Brèves

L’industrie pornographique partenaire des services de PMA

L’éditeur de contenus pornographiques Marc Dorcel « fournit gracieusement téléviseurs, lecteurs DVD et films de sa production » à une trentaine d’hôpitaux publics. Un partenariat « discret » qui vise les patients reçus dans les services d’assistance médicale à la procréation et les CECOS (​Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains). « Nous n’apportons cette aide qu’aux centres publics parce que nous considérons que l’hôpital a d’autres dépenses prioritaires », commente le PDG Grégory Dorcel. Du côté des médecins, ils estiment observer « moins d’échecs de recueil » de sperme « depuis l’installation de ces téléviseurs » par ailleurs « plus hygiénique que la manipulation de revues ».

 

Source Généthique.org

Tribunes et entretiens

Droits de l’enfant, avancée ou péril ?

En 2014, nous célébrions les 25 ans de la convention des droits de l’enfant. A cette occasion, Cyril Brun pointait les dangers d’une telle convention. 

A l’occasion de la journée des droits de l’enfants nous vous proposons cet article paru sur NDF en 2014

Le 20 novembre prochain, nous fêterons les 25 ans de la convention des droits de l’enfant. Deux siècles après la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, le monde, subitement, ressent le besoin de préciser les droits de l’enfant. Si louable que cela soit, ce n’est pas sans poser de multiples problèmes et le premier est de constater que les droits de l’Homme ne suffisent pas à protéger le plus faible d’entre eux, l’enfant. Devrait-on donc préciser, Déclaration des Droits de l’homme adulte (sans majuscule alors) ? Car qu’elle est la différence entre un enfant et un adulte ? La majorité légale ? C’est en tout cas ce que suggère l’article premier de cette convention. Ainsi, dans la nuit de ses 17 à 18 ans, l’enfant devient homme et n’a automatiquement plus les mêmes droits que la seconde avant minuit. Il y a là une aporie évidente qui coupe l’être humain en deux, comme une discontinuité. Or cette discontinuité est d’autant plus injustifiée qu’elle porte sur la dimension anthropologique de l’Homme.

La convention, en effet, ne s’occupe pas de donner des droits civiques, comme la possibilité de voter, d’être jugé et les devoirs qui vont avec. L’objet de ce traité international est la protection de l’enfant. Et sans doute aurait-il mieux valu l’appeler ainsi. Car à proprement parler ce texte n’accorde à l’enfant aucun droit supplémentaire par rapport à l’adulte. Il est simplement reconnu son état de dépendance et de fragilité. Dépendance biologique et naturelle vis-à-vis de ses géniteurs (il a besoin d’eux pour se  nourrir et se développer), mais aussi dépendance juridique et légale vis-à-vis de la loi et des institutions. En réalité, cette convention cherche plus à protéger les droits inhérents à toute personne humaine que l’enfant n’est pas en capacité de faire valoir lui-même. Et pour ce faire, certaines précautions et préventions sont mises en avant et c’est à proprement parler cela qui constitue ces fameux « droits de l’enfant ». Il s’agit en fait,  de donner aux enfants les moyens de faire respecter les droits qui sont les leurs non pas en tant qu’enfant, mais comme personne humaine. Ceci étant, les enfants n’agissent pas directement et ont besoin de tiers pour cela. Finalement ce texte est un recours donné aux enfants ou à un tiers pour assurer leur dignité.

Aussi parler des droits de l’enfant est un raccourci abusif et trompeur. Et il est important de rappeler que les enfants ont par nature, les mêmes droits que les adultes, parce qu’ils partagent la même nature et dignité humaine. Cette charte, en revanche leur accorde non un droit supplémentaire, mais une protection supérieure, étant donné leur état de faiblesse et de dépendance. Il aurait donc mieux valut intitule cette charte « convention pour la protection des droits de l’homme encore enfants ».

Certes, il faudrait revenir sur cette habitude, suicidaire pour la dignité humaine, de parcelliser les droits. Droits de l’enfant, des femmes, des gays etc. Car cette compartimentation crée d’une part un sectarisme et finit à terme par mettre en concurrence ces droits. Que l’on pense à l’opposition entre le droit de la femme et de l’enfant sur sa propre vie. Cette segmentation des droits crée, en fait (et non en vérité), un écartèlement de la personne humaine. C’est une crise identitaire et existentielle permanente qui nous fait revenir des siècles en arrière, lorsque les grecs pensaient que la femme était d’une race différente et inférieure.

