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La Pologne secouée par un documentaire accablant sur la pédophilie dans l’Eglise

Un tabou est définitivement en train de tomber dans le dernier bastion catholique d’Europe. Les révélations sur le caractère systémique de la pédophilie dans l’Eglise se multiplient en Pologne. Celui déclenché, samedi 11 mai, par le film documentaire indépendant Seulement ne le dis à personne aura assurément un impact plus profond et durable que les autres.

Financé par des dons d’internautes, diffusé sur le réseau de vidéos en ligne YouTube, le film, d’une durée de deux heures, est devenu en l’espace d’un week-end un véritable phénomène de société. Mardi matin, trois jours après sa mise en ligne, il affichait plus de 11 millions de vues. Dans un pays de 40 millions d’habitants, dont 40 % fréquentent la messe dominicale, il a déclenché une véritable tempête politico-médiatique, en pleine campagne des élections européennes.

Le caractère inédit du documentaire, fruit d’une consciencieuse enquête journalistique, est de confronter directement des victimes de prêtres pédophiles, en caméra cachée, avec leurs agresseurs. A plusieurs reprises, ces derniers avouent leurs actes, et tentent de demander pardon, surpris par ces rencontres inattendues, des dizaines d’années après les faits. Les nombreux témoignages de victimes, poignants, font l’effet d’un électrochoc. Leurs signalements des faits aux autorités ecclésiastiques et leurs tentatives de communication se heurtent systématiquement à un mur.

 

Suite de l’article sur Le Monde (avec les réticences d’un journal qui se réjouit de l’infortune de l’Eglise)

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Pologne – Les évêques mettent en garde contre l’abandon de la foi

Dans une lettre pastorale commune lue dans tout le pays lors des messes du 4 novembre 2018, les évêques catholiques de Pologne ont mis en garde contre un « abandon de la foi catholique ».
La lettre a été écrite à l’occasion du centenaire de la restauration de l’indépendance de la Pologne, le 11 novembre 1918. « La célébration de cet anniversaire nous incite à réfléchir sur l’état actuel de la Pologne et la menace qui pèse sur son existence souveraine », déclarent les évêques. L’abandon des « principes chrétiens » comme base de la vie familiale et de l’Etat a été « le danger le plus grave » qui a conduit à la chute de l’Etat polonais dans le passé, analyse l’épiscopat. L’indépendance étatique n’a pas été « donnée à la nation polonaise une fois pour toutes », mais a exigé de chaque génération polonaise qu’elle se « préoccupe de la patrie ».

L’indépendance a été acquise, il y a 100 ans, par des Polonais « libres intérieurement, fortifiés dans la foi et responsables de la nation ». Après 123 ans de domination étrangère, l’Etat indépendant a été obtenu non seulement par la lutte armée et les efforts politiques et diplomatiques, « mais surtout par l’amour de Dieu et du prochain ».

Appréciation des femmes
Les évêques soulignent le rôle de l’Église catholique et des chrétiens d’autres confessions dans la préservation de l’identité nationale. Ils rendent aussi hommage aux familles, et en particulier aux femmes, qui ont transmis « l’amour de Dieu, de l’Eglise et de la Patrie » à la génération suivante. Outre l’abandon de la foi catholique, les pasteurs mettent en garde contre « l’alcool, les drogues, la pornographie, les dangers d’internet, les jeux de hasard ». La diffusion de cet « esclavage« , surtout parmi les jeunes générations, affaiblit la nation moralement et spirituellement.

La lettre critique aussi l’égoïsme des individus et des groupes, le désintérêt pour le bien commun, « la calomnie et l’insulte contre la foi catholique, les traditions nationales polonaises et tout ce qui constitue notre patrie. »

Solidarité entre les générations
« Le commandement universel de l’amour de Dieu et du prochain inclut l’amour de son propre pays « , soulignent les évêques. Ils appellent à l’honnêteté, à la solidarité entre les générations et à la « responsabilité envers les plus faibles« .

Le 11 novembre, la Pologne célèbre sa refondation à la fin de la Première Guerre mondiale après 123 ans d’occupation par ses voisins. En 1795, la Prusse, la Russie et l’Autriche-Hongrie s’étaient partagé la Pologne. Aujourd’hui, près de 90 % des Polonais appartiennent à l’Église catholique.

