A la une #Articles #NLH #NLQ #Points non négociables PNN

USA – Pas d’eucharistie pour deux élus catholiques soutenant l’avortement

Chicago, 6 juin 2019 (AFP) – Deux parlementaires ayant soutenu une loi
facilitant l’avortement dans l’Illinois sont privés d’eucharistie jusqu’à ce
qu’ils “se soient véritablement repentis de leurs graves péchés”, ont annoncé
jeudi les autorités catholiques de cet Etat du nord des Etats-Unis.
Michael Madigan et John Cullerton, respectivement président de la Chambre
des représentants et du Sénat de l’Illinois, “ont obstinément persisté à
promouvoir le crime abominable et le grave péché de l’avortement”, affirme
dans un décret daté du 2 juin l’évêque Thomas Paprocki, qui dirige le diocèse
de Springfield, dans le centre de l’Etat.
Le décret stipule également que les parlementaires catholiques ayant
“coopéré dans le mal (…) en votant pour toute législation qui promeut
l’avortement, ne doivent pas se présenter pour recevoir la communion sans
s’être d’abord rapprochés du Christ et de l’Eglise”.
L’eucharistie, ou communion, est un rite essentiel de la foi catholique où
le fidèle reçoit l’hostie, symbole du sacrifice de Jesus-Christ.
Les deux élus démocrates ont soutenu et facilité le passage de deux lois,
en 2017 et 2019, favorisant l’accès à l’avortement.
La loi la plus récente, adoptée fin mai au Sénat, stipule notamment que
l’avortement est un droit fondamental pour les femmes et qu'”un ovule
fertilisé, un embryon ou un foetus n’a pas de droits indépendants”.
Le texte a été voté alors que plusieurs Etats conservateurs américains ont
au contraire adopté récemment des lois très restrictives sur les interruptions
volontaires de grossesse (IVG).
La loi doit encore être promulguée par le gouverneur de l’Illinois pour
entrer en vigueur.
Le décret religieux ne devrait toutefois pas empêcher de communier les deux
élus basés à Chicago, au nord-est de l’Etat.
L’évêque de Springfield a pris le même type de décret contre le sénateur
démocrate Dick Durbin, qui avait empêché le passage au Congrès américain d’une
loi restrictive sur l’avortement en 2018. Le prélat avait expliqué à l’époque
suivre les décisions prises depuis 2004 par ses prédécesseurs à l’encontre du
sénateur pour ses position en faveur de l’IVG.
En 2004, lors de la campagne présidentielle, des évêques catholiques
avaient affirmé qu’ils auraient refusé de donner l’eucharistie au candidat
catholique démocrate John Kerry parce qu’il soutenait l’avortement.
Et en 2006, la conférence des évêques américains avait rappelé qu’un texte
de “préparation à recevoir la communion” citait l’avortement dans la liste des
“pensées ou actions qui sont de graves violations de la loi de Dieu”.

Annonces #Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

20e soirée d’adoration pour la France et les politiques le 16 novembre 2018 à Paris (Montmartre)

Le Réseau de l’Auberge Espagnole Sainte Catherine de Sienne vous propose pour sa 20ème soirée d’Adoration 
pour la France et ses politiques un “spécial Coeur-Sacré” !
Comme d’habitude, la veillée démarrera par une conférence donnée par la très fidèle et talentueuse Charlotte Chaunu sur le thème : “La dévotion au Sacré-Coeur et les tourments de l’histoire”. Ensuite, nous proposons d’assister à la messe puis à l’adoration. Je précise que ce ne sont que des propositions ; à vous de nous indiquer vos possibilités lors de l’inscription (voir flyer pour le programme).
Inscriptions avant le 9 novembre 2018 : reseauaubergespagnole@gmail.com // 06 30 48 37 19

Brèves #NLH

« Ils ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains » Charles Péguy

En réaction à la tribune de Cyril Brun, Politique, les catholiques n’ont pas le choix, un lecteur assidu et attentif d’InfoCatho nous rappelait Péguy

« Ils ont les mains propres, mais ils n’ont pas de mains » (Charles Péguy, grand poète catholique et français)

 

Merci à DH

A la une #NLH #Tribunes et entretiens

Politique, les catholiques n’ont pas le choix !

