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Cinq conférences sur Claude Tresmontant à Paris du 13 novembre au 12 décembre 2018

Nous sommes très heureux de vous annoncer une merveilleuse nouvelle, en particulier pour les parisiens : un cycle de cinq conférences sur Claude Tresmontant sera donné par Georges-Elia Sarfati* entre le 13 novembre et le 12 décembre (19h – 20h30) au centre Elie Wiesel (75010).

Toutes les informations et les possibilités d’inscriptions sont ici .

N’hésitez pas à en parler autour de vous : il semble que la salle est choisie en fonction du nombre de participants. Ce qui n’empêche pas qu’il vaut certainement mieux s’inscrire sans tarder !

Les Lyonnais auront aussi la chance de pouvoir participer le samedi 2 février prochain à une journée d’étude sur Claude Tresmontant à l’Université Catholique de Lyon. Toutes les informations sont ici :

Par ailleurs, “Les Problèmes de l’athéisme” ressortiront en livre de poche aux éditions du Cerf au printemps prochain ! A surveiller !

NB : pour être certains d’être au courant de toutes les actualités autour de Claude Tresmontant, le plus simple est de vous abonner à notre page Facebook https://www.facebook.com/JourneesClaudeTresmontant/

Nous travaillons aussi à un site internet… en construction. Mais nous y publierons les annonces importantes : http://tresmontant.wixsite.com/tresmontant
N’hésitez pas à y faire un tour de temps en temps !

A bientôt donc nous espérons,

Bien à vous,

Bérengère G. et Brunor pour l’association Tsemach

* : Georges-Elia Sarfati est professeur des universités, linguiste, philosophe, psychanalyste. Directeur de l’Ecole française d’analyse et de thérapie existentielles (Logothérapie) V. Frankl, co-fondateur du Réseau d’étude des discours institutionnels et politiques. Docteur en études hébraïques et juives de l’université de Strasbourg, fondateur de l’Université populaire de Jérusalem, il a notamment publié : Discours ordinaire et identité juive, Paris, Berg, 1999 ; Le Vatican et la Shoah, Paris, Berg, 2000 ; L’antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d’Occident, Paris, Berg, 2003 ; La tradition éthique du judaïsme. Introduction au Moussar, Paris, Berg, 2014, et traduit de l’hébreu La lumière d’Israël/Ohr Israel ( Rabbi Israel Lipkin de Salant), Paris Berg , 2015.

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Cycle de conférences du Collège saint Germain sur le bien commun – du 7 octobre 2018 au 10 mars 2019 à Paris

Le bien commun et le service de la cité

Cycle de conférence, du 7 octobre 2018 au 10 mars 2019
Paroisse Saint Georges de la Villette
112 Avenue Simon Bolivar 75019 Paris
Par le Collège saint Germain

L’individualisme et le communautarisme croissants entraînent la disparition du bien commun dans notre société. Problématique en soi, cette évolution interroge particulièrement les chrétiens, car c’est la pensée chrétienne qui, à partir de cette notion d’origine grecque, a forgé la culture politique de l’occident. Appelés à s’engager en politique, les chrétiens ne savent souvent pas comment faire pour se mettre en vérité au service de la cité. Comment faire pour que les choses changent en bien ? Et quel est le rôle qui revient à chacun et chacune ?

Le propos de ces conférences est de répondre à ces interrogations légitimes par un effort de compréhension du contexte politique dans lequel nous nous trouvons, et de détermination de ce qu’est le bien commun. Ainsi pourront être évitées les fausses réponses, et apparaître des éléments de réponse crédibles, seuls à même de favoriser une action prudente et efficace.

 

Conférencier : Guilhem Golfin, docteur en philosophie, auteur de Souveraineté et désordre politique, éditions du Cerf, 2017

Renseignements : paroissesaintgeorges@orange.fr / 01 42 39 61 80 // College saint Germain 0663712049

Dates, horaires et lieu :

Les conférences ont lieu les dimanches 7 octobre, 11 novembre et 9 décembre 2018 & 13 janvier, 10 février et 10 mars 2019, à 17h, au 112 Avenue Simon Bolivar 75019 Paris

 

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Parcours “Passeurs d’hommes” par Ichtus du 1er octobre 2018 au 8 avril 2019 à Paris

GRANDIR, CONDUIRE et SERVIR pour permettre à chaque personne de S’ACCOMPLIR

Tout homme dans le monde est un PASSEUR d’hommes vers la liberté parce qu’il est responsable de lui-même et de son prochain mais aussi des sociétés où il vit. La vie est un don mais c’est aussi une tâche. COMMENT ËTRE HUMAIN ? Comment se forger et garder un cœur d’homme ou de femme ? Comment assurer cette responsabilité de PASSEUR ?

Pour s’accomplir, chacun doit GRANDIR puis CONDUIRE les autres en assumant des responsabilités de parent, d’éducateur, de management afin de SERVIR le bien commun par son travail, en exerçant des responsabilités économiques et politiques dans la société.

Le parcours PARCOURS PASSEURS D’HOMMES est fondé sur l’enseignement de saint Jean-Paul II, pour découvrir ce qu’est la personne humaine, son désir du bonheur et de vie en société, les principes et habitus qui gouvernent ses actes. La saison 2018-2019 sera animé par François-Xavier Clément, directeur de Saint-Jean de Passy et Bruno de Saint Chamas, membre associé du GRACE (Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise), président d’Ichtus.

Il s’agira de “chercher la vérité dans la douceur de l’amitié” selon la belle formule d’Albert le Grand, avec Pierre Manent, Pascal Ide, Claire de Saint Lager, Olivier Rey, Alexandre Dianine HavardAnouk Grévin, Romain Donadini qui interviendront pour cette nouvelle saison du parcours. (Voir bibliographies et publications des intervenants).

