irlandais), ainsi que le prêtre philippin Vicente Dangan et six autres laïcs, ont été emprisonnés pour le meurtre présumé d’un maire. Leur procès a été l’occasion pour l’Église d’attirer l’attention sur les conditions des paysans dans les provinces philippines. Des pressions locales et internationales, provenant de plusieurs groupes d’Église et de défense des Droits de l’Homme, ont également aidé à faire libérer les missionnaires. Beaucoup d’autres prêtres ont été victimes d’enlèvements, en particulier dans la région musulmane de Mindanao. L’Église a toujours été le refuge des victimes d’injustices. Ces derniers mois, des familles de victimes de la guerre du gouvernement philippin contre la drogue sont venues chercher refuge dans des couvents et des églises, ce qui a fait dire que même les évêques protégeraient les trafiquants de drogue…

Les missionnaires philippins envoyés à l’étranger sont toujours prêts à mourir pour leur foi. C’est vrai aussi pour ceux qui restent au pays. Un missionnaire a ainsi confié qu’il prend courage dans les mots de l’archevêque brésilien Dom Helder Camara : « Quand je nourris les pauvres, ils disent que je suis un saint. Quand je demande pourquoi les pauvres n’ont pas de quoi manger, ils disent que je suis communiste. » Ces missionnaires, qu’ils soient étrangers ou philippins, seront toujours envoyés dans les régions dont le gouvernement se préoccupe le moins. Ils seront toujours vus comme une menace par ceux qui sont au pouvoir, ils seront toujours en danger au service de la vigne du Seigneur.

Melo Acuna est journaliste radio depuis trente ans. Son travail l’a amené à travailler avec des groupes religieux de plusieurs diocèses philippins, comme reporter puis comme manager d’une antenne de la radio catholique Veritas 846.

Copyright Photo Jire Carreon / ucanews.com

Source : Eglise d’Asie

Conférences/Formations #NLQ

9 avril 2018 : Témoignage « Une seconde chance pour la jeunesse – des Philippines à Marseille » à Nantes (44)

Sœur Sophie de Jésus vit à Manille où elle a fondé l’Association Compassion Jeunesse Asie, (ACAY) qui soutient des centaines de jeunes délinquants et des jeunes filles victimes d’exploitation et de violence. Depuis  2014, l’association ACAY s’est installée à Marseille pour développer un travail de réhabilitation auprès de jeunes mineurs en détention et un travail de prévention en partenariat avec certains établissements scolaires.

Le 9 avril 2018 à 20h30 à la Salle Coligny de Nantes (Place Edouard Normand – 44000 Nantes ), Sœur Sophie, auteur du livre “Défier le chaos”, donnera son témoignage ainsi que Rod Tongol, jeune philippin, ancien mineur incarcéré aujourd’hui réintégré dans la société et Laurent Thorigné, directeur du programme Seconde Chance à Marseille.

Asie #NLQ

Philippines – Le cardinal Tagle dénonce les « rois » qui s’en prennent aux faibles

À l’occasion de la Semaine Sainte, véritable évènement national aux Philippines, des personnalités du pays proposent leur méditation à l’approche de Pâques. Non seulement parmi les évêques, comme le cardinal Tagle ou encore l’évêque de Lingayen-Dagupan, Mgr Villegas, mais aussi des acteurs ou des hommes politiques, y compris le président Duterte.
Le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, lors de la célébration des Rameaux ce dimanche 25 mars, a parlé ouvertement contre les « rois qui font usage de la violence » pour s’en prendre aux faibles, à l’ouverture de la semaine sainte. Son homélie, lors de la messe célébrée à Manille le matin des Rameaux, devant les palmes brandies par la foule, le cardinal s’en est pris aux chefs de gouvernement « pleins d’orgueil, dépourvus d’humilité ». « Aujourd’hui, beaucoup donnent leurs voix aux ‘rois’ qui font preuve de violence, qui utilisent les armes et autres intimidations contre les faibles… », a dénoncé l’archevêque.
Sans citer de noms en particulier, le cardinal a demandé aux responsables de gouvernements de prendre exemple sur l’humilité de Jésus Christ : « Notre roi ne se repose pas sur la violence, sur les armes, sur les épées, les balles ou les fusils. Notre roi fait confiance en Dieu seul. » Le cardinal Tagle a rappelé que « la vraie autorité » vient de « la dignité calme et silencieuse de celui qui fait confiance en Dieu et qui se manifeste sa pleine solidarité avec l’humanité pécheresse ». Le cardinal a invité les catholiques à profiter de la Semaine Sainte pour chercher à connaître Jésus plus en profondeur. « Regardons vers Jésus. Regardons-le et écoutons-le, pour pouvoir le connaître à nouveau », a-t-il ajouté.