 

Source Cathobel

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Pologne : la gauche intensifie sa campagne contre l’Eglise catholique avec le film “Kler”

Profitant des scandales affectant l’Eglise catholique dans le monde, et notamment des scandales homosexuels et pédophiles (mis ensemble dans le même sac de la pédophilie) aux Etats-Unis, au Chili et en Allemagne, en Pologne la gauche politico-médiatique part de nouveau à l’assaut de l’Église avec comme arme lourde – faute sans doute de munitions suffisantes dans le monde réel – le film d’un réalisateur ouvertement athée et anticlérical. Ce film est censé, pour reprendre les mots du journal français Le Monde, « dénoncer les péchés de l’Eglise » et « créer un électrochoc en Pologne ». « Dans le dernier bastion catholique d’Europe », écrit Le Monde associé au journal libéral-libertaire et anticlérical polonais Gazeta Wyborcza, « le film, qui se veut le miroir de l’hypocrisie de l’Eglise polonaise face, notamment, aux scandales de pédophilie, est en passe de devenir un véritable phénomène de société. » D’après Le Monde, qui mérite d’être cité ici en ce que sa description du film reflète parfaitement ce qu’en disent les médias de gauche en Pologne, le film Kler (Le clergé) du réalisateur Wojciech Smarzowski « est une œuvre sur les coulisses d’une institution, dont bien des Polonais, même croyants, ont du mal à accepter la toute-puissance. Si le réalisateur prétend vouloir montrer ce qui se passe “de l’autre côté de l’autel”, le film met paradoxalement à l’écran ce qu’une large partie de la population pense tout bas : l’avidité, les abus de pouvoir du clergé, la corruption, une pédophilie endémique. »
Lire la suite sur réinformation.tv

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Pologne – La conférence épiscopale et le président soutiennent Alfie Evans

La conférence épiscopale de Pologne et le président polonais ont officiellement apporté leur soutien à Alfie Evans.

En Angleterre, ni l’archevêque, ni la famille royale n’ont bougé.

En France….

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La FAFCE apporte son soutien sans réserve à l’initiative citoyenne polonaise pour la vie

Soutien sans réserve à l’initiative citoyenne polonaise pour la vie
Bruxelles, le 4 avril 2018

La Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) a déjà exprimé tout son soutien à l’initiative citoyenne polonaise #StopAbortion (« Zatrzymaj Aborcję ») qui consiste en une proposition législative visant à interdire l’avortement eugénique.

Face à une pression internationale et médiatique croissante, la FAFCE réitère son soutien à cette initiative citoyenne, en réaffirmant le principe de subsidiarité et le droit à la vie de tous les êtres humains. Toute vie humaine compte : une société qui respecte vraiment la dignité humaine accueillera tous les bébés, avec un soin particulier pour les plus faibles et les sans-voix parmi nous, comme ces enfants à naître atteints de maladies ou d’anomalies fœtales. L’année dernière déjà, un « Plan pour la vie » était mis en œuvre en Pologne, accordant un soutien financier à la naissance d’un enfant handicapé ou atteint d’une maladie grave.

Selon le président de la FAFCE, Antoine Renard, « Ceux qui se définissent comme ‘défenseurs des droits de l’homme’ et experts mais qui ne tiennent pas compte des faits scientifiques sur le début de la vie humaine ne méritent pas beaucoup de considération de la part des décideurs politiques polonais : au contraire, en adoptant le projet de loi #StopAbortion, les membres du Parlement feront de leur pays un exemple pour toute l’Europe ». À l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, célébrée récemment au Parlement européen, il a été rappelé qu’au Royaume-Uni, en Islande et au Danemark, plus de 90 % des bébés atteints de trisomie 21 sont avortés.

Une initiative législative #StopAbortion serait nécessaire non seulement en Pologne, mais dans de nombreux autres pays, également en accord avec les récents commentaires publiés par le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, déclarant que « les lois qui autorisent explicitement l’avortement pour des raisons de handicap violent la Convention relative aux droits des personnes handicapées ».

La FAFCE souligne que ce projet de loi est le fruit d’une initiative citoyenne rassemblant environ 830,000 signatures, bien au-delà du minimum de 100,000 demandé pour une initiative législative de ce type. Travaillant pour faire entendre ces voix au niveau européen, la FAFCE pense aussi à tous les parents qui, loin de la clameur des médias et des manifestations, élèvent et prennent soin d’un enfant avec une maladie, une richesse pour toute notre société : ils méritent notre respect, notre soutien et notre compassion pour toutes leurs luttes. Ils n’ont pas besoin d’un État qui aurait empêché la naissance de leurs enfants, mais d’un État respectueux de la vie à tous les stades, dans toutes les situations, engagé dans la recherche pour combattre les maladies et à améliorer la qualité de la vie.