« Le leadership n’est pas réservé à une élite : c’est la vocation de la multitude. » (Alexandre Dianine Havard)

Vous êtes chefs d’entreprises, dirigeants, responsables d’équipe, enseignants, éducateurs ou tout simplement parents et vous disposez de peu de temps. Vous désirez développer votre leadership pour conduire à l’excellence ceux dont vous avez la responsabilité ? Venez découvrir la richesse et la cohérence d’une vision de l’homme  associée à une pratique qui a démontré sa fécondité dans le temps. Ce parcours s’adresse en priorité à ceux qui exercent ou exerceront des responsabilités humaines dans la société et désirent permettre à des enfants, des élèves, des équipiers de s’accomplir.

Ce parcours se déroule sur 11 séances qui forment un tout, le lundi de 20h précise à 21h45, à partir du 1 octobre 2018 dans les locaux de Saint-Jean de Passy, 72 rue Raynouard Paris 75016.

PROGRAMME

1. Lundi 1er octobre 2018 – De l’homo sapiens à l’homo deus – Existe-t-il une nature humaine ?

2. Lundi 15 octobre 2018 –  Sur quel ordre naturel fonder la vie sociale. Loi naturelle et justice. Rôle social et politique de la loi.

3. Lundi 12 novembre 2018 – Liberté et vérité sur le bien. Fonctionnement d’un acte humain.

4. Lundi 26 novembre 2018 – La vérité sur le transhumanisme.

5. Lundi 17 décembre 2018 – Je suis mon corps – Le plaisir, la joie, la souffrance – Éducation de l’affectivité.

6. Lundi 14 janvier 2019 – Du tempérament au caractère. Comment construire sa personnalité ?

7. Lundi 28 janvier 2019 – Être femme. Nature ou construction. Un nouveau féminisme est-il possible ?

8. Lundi 11 février 2019 – Comment éduquer la personne au service du bien commun ?

9. Lundi 11 mars 2019 – Comment le don est-il le moteur caché de la vie et du travail ?

10. Lundi 25 mars 2019 – Logique de “déconstruction” et de “revitalisation” de la vie sociale.

11. Lundi 8 avril 2019 – Que faut-il demander à Dieu pour l’homme et la société ?

TARIF

Pour bénéficier de la réduction et s’inscrire en couple : choisir le tarif de base puis ajouter une personne : une réduction de 25 % s’appliquera automatiquement sur chaque billet. Un couple paiera donc 150€ au lieu de 2 fois 100€ = 200€.

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Conférence de Jean-Luc Marion le 9 août 2018 à Lods (25)

Jean-Luc Marion, philosophe et académicien, donnera sa conférence estivale habituelle désormais, le mardi 9 août à 20h30, en l’église Saint-Théodule de Lods.

Jean-Luc Marion nous propose le thème suivant : La révélation.

Jean-Luc Marion est un des philosophes les plus brillants de sa génération.
Il est élu à l’Académie Française le 6 novembre 2008 au fauteuil du cardinal Lustiger, dont il a été l’un des plus proches collaborateurs.

Il affectionne particulièrement la Vallée de la Loue où il prend ses vacances d’été avec sa famille dans le village de Lods.

Trois de ces livres seront en vente ce soir là.

Une corbeille sera à votre disposition afin de permettre la restauration des peintures murales de l’église.

Depuis 2017, le diocèse de Besançon vous propose l’intégralité de ces conférences sur sa chaine YouTbe.

Vous pouvez revoir la vidéo de la conférence d’août 2017 sur le thème : “Brève apologie pour un moment catholique” directement en cliquant ici.

Vous pourrez retrouver la conférence en vidéo sur la chaine Youtube du diocèse à votre retour de vacances.

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Causeries au coeur de l’été à Orcival (63) les 12 & 26 juillet et 9 & 23 août 2018

La Paroisse Notre-Dame d’Orcival vous invite à des causeries à 10h à la Maison de la Rencontre à Orcival (derrière l’Office de Tourisme) les :

12 juillet

« Crise de la transmission ( ?) Que transmettre ? Et comment ? »
Soeur St Pierre, professeur de philosophie à St Alyre (Clermont)

26 juillet

« Célébrer et vivre le mariage, une tâche pour les chrétiens. »
Père Jean-Luc VEDRINE, vicaire épiscopal à Créteil

9 août

« Faut-il avoir peur de l’Islam ? »
Père Bernard LOCHET, vicaire général de Clermont et chargé du dialogue interreligieux

23 août

« Faites tout ce qu’il vous dira ! Cheminer dans la confiance avec Marie. »
Père Didier PENTECÔTE, dominicain à Clermont

 

Les causeries seront suivies par la messe à 11h30 à la crypte de la basilique.

Contact
Paroisse Notre-Dame d’Orcival
04 73 65 81 49
paroissenotredameorcival@orange.fr

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La politique une bonne nouvelle ! Session d’été au Hautmont (59) du 19 au 26 août 2018

“La politique tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun. (…) En chaque nation, les habitants développent la dimension sociale de leurs vies, en se constituant citoyens responsables au sein d’un peuple, et non comme une masse asservie par les forces dominantes. Souvenons-nous qu’« être citoyen fidèle est une vertu, et la participation à la vie politique une obligation morale ».”

La Joie de l’Evangile, pap François, n°205 et 220

En 1996, de jeunes chrétiens engagés se réunissaient pour approfondir ensemble le sens qu’ils donnaient à leur engagement dans la cité. Plus de 20 ans plus tard, est organisée la 13ème session d’été de l’association « La politique, une bonne nouvelle » (la PBN), du 19 au 26 août 2018, au Centre du Hautmont (Mouvaux).

Public 

Jeunes de 18 à 35 ans. Simple curieux de la politique et soucieux du bien commun ?

Déjà militant ou engagé dans une association, un syndicat ou un parti ? « Novice » ou « passionné », peu importe, l’essentiel est d’avoir le désir de découvrir ou approfondir le champ politique et le rôle que le chrétien doit y jouer.