Duterte demande d’aider les opprimés

Dans son message pour la Semaine Sainte, le président philippin Rodrigo Duterte a appelé les Philippins à venir en aide aux opprimés : « Rappelons-nous de toujours aider et soutenir les malheureux, parce que seuls les actes de charité peuvent rendre Dieu présent parmi nous. » Le président a également appelé à l’unité entre les Philippins, afin qu’ils puissent « construire une nation équitable et solidaire, où tous peuvent vivre d’une façon confortable et décente ». Pour le président Duterte, la résurrection du Christ devrait être un rappel, pour tous les Philippins, que le pays « mérite d’être guéri des problèmes sociaux »comme la drogue, la criminalité et la corruption. Les groupes de défense des droits de l’homme, toutefois, ont reproché à Duterte la « campagne contre la drogue » qui a entraîné des milliers de meurtres suspects contre les toxicomanes et les dealers.
Pour Mgr Socartes Villegas, critique farouche de la campagne anti-drogue du président, la Semaine Sainte n’est pas qu’une affaire de traditions religieuses et de pratiques pieuses. « La Semaine Sainte rappelle ce que le Christ a fait pour l’humanité », souligne l’évêque, ajoutant que cette semaine est « sainte à cause de son amour ». « L’amour seul peut nous rendre saints », a déclaré l’archevêque de Lingayen-Dagupan. L’évêque a ajouté que l’on peut par exemple visiter les malades, en plus de célébrations habituelles. « Plutôt que de répandre votre sang dans la rue, pourquoi ne vous rendez-vous pas auprès de la Croix Rouge pour donner votre sang ? Choisissez de donner la vie », a invité Mgr Villeas. « Donnez votre sang. Avons-nous besoin de marcher pieds nus jusqu’à rendre nos pieds pleins d’ampoules, en guise de penitence pour nos péchés ? Pourquoi ne pas acheter une paire de chaussures à un enfant qui se rend chaque jour à l’école avec des souliers abîmés ? »

Semaine fériée pour les Philippins

Les Philippins ont l’habitude de prendre une semaine de vacances lors de la Semaine Sainte. Des milliers de familles partent fêter le Triduum Pascal lors des Jeudi et Vendredi Saints. Le gouvernement a déclaré le jeudi et le vendredi fériés, et beaucoup d’entreprises accordent même aux employés leur mercredi. Lors du Jeudi saint, les Philippins célèbrent la dernière messe avant Pâques, en reproduisant le lavement des pieds des apôtres. Puis commencent les traditionnelles « visita iglesia », durant lesquelles les Philippins visitent au moins sept églises, pour méditer sur le Chemin de Croix. Ces jours sont une bonne excuse, pour les familles, pour faire du tourisme et veiller toute la nuit. Certains restent prier dans les églises, mais beaucoup vont profiter du printemps dehors.
Lors du Vendredi saint, outre le chemin de croix, beaucoup de personnalités, y compris des politiciens et des acteurs, proposent leur réflexion sur les sept dernières paroles du Christ. Des pièces retraçant la Passion (Senakulo), sont organisées dans tout le pays dans l’après-midi, comme le festival des Moriones de Marinduque, lors duquel les habitants sont masqués et se lancent dans de faux combats à l’épée.
Ou encore comme la reconstitution de la crucifixion de San Fernando (Pampanga), au nord de Manille, particulièrement macabre (d’où l’intervention de Mgr Villegas). Le festival dure donc toute la semaine, nuit et jour, un long marathon haut en couleur sur la vie de Jésus, sa Passion, sa mort et sa résurrection, qui attire les foules dans tout le pays. Le dimanche de Pâques commence tôt le matin par une procession, et se termine par des fêtes et pique-niques, accompagnés de danses et de chants pour célébrer la résurrection du Christ.

