A la une #En France

Chute de la fécondité française : la politique familiale en cause

L’indice de fécondité est tombé à 1,88 en France. La France n’encourage plus à avoir des enfants. Au contraire la natalité allemande progresse, remontée à 1,59 en 2015.

 

La natalité française continue à chuter. Pour la troisième année consécutive, le nombre de naissance est en baisse par rapport à l’année précédente. 767 000 naissances en 2017, outre-mer compris, loin des 900 000 presque atteints en 1971 par la seule métropole. Le « solde naturel »[1] en 2017 a atteint son plus bas niveau depuis 1945, et l’ « indice conjoncturel de fécondité » [2] est passé de 2,03 en 2010 à 1,95 en 2015 pour s’établir à 1,88 en 2017…

 

Le Conseil d’orientation des retraites, dont les prévisions sont calculées en fonction d’une fécondité de 1,95 parle d’une « menace majeure pour notre système de répartition ». Qui va payer les pensions de retraite d’un pays vieillissant ?

 

La crise de 2008 a clairement mis un frein à la natalité européenne. Mais ce frein a largement été amorti en France par une politique familiale forte. La baisse de natalité de ces dernières peut être considérée comme une conséquence à retardement de la crise de 2008. Une autre hypothèse se fonde sur le fait que les Françaises ont leur premier enfant de plus en plus tard, après trente ans, ce qui a un impact direct sur le nombre d’enfants qu’elles auront.

 

Les coupes drastiques effectuées par François Hollande dans les budgets famille, modulation des allocations familiales, réduction de la prime naissance, suppression du quotient familial, auront été décisifs. « C’est simple, explique un couple de quadra parents de trois enfants, les aides que nous percevions ont baissé de 50 %, tandis que notre impôt sur le revenu a augmenté du même pourcentage. Si nous avions su ce qui nous attendait financièrement, il n’est pas certain que nous aurions donné naissance à Théo, notre petit dernier ». L’Unaf[3] a analysé que la perte financière pour les familles est de 3,5 milliards d’Euros. Si on ajoute les manques de moyens flagrants dédiés à la garde des enfants pour celles qui choisissent de continuer à travailler après la naissance de leurs enfants, la chute vertigineuse des chiffres s’explique. Alors que, toujours d’après l’Unaf, « depuis des années, le nombre d’enfants désirés reste stable et se situe autour de 2,4 par femme ».

 

La plupart des pays d’Europe ont une natalité en berne, mais c’est la France qui opère la chute la plus vertigineuse. Entre 2010 et 2015, la natalité française a baissé de 3,4 %, contre 2,5 % en moyenne sur l’ensemble de l’Europe. « Il existe en Europe plusieurs visions de ce qu’est une politique familiale juste, explique le démographe Laurent Toulemon, de l’Ined[4]. En France, on considère que le pouvoir d’achat d’un foyer ne doit pas diminuer lorsqu’arrive un enfant et c’est la raison d’être du quotient familial. Au Royaume-Uni, on aide exclusivement les familles pauvres. En Europe du Nord, on s’occupe de tout le monde, en mettant à la disposition de chacun des ‘biens publics’, comme des places en crèche et des congés parentaux d’un montant équivalant à 76 % du salaire. »

 

Certains pays d’Europe osent même un timide réveil. C’est le cas de l’Allemagne, mauvais élève historique en matière de natalité, qui commence à voir les fruits d’une politique familiale puissante depuis les années 2000, institution d’un salaire parental, création de 500 000 places en crèche, augmentation des allocations familiales… L’Allemagne est ainsi passée d’un taux de fécondité de 1,25 en 1995 à 1,59 en 2015. Cette progression a largement bénéficié du solde migratoire croissant : 80 000 personnes en 2004, 550 000 personnes en 2014 et 1,1 million en 2015.

[1] Total des naissances moins les décès
[2] Nombre de naissances annuelles rapportées au nombre de femmes en âge de procréer
[3] Union nationale des associations familiales
[4] L’Institut national des études démographiques.

Source : genethique.org

Dans le Monde #Europe non francophone #NLQ

Italie : le pape regrette le manque de soutien aux familles

Le Pape François a reçu ce midi en Salle Clémentine une délégation du Forum des Associations Familiales, un organisme né en 1992 avec l’objectif de promouvoir la défense de la famille dans le monde politique en Italie.

Dans son discours remis aux participants (mais finalement non prononcé, le Pape ayant préféré s’exprimer sans notes), le Pape rappelle que « le lien conjugal » est « sacré et indissoluble » et que « la complémentarité et l’amour entre l’homme et la femme les rendent coopérateurs du Créateur ». La famille en effet « le berceau de la vie », le « premier lieu de l’accueil et de l’amour ».