Programme

L’objectif de cette semaine est de répondre à ces trois questions :

  • Chrétien(ne), pourquoi m’engager ? Des temps de formation sur les fondements du politique (philosophie, théologie, histoire…) permettent de comprendre les spécificités et la fécondité du champ politique pour les chrétiens.
  • Au nom de l’intérêt collectif qu’est-ce-que je veux défendre ? Se mettre à l’écoute, grâce à des temps de témoignages, d’échanges et de discernement. Cela permet d’ancrer ses convictions, pour se positionner dans le monde de manière à la fois solide et sereine.
  • Comment, ensemble, avancer sur le chemin du bien commun ? Des ateliers et temps d’échanges permettent d’apprendre à se confronter à d’autres opinions, afin de se former à l’élaboration de solutions réalistes qui intègrent la diversité.

Mais aussi… des temps spirituels vécus ensemble (messe, prière quotidienne) libre de participation, une journée détente et découverte de la région, des temps conviviaux autour d’un jeu ou d’une simple bière ;).

Voir le flyer de la session

Informations

31 rue Mirabeau, Mouvaux
CENTRE SPIRITUEL DU HAUTMONT
contact@hautmont.org
Site internet
03 20 26 09 61

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L’édito – Catholiques, pour une vision politique et anthropologique globale !

Une des plus grandes difficultés du monde actuel est de voir l’Homme dans sa globalité. Les progrès de la science, des diverses disciplines humaines ou sociales ont immensément enrichi notre connaissance de l’Homme dans les plus infimes détails de sa réalité tant biologique que psychologique. Pour autant, il semble que cette « sur connaissance » du détail ait appauvrit notre perception globale de l’être humain. Vu par le prisme d’une spécialité, il est tour à tour, travailleur, enfant, vieillard, malade etc. Chaque discipline dissèque l’Homme à l’aune de son objet d’étude, oubliant bien souvent de prendre la hauteur qui donne à l’homme son unité et sa vérité profonde. L’être humain n’est pas un agrégat de données isolées le concernant. Il est une unité profonde en laquelle ces aspects disséqués s’entremêlent et s’influencent. Nous voyons de plus en plus, aujourd’hui, la personne humaine écartelée par une myriade de disciplines techniques ou scientifiques, cherchant à expliquer l’Homme par leur unique prisme. Or ce tiraillement, pavé de bonnes intentions, laisse l’Homme en charpie. Toutes ces disciplines oublient qu’elles ne sont qu’un « détail » de la globalité humaine et au lieu de servir l’Homme elles le réduisent à ce qu’elles savent en dire, oubliant les milliers d’autres aspects qui le composent. Autrefois, c’était l’œuvre de la philosophie et plus encore de la métaphysique de réunifier en elle toutes les données disséquées par les autres disciplines. Mais trop souvent aujourd’hui, les philosophes sont eux-mêmes issus de courants idéologiques nés du besoin éthique de telle ou telle discipline, de sorte que leur pensée conçoivent l’Homme à partir d’une seule portion de celui-ci. L’Eglise n’a eu de cesse de rappeler que l’Homme est une globalité. Une globalité qui trouve son unité profonde dans le plan de Dieu sur l’humanité. En dehors du rôle missionnaire et prosélyte qui cherche à propager la bonne nouvelle, le catholique est aussi appelé à être témoin et héraut de cette vision globale de l’Homme. Une vision sur l’Homme qui, de facto dans le monde actuel, est aussi une option politique à défendre à contre-courant du monde et de l’évolution post humaniste qui se dessine. Une réalité organique et spirituelle qui est, de soi, une bonne nouvelle, précisément parce qu’elle fait partie inerrante de LA Bonne Nouvelle.

 

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Guillaume de Saint Thierry : colloque international du 4 au 7 juin 2018 à Reims (51)

Dans le cadre des manifestations liées au 50ème anniversaire de la reprise de la vie monastique sur la colline du Mont d’Hor à Saint Thierry et 20 ans après le dernier colloque francophone consacré à Guillaume de Saint Thierry, un nouveau colloque international aura lieu du :

lundi 4 au jeudi 7 juin 2018
A la Maison saint Sixte 6, rue du Lieutenant Herduin à Reims (4-6 juin)
et au Monastère des Bénédictines de Saint Thierry (7 juin)

Sur le thème :

“Guillaume de Saint Thierry : histoire, théologie, spiritualité”

 

Abbé bénédictin de l’Abbaye de Saint Thierry au 12ème siècle, devenu cistercien à la fin de sa vie, grand ami de Saint Bernard de Clairvaux, il est né à Liège en 1075 et est décédé le 8 septembre 1148 à l’abbaye de Signy. Ce théologien et mystique du XIIème siècle fut un adversaire de la philosophie rationaliste médiévale.

Organisé par “Sources Chrétiennes” et l’Université de Reims, ce colloque se déroulera à la Maison diocésaine Saint Sixte (6, rue du Lieutenant Herduin à Reims) du 4 au juin et au Monastère des Bénédictines de Saint Thierry, le 7 juin. Excursions à la Chartreuse du Mont Dieu, à Charleville-Mézières et à Signy l’Abbaye. Un concert est également prévu au Monastère de Saint Thierry.

Ce colloque réunira des spécialistes internationaux de son œuvre et de l’histoire du XIIème siècle cistercien.

Organisateurs : Patrick Demouy (Université de Reims Champagne-Ardenne) et Laurence Mellerin (Sources Chrétiennes, HiSoMA).

Si vous désirez participer à ce colloque, INSCRIPTION OBLIGATOIRE : http://www.sourceschretiennes.mom.fr/webform/inscription-colloque-guillaume-saint-thierry

Hébergement possible au Monastère de Saint Thierry : 20 € / nuitée + petit-déjeuner, dans la limite des places disponibles. Cet hébergement nécessite d’avoir un véhicule pour rejoindre Reims, car le monastère est à environ 25 mn en voiture de la Maison Saint-Sixte où se déroulent les deux première journées du colloque.