Il n’y a qu’une seule dignité humaine partagée par tout être humain quels que soient son sexe et son âge. Mais il y a des situations de faiblesses et de fragilités qui supposent de renforcer la protection où la défense, voire la promotion de ces droits. Les enfants et les femmes en sont un exemple, mais les personnes âgées, les handicapés, tout autant. La vraie question n’est pas d’ajouter ou de retrancher des droits et encore moins de basculer, de par la majorité, d’un droit à l’autre. La véritable problématique qui sape tout l’édifice et l’ensemble des droits, c’est de savoir ce que recouvrent ces droits fondamentaux. Lorsque la convention, à longueur d’articles, cherche à défendre « l’intérêt supérieur de l’enfant », celui-ci n’est jamais explicitement défini. Au mieux quelques considérations matérielles, très vagues (la maturité) nous sont-elles apportées. Or, si les droits d’un enfant sont fondamentalement les mêmes que ceux d’un adulte, les besoins qu’expriment ces droits ne sont pas les mêmes à tout âge. Avoir droit au développement et à la maturité physique et intellectuelle est un droit de l’enfant comme de l’adulte. Mais il ne recouvrira pas les mêmes réalités. Or, la charte ne précise en rien ce développement, ni ce qui caractérise sa réalisation. Et ce n’est pas la nuit de la majorité qui fait basculer ce développement et cette maturité.

En revanche, la convention ne fait aucun état des besoins fondamentaux de l’enfant pour son développement. Et ceci parce que ce traité ne s’intéresse nullement à ce qu’est un enfant, c’est-à-dire un adulte en devenir, à savoir un homme avec toute sa dignité. Ainsi, la dimension familiale de l’enfant n’est indiquée que dans son rapport légal et non pas anthropologique. Les notions de père et mère sont réduites à des entités légales. Certes, la responsabilité éducative est évoquée, mais le rôle de l’Etat dans cette éducation est aussi largement mis en avant.

Peut-être pourrions-nous dire qu’à l’époque, la filiation père mère semblait aller de soi et qu’il n’était pas besoin de préciser qu’un enfant avait besoin d’un père et d’une mère. Mais ce droit, qui n’est pas celui des seuls enfants, est une nécessité pour le développement et l’équilibre de tout homme. Et en effet, la convention n’aborde pas ce sujet.

Il est donc, me semble-t-il, urgent de redéfinir les droits de l’enfant dans leur lien intime avec la dignité de tout homme et ainsi de préciser de façon explicite ce fameux « intérêt supérieur ». Car ce flou ouvre à toute les interprétations et manipulations et in fine, à une véritable déshumanisation de l’enfant et, au-delà, de l’adulte en devenir.

L’Eglise catholique a promulgué il y a quelques années une charte de la famille qui respecte cet équilibre entre les droits, faisant de la famille le lieu naturel d’une transition qui l’est tout autant. Car fondamentalement l’homme est un être qui se construit dans la relation et la différence et non dans la segmentation et la particularisation. Qu’il faille parfois protéger les plus faibles contre les abus de la famille ou des Etats est un fait. Mais protéger ce qui fait défaut ne veut pas dire détruire ce qui est bon par nature.

 

En résumé, cette convention sera réellement bonne, si elle se redéfinit comme protection de la dignité humaine de l’enfant et si elle explicite cet intérêt supérieur en adéquation avec sa vérité anthropologique. Voilà à mon sens ce que devrait être ce 25 ème anniversaire.

NLH #NLQ #Points non négociables PNN

Pma, Gpa : des “droits de”… à des “droits à”… ou la logique des progressistes

Le Comité nationale d’éthique reste pour l’instant opposé à la Gestation pour autrui et à l’autoconservation des ovocytes. A la demande de la Mission de recherche « Droit et Justice » du Ministère de la justice, une équipe de juristes de l’université de Reims avait remis un rapport sur « Le droit à l’enfant  et la filiation en France et dans le monde ». Ce document  de 500 pages mettait en garde contre une destruction progressive des règles de la filiation.

Mais quelle est donc la logique juridique alors des nouveaux progressistes  ?

Il s’agit tout bonnement de passer des droits classiques de l’Homme, qui étaient «  les droits de » (se réunir, de penser) à « des droits à… », y compris désormais, à un droit de la filiation. Le droit est devenu un droit militant, non plus le garant du commun mais le droit de minorités qui s’exercent au nom de l’égalitarisme abstrait sur de simples rapports de force d’opinion. Ainsi petit à petit, nous jugeons comme naturel la prétendue existence d’un « droit à l’enfant  » alors que l’idée de l’existence d’un tel droit ne peut être invoqué en tant que tel puisque toutes les juridictions, y compris la Cour européenne des Droits de l’Homme, le précisent expressément : il n’y a pas et ne peut pas y avoir juridiquement de « droit à l’enfant ». Reste alors à se demander quel intérêt la société aurait à modifier complètement, à l’échelle mondiale, anthropologiquement les liens qui unissent père, mère et enfant ?

La question du transsexualisme peut nous fournir une ébauche de réponse car dans le transsexualisme, ce qui est remis en cause, au bout du compte, c’est la définition même de l’homme et de la femme. Pour arriver à détacher la filiation de l’acte d’engendrement, il faut en effet en venir à dire qu’un homme et une femme, c’est pareil ou interchangeable. Cette conception des choses qualifiée dans le numéro 41 de Krisis, d’androgynique remet en cause tous les concepts du droit classique et en douceur fait basculer notre système juridique vers une réification complète de l’homme, en supprimant le principe d’indisponibilité de l’état des personnes (Anne-Marie Leroyer prétend même que c’est un mythe et une fiction juridique !) Je ne déciderai d’être mère, d’être père, d’être homme, d’être femme qu’en fonction de ma seule volonté, la volonté de puissance du Surhomme nihiliste ? Le principe d’autodétermination devient donc ici absolu, et avec lui est posé contre l’enfant la toute-puissance des adultes. L’enfant, lui, n’est plus réduit qu’à une chose puisqu’il n’existe plus comme tel dans le raisonnement juridique. Nos humanistes progressistes nous avaient promis la mort de l’homme, ils ont en fait réalisé la mort de l’enfant.