 

Les pontifes et le magistère ont maintes fois souligné que la politique était « la forme la plus haute de la charité » (Pie XI). J’ai envie de dire : alors qu’est-ce qu’on attend ? Il y a chez les catholiques de France un véritable « je t’aime moi non plus » avec la politique, voire un « va je ne te hais point ». La politique c’est sale, c’est corrompu, c’est l’espace pourri impraticable pour les chevaliers blancs du XXIème siècle, pour les Pilate aux mains propres d’un millénaire aseptisé et spiritualisé à outrance. La relation du catholique à la politique est devenue complexe, non du fait de la politique elle-même, mais de la vision de plus en plus désincarnée des fidèles de la religion incarnée par excellence. A se donner des airs d’anges, nous avons contraint le monde à faire la bête. L’homme, et le chrétien en particulier, vit entre terre et ciel. Il est l’un et l’autre, comme se sont échinés à le dire les Pères de l’Eglise. S’il n’est pas du monde, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas de la terre. Ne pas être du monde ne signifie pas se désincarner, mais refuser la logique que le prince des ténèbres veut imposer au monde. Il s’agit bien d’agir pour le monde afin d’y étendre le royaume de Dieu et non de créer des sas de télétransportation vers le ciel. Certes nous sommes exilés et notre patrie est dans le Ciel, mais le Christ s’est incarné pour partager la vie des hommes et l’assumer en toutes choses. Refuser notre part de terre, c’est refuser un pan colossal du don que Dieu nous a fait. Aujourd’hui, en France particulièrement, un excès de spiritualisation a fait des catholiques des antis terre fuyant la réalité qui les entourent, se réfugiant dans des oasis éthérées, devenues des bunkers menacés. Et le monde les pousse vers cette ghettoïsation qui lui permet de « vivre sa propre vie » sans ces empêcheurs de tourner en rond. La désertion des catholiques de la sphère politique est une des causes profondes de l’état du monde actuel et c’est une responsabilité morale lourde devant Dieu et devant les hommes. Ce n’est ni plus ni moins que de la non-assistance à personne en danger.  Lâcheté, égoïsme, défense de son pré carré, indifférence, renversement des priorités, il y a tant de bonnes raisons pour masquer cette réalité bien éloignée de la charité. La politique n’est pas la cuisine politicienne. Elle la dépasse largement. Elle est la responsabilité de chaque citoyen sur le bonheur de ces concitoyens et par ricochet du monde entier. Il est de bon ton chez bien des catholiques de regarder de haut, les mains propres de n’avoir pas servi, ces pourris qui nous gouvernent, sans oser regarder les complicités passives de nos désertions et les complicités moins passives dans notre quotidien professionnel aux mains moins blanches. La politique est un service rendu au monde, au peuple et ne nous y trompons pas à nos familles qui si souvent nous servent de prétexte pour ne pas nous engager. Un service et une responsabilité vis-à-vis du bien commun, lequel, à son ultime, est Dieu Lui-même.

La politique enfin ne se limite pas à l’engagement électoral ou dans un parti, mais celui-ci donne accès au gouvernement, aux décisions. La politique c’est aussi le lobbying, les médias, l’engagement associatif, caritatif… Mais pour être charité, cet engagement doit se faire dans et au service de la vérité. Pour aller de Rome à Paris, il y a plusieurs routes possibles. De même en est-il de la vérité et de la politique. S’il n’y a pas de parti chrétien unique, il n’y pas pas de non choix possible pour le catholique. Ne pas s’engager, sauf empêchement majeur, est une omission grave aux lourdes conséquences sur le monde et, nous le voyons chaque jour davantage, ces conséquences n’épargnent plus désormais nos propres bunkers.