Contacter directement la Sœur hôtelière : hotellerie.st-thierry@wanadoo.frhttp://www.benedictines-ste-bathilde.fr/-Saint-Thierry-

Renseignements : laurence.mellerin@mom.frmh.morell@univ-reims.fr

 

Le rayonnement de Guillaume de Saint-Thierry, dans les Ardennes, en Champagne et en Belgique, mais aussi bien au-delà, n’est plus à démontrer : deux grands colloques ont déjà été organisés en France, respectivement en 1976 à Saint-Thierry et en 1998 à Signy, pour mieux découvrir, outre l’archéologie de ses lieux de vie, sa personnalité et sa théologie.

Depuis cette date, l’édition de ses œuvres a progressé, puisque nous disposons aujourd’hui de textes critiques de qualité dans le Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis ; des traductions dans les grandes langues européennes ont été réalisées. En français, la plupart des textes sont parus dans la collection “Sources Chrétiennes”, et l’édition de tous ceux qui manquent encore est actuellement en chantier, laissant envisager la mise à disposition des Œuvres complètes en français à l’horizon de 2020. De nombreuses études consacrées à Guillaume ont également vu le jour : citons entre autres, dans le seul domaine francophone, les études de M. Rougé, Doctrine et expérience de l’eucharistie (1999) ; de M. Desthieux, Désir de voir Dieu et amour chez Guillaume de Saint-Thierry (2006) ; de D. Cazes, La théologie sapientielle de Guillaume de Saint-Thierry (2009). Il est temps, vingt ans après le colloque de Signy, de faire le point sur les avancées réalisées, les zones d’ombre qui demeurent, et d’ainsi accompagner l’achèvement de la publication des œuvres.

La biographie de Guillaume est désormais mieux établie, mais il convient d’approfondir l’enquête en ce qui concerne ses années de formation, de Liège à l’abbaye Saint-Nicaise, et l’histoire des monastères bénédictins rémois au XIIème siècle. La publication en français des documents relatifs au chapitre de 1131 permettra de revenir plus précisément sur son rôle d’abbé bénédictin et ses ambitions réformatrices au sein de l’ordre des moines noirs.

Ses relations avec Bernard de Clairvaux méritent aussi d’être encore examinées : faut-il réévaluer la figure de Guillaume, conseiller théologique de l’ombre ? Dans la spiritualité cistercienne, on avait coutume d’opposer l’intellectuel Guillaume au docteur de l’amour Bernard. Grâce aux colloques récents consacrés à Saint Bernard, il convient d’affiner cette perspective, et aussi de situer Guillaume par rapport à l’« intellectuel » Isaac de l’Étoile. Dans l’histoire de la spiritualité cistercienne d’une manière générale, ne faudrait-il être plus prudent avec les appellations ?

Par ailleurs, le rapport de Guillaume aux écoles de son temps, et sa connaissance des méthodes et controverses nouvelles, laissent encore ouvertes bien des questions : la parution dans “Sources Chrétiennes” de la Disputatio, inédite en français jusqu’ici, sera l’occasion de les reprendre. Les études abélardiennes ayant également beaucoup évolué ces dernières années, il faudra relire les écrits polémiques de Guillaume à la lumière d’une connaissance renouvelée de son adversaire.

Ajoutons que l’on manque d’une vue synthétique sur l’utilisation de la Bible par Guillaume : l’analyse des données préparées sur l’ensemble de son œuvre pour Biblindex, index en ligne des citations bibliques dans la littérature patristique, la rendra possible, et le colloque examinera aussi tout spécialement le Commentaire sur l’Eître aux Romains récemment publié en français.

Enfin, le colloque fera aussi une place aux sujets plus usuellement traités, car leur richesse les rend inépuisables : les sources de la pensée de Guillaume, ses lectures ; sa spiritualité et en particulier son interprétation du Cantique ; la postérité de sa théologie et de sa mystique, … Une section pourra de nouveau être consacrée à la question de ses méthodes de travail.

La synthèse bibliographique réalisée par B. Pennington puis P. Verdeyen jusqu’en 1998 sera réactualisée : le projet d’un carnet de recherche en ligne, dédié à Guillaume, sera évoqué.

 

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Catéchèse du Pape Benoît XVI consacrée à Guillaume de Saint Thierry lors de l’Audience générale du 2 décembre 2009 :

Issu d’une famille noble, doté d’une vive intelligence et d’un amour inné pour l’étude, il fréquenta de célèbres écoles de l’époque, comme celle de sa ville natale et de Reims, en France. Il fut personnellement en contact avec Abélard, le maître qui appliquait la philosophie à la théologie de manière si particulière qu’il en suscitait bien des perplexités et des oppositions ; Guillaume lui-même exprima des réserves, demandant à son ami Bernard de prendre position par rapport à Abélard. Par ailleurs, en réponse à ce mystérieux et irrésistible appel de Dieu qu’est la vocation à la vie consacrée, Guillaume entra au monastère bénédictin de Saint-Nicaise à Reims en 1113, et quelques années plus tard devint abbé du monastère de Saint-Thierry, dans le même diocèse. C’était un temps où était largement ressentie l’exigence d’une purification et d’une rénovation de la vie monastique pour qu’elle redevienne plus authentiquement évangélique. Guillaume œuvra dans ce sens à l’intérieur de son propre monastère et, plus généralement, dans l’Ordre bénédictin. Mais il rencontra tellement de résistances à ses tentatives de réforme, que, en 1135, malgré les conseils contraires de son ami Bernard, il quitta l’abbaye et troqua l’habit noir des bénédictins pour l’habit blanc des cisterciens qu’il rejoignit à l’abbaye de Signy, toujours dans le même diocèse. À partir de ce moment jusqu’à sa mort en 1148, il allait se livrer à la contemplation priante des mystères de Dieu, depuis toujours objet de ses plus profonds désirs, et à la composition d’écrits de littérature spirituelle, importants dans l’histoire de la théologie monastique.