La FAFCE appelle tous les dirigeants politiques polonais à écouter leurs nombreux concitoyens et à ne pas être intimidés par les pouvoirs extérieurs et les lobbies internes qui s’opposent à la culture de la vie. L’Europe a besoin d’un exemple à suivre dans la culture de la vie.

La Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) représente 22 associations locales et nationales : nous sommes la voix des familles d’une perspective catholique au niveau européen. La FAFCE détient un statut participatif auprès du Conseil de l’Europe et fait partie de la plateforme des droits fondamentaux de l’Union européenne.

 

Merci à Belgicatho

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Pologne – L’homélie qui met mal à l’aise Cracovie “Je prie pour le que la pape s’ouvre à l’Esprit Saint ou rejoigne le père”

« Je prie en demandant la sagesse pour le pape, pour que son cœur s’ouvre à l’influence du Saint-Esprit, et s’il ne le fait pas, je prie pour son départ rapide vers la maison du Père »

L’homélie du Père Staniek, intitulée « Autorité et non Pouvoir », a été initialement publiée sur le site du magazine catholique Ktoś Jak Bóg ? (Qui est comme Dieu ?). Elle a été retirée. L’archevêque métropolite de Cracovie, Marek Jędraszewski, a publié une courte déclaration dans laquelle il a déclaré ressentir « de la douleur et des regrets » en prenant connaissance de l’homélie de Staniek et qu’il lui en a parlé : « Je vous assure que toute l’Eglise à Cracovie, chaque jour, prie ardemment aux intentions du Saint-Père, François, demandant au Seigneur Dieu de lui donner la grâce dont il a besoin pour accomplir l’office de Pierre dans l’Église une, sainte, catholique et apostolique », a déclaré l’archevêque le 17 mars.

Un prêtre éminent en Pologne a fait les gros titres après avoir dit en chaire qu’il prie pour que le pape François meure s’il ne fait pas la volonté du Saint-Esprit.

Le Père Edward Staniek, 77 ans, spécialiste de patristique, a été recteur du Grand Séminaire de l’Archidiocèse de Cracovie de 1993 à 2001. Il a été ordonné prêtre en 1965 par Karol Wojtyła, maintenant connu comme le pape Saint Jean Paul II, et il est l’auteur de plus de 40 livres théologiques ou catéchétiques.

Dans son homélie désormais célèbre, prononcée à Cracovie le 25 février, le père Staniek a dit qu’il prie pour que le pape François reçoive la sagesse, et il a insisté sur le fait que l’autorité du pape découle uniquement de l’obéissance à Jésus-Christ.

« Je prie en demandant la sagesse pour le pape, pour que son cœur s’ouvre à l’influence du Saint-Esprit, et s’il ne le fait pas, je prie pour son départ rapide vers la maison du Père », a-t-il dit. « Nous pouvons toujours demander à Dieu une mort heureuse pour lui, parce qu’une mort heureuse est une grande grâce. »

Selon Polonia Christiana, un thème central du sermon de Staniek était que l’autorité dans l’Église et le simple fait d’être dirigeant dans l’Église sont deux choses différentes.

« Qui est la plus grande autorité pour moi ? Est-ce Jésus ? » demanda le prêtre. Il a expliqué que l’autorité est le respect pour quelqu’un de fiable, quelqu’un qui mérite la confiance pour une raison quelconque, comme être spécialiste dans un domaine donné. Cependant, l’autorité n’est méritée que par ceux qui sont responsables.

« Le respect d’une telle personne fait que son opinion est importante. Le fondement de l’autorité est la responsabilité d’une personne », a déclaré le théologien.

« Mon Dieu est responsabilité », continua Staniek, « et Il me fait à Son image et à Sa ressemblance. Il est Autorité. Et je dois être une autorité à 100 % responsable de mes paroles, pensées et actions. »

Le père Staniek a mis en garde contre l’hypothèse automatique selon laquelle les hommes d’Eglise professionnels sont des autorités. Il a inclus le pape, les cardinaux, les évêques, et les prêtres de paroisse parmi ceux qui peuvent avoir un pouvoir mais pas l’autorité. Être capable de donner des ordres ne signifie pas que quelqu’un a une autorité réelle, a expliqué Staniek. Tandis que la seule et unique autorité dans l’Eglise est Jésus.