De fait, la GPA est une technique, elle ne peut être éthique ou alors ce n’est qu’une éthique utilitariste, une éthique anglo-saxonne d’intérêts (la mère porteuse est toujours dans une situation financière inférieure aux commanditaires). La GPA n’est en réalité qu’un contrat d’entreprise, qu’une uberisation assistée des utérus, un contrat de louage de fœtus. On ne travaille pas mais on produit un ouvrage (on économise ici une poiesis et non une praxis au sens d’Aristote). On demande à la mère porteuse de tout simplement fabriquer un enfant pour un autre, définition de l’esclavage ou de la traite de personnes.

La secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, ardente militante gay(c’est elle-même qui, lors de son investiture a réclamé de rajouter à son ministère les attributions «  gays » à son ministère) promet pour 2018 la PMA, préalable pour elle bien sûr à la légalisation de la gestation pour autrui qui demeure l’objectif premier du lobby qu’elle représente. Interrogé sur France-info, Jean François Copé a déclaré avoir « évolué  » sur le sujet et il ne s’opposera plus au projet du gouvernement de PMA pour les couples lesbiens quoiqu’il continue d’être néanmoins opposé par pure forme à la gestation pour autrui. Tous ces gens n’ont en réalité aucune conviction ou plutôt, ils ne sauraient s’opposer à ce qu’ils ont toujours défendu par ailleurs, à savoir : la marchandisation du monde et des hommes. En 2012, Jean-François Copé voyait dans la PMA pour les couples de femmes un glissement inexorable vers la légalisation de la GPA. Il n’avait pas tort même s’il se contredit aujourd’hui par pur intérêt partisan.

Issu de la droite, Edouard Philippe s’était abstenu comme quatre autres députés de son camp, le 23 avril 2013, lors du vote à l’Assemblée nationale de la loi Taubira. S’exprimant dans une tribune du Huffpost en date du 10 février 2013, signée avec Nathalie Kosciusko-Morizet, le nouveau Premier ministre expliquait alors : « Nous ne sommes pas opposés à une loi qui permettrait le mariage et l’adoption simple pour les couples de même sexe, mais nous n’accepterons pas ce qui viendra après cette loi. Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins, et à la GPA qui, au nom de l’égalité, ne manquera pas d’être réclamée par la suite ». Il se dit aujourd’hui favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes se repliant sur l’avis du Comité consultatif national d’éthique de fin juin.

Dans un entretien qu’il avait accordé au JDD le dimanche 22 janvier, Jean-Luc Mélenchon, avait rejoint les positions d’autres candidats de gauche sur des sujets sensibles de société. «  Il ne faudrait pas que les questions de la présidentielle se résument à combien ça coûte ? Je veux introduire dans le débat le droit à être maître de soi-même », expliquait le candidat de la France insoumise. Il expliquait ses positions favorables en faveur du suicide assisté et de la PMA étendue aux couples de femmes. Curieusement, le « bolivarien » manifestait son hostilité à la GPA parce que le corps n’est pas une marchandise et qu’en vieux marxiste, il voyait le GPA «  faire de la femme un outil de production ». Il s’est dit prêt à changer d’avis «  le jour où l’on me présentera une milliardaire qui par amour d’une femme pauvre d’un bidonville acceptera de porter son enfant  ». Les gauchistes de palais ont toujours le bon mot pour rire !

Pourquoi une telle mise au point ? Si des mobilisations sociétales contre la PMA ou la GPA pour tous devaient reprendre, elles ne pourraient cette fois-ci faire l’impasse sur la marchandisation du monde et donc l’enjeu social de la revendication à moins d’en rester à ce qu’elle fut en grande partie une réaction épidermique et petite-bourgeoise d’une religiosité factice déjà asservie au pire évangéliquement.

On s’orientera tôt ou tard vers une GPA universelle mais sans doute, on le fera encore à la Française avec un grand “machin” du style «  Agence gouvernementale pour la procréation assistée » où auront même le droit de participer quelques prêtres défroqués dans l’âme. Nonobstant, on n’y rencontrera sans doute pas d’imam.

Psychologiquement le grand risque de la GPA est le trouble identitaire, le morcellement affectif. Or, s’il y a morcellement à l’origine de la vie, on peut craindre aussi que la personnalité soit morcelée et qu’il y ait donc demain des modèles familiaux à très grand risque et donc une accélération de la décomposition sociale psychotique du pays déjà en cours pour plein d’autres raisons (divorces, drogues, homophilies).

Or, de tous temps n’avons-nous pas besoin d’hommes forts ? Comment constituer l’ordre chevaleresque des futures élites que la situation d’exception exige à base de filiations traumatisées ou d’abandons maternels programmés et monétisés sur fond de droits narcissiques «  à… » et de commerce médical ?