Une vocation radicale à l’amour

L’une de ses premières œuvres s’intitule De natura et dignitate amoris (« De la nature et dignité de l’amour »). Guillaume y exprime une de ses idées fondamentales, valable pour nous aussi : l’énergie principale qui anime l’esprit de l’homme est l’amour, dit-il. La nature humaine consiste, dans son essence la plus profonde, à aimer. En définitive, il n’y a qu’un seul devoir qui s’impose à tout être humain : apprendre à aimer, à aimer bien, sincèrement, authentiquement, gratuitement. Mais ce n’est qu’à l’école de Dieu que l’homme peut accomplir ce devoir et atteindre la fin pour laquelle il a été créé. Guillaume écrit en effet : « L’art des arts est l’art de l’amour […]. L’amour est suscité dans la nature par le Créateur. L’amour est une force de l’âme qui la conduit comme par un poids naturel au lieu et au but qui lui reviennent » (op. cit., 1 ; Patr. lat. 184, 379). Apprendre à aimer ne se fait que tout au long d’un cheminement exigeant, que Guillaume articule en quatre étapes correspondant aux périodes de la vie de l’homme : l’enfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Sur cet itinéraire, une personne doit s’imposer une ascèse efficace, une stricte maîtrise de soi-même, afin d’éliminer toute affection désordonnée, toute concession à l’égoïsme, et d’unifier sa propre vie en Dieu, source, but et force de l’amour, jusqu’à atteindre le sommet de la vie spirituelle défini par Guillaume comme « sagesse ». À la fin de cet itinéraire ascétique, on fait l’expérience d’une grande sérénité et douceur. Toutes les facultés de l’homme, intelligence, volonté et sensibilité, se reposent alors en Dieu, connu et aimé dans le Christ.

Dans d’autres œuvres encore, Guillaume parle de cette vocation radicale à l’amour pour Dieu qui constitue le secret d’une vie réussie et heureuse et qu’il décrit comme un désir incessant et toujours croissant, que Dieu lui-même inspire au cœur de l’homme. Dans une méditation, il dit que l’objet de cet amour est l’Amour, avec un A majuscule, c’est-à-dire Dieu. C’est lui qui, en retour, se répand dans le cœur de celui qui l’aime, et le rend capable de le recevoir. Il se donne à satiété, et d’une manière telle que le désir n’est jamais amoindri par cette satiété. Cet élan d’amour est l’accomplissement de l’homme (De contemplando Deo 6, passim ; Sources chrét. 61bis, p. 76-83). Un fait est frappant : Guillaume, lorsqu’il parle de l’amour envers Dieu, accorde une grande importance à la dimension affective. Au fond, chers amis, notre cœur est fait de chair, et quand nous aimons Dieu, qui est l’Amour même, comment ne pas exprimer aussi dans cette relation avec le Seigneur ce qu’il y a de plus humain dans nos sentiments, comme la tendresse, la sensibilité, la délicatesse ? Le Seigneur lui-même, en se faisant homme, a voulu nous aimer avec un cœur de chair !

On ne connaît Dieu qu’en l’aimant

Autre point encore. Selon Guillaume, l’amour a une autre propriété importante : il illumine l’intelligence et il permet de mieux connaître Dieu, et de manière plus profonde et en Dieu, les personnes et les événements. Si la connaissance qui procède des sens et de l’intelligence réduit la distance entre le sujet et l’objet, entre le moi et le toi, elle ne l’élimine pas pour autant. Au contraire, l’amour produit l’attraction et la communion, jusqu’à ce qu’il y ait une transformation et une assimilation entre le sujet qui aime et l’objet aimé. Cette réciprocité d’affection et de sympathie permet alors une connaissance bien plus profonde que celle opérée par la seule raison. Ainsi s’explique une expression célèbre de Guillaume : « Amor ipse intellectus est. Déjà en soi l’amour est principe de connaissance ». Chers amis, nous pouvons nous demander : n’est-ce pas ainsi qu’est notre vie ? N’est-il pas vrai que nous connaissons réellement seulement ceux et ce que nous aimons ? Sans une certaine sympathie on ne connaît personne ni rien ! Cela vaut par dessus tout pour la connaissance de Dieu et de ses mystères, qui surpassent la capacité de compréhension de notre intelligence : Dieu, on le connaît si on l’aime !

Guillaume de Saint-Thierry synthétisa sa pensée dans une longue lettre adressée aux chartreux voisins, ceux de Mont-Dieu, auprès de qui il s’était rendu pour une visite d’encouragement et de réconfort. Dès 1690, le savant moine bénédictin Jean Mabillon allait donner à cette lettre le titre significatif de Epistola aurea (« Lettre d’or ») ; et, en effet, les enseignements qui y sont donnés sur la vie spirituelle sont précieux à tous ceux qui désirent croître dans la communion avec Dieu, croître en sainteté. Dans ce traité, Guillaume propose un itinéraire en trois étapes. Il convient, dit-il, de passer de l’« homme animal » à l’« homme rationnel » pour s’approcher de l’« homme spirituel ». Que veut dire notre auteur avec ces trois expressions ? Pour débuter, par un acte d’obéissance et de confiance, une personne accepte la vision de la vie que lui inspire la foi. Puis, en un processus d’intériorisation où la raison et la volonté jouent un grand rôle, la foi dans le Christ est accueillie avec une conviction profonde, et l’homme fait l’expérience d’une correspondance harmonieuse entre, d’une part, ce qui est cru et espéré et, d’autre part, les aspirations les plus secrètes de son âme, de sa raison, de ses sentiments. On atteint alors la perfection de la vie spirituelle lorsque les réalités de la foi sont source de joie intime et de communion réelle et apaisante avec Dieu. On ne vit plus que dans l’amour et par l’amour. Guillaume trace cet itinéraire sur la base d’une vision solide de l’homme inspirée des anciens Pères grecs, spécialement d’Origène, lesquels, en un langage audacieux, avaient professé que la vocation de l’homme est de devenir comme Dieu, qui l’a créé à son image et à sa ressemblance. L’image de Dieu présente en l’homme l’entraîne vers la ressemblance, c’est-à-dire vers une identité toujours plus entière entre sa volonté et la volonté divine. On atteint cette perfection, que Guillaume appelle « unité d’esprit », non pas par un effort personnel, aussi pur et généreux soit-il, parce qu’une autre chose encore est nécessaire : cette perfection est atteinte sous l’action du Saint-Esprit qui fait sa demeure dans l’âme, purifie, absorbe et transforme en charité tout élan et tout désir d’amour présents en l’homme. Nous lisons dans l’Epistola aurea : « Il existe aussi une autre ressemblance avec Dieu, que l’on ne peut plus appeler ressemblance mais unité d’esprit, lorsque l’homme devient un avec Dieu, non seulement par l’unité d’un vouloir identique, mais par l’impossibilité de vouloir autrement. Par cela, l’homme mérite de devenir non pas Dieu mais ce que Dieu est : par grâce l’homme devient ce qu’est Dieu par nature » (Epistola aurea 262-263 ; Sources chrét. 223, p. 353-355).