 

Source EDA

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Philippines – Les mineurs offrent de l’or en action de grâce à la chandeleur

Le seul jour de l’année durant lequel Alberto Odi peut se reposer de la mine est le jour de la Chandeleur, chaque 2 février. Le mineur de 42 ans prépare alors une douzaine d’œufs pour représenter chaque mois de l’année, ainsi qu’une pincée de poudre d’or qu’il apporte à l’église en offrande. L’or, qu’il échange contre de l’argent à un bureau d’échange local avant de se rendre à l’église, vient de sa part de salaire acquise durant le mois précédent.

« L’église n’accepte pas d’or », plaisante Alberto après avoir reçu vingt dollars américains en échange de son or. « Il pourrait tomber dans de mauvaises mains », ajoute-t-il. Alberto travaille comme mineur à Paracale, une ville de la province de Camarines Norte, à environ 334 kilomètres au sud de la capitale, Manille. « J’ai commencé à me rendre à la mine quand j’étais garçon », explique-t-il. « C’est le seul travail que je connaisse. »

Presque toute sa vie, il a passé presque douze heures par jour dans des tunnels sombres avec peu d’air et la menace permanente des effondrements. Parfois, il se joint à des expéditions minières sous-marines, dans les régions marécageuses autour de la ville. S’aidant de bouteilles de plongée, Alberto et ses amis creusent la boue sous l’eau vaseuse. Le mineur confie que c’est un travail difficile et dangereux, mais qu’il prie toujours la Vierge Marie pour sa protection.

« Mon père disait toujours que la Vierge nous protège dans les tunnels », ajoute Alberto. Les locaux nomment la Vierge « Inay Candi » ou « Mère Chandelle », en référence à la statue conservée dans l’église de la ville, qui serait une réplique exacte de l’originale, Notre Dame de la Purification et de la Chandeleur (Nuestra Senora de la Purificacion y Candelaria), située dans un sanctuaire marial à Tenerife, en Espagne. La légende dit que la statue originale de la Vierge, portant l’enfant Jésus dans une main et une bougie dans l’autre, serait apparue sur une plage à Chimisay, en Espagne, en 1392.

La piété unique de Paracale

Contrairement à la statue espagnole, celle de Paracale porte également une épée. Les locaux disent que l’épée a sauvé la ville des pirates en 1809. Selon eux, la Vierge serait descendue de l’autel pour faire fuir les pilleurs. Parce qu’il manque un doigt, les locaux disent que la Vierge l’a perdu en se battant contre les pirates sur la plage de Paracale.

La population croit qu’en plus de les protéger contre les calamités, la Vierge leur porte chance. En 1626, des années après que les moines espagnols sont arrivés par la mer, une importante mine d’or fut découverte à Paracale, dont le nom signifie « creuseur de canal ». Aujourd’hui, la plupart des habitants dépendent de l’extraction de l’or pour vivre. Au fil des années, les gens de Paracale ont montré leur gratitude envers la Vierge en l’ornant d’une robe et d’une couronne faits d’or. Les ornements précieux, offerts par la population, apparaissent une fois par an, durant la fête de la ville. Le jour suivant les célébrations, le prêtre de la paroisse dépose les ornements dans une banque locale pour les garder en sureté, tandis que la statue est exposdans une salle voûtée de l’église paroissiale.
Le père Rodello Rempillo décrit la piété des habitants de Paracale comme « vraiment unique », ajoutant qu’elle n’est pas « avide, ou égoïste, ou avare ». « Ils donnent ce dont l’image a besoin, jusqu’au point d’être extravagants et excessifs. Nous l’avons vu quand les gens ont créé une robe et une couronne en or pur », explique le prêtre. « Ils lui attribuent toutes les prières entendues, la chance, les bonnes récoltes et la protection. » L’église de la ville, par ailleurs, vieille de 407 ans, est en cours de rénovation. Le prêtre confie avoir besoin d’au moins 200 000 dollors américains pour venir à bout de la première phase du projet.