Michel Lhomme

 

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NLQ #Points non négociables PNN

Paris- Combat de rue entre LMPT et LGBT

Depuis un certain temps, nous avons vu fleurir sur les trottoirs parisiens des inscriptions, anti-GPA, contre la PMA et autres inscriptions favorables à la famille dite “normale”.

Attribués à la mouvance LMPT ces tags ont suscité  une réplique clairement hostile à La Manif, puisque revendiquée contre elle, mais dont le contenu des dits tags laisse… rêveur. Le groupuscule LGBT s’est donc réuni en “force” et après avoir tenté d’imposer le mode vie homosexuel et la famille LGBT comme un fait naturel, s’en prend à présent à la famille hétérosexuelle, fléau de la société.

Que la famille traditionnelle soit naturelle ou culturelle, débattons soit ! Mais que la vindicte LGBT relève de l’aveuglement compulsif, il n’y a pas l’ombre d’un débat. Lutter contre l’homophobie est un fait, mais en devenir hétérotrophe laisse pantois.

La question homosexuelle est devenue tellement tendue et elle est, par force, tellement existentielle pour les personnes à tendance homosexuelle, que l’homosexualité est devenue un sujet tabou dont on ne peut plus parler et sur lequel il n’y a plus, à l’heure actuelle, de sérénité possible dans le débat.

 

Brèves

La Belgique, un leader européen de la PMA

Avec « 18 centres de PMA » et « 16 banques d’ovocytes et de sperme », la Belgique s’impose comme un  « pionnier » du domaine de la procréation médicalement assistée. La loi belge en la matière « peut être qualifiée de libérale puisqu’à part quelques prescriptions relatives à l’âge des femmes impliquées dans l’acte de PMA et la prohibition de certaines pratiques eugénistes (articles 23, 52, 67), le législateur s’est refusé à poser des conditions strictes d’accès ». Avec l’Espagne, c’est « le pays le plus visité en Europe pour recevoir un traitement de PMA ».

En 2014, « 33 790 cycles de PMA ont été entrepris, ce qui a conduit à 5 774 naissances », soit  « 4,6 % du total des naissances » du pays. Une proportion importante comparée aux Etats Unis où le nombre de FIV[1] en 2015 représentait « 1,7 % du nombre total des naissances, soit 67 818 nourrissons ». Mais inférieure au Japon où 5 % des naissances sont issues de ces techniques.

Sur 151 899 ovules collectés en 2014 par les centres de PMA, « seulement 56 % deviendront des embryons », des embryons humains considérés « dès l’instant de la fécondation  » au « stade du zygote ». Sur « ces 85 097 embryons, 15 % d’entre eux seront transférés, 16 % seront congelés, et 69 % détruits, soit 39 411 embryons détruits », pour les « 18 012 cycles étudiés ».

Pour la seule année 2013, le coût assumé par la sécurité sociale pour ces PMA serait de « 72 969 000 euros  ».

De 1978, « année de naissance du premier bébé né par fécondation in vitro » à ce jour,  « 5,4 millions » d’enfants sont nés par PMA « dans le monde » moyennant des techniques qui ont beaucoup évolué. Dans les seules frontières de l’Europe, en 2014, « 707 171 cycles ont été entrepris ». Ils ont donné lieu à « 146 232 naissances  ».

[1] Fécondation In Vitro, technique de PMA.

 

Source Généthique.org

NLH #NLQ #Points non négociables PNN

Notre avenir est entre nos mains : Préparons la prochaine loi de bioéthique

Le Salon Beige vous propose de vous mobiliser pour défendre nos convictions et préparer la prochaine loi de bioéthique.
Pour participer à cette campagne, vous pouvez en cliquant sur l’image.

1. Apporter votre expertise juridique ou scientifique.
2. Signer notre lettre ouverte pour sensibiliser les parlementaires.
3. Financer cette campagne : opérations de communication, rédaction d’études et d’amendements, opérations de lobbying…*

 

 

Mobilisons-nous, preparons la prochaine loi de bioéthique

A la une #En France #NLH #NLQ

PMA-GPA, les principes flous de Macron

Dimanche sur TF1, Emmanuel Macron a été interrogé, notamment sur l’extension de la PMA aux lesbiennes et aux femmes célibataires. Réponse du chef de l’Etat :

“Vous me permettrez, sur des sujets aussi complexes, de refuser le oui ou non. […] Je pense que, à partir du moment où on a accepté pour des femmes vivant en couple de bénéficier de la PMA, il est normal, compte tenu du fait que nous reconnaissons qu’une mère peut être seule, ou que deux femmes puissent être en couple, de reconnaître ce droit aux femmes seules et aux couples de même sexeJ’ai dit que je respecterai l’ensemble des convictions. Sur ces sujets de société, le politique ne doit pas imposer un choix en brutalisant les consciences, des convictions profondes que je respecte chez chacune et chacun. Je souhaite que durant l’année 2018, nous puissions avoir ce débat de manière apaisée. […] Je suis pour reconnaître des droits égaux à nos concitoyens. Je suis très sensibles au respect de la filiation. C’est aussi pour ça que je suis contre la GPA. J’ai une conception de la dignité du corps de la femme. Cette conception philosophique ne permet pas qu’on puisse porter un enfant pendant neuf mois pour le compte d’un autre. Je souhaite qu’on ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subrepticement.”