Chers Frères et Sœurs, cet auteur, que l’on pourrait définir comme « Chantre de l’amour, de la charité », nous enseigne à faire dans notre vie le choix fondamental, celui qui donne sens et valeur à tous les autres choix ; aimer Dieu et, pour son amour, aimer notre prochain ; ainsi seulement pourrons-nous rencontrer la vraie joie, avant-goût de la béatitude éternelle. Mettons-nous donc à l’école des saints pour apprendre à aimer authentiquement et totalement, pour entrer dans cet itinéraire de notre être. Avec une jeune sainte, Docteur de l’Église, Thérèse de l’Enfant-Jésus, disons au Seigneur, nous aussi, que nous voulons vivre d’amour. C’est donc par une prière de cette sainte que je conclurai : « Ah ! Tu le sais, Divin Jésus, je t’aime. L’Esprit d’amour m’embrase de son feu ! C’est en t’aimant que j’attire le Père, mon faible cœur le garde sans retour. Ô Trinité ! Vous êtes prisonnière de mon Amour ! Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure, sans demander de salaire ici-bas. Ah ! sans compter je donne, étant bien sûre que lorsqu’on aime on ne calcule pas. Au Cœur divin, débordant de tendresse, j’ai tout donné … Légèrement je cours. Je n’ai plus rien que ma seule richesse : vivre d’Amour ».

Source La Croix

 

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Benoit XVI : “Sans Dieu, les droits de l’homme s’effondrent”

Éléments pour une discussion sur le livre de Marcello Pera « La Chiesa, i diritti umani e il distacco da Dio ». (l’Eglise, les droits de l’homme et le détachement de Dieu)
de Joseph Ratzinger

Ce livre représente sans aucune doute un défi majeur pour la pensée contemporaine et aussi, particulièrement, pour l’Eglise et la théologie. Le hiatus entre les affirmations des papes du XIXè siècle et la nouvelle vision qui commence avec « Pacem in terris » est évidente et l’on a beaucoup débattu à ce sujet.  Elle se trouve aussi au cœur de l’opposition de Lefèbvre et de ses partisans contre le Concile.  Je ne me sens pas en mesure de fournir une réponse claire à la problématique soulevée par votre livre ; je me limiterai donc à faire quelques remarques qui, à mon sens, pourraient être importantes pour une discussion ultérieure.

1.  Ce n’est que grâce à votre livre qu’il m’est apparu clairement dans quelle mesure « Pacem in terris » est à l’origine d’une nouvelle orientation. J’étais conscient de l’ampleur de l’impact de cette encyclique sur la politique italienne : c’est elle qui a donné l’impulsion décisive pour l’ouverture à gauche de la Démocratie Chrétienne. Je n’étais en revanche pas conscient du nouveau départ qu’elle a constitué, notamment par rapport aux idéaux fondamentaux de ce parti. Et néanmoins, pour autant que je m’en souvienne, ce n’est qu’avec Jean-Paul II que la question des droits de l’homme a acquis une importance de premier plan dans le Magistère et dans la théologie postconciliaire.A partir de là, cette affirmation ne concernait plus seulement les dictatures athées mais également les États fondés sur base d’une justification religieuse comme on en trouve surtout dans le monde musulman. À la fusion du politique et du religieux dans l’islam, qui limite nécessairement la liberté des autres religions et donc aussi celle des chrétiens, on oppose la liberté de conscience qui considère dans une certaine mesure l’État laïque lui-même comme étant la forme juste de l’État, une forme qui donne de l’espace à cette liberté de conscience réclamée par les chrétiens depuis le début. En cela, Jean-Paul II savait qu’il était en profonde continuité avec les origines de l’Église. Il se trouvait devant un État qui connaissait la tolérance religieuse, bien sûr, mais qui identifiait autorité publique et autorité divine, ce que les chrétiens ne pouvaient accepter. La foi chrétienne, qui annonçait une religion universelle pour tous les hommes, incluait nécessairement une limitation fondamentale de l’autorité de l’État en raison des droits et des devoirs de la conscience individuelle.

Ce n’est pas en ces termes que l’idée des droits de l’homme était formulée. Il s’agissait plutôt de fixer l’obéissance de l’homme à Dieu comme limite de l’obéissance à l’État. Cependant, il ne me semble pas justifié de définir le devoir d’obéissance de l’homme à Dieu comme un droit par rapport à l’État. Et à cet égard, il était parfaitement logique que Jean-Paul II, devant la relativisation chrétienne de l’État en faveur de la liberté de l’obéissance à Dieu, vit ainsi s’exprimer un droit humain qui précédait toute autorité de l’État. Je crois qu’en ce sens le Pape ait pu affirmer qu’il y avait certainement une profonde continuité entre l’idée de fond des droits de l’homme et la tradition chrétienne, même si bien sûr les instruments respectifs, les mots et la pensée étaient très éloignés l’un de l’autre.

