A la une #NLQ #Rome

Réforme du processus matrimonial : le rôle de l’évêque précisé

En avril 2018, la congrégation pour l’éducation catholique avait publié une instruction sur le rôle des consultent qui ouvrent le processus de nullité de mariage avant le début formel du procès et les formations qu’ils doivent posséder pour intervenir.

L’instruction permet donc à l’évêque de s’adjoindre le conseil de consultants.

Zenit a traduit l’article du cardinal Giuseppe Versaldi paru le 6 juillet 2018 en italien dans le quotidien du Vatican :

Il est important de préciser que toutes les dispositions de l’instruction visent d’abord à aider les évêques dans leur fonction première et irremplaçable de responsables du procès pour les causes de déclaration de nullité, surtout dans les procès dits « plus courts » (art. 5 Mitis iudex Dominus Iesus). En effet, en vertu de l’ordination sacramentelle et du mandat canonique, l’évêque acquiert la compétence, le droit et le devoir de juger en matière matrimoniale, même s’il peut se prévaloir de collaborateurs. Le canon 378 § 1 du CIC n. 5 n. 5 n’exige pas que l’évêque détienne de manière absolue des titres académiques en Saintes Écritures, Théologie ou Droit Canonique, mais qu’il « soit vraiment doué des autres qualités ». Il faut donc supposer qu’en plus de la grâce sacramentelle, tout évêque possède cette compétence générale dans les sciences sacrées. Dans ce contexte, nous devons interpréter ce que dit l’instruction sur le procès plus court : « L’exercice de l’office de juge dans le processus brevior postule pour le moins, chez lÉvêque diocésainune réelle connaissance de la discipline canonique quant au droit matrimonial et au procès matrimonial ». En d’autres termes, puisque la nomination comme évêque exige une compétence dans les sciences sacrées (même sans grade académique), il s’ensuit que tout évêque diocésain est supposé avoir les connaissances canoniques nécessaires pour instaurer un procès matrimonial canonique. Et si cela est valable au niveau formel, il ne faut pas oublier que l’évêque, étant appelé à être pasteur de son peuple, possède plus que quiconque la grâce et la charge de comprendre et de poursuivre le vrai bien des âmes et, par conséquent, capable de procéder avec justice et charité même dans ce domaine, le mariage, où beaucoup expérimentent la fragilité de la condition humaine. Cela n’enlève rien au fait que, comme l’instruction l’indique, la prudence peut conseiller à l’évêque diocésain de se prévaloir de collaborateurs encore plus expérimentés en droit canonique. Toutefois, cela est laissé à son entière discrétion, selon les circonstances de chaque cas.

Toutefois, pour dissiper tout doute sur la pleine compétence de chaque évêque diocésain à instruire personnellement un procès matrimonial, même sous sa forme la plus courte, j’ai demandé et obtenu du pape au cours de l’audience qu’il m’a accordée le 5 juin 2018, de modifier le paragraphe de l’instruction relatif au rôle de l’évêque (n. 2).

Ainsi, le paragraphe mentionné ci-dessus du n. 2 de l’instruction concernant la figure de l’évêque doit être remplacé par le texte suivant, considéré comme définitif et authentique :

« On peut mentionner des personnes qui interviennent, directement ou indirectement, dans le champ judiciaire ecclésial, aux différents niveaux d’activités connexes aux procès canoniques pour les causes de nullité matrimoniale :

— L’Évêque pour lequel le can. 378, § 1, n. 5 requiert « qu’il ait obtenu le doctorat ou au moins la licence en Écriture Sainte, en théologie ou en droit canonique dans un institut d’études supérieures approuvé par le Siège apostolique, ou qu’il soit au moins vraiment compétent en ces matières » [Cf. can. 180, n. 6 cceo]. Une telle connaissance des sciences sacrées (même sans grades académiques), ainsi que la grâce sacramentelle de l’ordination épiscopale, est suffisante pour rendre chaque évêque, par sa nature, pleinement idoine pour instruire tout procès matrimonial, y compris le procès plus bref. Ceci n’empêche pas que la prudence puisse conseiller à l’évêque de s’attacher des collaborateurs encore plus experts en droit canonique. Toutefois, ce choix est laissé à son entière discrétion, selon les circonstances des cas particuliers ».

Le texte intégral de l’Instruction, réformé uniquement dans le paragraphe indiqué, est disponible sur Internet (www.educatio.va) sur le site de la Congrégation pour l’éducation catholique.

Source : Zenit.org – Trad. Océane Le Gall

Dans le Monde #NLQ

Cardinal Pell – Une partie des charges abandonnées

Le procureur Mark Gibson a annoncé ce 2 mars l’abandon des charges contre le cardinal George Pell dans le procès intenté contre lui par Damian Dignan en 2016 pour conduite sexuellement inappropriée alors qu’il était mineur, le plaignant étant mort de leucémie en janvier dernier. Ce n’était qu’une des charges retenues par le parquet : il y en a d’autres mais dont le nombre et les détails n’ont pas été rendus publics. Ce lundi 5 mars, commencera à Melbourne une audience préliminaire, prévue pour durer quatre semaines, qui devra déterminer si les procureurs disposent de suffisamment de preuves pour ouvrir un procès devant jury sur les autres charges d’abus sexuels portées contre le cardinal par la police de l’État de Victoria en juin 2016, crimes que le cardinal a toujours nié avoir commis. Le cardinal devrait être présent à cette audience.