Alors, en vérité, pourquoi si peu s’engagent ? La question mérite d’être posée par chacun. Le « à quoi bon » est un manque d’espérance et de confiance. Le « tous pourris » n’est un argument que pour celui qui se sent capable lui-même de pourriture. Croire ne pas avoir le charisme de la politique c’est oublier la multitude de formes d’engagements possibles et notre responsabilité de citoyen. La peur de la flétrissure, c’est confondre compromis et compromission sans comprendre la notion de mieux possible.

Mais au fond si la politique est la forme la plus haute de la charité, y a-t-il d’autres questions à se poser que celle de savoir comment y participer puisque partant de là, il semble difficile de s’en dispenser. Et peut-être plus encore aujourd’hui dans un monde en rejet du christianisme, il y a là non-assistance à personne en danger.

En France #NLQ

Neuvaine à Saint Maximilien Kolbe du 6 au 14 Août 2018 avec Hozana.org

Nous sommes invités du 6 au 14 août à prier la neuvaine au père Saint Maximilien Kolbe, saint patron des radioamateurs, journalistes et prisonniers politiques.

Qui est le père Kolbe ?

Saint Maximilien Marie Kolbe, frère mineur, martyr, fondateur de la Milice de l’Immaculée, naît à Lodz en Pologne. Il entre à 16 ans chez les Franciscains conventuels de Lvov. En 1917, alors qu’il est encore étudiant, il fonde avec quelques frères “la Milice de l’Immaculée”, mouvement marial au service de l’Eglise et du monde.

Prêtre en 1918, il enseigne la philosophie et l’histoire.

Dès 1922, il fonde un mensuel pour diffuser la pensée de la Milice et, un peu plus tard, il crée un centre de vie religieuse et apostolique appelé “la Cité de l’Immaculée”.

En 1930, il se rend au Japon où il fonde encore une autre “Cité”. Maximilien est très soucieux de la diffusion de la pensée religieuse par les moyens modernes, les medias. Il rentre définitivement en Pologne en 1936.

Fait prisonnier en 1939, battu, libéré, puis de nouveau arrêté en février 1941, il est déporté au camp d’Auschwitz en mai. A la suite d’une évasion, dix prisonniers sont condamnés à mourir de faim, enfermés dans un bunker. Parmi eux, un père de famille. Maximilien s’offre de mourir à sa place. On lui demande “Qui es-tu ?” – “Prêtre catholique !” Répond-il. Il meurt dans le bunker de la faim, le dernier, après avoir aidé ses compagnons dans la patience, la paix et le réconfort. Le père de famille sera présent au jour de la canonisation du Père Kolbe à Rome, le 10 octobre 1982.

Cette neuvaine, a pour but de demander la puissante intercession de ce martyr de la charité que le serviteur de Dieu, le pape Jean Paul II, a proclamé : « Patron de cette période difficile » et « Prophète de la civilisation de l’amour ».

Saint Maximilien disait que ceux qui sont dans les cieux, libérés des préoccupations et des engagements sur la terre, travaillent « avec leurs deux mains », pour les besoins particuliers de ceux qui appellent leur secours.

Programme :

Chaque jour vous recevrez :

  • Un passage de l’Evangile
  • Une prière
  • Je vous salue Marie, Notre Père, Gloire au Père

NEUVAINE à Saint Maximilien Kolbe du 6 au 14 Août 2018 sur Hozana

Conférences/Formations #NLQ

Rencontre – débat Annie Laurent et Razika Adnani le 5 avril 2018 à Paris : L’islam peut-il et doit-il changer ?

Animée par Guillaume de Prémare, cette rencontre débat entre Annie Laurent, docteur en sciences politiques et spécialiste de l’islam, et Razika Adnani, écrivain philosophe et islamologue, permettra de comprendre quels sont les enjeux de l’islam dans notre monde occidental.
Les deux auteurs dédicaceront leurs livres après un échange avec le public.
La soirée se tiendra le jeudi 5 avril, à 20h, dans les locaux d’Ichtus.