J’ai l’impression qu’en ce qui concerne le Saint Pape, il ne s’agisse pas tant du résultat d’une réflexion (même si elles sont nombreuses chez lui) que de la conséquence d’une expérience pratique. Contre l’emprise totalitaire de l’Etat marxiste et de son idéologie sous-jacente, il a vu dans cette idée des droits de l’homme l’arme concrète en mesure de limiter le caractère totalitaire de l’État, offrant ainsi l’espace de liberté nécessaire non seulement pour la pensée de l’individu mais aussi et surtout pour la foi des chrétiens et pour les droits de l’Église. L’image séculaire des droits de l’homme, selon la formulation qu’on leur a donnée en 1948, lui est apparue de toute évidence comme la force rationnelle qui contrebalançait la prétention universelle, au niveau idéologique et pratique, de l’Etat fondé sur le marxisme. C’est ainsi qu’en tant que pape, il a affirmé que la reconnaissance des droits de l’homme était une force reconnue par la raison universelle dans le monde entier contre les dictatures de toute sorte.

2.  A mon avis, dans la doctrine de l’homme fait à l’image de Dieu, on retrouve fondamentalement ce que Kant affirme quand il définit l’homme comme une fin et non comme un moyen. On pourrait également dire qu’elle contient l’idée que l’homme est sujet et non pas seulement objet de droit. Cet élément constitutif de l’idée des droits de l’homme est à mon sens exprimée clairement dans la Genèse : « Quant au sang, votre principe de vie, j’en demanderai compte à tout animal et j’en demanderai compte à tout homme ; à chacun, je demanderai compte de la vie de l’homme, son frère. Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé. Car Dieu a fait l’homme à son image. » (Gn 9, 5-6). Le fait d’être créé à l’image de Dieu inclut le fait que la vie de l’homme soit placée sous la protection spéciale de Dieu et le fait que l’homme, par rapport aux lois humains, soit titulaire d’un droit instauré par Dieu lui-même.Sauf erreur de ma part, Jean-Paul II concevait son engagement en faveur des droits de l’homme dans une continuité avec l’attitude adoptée par l’Eglise primitive envers l’État romain. De fait, le mandat du Seigneur de faire de toute les nations des disciples avait créé une situation nouvelle dans le rapport entre la religion et État. Jusqu’à cette époque, aucune religion ne prétendait à l’universalité. La religion constituait une partie essentielle de l’identité de chaque société. Le mandat de Jésus ne signifie pas qu’il faille exiger une transformation de la structure des sociétés individuelles mais il exige toutefois que dans chaque société, on donne la possibilité d’accueillir son message et de vivre en conformité avec celui-ci.

Il en découle surtout en premier lieu une nouvelle définition de la nature même de la religion : celle-ci n’est plus un rite ou une observance qui garantit en définitive l’identité de l’État. Elle est en revanche reconnaissance (foi) et précisément reconnaissance de la vérité. Puisque l’esprit de l’homme a été créé pour la vérité, il est clair que la vérité oblige mais non pas dans le sens d’une éthique du devoir de type positiviste mais bien à partir de la nature de la vérité même qui, précisément de cette manière, rend l’homme libre. Ce lien entre religion et vérité comprend un droit à la liberté qu’il est légitime de considérer en profonde continuité avec le noyau authentique de la doctrine des droits de l’homme, comme l’a évidemment fait Jean-Paul II.

Une telle conception a acquis une importance fondamentale au début des temps modernes avec la découverte de l’Amérique. Tous les nouveaux peuples rencontrés n’étaient pas baptisés, c’est ainsi que s’est posée la question de savoir s’ils avaient des droits ou pas. Selon l’opinion dominante, ils ne devenaient des sujets de droits à proprement parler que par le baptême. La reconnaissance qu’ils étaient à l’image de Dieu en vertu de la création – et qu’ils demeuraient tels même après le péché originel – signifiait qu’ils étaient déjà des sujets de droit avant le baptême et que donc ils pouvaient prétendre au respect de leur humanité. À mon sens, il me semble qu’il s’agissait là d’une reconnaissance des « droits de l’homme » qui précèdent l’adhésion à la foi chrétienne et au pouvoir de l’état, quel que soit sa nature spécifique.

3.  Vous avez à juste titre considéré comme fondamentale l’idée augustinienne de l’État et de l’histoire en la plaçant à la base de votre vision de la doctrine chrétienne et de l’État. Toutefois, le point de vue d’Aristote aurait mérité une attention plus grande encore. Pour autant que je puisse en juger, elle n’a eu que peu d’importance dans la tradition de l’Église médiévale, d’autant plus qu’elle fut adoptée par Marsile de Padoue pour s’opposer au magistère de l’Église. Elle a ensuite été reprise de plus en plus, à partir du XIXe siècle quand on a commencé à développer la doctrine sociale de l’Église. On partait alors d’un double ordre : l’ordo naturaliset l’ordo supernaturalis ; là où l’on considérait que l’ordo naturalis se suffisait à lui-même. On a expressément mis en évidence que l’ordo supernaturalis était un ajout libre de l’ordre de la grâce pure auquel on ne peut prétendre à partir de l’ordo naturalis.