« On ne peut pas vous donner l’autorité », a déclaré le prêtre, « vous pouvez [seulement] grandir en elle. La seule autorité dans l’Église est Jésus. Pas le pape, pas la hiérarchie… C’est Jésus. Et l’Église vit sur le fondement de son autorité. Quiconque dans l’Église… agit comme Jésus, alors cette personne rayonne de Son autorité. Une position élevée donne du pouvoir mais pas de l’autorité. »

Le prêtre a alors jugé que le pape François s’écarte de Jésus en faisant deux interprétations erronées de la miséricorde du Christ. Selon Staniek, François a tort à la fois d’ordonner aux églises et aux diocèses d’inviter les musulmans et d’encourager les gens en état de péché mortel à recevoir la Sainte Communion.

« Au nom de la miséricorde, [François] appelle les paroisses et les diocèses à ouvrir les portes à l’islam », a-t-il déclaré. « [C’est] une religion hostile à l’Evangile et à l’Eglise. Dans des guerres religieuses ils ont tué des millions de personnes. »

 

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Le 26 novembre 2017, l’Irlande, à la suite de la Pologne s’entourait du Rosaire – à quand pour la France, Fille aînée de l’Eglise ?

Une communication de “Une minute avec Marie” que nous reproduisons ci-dessous nous rapporte que le 26 novembre 2017 était organisé un Rosaire national en Irlande, premier pays consacré au Christ Roi. La France étant (l’est-elle encore ?) la Fille aînée de l’Eglise et consacrée depuis 1638 à la Sainte Vierge selon le voeux du roi Louis XIII, nous espérons que nos évêques secoueront leurs mitres un tantinet poussiéreuses et timorées et suivront l’exemple de la Pologne et de l’Irlande, car notre pays en a tant besoin ! N’hésitez pas à leur écrire et à leur faire cette demande, tout en les assurant de votre prière et de votre soutien aussi bien spirituel que financier. ;-)

Le Rosaire aux frontières qui a rassemblé un très grand nombre de catholiques le samedi 7 octobre 2017 en Pologne fait des émules. Après une prière du Rosaire nationale en Italie le vendredi 13 octobre, « pour suivre les enseignements de Marie et pour suivre le très bel exemple donné par nos frères polonais », c’est en Irlande qu’avait lieu le dimanche 26 novembre 2017, jour de la fête du Christ Roi, un « Rosaire sur les côtes pour la foi et pour la vie ». Pourquoi ce jour ? Tout simplement, expliquent les organisateurs, parce que l’Irlande a été le premier pays consacré au Christ Roi, dans les années 1940.

 

Tout le long des côtes irlandaises, la prière du Rosaire a donc été dite à partir de 14h30, suivie du Chapelet de la Divine Miséricorde à 15h. Plus de 250 lieux de prières avaient été déclarés aux organisateurs, y compris en Irlande du Nord, alors que l’objectif initial était de 53 !

 

Au moins quatre évêques et de nombreux prêtres avaient annoncé qu’ils y prendraient part. L’intention de cette grande prière nationale était la restauration de la foi catholique en Irlande et la protection des enfants dès la conception. Les organisateurs rappellent les mots de Pie IX : « Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferai la conquête du monde. » Ils avaient demandé aux fidèles d’amener avec eux leurs médailles miraculeuses pour les faire bénir par les prêtres et les enterrer sur le bord de mer en demandant à la Vierge Marie d’intercéder pour protéger l’Irlande contre le mal. 

Découvrir plus sur mariedenazareth.com

 

Conférences/Formations #NLQ

Chrétiens d’Orient, résister sur notre terre – Conférence de Mgr Gollnisch le 7 février 2018 à Paris

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Pologne – Plus d’un million de personnes pour suivre les rois mages

En Pologne, cela ne fait que dix ans que les cortèges des rois mages défilent chaque année pour la fête de l’Épiphanie, mais c’est déjà devenu une tradition populaire qui s’exporte à l’étranger. Pour l’édition 2018, des cortèges ont été formés dans 660 villes et ils ont rassemblé environ 1,2 millions de personnes. A Varsovie, trois crèches vivantes ont été rejointes par les rois mages. Les organisateurs ont compté environ 80.000 personnesrassemblées autour de Gaspard l’Européen, Melchior l’Asiatique, Balthazar l’Africain et leurs suites dans les différents quartiers de la capitale.