Je refuse le oui et le non mais je dis oui…

Des droits égaux à nos concitoyens, sauf pour les enfants privés délibérément de père.

Source

 

 Pour aller plus loin PMA / GPA, notre dossier

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Quelques arguments pour défendre les droits de l’enfant et refuser le droit à l’enfant

Chers amis de Juristes pour l’enfance,

Dans la foulée de l’avis favorable donné par le comité consultatif national d’éthique en juin 2015, la secrétaire d’Etat à la santé Marlène Schiappa a annoncé pour 2018 la procréation médicament assistée (PMA) pour les femmes célibataires et les couples de femmes. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb a ensuite relativisé cette annonce en précisant que cette mesure ne constituait pas une priorité.

Vous pouvez voir ou revoir ci-dessous deux émissions de télévisions auxquelles a participé Aude Mirkovic, porte-parole de notre association, afin d’expliquer pourquoi ces revendications ne peuvent être satisfaites, car elles méconnaissent les droits des enfants, tout simplement !

  • Aude Mirkovic sur canal plus le 13 septembre 2017, invitée par Yves Calvi dans l’émission l’Info du vrai, avec Caroline Mécary (avocate) et François de Singly (sociologue)

https://www.youtube.com/watch ?v=zPpB9510pBA

  • Aude Mirkovic sur LCI, samedi 16 septembre, invitée par Bénédicte Le Chatelier, dans l’émission L’Info en question, en compagnie de Caroline Mécary (avocate), Stéphane Clerget (pédopsychiatre) et Marie-Laure Brival (gynécologue obstétricien).

https://www.youtube.com/watch ?v=ipFysUBWc8U

Alors que le comité d’éthique dresse la liste impressionnante, des inconvénients de la PMA pour les enfants (absence de père) comme pour la société (remise en cause des principes bioéthiques fondateurs), il conclut par un avis favorable, du bout des lèvres. A nous de faire connaitre la réalité de la PMA sans père, qui n’est rien d’autre que la mise en oeuvre d’un droit à l’enfant pour toutes, avant bien entendu que ce droit ne soit réclamé par tous, y compris les hommes qui auront besoin pour cela de la GPA.

Vous trouverez ci-dessous quelques arguments de droit et surtout de bon sens qui nous permettront d’affiner notre discernement sur cette question. Vous pouvez aussi télécharger l’aricle en format PDF en cliquant ici.

Soyez assurés, chers amis, de notre dévouement en faveur de l’enfance

L’équipe de Juristes pour l’enfance

 
 

PMA sans père = Droit à l’enfant pour toutes

De quoi s’agit-il ?
La PMA pour les femmes est un abus de langage car, y compris avec l’assistance de la médecine, une femme ne procrée ni seule ni avec le concours d’une autre femme : la PMA envisagée est, plus précisément, l’insémination par des donneurs anonymes de femmes dont le projet d’enfant n’inclut aucun homme.

Pour l’enfant, principal intéressé et pourtant grand absent des débats, ces PMA sont des procréations sans père : la PMA pour les femmes réalise l’effacement du père. La branche paternelle de l’enfant est rendue vacante, le cas échéant pour permettre à une deuxième femme, la conjointe de la mère, de réaliser son désir d’enfant.
Ces conceptions d’enfants délibérément privés de père réalisent une grave injustice à l’égard de l’enfant et posent une question toute simple : est-il important d’avoir un père, ou pas ? Est-il légitime de priver délibérément un enfant de père pour satisfaire le désir d’autrui ?

Ce qui s’annonce n’a rien d’anodin : le comité d’éthique lui-même reconnait qu’il s’agit là d’une « nouveauté anthropologique » et que demeurent des points de butée, autrement des questionnements non résolus, qui concernent « le rôle comme la définition du père » mais, aussi, « la différence de situation entre les couples de femmes et les femmes seules, la question de la rareté des ressources biologiques et des risques de marchandisation que celle-ci entraîne, la limite entre le pathologique et le sociétal ».


Le seul fait que ces techniques organisent la conception d’enfants sans père ne devrait-il pas suffire à y renoncer ? Quelques confusions soigneusement entretenues peuvent pourtant susciter des hésitations. Il est donc utile de clarifier quelques points afin que chacun réalise ce que signifient ces pratiques pour les enfants et pour la société et éclairer les décisions à venir de nos gouvernants et parlementaires.
 
Conception sans père = méconnaissance des droits de l’enfant
L’enfant a des droits qui sont notamment proclamés par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU, ratifiée par la France en 1990 et dont l’article 7 pose le droit pour tout enfant, dans la mesure du possible, « de connaître ses parents et d’être élevé par eux ».