A la une #NLQ

L’édito – Quand les opinons étouffent les convictions

 

Le langage courant dit beaucoup d’une société et d’une personne en particulier. Dans notre monde actuel, le sens des mots s’est considérablement appauvri, favorisant l’à-peu-près, l’amalgame et le relativisme. Qu’est-ce qu’un à-peu-près sinon une vague notion ou une position suffisamment floue pour ne pas être arrêtée ? Qu’est-ce que le relativisme sinon une notion dont la netteté est fluctuante et dont les contours peuvent facilement s’effacer au profit d’une autre notion plus ou moins floue ? Qu’est-ce qu’un amalgame sinon prendre un bout d’une notion A et un bout d’une notion B pour conclure que A et B sont C, sans tenir compte des autres bouts de A et de B ? C’est ainsi que se forgent des opinions dont le langage courant s’est peu à peu habitué à entendre le côté relativiste, puisque chacun peut se forger son opinion. L’expression « forger son opinion » est elle-même le fruit de ces à-peu-près puisque forger suppose un assemblage solidaire et rigoureux de parties elles-mêmes solides. Tout le contraire de ce qu’on estime aujourd’hui être une opinion, devenue par nature personnelle, un peu comme on s’excusera de penser par soi-même. A l’inverse, avoir des convictions suppose des certitudes, des notions claires et une vision lucide des choses et de leurs contours, afin justement de ne pas amalgamer ce qui ne peut l’être et de forger ce qui doit l’être.

Ainsi, dans le débat politique, nous voyons des hommes et des femmes avec leurs opinions qu’ils ne veulent pas imposer à la majorité. Dès lors, nous pouvons, à titre personnel, avoir une position, mais comme élu en voter une autre. Tel est le grand enjeu de notre monde et la ligne de fracture entre l’homme de conviction et l’homme d’opinion. Telle est le roc qui forge les catholiques convaincus autour desquels s’émoussent diverses opinions sans cesse en mouvement. L’enjeu culturel et politique qui est le nôtre n’est rien moins que de démontrer la voie sans issue des opinions et leurs manques de fondements et dans le même temps de transformer les opinions fragiles en convictions. Notre monde perd le sens du bien, parce qu’il a perdu l’enracinement des convictions. Si nous sommes appelés à nous battre pour nos convictions, n’oublions pas que nous luttons contre des opinions, c’est-à-dire contre une majorité qui trouve sa force dans le seul fait d’être un ventre mou toujours plus gros. Aussi, se battre sur le terrain du rapport de force, par nature non chrétien, est voué à l’échec car par-là, nous ne nourrissons pas de convictions nos adversaires. Au contraire nous les gavons de relativisme. Ne cherchons pas à gagner des opinions favorables, mais à crever ce ventre mou pour transformer l’opinion en roc de convictions.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

 

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

18e soirée d’Adoration pour la France et les politiques le 19 janvier au Sacré-Coeur de Montmartre

Réservations (avant le 13 janvier) :

contact@reseau-auberge-espagnole.fr

 

Afrique non francophone #NLQ

Kenya – Les catholiques peu convaincus par les responsables politiques

« Il existe de nombreuses choses qui vont mal actuellement dans ce pays alors que les moyens de communication semblent se focaliser seulement sur les hommes politiques » indique à l’Agence Fides Rose Achiego, laïque catholique engagée dans le secteur des communications. « Prenons par exemple – dit-elle – l’impact de la grève des infirmiers, qui a paralysé les activités du dispensaire d’Uthiru, où les enfants souffrent et meurent même suite à des maladies guérissables ».