L’Épiphanie, c’est dans l’Eglise la fête de la Révélation au monde de Dieu fait homme. Les cortèges des rois mages, qui défilent chaque année dans les rues d’un nombre croissant de villes polonaises pour aller s’incliner devant l’Enfant Jésus au centre d’une crèche vivante, sont l’occasion d’annoncer la naissance du Christ à tous les Polonais et aux étrangers de passage qui peuvent ne pas être des catholiques croyants ou pratiquants mais qui sont attirés par le caractère festif et joyeux de l’événement. La foule chante les traditionnels cantiques de Noël, les évêques accompagnent les cortèges des rois mages qui passent devant des scènes représentant la cour du roi Hérode, des diables cherchant à détourner les trois rois mages de leur but, des anges qui au contraire les encouragent à aller à la rencontre de Dieu et d’autres scènes jouées par des acteurs professionnels ou amateurs.

 

Lire et regarder le reportage photo sur Reinformation.TV

Tribunes et entretiens

Le point sur les initiatives provie en Pologne

Entretien avec maître Jerzy Kwaśniewski, avocat, président de l’ ONG polonaise pro-famille et pro-vie Ordo Iuris, co-auteur de l’initiative citoyenne contre l’avortement qui a été rejetée par la Diète en 2016 après les « manifestations noires ».

Maître, pouvez-vous nous dire en quelques mots ce qu’est l’Institut pour la culture légale Ordo Iuris ?

L’Institut Ordo Iuris est une fondation avec deux grandes missions. Tout d’abord, il s’agit d’un groupe de réflexion juridique qui prépare des analyses et participe au processus législatif en tant que groupe de pression et en informant l’opinion publique. Ensuite, Ordo Iuris est un défenseur des droits de l’homme qui se concentre sur les droits fondamentaux découlant de la dignité humaine garantie par l’article 30 de la Constitution polonaise. Ces droits sont le droit à la vie et le droit aux soins de santé. Nous défendons aussi le mariage défini par notre Constitution comme étant une union entre un homme et une femme. Nous sommes un groupe de juristes qui consacrent leur temps professionnel pour la défense des valeurs fondamentales, des droits naturels. Nous intervenons dans les procès et créons des précédents. Dans 80 % des cas, nous soutenons devant la justice des familles en conflit avec l’administration, quand on leur a pris leurs enfants ou quand il est porté atteinte à l’autonomie de ces familles.

Vous soutenez aussi les demandes d’asile en Pologne de familles norvégiennes auxquelles l’assistance sociale norvégienne, le tristement célèbre Barnevernet, veut prendre les enfants…

Notre intérêt pour la Norvège a commencé avec les Polonais : il y en a environ 100 000 dans ce pays de 5 millions d’habitants. Le Barnevernet est particulièrement invasif, il porte très facilement atteinte à l’autonomie de la famille et au respect de la vie familiale garanti par la Convention européenne des droits de l’homme. En Norvège, les enfants sont fréquemment retirés à leur famille sans jugement. Quand nous avons commencé à soutenir les familles polonaises, nous nous sommes aperçus que le problème concernait aussi les familles norvégiennes. Certaines familles norvégiennes choisissent de fuir leur pays pour pouvoir garder leurs enfants. Plusieurs d’entre elles se sont réfugiées en Pologne. Nous avons décidé cette année de les aider et il y a en ce moment deux familles qui ont officiellement demandé l’asile dans notre pays. La procédure dure déjà depuis quelques mois et nous sommes plutôt optimistes quant à son issue.

L’Institut Ordo Iuris défend aussi les droits des enfants avant leur naissance, n’est-ce pas ?

Nous défendons tous les enfants, qu’ils soient dans la phase prénatale ou post-natale de leur développement. La Constitution polonaise garantit le droit à la vie de chacun dès la conception, et cela a été confirmé par une décision de notre Cour constitutionnelle en 1997. Malheureusement, notre loi, adoptée avant notre constitution de 1997, permet trois exceptions à ce principe : lorsque la santé de la femme enceinte est menacée, lorsque l’enfant a été conçu à la suite d’un acte interdit par la loi (viol, inceste, …), ou bien lorsque l’enfant conçu est porteur d’une anomalie congénitale grave ou d’une maladie grave et incurable, ce qui concerne en fait la quasi-totalité des avortements réalisés dans les hôpitaux polonais. On parle communément en Pologne d’avortements eugéniques et il s’agit, à la lumière de la récente position adoptée par le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU, d’une exception discriminatoire qui ne devrait pas exister dans les pays signataires de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Les victimes de cette exception, ce sont très souvent des enfants touchés par la trisomie 21 ou le syndrome de Turner, des anomalies qui ne sont absolument pas incompatibles avec la vie…