Comment ne pas voir qu’un procédé qui organise délibérément l’effacement du père méconnait ce droit ? Les droits de 
l’enfant ne sont pas de belles paroles mais des engagements contraignants pour l’Etat : ces PMA sans père seraient des bombes à retardement car les enfants demanderont un jour des comptes sur cette branche paternelle non seulement vacante mais effacée.
N’y a-t-il pas suffisamment d’enfants privés de père par les malheurs de la vie ? Est-ce le rôle de la loi d’en rajouter en organisant cette privation ?

Accueillir une situation n’est pas l’organiser
Il est vrai que des femmes trouvent depuis toujours les moyens d’avoir des enfants seules (une aventure avec un homme, une insémination artisanale par un ami….).
Cependant, si l’Etat n’a pas à s’immiscer dans les choix que peuvent faire les personnes dans le cadre de leur vie privée, il est cette fois sollicité pour apporter son concours à la conception de ces enfants sans père et il a la responsabilité de prendre en considération les droits de tous, à commencer par ceux de l’enfant.
Dès lors que la société est donc sollicitée, chaque citoyen a le droit de s’exprimer pour refuser que la loi organise la conception d’enfants sans père. Il est en effet tout à fait différent d’accueillir une situation, par exemple celle d’une femme mère célibataire, ou d’une femme élevant son enfant avec une autre femme, et de provoquer cette situation, la susciter, l’organiser.
 
Des femmes vont à l’étranger se faire inséminer
En particulier, le fait que des femmes choisissent d’aller à l’étranger se faire inséminer ne suffit pas à mettre l’Etat français devant le fait accompli. En Espagne, où des femmes françaises vont se faire inséminer, une femme de 68 ans a bénéficié de la PMA pour avoir un enfant. Il est encore possible dans ce pays pour une femme d’être inséminée par les gamètes d’un défunt, pour concevoir un orphelin : allons-nous légaliser toutes ces pratiques en France, sous prétexte que seuls ceux qui en ont les moyens peuvent se les payer en Espagne ?

La parenté ne se réduit pas à une relation d’éducation
Avec la PMA sans père, la filiation se trouverait déconnectée de sa référence à l’engendrement de l’enfant pour reposer sur le projet parental des femmes, leur engagement, leur volonté.
Il n’est certes pas indispensable que les parents d’un enfant soient ceux qui l’ont engendré car, si l’engendrement de l’enfant auquel renvoie la filiation est le plus souvent biologique, il peut être aussi seulement symbolique : à défaut d’avoir été engendré par ses parents, l’enfant se pense comme tel, se représente comme tel. C’est notamment le cas des enfants adoptés.
Mais, pour que le schéma symbolique de la filiation puisse se mettre en place, encore faut-il que les parents offrent à l’enfant un schéma cohérent au regard des exigences de la biologie pour l’engendrement. Or, deux femmes ne peuvent indiquer à l’enfant son origine, pas même symbolique, quelles que soient par ailleurs leurs qualités affectives et éducatives qui ne sont pas en cause.
Les parents ne sont pas seulement des éducateurs : leur statut de parent indique à l’enfant son origine. Le fait que deux femmes puissent élever un enfant n’est pas en question : à ce compte-là, trois femmes peuvent aussi éduquer un enfant : allons-nous aussi ouvrir la PMA au projet parental de trois femmes ?

L’orientation sexuelle des intéressés n’est pas en cause

Le comité d’éthique et les promoteurs de la PMA pour les femmes s’appuient sur une idée erronée de l’égalité selon laquelle les femmes célibataires ou homosexuelles seraient discriminées par rapport aux femmes en couple avec un homme qui ont le droit, elles, de bénéficier de la PMA.

Mais, tout d’abord, précisons que les couples homme/femme n’ont pas droit à la PMA : celle-ci ne concerne que les couples concernés par un problème médical d’infertilité. Les couples fertiles homme/femme ne sont pas discriminés pour autant, pas plus que les femmes célibataires ou en couple de femmes.

Ensuite, contrairement à ce qui est prétendu, l’orientation sexuelle des intéressées n’est pas en cause : une femme célibataire en désir d’enfant n’est pas nécessairement homosexuelle, et deux femmes hétérosexuelles pourraient elles aussi penser à mener un projet d’enfant, à défaut d’homme candidat à la paternité dans leur entourage. La réponse du droit ne peut qu’être la même pour tous : la réalisation des désirs trouve sa limite dans le respect des droits d’autrui, en l’occurrence de l’enfant. Or, une conception qui écarte délibérément et définitivement le père de l’enfant porte atteinte aux droits de ce dernier, quelle que soient les tendances sexuelles des demandeuses.

L’égalité ne signifie pas de traiter tout le monde de la même manière, ce qui peut au contraire se révéler très injuste, mais seulement ceux qui sont dans la même situation ou des situations équivalentes. Or, au regard de la procréation, un couple homme/femme n’est pas dans une situation équivalente à celle d’une femme seule ou d’un couple de femmes. L’assistance à la procréation offerte par la médecine à un couple homme/femme n’entraine aucune inégalité à cet égard.

L’amour destiné à l’enfant ne justifie pas l’effacement du père
Il est acquis que les femmes demandeuses de PMA n’ont que de bonnes intentions à l’égard de l’enfant auquel beaucoup d’amour est promis. Mais l’amour ne justifie pas tout, et en particulier ne justifie pas de priver un enfant de père.