« Les progrès qui ont été faits au fil des années semblent perdus » ajoute Rose Achiego, qui demande « aux responsables politiques de trouver une porte de sortie à l’impasse actuelle et d’unir le pays ».
Le Kenya connaît actuellement une crise politique dérivant de l’annulation du scrutin présidentiel du 8 août dernier de la part de la Cour Suprême et des polémiques relatives à la Commission électorale indépendante (IEBC) qui devra organiser et superviser la réitération des élections prévue pour le 26 octobre. Or l’un des principaux responsables de l’IEBC, Roselyn Akombe, a démissionné hier, 18 octobre, en affirmant que cet organisme n’était pas en mesure d’assurer un scrutin crédible.
La crise politique s’insère dans un climat déjà tendu à cause de la grève qui paralyse depuis des mois le secteur sanitaire et des tensions dans les écoles. « Malheureusement – se plaint Rose Achiego – les hommes politiques prononcent actuellement des discours qui, au lieu d’unir les kenyans, créent des fractures quotidiennes ».

« Attendu que nous sommes au mois d’octobre, les catholiques devraient dédier plus de temps à prier la Très Sainte Vierge Marie, Notre Mère, afin de trouver une solution à ce qui se passe. Nous ne savons pas bien où nous allons. Il existe une division flagrante entre les partisans de la NASA – la coalition d’opposition – et ceux du Jubilee – le parti du Président sortant, Uhuru Kenyatta ».

« Il s’agit d’une situation tendue mais de nombreux kenyans ont pris leur décision sur leur affiliation politique. Toutefois, je crois qu’il existe une population au Kenya qui ne se préoccupe pas de la personne du Président mais de son propre poste de travail et de la manière dont défendre les besoins des familles » affirme Magdalene Nafula, membre de l’association Jeunes Adultes de Sainte Joséphine Bakhita de la Paroisse Sainte Marie de Mukuru (Nairobi).

« Il existe une grande confusion dans notre pays et il n’est pas certain que les élections aient bien lieu le 26 » déclare à Fides Sœur Margaret Mutiso, qui coordonne l’Association des étudiants du Collège universitaire de Tangaza, à Nairobi. Elle ajoute : « L’état d’âme semble indiquer qu’il ne peut y avoir d’élections vues les dernières révélations faites par le Commissaire qui vient de démissionner et les pressions extérieures exercées sur l’IEBC. Le pays ne semble pas prêt pour la réitération des élections et ceci est préoccupant parce que nous ne savons vraiment pas ce qui se passera », sentiments qui sont partagés également par Sœur Béatrice Merceline, qui œuvre au sein du Diocèse de Bungoma.
Sœur Mutiso attribue l’incertitude présente dans le pays aux hommes politiques, déclarant, en se référant au Président Uhuru Kenyatta et à Raila Odinga, que « la confusion est accentuée par le manque de volonté des deux principaux responsables de s’asseoir et de dialoguer, chacun voulant remporter la victoire et ce sans chercher à créer une atmosphère permettant des élections libres et crédibles dont les résultats puissent être acceptés ».

 

Source agence Fides

A la une #Doctrine / Formation #Morale #NLQ

Engagement et comportement des catholiques dans la vie politique – La laïcité n’est pas indépendance de la morale

 

Extraits de la note doctrinale de la congrégation de la foi du 24 novembre 2002

L’institut éthique et politique Montalembert souhaite proposer chaque mois une réflexion sur un texte de la doctrine sociale de l’Eglise. Le premier texte est extrait d’une note de la congrégation de la foi préparée par le cardinal Ratzinger en 2002. Il porte sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique.

Ce texte est proposé alors que la conférence des évêques de France publie une réflexion importante sur l’engagement chrétien en politique, mais aussi à l’occasion du 1700e anniversaire de la naissance de saint Martin de Tours. Premier patron choisi par les Francs, fêté le 11 novembre, Martin est aussi le fondateur du premier monastère occidental et l’inventeur de la paroisse rurale.

Les extraits proposés à la réflexion pour ce mois de novembre traitent plus particulièrement de la conception de la laïcité promue par l’Eglise.