Les institutions civiles devraient aujourd’hui « favoriser la constitution et la croissance de familles solides et sereines, qui s’occupent de l’éducation des enfants et prennent soin des situations de faiblesse ». Le Pape François accorde une attention particulière aussi au problème de la faible natalité en Italie, en souhaitant « des politiques et des structures plus ouvertes au don des enfants ».

« C’est un paradoxe authentique que la naissance des enfants, qui constitue le plus grand investissement pour un pays et la première condition de sa prospérité future, représente souvent pour les familles une cause de pauvreté, au motif du soutien insuffisant qu’elles reçoivent ou de l’inefficacité de nombreux services », regrette-t-il.

Source : Vatican News

Tribunes et entretiens

L’Union européenne et la politique familiale

de Jacques Bichot dans les 4 vérités : 

Il serait possible de remonter à Jean Raspail et à son célèbre ouvrage d’immigration-fiction, « Le camp des saints » (Robert Laffont, 1973).

Concentrons-nous simplement sur l’avertissement que livra en février 1995 un excellent démographe, Jean-Claude Chesnais, dans un livre intitulé « Le crépuscule de l’Occident » (Robert Laffont). Sa quatrième de couverture comporte cet avertissement : « L’Europe devient sous nos yeux le premier continent d’immigration, et cela avec des implications très préoccupantes et parfois explosives. »

Il s’inquiète aussi du peu d’impact positif de la construction européenne : « L’avènement du marché commun, perçu comme un signe de la montée en puissance de l’Europe, n’a pas, jusqu’à présent, produit les effets escomptés. »

Il avertit enfin des conséquences économiques de l’hiver démographique européen : « Les deux récessions, économique et démographique, s’entraînent mutuellement et participent du même sentiment de pessimisme. »
Hélas, il ne semble pas que les responsables des institutions européennes aient, sauf exception, pris la mesure des conséquences du collapsus démographique européen.

Le « grand remplacement » ne suscite aucune réaction efficace. Il est soit nié, soit considéré comme une chance, soit subi, ce qui suscite naturellement des inquiétudes chez les autochtones – inquiétudes qui ne trouvent guère à s’exprimer politiquement que par l’essor de partis dits « populistes ».

L’Union européenne semble ne pas avoir de véritable stratégie démographique, ni pour la natalité, ni pour les mouvements migratoires.

Une note récente de la Fondation Robert Schuman intitulée « Europe 2050 : suicide démographique », due à Jean-Michel Boussemart et Michel Godet, le confirme : « Quel silence étourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050 ! » Et les auteurs de la note publiée par cette fondation – qui ne saurait être soupçonnée d’animosité de principe à l’égard de la construction européenne – ajoutent en commentant des projections démographiques de l’ONU à l’horizon 2050 : « Si 1 % du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20 % de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe devrait se préparer à de telles perspectives. »

Les conseils donnés par les deux auteurs cités ci-dessus sont très pertinents. Premièrement, s’inspirer du Canada, qui a une « politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail ».

Et, parallèlement, « encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent, car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles. » La comparaison qu’ils utilisent est tout à fait juste : « Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays. [ …] Pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. » Hélas, le nombre de décès a dépassé celui des naissances pour la première fois en 2016, sans que les dirigeants réagissent.

Face à cette indifférence, il importe que les prochaines élections européennes se jouent pour une part importante sur les politiques qui exercent une influence notable sur l’immigration et sur la fécondité. Des candidats français pourraient par exemple inscrire dans leur programme l’instauration dans toute l’Europe d’une fiscalité et d’une protection sociale reconnaissant pleinement le rôle de la famille. Le quotient familial, débarrassé de l’absurde « plafond » dont l’ont attifé des pouvoirs publics français obnubilés par l’idée politiquement correcte, mais économiquement fausse, de « réduction d’impôt provoquée par le quotient familial », pourrait être promu au niveau européen.

De même faudrait-il faire comprendre à ce niveau le rôle de la famille en matière de retraites par répartition, et donc la nécessité en bonne justice et en bonne logique économique de baser l’attribution des droits à pension sur la participation fournie par chacun à l’investissement dans la jeunesse.

Les candidats français aux élections européennes qui se présenteraient sur un programme où ces deux points occuperaient une position de choix mériteraient bien, à la fois, de leur patrie et de l’UE.

L’article est en version longue.

Europe et politique démographique
Jacques Bichot, économiste, 21 mai 2018

Des avertissements anciens concernant l’immigration

Il serait possible de remonter à Jean Raspail et à son célèbre ouvrage d’immigration-fiction, Le camp des saints (Robert Laffont, 1973). Concentrons-nous simplement sur l’avertissement que livra en février 1995 un excellent démographe, Jean-Claude Chesnais, dans un livre intitulé Le crépuscule de l’Occident (éd. Robert Laffont, 1995). Sa quatrième de couverture comporte cet avertissement : après avoir souligné « les déséquilibres internationaux et la situation de l’Occident – de l’Europe en particulier – où la menace de dépopulation se précise d’année en année en se combinant à un vieillissement accéléré de la population », il estime que : « L’Europe devient sous nos yeux le premier continent d’immigration, et cela avec des implications très préoccupantes et parfois explosives ».