Tout à fait, cette exception dans le droit sur l’avortement polonais menace en premier lieu les enfants porteurs de caractéristiques conférées par la trisomie 21, le syndrome de Turner ou le syndrome d’Edwards, car ces syndromes sont très faciles à détecter en phase prénatale. Et malheureusement, le diagnostic prénatal de ces syndromes, au lieu de servir à soigner et accompagner, est utilisé pour opérer une sélection eugénique et tuer les enfants concernés.

Des députés ont justement saisi la Cour constitutionnelle sur cette atteinte au droit à la vie garanti par la Constitution polonaise, n’est-ce pas ?

En ce moment, cette autorisation des avortements eugéniques est attaquée de deux manière. D’une part, il y a l’initiative citoyenne « Arrêtez l’avortement ». Ce projet de loi citoyen a été déposé le 30 novembre à la Diète avec près de 850 000 signatures, ce qui est un énorme succès. Notre parlement va devoir en débattre et se prononcer d’ici au mois de février. D’autre part, un groupe de 100 députés a saisi la Cour constitutionnelle sur la question des avortements eugéniques qui discriminent les personnes handicapées. Cette saisine aurait dû intervenir il y a déjà très longtemps, mais cela n’avait jamais été fait. Elle s’appuie sur le jugement de 1997 qui reconnaît qu’il n’y a pas après la conception d’autre moment objectif qui pourrait être considéré comme le début de la vie humaine, et que donc la vie doit être protégée dès la conception sans discrimination aucune.

Un autre projet citoyen concurrent a été déposé pour au contraire légaliser l’avortement à la demande, aujourd’hui interdit en Pologne. Les personnes à l’origine de ce projet ont affirmé avoir recueilli 400 000 signatures, mais Ordo Iuris conteste cela et a demandé au parquet d’ouvrir une enquête…

Pour déposer un projet de loi citoyen, il faut recueillir au minimum 100 000 signatures. Les auteurs de l’initiative pro-avortement à l’intitulé trompeur « Sauvons-les femmes » ont prétendu sur leur site Internet en avoir recueilli près d’un demi-million. Le même jour, ils en déclaraient 371 000 au président de la Diète. Mais le compte des feuilles de signatures, qui peuvent contenir au maximum 10 signatures chacune, a montré qu’il y avait un peu plus de 21 800 feuilles, et donc qu’il ne pouvait pas y avoir plus de 218 000 signatures, soit quatre fois moins que pour l’initiative contre les avortements eugéniques. La déclaration officielle au président de la Diète était donc mensongère, ce qui est grave de la part d’un comité d’initiative citoyenne puisqu’il est acteur du processus législatif. Le but était de toute évidence de manipuler l’opinion publique.

Craignez-vous des pressions de l’Union européenne face à la volonté d’abolir les avortements eugéniques ?

Les structures supranationales de l’UE se sont déjà à maintes reprises opposées aux normes du droit international dans le domaine de la protection de la vie, notamment en ce qui concerne la vie prénatale et notamment pour les enfants handicapés. Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a estimé dans une opinion récente que les avortements eugéniques sont contraires à la Convention relative aux droits des personnes handicapées puisque cela discrimine les personnes handicapées. Mais il y a aussi la Convention relative aux droits de l’enfant qui garantit une protection à chaque enfant avant comme après la naissance. Ces normes internationales nous paraissent peut-être dépassées en Europe, mais il faut savoir qu’à l’échelle mondiale, sur 196 États, plus de 120 protègent la vie mieux que la Pologne aujourd’hui. En Europe, on observe malheureusement des pratiques à la limite du génocide. Ce qui se passe en Islande, au Danemark, et aux Pays-Bas, et qui va se passer bientôt en France, avec les nouveaux tests non invasifs servant à l’extermination de certaines catégories d’enfants, pose de grave questions, y compris à la lumière des verdicts de Nuremberg. Ne s’agit-il pas d’une campagne menée par des États dans le but d’éliminer de la société, en les empêchant de naître, les personnes touchées par la trisomie 21 ?

Propos recueillis par Olivier Bault, correspondant à Varsovie

 

Source Ndf