Le geste célèbre de Martin consistant à donner la moitié de son manteau d’officier de l’armée impériale à un pauvre grelottant est un exemple simple mais très clair de l’articulation entre l’affirmation de la foi chrétienne et les obligations du monde correspondant à cette conception de la laïcité :

  les obligations du monde sont autonomes par rapport à l’église : Martin ne donne que la moitié de son manteau d’officier car l’autre moitié appartient à César. Martin ne prétend pas remplacer la loi de César par la loi du Christ ;

  l’action du chrétien dans le monde se doit d’aller bien au-delà de ses obligations : le geste de Martin indique que la solidarité du cœur fondée dans la foi ne se limite pas à l’observation des lois du monde mais a vocation à transformer le monde lui-même.

 

 

« Les chrétiens, affirmait un écrivain ecclésiastique des premiers siècles dans la Lettre à Diognète, « participent à la vie publique comme citoyens ».

Les sociétés démocratiques actuelles réclament des formes plus larges et nouvelles de participation à la vie publique des citoyens, qu’ils soient chrétiens ou non. Dans un système politique démocratique, la vie ne pourrait se dérouler de manière profitable sans un engagement actif, responsable et généreux de tous. Cela implique une « grande diversité et complémentarité de formes, de niveaux, de tâches et de responsabilités » (Jean Paul II, exhortation Christifideles laici, 30 décembre 1988).

En accomplissant leurs devoirs civils normaux, « guidés par leur conscience chrétienne », les chrétiens réalisent la tâche qui leur est propre d’animer chrétiennement l’ordre temporel tout en respectant sa nature et sa légitime autonomie, et en coopérant avec les autres citoyens, selon leur compétence spécifique et sous leur responsabilité comme le recommande en plusieurs passages l’encyclique Gaudium et spes adoptée par le concile de Vatican II.

Ces derniers temps, souvent par suite du cours rapide des événements, sont apparues des orientations ambiguës et des positions contestables, qui rendent utile la clarification de dimensions et d’aspects importants de l’engagement politique. […]

S’il est permis d’admettre une pluralité de méthodologies qui reflètent des sensibilités et des cultures différentes, aucun fidèle chrétien ne peut cependant en appeler au principe du pluralisme et de l’autonomie des laïcs en politique pour favoriser des solutions qui compromettent ou qui atténuent la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société.

En soi, il ne s’agit pas de « valeurs confessionnelles » car de telles exigences éthiques sont enracinées dans l’être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n’exigent pas de ceux qui les défendent la profession de la foi chrétienne même si la doctrine de l’Eglise les confirme et les protège toujours et partout comme un service désintéressé de la vérité sur l’homme et sur le bien commun de la société civile.

D’autre part, on ne peut nier que la politique doit aussi se référer à des principes qui possèdent une valeur absolue précisément parce qu’ils sont au service de la dignité de la personne et du vrai progrès humain. La promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le « confessionnalisme » ou l’intolérance religieuse.

Pour la doctrine morale catholique, la laïcité, comprise comme autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique, mais pas par rapport à la sphère morale, est une valeur acquise et reconnue par l’Eglise, et elle appartient au patrimoine de civilisation déjà atteint. Jean Paul II a maintes fois mis en garde contre les périls qu’entraîne toute confusion entre la sphère politique et la sphère religieuse.

« On arrive à des situations très délicates lorsqu’une norme spécifiquement religieuse devient, ou tend à devenir loi de l’Etat sans que l’on tienne compte comme on le devrait de la distinction entre les compétences de la religion et celles de la société politique. Identifier loi civile et loi religieuse peut effectivement étouffer la liberté religieuse et aller jusqu’à limiter ou nier d’autres droits inaliénables de l’homme » (Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix 1991 : « Si tu veux la paix, respecte la conscience de tout homme », 8 décembre 1990).

Tous les fidèles sont bien conscients que les actes spécifiquement religieux (profession de la foi, accomplissement des actes de culte ou des sacrements, doctrine théologique, communication réciproque entre les autorités religieuses et les fidèles, etc.) restent hors de la compétence de l’Etat, qui ne doit pas s’en mêler, et qui ne peut en aucune manière y obliger ou les empêcher, sauf en cas de nécessité fondée sur l’ordre public.