Il s’inquiète aussi du peu d’impact positif de la construction européenne : « L’avènement du marché commun, perçu comme un signe de la montée en puissance de l’Europe, n’a pas, jusqu’à présent, produit les effets escomptés ». Il avertit enfin des conséquences économiques de l’hiver démographique européen dont il observe l’installation : « L’Europe ne peut imaginer de reprise économique sans reprise démographique. Les deux récessions, économique et démographique, s’entraînent mutuellement et participent du même sentiment de pessimisme. »

Des responsables européens dépourvus de stratégie démographique

Hélas, il ne semble pas que les personnes ayant d’importantes responsabilités dans le fonctionnement des institutions européennes aient, sauf exception, pris la mesure des conséquences du collapsus démographique européen. Le « grand remplacement » (selon l’expression de Renaud Camus) qui est en cours ne suscite aucune réaction efficace ; il est purement et simplement soit nié, soit considéré comme une chance, ou à tout le moins comme un problème assez facile à régler, soit subi, ce qui suscite naturellement des inquiétudes chez les autochtones – inquiétudes qui ne trouvent guère à s’exprimer politiquement que par l’essor de partis dits « populistes ».

Des analystes plus soucieux de ménager la susceptibilité des tenants du « politiquement correct » emploient pour se faire entendre des formules plus douces, par exemple celle retenue par Julien Damon comme titre d’un article paru en 2016 dans la revue Commentaire : « Comment l’immigration change l’Occident ». Mais que les avertissements soient virulents ou policés, ils ne sont pas entendus au niveau européen : l’Union européenne semble ne pas avoir de véritable stratégie démographique, ni pour la natalité ni pour les mouvements migratoires.

Une note récente de la Fondation Robert Schuman intitulée Europe 2050 : suicide démographique, due à Jean-Michel Boussemart et Michel Godet, le confirme : « Quel silence étourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050 ! (…) De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique. » Et les auteurs de la note publiée par cette fondation – qui ne saurait être soupçonnée d’animosité de principe à l’égard de la construction européenne – ajoutent en commentant des projections démographiques de l’ONU à l’horizon 2050 : « Nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Si 1 % du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20 % de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe devrait se préparer à de telles perspectives. »

L’Union européenne devrait s’occuper de natalité et donc de politique familiale

Les conseils donnés par les deux auteurs cités ci-dessus sont très pertinents : premièrement, s’inspirer du Canada, qui a une « politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail ». Et parallèlement « encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent, car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles. » La comparaison qu’ils utilisent est tout-à-fait juste : « Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays. (…) Pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. » Hélas, se demandent-ils, « mais qui parle de politique familiale en Europe ? » Le nombre de décès a dépassé celui des naissances pour la première fois en 2016 sans que les dirigeants européens réagissent.

Face à cette indifférence, il importe que les prochaines élections européennes se jouent pour une part importante sur les politiques qui exercent une influence notable sur l’immigration et sur la fécondité. Des candidats français pourraient par exemple inscrire dans leur programme l’instauration dans toute l’Europe d’une fiscalité et d’une protection sociale reconnaissant pleinement le rôle de la famille. Le quotient familial, débarrassé de l’absurde « plafond » dont l’ont attifés des pouvoirs publics français obnubilés par l’idée politiquement correcte mais économiquement fausse de « réduction d’impôt provoquée par le quotient familial », pourrait être promu au niveau européen.

De même faudrait-il faire comprendre à ce niveau le rôle de la famille en matière de retraites par répartition, et donc la nécessité en bonne justice et en bonne logique économique de baser l’attribution des droits à pension sur la participation fournie par chacun à l’investissement dans la jeunesse. Les candidats français aux élections européennes qui se présenteraient sur un programme où ces deux points occuperaient une position de choix mériteraient bien, à la fois, de leur patrie et de l’Union européenne.

 

Brèves

La photo du jour – 50 ans de politique familiale en France

 

Source @Pascal_Beuvelet

Brèves

Politique Familiale – Les AFC reçues à l’Assemblée nationale

Hier mercredi 10 janvier, audition de la CNAFC à l’assemblée Nationale par les députés Guillaume Chiche  Gilles Lurton et J. Corneloup de la mission d’information sur la Politique Familiale. L’ambition de la refonte de la Politique Familiale témoignera de l’attachement de la nation à la famille.