En construisant un ordo naturalis qu’il est possible d’appréhender de façon purement rationnelle, on tentait de bâtir une base argumentative grâce à laquelle l’Eglise aurait pu faire valoir ses positions éthiques dans le débat politique sur la base de la pure rationalité. Et de fait, on retrouve dans cette vision le fait que même après le péché originel, l’ordre de la création, bien que blessé, n’a pas été complètement détruit. Faire valoir ce qui est authentiquement humain là où il n’est pas possible de se prévaloir de la foi est en soi une position juste. Elle correspond à l’autonomie dans le cadre de la création et à la liberté essentielle de la foi. En ce sens, une vision approfondie de l’ordo naturalis du point de vue de la théologie de la création est justifiée, voire nécessaire, en lien avec la doctrine aristotélicienne de l’État. Mais il y a également des dangers :

a) On peut très facilement oublier la réalité du péché originel et en arriver à des formes naïves d’optimisme qui ne rendent pas justice à la réalité.

b) Si l’on considère l’ordo naturalis comme une totalité se suffisant à elle –même et qui n’aurait pas besoin de l’Évangile, on court alors le risque que tout ce qui est spécifiquement chrétien ne finisse par apparaître comme une superstructure en fin de compte superflue que l’on aurait superposée à l’humain naturel. Je me souviens en effet qu’on m’a une fois présenté le brouillon d’un document qui se terminait par des formules très pieuses alors que dans toute l’argumentation non seulement Jésus Christ et son évangile n’apparaissaient nulle part mais Dieu non plus, ils semblaient être superflus. Naturellement, on croyait pouvoir construire un ordre de la nature purement rationnel, qui n’est pas à proprement parler véritablement rationnel et qui, d’un autre côté, menace de reléguer tout ce qui est spécifiquement chrétien dans le domaine du simple sentiment. C’est là qu’apparaît clairement la limite de la tentative de concevoir un ordo naturalis refermé sur lui-même et autosuffisant. Le Père de Lubac, dans son « Surnaturel », a cherché à démontrer que Saint Thomas d’Aquin lui-même – dont il se réclamait pour formuler cette tentative – n’avait en réalité pas entendu cela.

c) L’un des problèmes fondamentaux d’une telle tentative consiste dans le fait qu’avec l’oubli de la doctrine du péché original naît une confiance naïve en la raison qui ne perçoit pas la complexité effective de la connaissance rationnelle dans le domaine éthique. Le drame de la controverse sur le droit naturel montre clairement que la rationalité métaphysique, qui est présupposée dans ce contexte, n’est pas immédiatement évidente. Il me semble que Kelsen avait raison quand il disait que dériver un devoir de l’être n’est raisonnable que si Quelqu’un a déposé un devoir dans l’être. Cette thèse n’était pas digne de discussion pour lui. Il me semble donc qu’en définitive, tout repose sur le concept de Dieu. Si Dieu existe, s’il y a un créateur, alors même l’être peut parler de lui et indiquer à l’homme un devoir. Dans le cas contraire, l’éthos finit par se réduire au pragmatisme. C’est pourquoi dans ma prédication et dans mes écrits, j’ai toujours affirmé la centralité de la question de Dieu. Il me semble que cela soit le point vers lequel convergent fondamentalement la vision de votre livre et ma pensée. L’idée des droits de l’homme ne garde en dernière analyse sa solidité que si elle est ancrée dans la foi en Dieu créateur. C’est de là qu’elle reçoit à la fois la définition de ses limites et sa justification.

4.  J’ai l’impression que dans votre livre précédent, « Perché dobbiamo dirci cristiani », vous considériez l’idée de Dieu des grands libéraux d’une manière différente à votre nouvel ouvrage. Dans ce dernier, elle apparaît comme une étape vers la perte de la foi en Dieu. Au contraire, dans votre premier livre, à mon avis, vous aviez montré de façon convaincante que, sans l’idée de Dieu, le libéralisme européen est incompréhensible et illogique. Pour les pères du libéralisme, Dieu était encore le fondement de leur vision du monde et de l’homme, de sorte que, dans ce livre, la logique du libéralisme rend justement nécessaire la confession du Dieu de la foi chrétienne. Je comprends que les deux analyses soient justifiées : d’un côté, dans le libéralisme, l’idée de Dieu se détache de ses fondements bibliques perdant ainsi lentement sa force concrète ; de l’autre, pour les grands libéraux, Dieu existe et est incontournable. Il est possible d’accentuer l’un ou l’autre aspect du processus. Je crois qu’il est nécessaire de les mentionner tous les deux. Mais la vision contenue dans votre premier livre reste pour moi incontournable : c’est-à-dire celle selon laquelle le libéralisme, s’il exclut Dieu, perd son fondement même.

5.  L’idée de Dieu inclut le concept fondamental de l’homme en tant que sujet de droit, justifiant et établissant ainsi les limites de la conception des droits humains. Dans votre livre, vous avez montré de façon persuasive et rigoureuse ce qui se passe quand on détache me concept des droits humains de l’idée de Dieu. La multiplication des droits finit par entraîner la destruction de l’idée de droit et aboutit inévitablement au « droit » nihiliste de l’homme de se nier lui-même : l’avortement, le suicide, la production de l’homme comme un objet deviennent des droits de l’homme en même temps nient ce dernier. Ainsi, il ressort de façon convaincante de votre livre que l’idée des droits de l’homme séparée de l’idée de Dieu finit par mener non seulement à la marginalisation du christianisme mais en fin de compte à sa négation. Ce point, qui me semble être le véritable but de votre livre, est très pertinent face à l’actuel évolution spirituelle de l’Occident qui nie toujours davantage ses racines chrétiennes et se retourne contre elles.

Source : Diakonos.be

Nous avions évoqué le sujet ici

Conférences/Formations #NLQ

Conférence de Stéphane Mercier à Paris le 10 avril 2018 – “Résister à la culture de mort”

Le professeur Stéphane Mercier, professeur de philosophie à l’Université “catholique” de Louvain, dont les cours ont été suspendus parce qu’il avait proposé à ses élèves d’étudier un argumentaire contre l’avortement, publié depuis et que nous vous avons présenté, donnera une conférence à Paris mardi 10 avril à 20 h au Centre Bergère (9 rue Bergère, 75009 Paris) de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile, sur le thème « Résister à la culture de mort sur plusieurs fronts, ou comment combattre l’Hydre de Lerne ? ». Venez nombreux !