La reconnaissance des droits civils et politiques, ainsi que la mise à disposition des services publics, ne peuvent être conditionnées par des convictions ou des prestations religieuses de la part des citoyens.

Il en va tout autrement du droit et des devoirs des citoyens catholiques, comme de tous les autres citoyens, de rechercher sincèrement la vérité, de promouvoir et de défendre par des moyens licites les vérités morales concernant la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie et des autres droits de la personne.

Le fait que certaines de ces vérités soient aussi enseignées par l’Eglise ne réduit en rien la légitimité civile ni la « laïcité » de l’engagement de ceux qui se reconnaissent en elles, indépendamment du rôle que la recherche rationnelle et la certitude provenant de la foi ont joué dans leur reconnaissance par chaque citoyen.

En effet, la « laïcité » désigne en premier lieu l’attitude de qui respecte les vérités procédant de la connaissance naturelle sur l’homme qui vit en société, même si ces vérités sont enseignées aussi par une religion particulière, car la vérité est une. Ce serait une erreur de confondre la juste autonomie que les catholiques doivent avoir en politique, avec la revendication d’un principe qui fait fi de l’enseignement moral et social de l’Eglise.

L’enseignement social de l’Eglise n’est pas une ingérence dans le gouvernement des pays. Il établit assurément un devoir moral de cohérence pour les fidèles laïcs, intérieur à leur conscience qui est unique et une.

« Dans leur existence, il ne peut y avoir deux vies parallèles, d’un côté la vie qu’on nomme « spirituelle » avec ses valeurs et ses exigences, et de l’autre la vie dite « séculière », c’est-à-dire la vie de famille, de travail, de rapports sociaux, d’engagement politique, d’activités culturelles. Le sarment greffé sur la vigne qui est le Christ donne ses fruits en tout secteur de l’activité et de l’existence. Tous les secteurs de la vie laïque, en effet, rentrent dans le dessein de Dieu, qui les veut comme le « lieu historique » de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus Christ à la gloire du Père et au service des autres. Toute activité, toute situation, tout engagement concret, comme par exemple la compétence et la solidarité dans le travail, l’amour et le dévouement dans la famille et dans l’éducation des enfants, le service social et politique, la présentation de la vérité dans le monde de la culture, tout cela est occasion providentielle pour un exercice continuel de la foi, de l’espérance et de la charité. » (Jean Paul II, exhortation Christifideles Laici, 30 décembre 1988)

Vivre et agir en politique conformément à sa conscience ne revient pas à se plier à des positions étrangères à l’engagement politique ou à une forme de confessionnalisme ; mais c’est l’expression par laquelle les chrétiens apportent une contribution cohérente pour que, à travers la politique, s’instaure un ordre social plus juste et conforme à la dignité de la personne humaine.

Dans les sociétés démocratiques, toutes les propositions sont soumises à discussion et évaluées librement. Les personnes qui, au nom du respect de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu’ont les chrétiens d’être en harmonie avec leur conscience un élément pour les disqualifier politiquement, leur refusant le droit d’agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun, tomberaient dans une forme de laïcisme intolérant.

Dans une telle perspective en effet, on entend refuser à la foi chrétienne non seulement toute importance politique et culturelle mais jusqu’à la possibilité même d’une éthique naturelle. S’il en était ainsi, la voie serait ouverte à une anarchie morale qui ne pourrait jamais être identifiée à une forme quelconque de pluralisme légitime.

 

La domination du plus fort sur le faible serait la conséquence évidente d’une telle position. D’autre part, la marginalisation du christianisme l’empêcherait de servir à l’avenir de la société, et à la concorde des peuples. De plus, elle minerait les fondements culturels et spirituels de la civilisation (Jean Paul II, Discours au corps diplomatique accrédité près le Saint Siège, 10 janvier 2002). »