L’amour destiné à l’enfant ne remplacera pas ce manque objectif de lignée paternelle et n’est d’ailleurs pas sans ambiguïté : « nous allons t’aimer tellement que nous commençons par te priver de père, pour te garder pour nous ».

Finalement, alors qu’une fausse égalité sert de prétexte pour revendiquer la PMA pour les femmes, cette pratique instaure une inégalité cette fois-ci bien réelle entre les enfants qui auront le droit d’avoir un père et ceux qui en seront privés, privation organisée et planifiée par la loi !

La marchandisation du corps
La PMA pour les femmes suscite encore un certain nombre de difficultés importantes même si secondaires eu égard au problème principal qui demeure l’effacement du père.

Ainsi, il est de notoriété publique que les dons actuels de sperme ne suffisent pas à réaliser les PMA demandées au sein des couples homme/femme infertiles. La PMA pour les femmes aggraverait cette « pénurie ». La société aurait donc le choix entre :

  • Renoncer à la gratuité et passer à la vente de sperme pour encourager le don devenu vente. Outre la remise en cause de ce principe fondamental de la bioéthique qu’est la gratuité (si les gamètes peuvent être vendus, pourquoi pas les organes ?), la vente de sperme comporte le risque d’une multiplication des enfants issus d’un même vendeur dès lors que la fourniture de sperme devient un revenu. On assisterait par ailleurs à l’émergence d’un marché parallèle pour obtenir des gamètes à moindre prix ou, au contraire, des gamètes haut de gamme de donneurs présentant certaines caractéristiques (QI, études supérieures).
  • Maintenir la gratuité mais, alors, le manque de gamètes s’aggravera et empêchera de répondre aux demandes fondées sur une infertilité médicale, tandis que se développera également un marché parallèle pour compenser le manque de gamètes disponibles par les voies légales.

La PMA pour les femmes ouvre à la PMA de convenance
Certains pensent que la PMA pour les femmes serait la dernière revendication en matière de procréation pour atteindre une situation satisfaisante pour tous. Il n’en est rien.

Aujourd’hui, en droit français, la PMA poursuit un objectif thérapeutique, à savoir compenser une infertilité pathologique. Elle ne peut donc concerner que des couples homme/femme, vivants et en âge de procréer, car l’incapacité à procréer des personnes seules, en couple de même sexe, ou trop âgées pour enfanter, voire décédées n’a rien de pathologique : elle est naturelle et n’a pas vocation à être compensée par la médecine.

Permettre l’insémination de femmes non stériles signifierait renoncer à ce critère thérapeutique et, alors, tout le monde devrait avoir accès à la technique, y compris les femmes en couple avec un homme, qui ne souffrent pas d’infertilité mais préfèrent passer par la PMA pour des raisons diverses, par exemple sélectionner des embryons exempts d’un certain nombres de maladies ou présentant certaines caractéristiques recherchées. 
La société doit s’interroger : jusqu’où voulons-nous aller avec ces techniques de procréation artificielle ? La PMA doit-elle demeurer une mesure d’exception, destinée à compenser un problème médical, ou devenir un mode habituel de procréation ?
 
Après la PMA, la GPA
Le président de la République a annoncé la PMA pendant sa campagne mais a promis qu’il n’y aurait pas de GPA. Une telle promesse n’est en rien une garantie. Rappelons que le comité d’éthique s’était prononcé contre la PMA pour les femmes en 2005 pour de très bonnes raisons toujours valables et qui ne l’ont pas empêché de passer outre en 2017.

Sur le fond, à partir du moment où l’on revendique une égalité mal comprise entre couples homme/femme et femmes au regard de la PMA, cette même notion tronquée d’égalité conduira à justifier la PMA par la soi-disant inégalité subie par les hommes par rapport aux femmes.

Autrement dit, à partir du moment où on accepte de mettre de côté les droits de l’enfant, concrètement d’effacer une branche de sa filiation, la branche paternelle, pour réaliser le désir des femmes, pourquoi ne pas effacer la branche maternelle, pour réaliser cette fois le désir des hommes ?

Conclusion

Les Français favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires seraient-ils toujours du même avis si la question était posée du côté de l’enfant : pensez-vous que la loi doive organiser la conception d’enfants privés de père ?
Que chacun se pose à lui-même la question : est-ce que j’aimerais être issu d’un donneur et n’avoir jamais eu de père ?

Des enfants sans père, il y en a. On connait leur manque, leurs difficultés, leur souffrance. Ce n’est pas à la loi d’organiser cette privation et cette souffrance.

La PMA sans père n’est pas une fatalité : l’avis du CCNE n’oblige personne et cet avis alerte sur de nombreux obstacles non résolus qui s’opposent à la PMA sans père. Il est encore temps d’expliquer, alerter nos députés, afin que le législateur puisse remplir son rôle de gardien des droits de tous et, en particulier, des enfants en posant des limites aux désirs dont ces enfants sont l’objet.