 

Source

Conférences/Formations #NLQ

Paris – “Le parlement national a-t-il encore du poids dans la politique familiale ?” Conférence de Maria Hildingsson

Maria Hildingsson, secrétaire générale de la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE), sera à Saint Léon à l’initiative de l’AFC de Saint Léon, en partenariat avec la Fédération des AFC de Paris, pour répondre à la question :

« Le parlement national a-t-il encore du poids dans la politique familiale ? »

Maria Hildingsson est basée à Bruxelles depuis 2009, au titre de la FAFCE, pour y suivre les initiatives du Parlement Européen concernant la famille. Son expertise et son talent de conférencière sont appréciés partout en Europe. Elle pourra nous donner, de l’intérieur, une vue sur le combat pour la famille à Bruxelles et comment il faut le relayer pour ces prochaines élections législatives en France.

Cette conférence, ouverte à tous, aura lieu à 20h30 le jeudi 11 mai, dans la chapelle de la Paroisse Saint Léon (11 Place du Cardinal Amette, Paris 15ème).

Source

Tribunes et entretiens

Pour une nouvelle politique familiale

François Fillon a mis la période estivale à profit. En effet, durant la deuxième quinzaine du mois d’août, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, désormais candidat à la primaire de la droite et du centre des 20 et 27 novembre prochain, a présenté sur son site officiel ses propositions pour refonder la politique familiale.

Le fondement de la politique familiale n’est autre que la volonté de garantir la stabilité et le renouvellement de la population du pays.

Notre nation doit être fière de sa démographie : 2,01 enfants par femme en 2012, quand notre voisin, l’Allemagne, n’en était qu’à 1,38 enfant par femme. Cependant, les conditions de vie des Français sont chaque jour plus difficiles et, par conséquent, nous ne sommes pas à l’abri d’une rechute. Et, s’il est vrai que la réforme des retraites menée justement par le gouvernement de Fran çois Fillon en 2010, a eu le mérite de réduire de 20 milliards d’euros le déficit de l’assurance vieillesse, il serait totalement illusoire de croire que l’on pourra stabiliser notre régime de retraites sans parvenir à la stabilité de reproduction des générations.

Il faut donc persuader les familles françaises de s’élargir.

Pour y parvenir, il me semble qu’il faudrait actionner trois principaux leviers.

Premièrement, il convient de consolider certaines aides. Il faut, par exemple, accroître les primes pour le premier et le deuxième enfants. En effet, selon les derniers plafonds établis, les familles avec deux enfants à charge et dont les revenus sont compris entre 67 408 euros et 89 847 euros ne touchent que 64,74 euros contre 129,47 erous auparavant. Il s’agit là d’une mesure simple, mais qui permettrait, à coup sûr, de contrebalancer les dépenses croissantes d’un enfant au sein de notre société de consommation.

Deuxièmement, il convient, comme le proposent par exemple Arnaud Montebourg et Nicolas Dupont-Aignan, de favoriser l’accession à la propriété. Il faut savoir que les Français sont nettement moins souvent propriétaires que la moyenne des pays européens. D’après les dernières données disponibles d’Eurostat (année 2011), 63,1 % détiennent un logement. Pour la même année, c’est 4 % de plus aux Pays-Bas et au Danemark. Et je ne parle même pas d’un pays comme l’Espagne dans lequel ce chiffre dépasse 80 %. Bien sûr, il existe déjà des dispositifs permettant aux Français les plus modestes d’accéder à la propriété – le prêt à l’accession sociale notamment. Mais on pourrait tout à fait renforcer cette politique par d’autres mesures, telle que l’élargissement du prêt à taux zéro, par exemple.

Troisièmement, il importe de traiter la question du temps de travail, qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, est absolument primordiale pour encourager la natalité. Posons d’abord et avant tout un constat clair : les 35 heures constituent une impasse de laquelle il faut impérativement sortir. Conservons éventuellement les 35 heures comme une référence, mais, pour le reste, je crois que les gens doivent pouvoir choisir librement de travailler plus ou moins, gagner plus ou moins – dans la limite d’un minimum et d’un maximum, bien entendu. Dans ce magnifique pays des droits de l’homme qu’est la France, pays qui a fait de la liberté un de ses principes fondamental, l’État doit laisser les entreprises et les salariés se mettre d’accord sur le temps de travail dans l’entreprise. Si c’est 39 heures, comme le proposent beaucoup de candidats à droite actuellement, très bien. Si c’est 30 heures, très bien aussi ! En revanche, il va de soi que tous ceux qui décideront de travailler moins longtemps chaque semaine, pour passer plus de temps avec leur famille par exemple, devront travailler plus longtemps au cours de leur vie. Le revers de la médaille, comme on dit…

Mylan Douthe

source les 4Vérités hebdo