Le père Rempillo est confiant en la capacité des habitants à récolter l’argent nécessaire. En seulement un an, les dons ont déjà atteint la moitié de la somme dont la paroisse avait besoin. « La générosité est profondément enracinée, dans la culture de la ville », se réjouit le prêtre. « Sur les sites miniers, les mineurs offrent aux visiteurs des extraits de minerais d’or. Vous ne repartirez pas chez vous les mains vides. »

Source EDA

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Philippines – Une foule considérable se réunit pour le « Nazaréen noir »

Mardi 9 janvier, plusieurs millions de chrétiens ont pris part à la procession du « Nazaréen noir », à Manille, mais aussi dans d’autres villes du pays. Et notamment à Cagayan de Oro, sur l’île méridionale de Mindanao où la loi martiale a été prolongée.

Mardi 9 janvier, plusieurs millions de chrétiens ont pris part à la procession du « Nazaréen noir »,  dans les rues Manille et dans celles d’autres villes de l’archipel. Cette procession est l’une des manifestations les plus caractéristiques de la piété populaire du catholicisme philippin.

Le « Nazaréen noir », statue qui représente le Christ portant sa croix, est habituellement exposé dans la basilique mineure de Quiapo, à Manille. Il n’est exposé à la vénération des fidèles que le vendredi saint et le 9 janvier. ce jour-là, l’administration et les écoles sont fermées. 7 000 agents de police ont encadré la procession, la vente et la consommation d’alcool ont été interdits sur le parcours de celle-ci.

L’intense dévotion populaire qui est attachée au « Nazaréen noir » remonte à près de quatre siècles, après qu’il eut, selon la tradition, échappé miraculeusement le 31 mai 1606 à l’incendie du navire qui l’acheminait à Manille depuis le Mexique. Son bois noirci par l’incendie – d’où sa dénomination de « Nazaréen noir » –, la statue est également sortie indemne des incendies qui ont ravagé la basilique de Quiapo en 1791 et 1929, des grands séismes de 1645 et 1863 et du bombardement de Manille en 1945.

Chaque 9 janvier, la statue du Christ parcourt sur un char les rues de Manille, drainant des foules considérables qui vont pieds nus en souvenir du calvaire du Christ et qui cherchent à la toucher.  Selon la tradition populaire, toucher la statue, son char ou un tissu les ayant effleurés, est l’assurance de voir ses prières exaucées.

Partie de Rizal Park, la statue a regagné la basilique mineure au terme d’un parcours où, selon les estimations diffusées par les autorités locales, six à sept millions de personnes étaient massées. Les Philippins qui vivent à l’étranger ont pu suivre l’évènement sur les réseaux sociaux, en direct.

La procession, qui a duré près de 22h, était cette année animée par des stations de prière, “ce qui a favorisé l’approfondissement de la foi des fidèles”, a notamment déclaré Mgr Hernando Coronel, recteur de la basilique.

Des célébrations en l’honneur du Nazaréen noir ont également été célébrées dans diverses parties du pays. À Cagayan de Oro, sur l’île méridionale de Mindanao, environ 200 000 personnes ont participé à une procession de deux heures en dépit des menaces d’attaques de groupes extrémistes.

Dans ce pays de 100 millions d’habitants, 79 % de la population est de confession catholique.

Source EDA

 

 

 

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