A la une #En France #NLQ

PMA Marlène Schiappa- Quand les droits des uns supposent de spolier le droit des autres

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat dédiée exclusivement à l’égalité entre les hommes et les femmes n’hésite pas, au nom de cette égalité, à porter atteinte à la liberté d’expression.

Une méthode bien connue qui ne cesse d’accumuler les dérives liberticides, après la loi sur le délit d’entrave numérique.

Voici donc que le secrétaire d’Etat souhaite faire retirer une affiche de la Manif Pour Tous dont le but est de faire réfléchir aux enjeux de la PMA dite pour toutes.

Réfléchir, voici bien ce dont les élites censeurs de la pensée unique ont le plus peur.

La Manif Pour tous demande donc un rendez-vous à Marlène Schiappa et appelle à un véritable débat.

 

A la une #En France #Points non négociables PNN

Mgr Castet – Toute PMA est condamnable en ce qu’elle est déjà un droit à l’enfant

L’évêque de Luçon ne dénonce pas seulement “la PMA sans père”, car c’est bien toute PMA qui est condamnable en ce qu’elle est déjà, aujourd’hui, un droit “à” l’enfant.

Notre pays va de nouveau connaître un temps important de débat avec la révision prévue des lois dites « de bioéthique » en 2018. Cette révision doit en effet être précédée d’« états généraux » de la bioéthique. Nous gardons en mémoire l’implication des catholiques lors des états généraux similaires de février à juin 2009, et il est à souhaiter qu’il en soit de même dans quelques mois.

Ces derniers jours, alors même que l’attention était centrée sur une autre question cruciale pour notre pays – le droit du travail – les déclarations de Madame la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes sur l’extension de l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux femmes lesbiennes et célibataires a provoqué des réactions diverses. Cette question n’est pas nouvelle. Elle obéit même à une certaine logique : si le principal, en matière de procréation, est de satisfaire un désir d’enfant, pourquoi exclure quiconque de l’accès à un moyen qui, parfois, permet d’obtenir l’enfant désiré ?

L’enfant est en fait à la fois au cœur de la question et le grand absent des débats autour de l’AMP. Il est au cœur de la question comme objet du désir, ce qui peut entraîner un véritable acharnement procréatif : la sécurité sociale rembourse jusqu’à six tentatives d’insémination intra-utérines et quatre tentatives de fécondation in vitro, sans compter les éventuels transferts multiples d’embryons congelés dans une même tentative. Le compteur repart à zéro s’il y a eu une naissance. Mais l’enfant est aussi le grand absent des débats : tant qu’il n’est pas né, il ne compte pour rien ou presque. Il ne compte qu’à partir de l’« investissement » que des adultes ont mis en lui et sa capacité présumée à franchir les obstacles : fécondation en éprouvette, transfert in utero, puis aléas de toute grossesse, de la nidification jusqu’à la naissance.

L’enfant est en fait à la fois au cœur de la question et le grand absent des débats autour de l’AMP.

Autrement dit, adultes et enfants ne sont pas traités comme des égaux dans le processus de l’AMP. Au nom du « projet parental », un pouvoir tout puissant est donné aux adultes – candidats à l’AMP ou équipes médicales – qui peuvent décider qu’un embryon peut être conçu in vitro, et aussi trié, congelé, détruit, livré à la recherche. L’impératif de répondre au désir d’enfant a réduit l’enfant à être traité dans les premiers stades de sa vie comme un objet. N’y-a-t-il pas là une injustice sociale ? Mesurons-nous la violence que cela introduit dans les relations humaines ? N’avons-nous pas laissé l’habitude anesthésier nos consciences ?

L’ouverture de l’AMP aux femmes seules ou en couple, fait éclater les repères familiaux.

Paradoxalement, la proposition d’étendre l’accès à l’AMP aux femmes lesbiennes ou célibataires semble réveiller quelques consciences. D’abord parce que le recours nécessaire à un « donneur » de sperme accentue le fait que l’enfant soit l’objet d’un contrat. Contrat déjà assorti de conditions tarifaires variables selon les caractéristiques du donneur dans des pays proches du nôtre. Ensuite parce que ce qui est accordé aux femmes seules ou en couple ne peut être refusé aux hommes seuls ou en couple, lesquels auront alors recours à des femmes pour porter l’enfant souhaité (« gestation pour autrui »), dans des conditions contractuelles là encore tarifées. Ce n’est plus seulement l’enfant, mais certaines femmes qui sont alors réduites à être une donnée du marché de la procréation. Enfin, certaines consciences se réveillent parce que l’ouverture de l’AMP aux femmes seules ou en couple, même sous la forme de l’insémination avec donneur, fait éclater les repères familiaux avec l’absence de père et l’instauration d’une rupture de filiation.

Sur ce sujet notre rôle de chrétien n’est pas de stigmatiser les personnes, mais d’appeler à un retour à la sagesse : le désir d’enfant n’équivaut pas à un droit à l’enfant, comme si celui-ci était un objet de consommation. L’enfant est égal en dignité à l’adulte et doit être protégé en conséquence. Souvenons-nous de ces paroles de sagesse de saint Jean-Paul II : « dans la biologie de la génération est inscrite la généalogie de la personne ».