 

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NLQ #Rome

Finances – Le Vatican ouvre le procès de deux anciens responsables

Le procès de deux anciens responsables de l’institut financier du Saint-Siège s’ouvrira le 15 mars 2018 devant le tribunal du Vatican, annonce l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR).

Il s’agit d’Angelo Caloia, 78 ans, ancien président de l’IOR, et de l’avocat Gabriele Liuzzo, 94 ans, son conseiller juridique. Ils sont en effet accusés de détournement de fonds et de blanchiment d’argent, durant la période 2001-2008 dans le cadre de transactions immobilières. L’ancien directeur général, Lelio Scaletti, lui aussi soupçonné, est aujourd’hui décédé.

Leurs comptes avaient été saisis dès décembre 2014 : ils auraient cédé une partie considérable des actifs immobiliers de l’Institut (une trentaine d’immeubles), empochant des bénéfices, et les dommages globaux ont été évalués à plus de 50 millions d’euros.

La décision de renvoi a été prise à l’issue d’une enquête menée depuis 2014 par le Promoteur de justice du Vatican (procureur), Gian Piero Milano, après un dépôt de plainte d’IOR.

L’institut “a décidé de joindre une action civile à la procédure pénale, qui débutera le 15 mars 2018”, indique la même source.

L’IOR souligne que cette nouvelle étape est le résultat de sa volonté de transparence : “Cette étape importante démontre une fois de plus l’engagement significatif pris par la direction d’IOR au cours des quatre dernières années afin de mettre en place une gouvernance forte et transparente, conforme aux normes internationales les plus rigoureuses. L’IOR a l’intention de poursuivre par des procédures judiciaires civiles et pénales toute activité illicite réalisée à son détriment, où qu’elle se soit produite et quelle que soit la personne qui ait agi.”

A l’angélus de ce dimanche 4 mars 2018, commentant l’épisode des marchands chassés du Temple de Jérusalem par Jésus, le pape François a justement évoqué ce danger « grave », « extrême », « mortel » : « le danger de faire de notre âme, qui est la demeure de Dieu, un lieu de marché, en vivant à la recherche continue de notre profit plutôt que dans un amour généreux et solidaire » et « la tentation de profiter d’activités bonnes, parfois des devoirs, pour cultiver des intérêts privés, voire illicites ».

Source Zenit

En France #NLQ

L’abbé Jean-Baptiste Fouque bientôt béatifié

Le Vatican a publié, le lundi 18 décembre, le décret reconnaissant un miracle attribué à l’intercession du Vénérable Jean-Baptiste Fouque.

Le Vatican a publié, le lundi 18 décembre, le décret reconnaissant un miracle attribué à l’intercession du Vénérable Jean-Baptiste Fouque.

Notre diocèse se réjouit de la prochaine béatification de celui qui a consacré toute sa vie à s’occuper des plus pauvres, en particulier des enfants abandonnés, orphelins ou délinquants, fondant de nombreuses Œuvres bien vivantes aujourd’hui encore.

Nous remercions Mgr Bernard Ardura, postulateur de la cause en béatification, qui a contribué à faire connaître ce prêtre audacieux, qu’on a appelé « le téméraire de la charité ».

Il est heureux que soit proposé à la vénération de tous les fidèles le modèle d’un homme prêtre qui a su allier une confiance indéfectible en Dieu et une charité active.

+ Georges PONTIER
Archevêque de Marseille

Conférences/Formations #NLQ

Prochaine conférence de l’association des écrivains catholiques – Jacques Trémolet de Villers

L’association des écrivains catholiques de langue française organise une conférence le mardi 10 octobre 2017 à 11h. Me Jacques Trémolet de Villers parlera du procès de sainte Jeanne d’Arc.

Les conférences ont lieu au monastère de la Visitation, 68 avenue Denfert-Rochereau à Paris XIVe. L’entrée est libre.

Chaque conférence est précédée d’une messe à 10h30.

 

NLQ #Rome

Le retour du cardinal Pell à Rome s’annonce de plus en plus improbable

C’est à 9 h (heure locale, 1 h du matin à Paris) ce matin, au milieu d’un grand concours de médias – on parle de 200 journalistes… – et de manifestants pour ou contre, que le cardinal George Pell, flanqué de ses avocats et d’une dizaine de policiers, a fait son entrée dans la salle d’audience n° 2 du Tribunal de première instance de Melbourne. Cette audience administrative n’a duré que quelques minutes, le temps pour le tribunal de renvoyer au 6 octobre prochain la date de la première audience au cours de laquelle un magistrat entendra les deux parties et décidera si les accusations portées contre le cardinal ont suffisamment de substance pour ouvrir un procès et, sans doute, si le prévenu doit être ou non placée en détention pendant sa durée. L’accusation doit fournir à la défense les preuves retenues contre le cardinal au plus tard le 8 septembre. La défense a déjà indiqué que le cardinal plaidera non coupable. Comme nous l’avions signalé ici, le procès s’annonce long : on parle de plusieurs mois, voire de quelques années… Le retour rapide à Rome du cardinal Pell et sa reprise de fonction à la tête du Secrétariat pour l’économie, s’annoncent de plus en plus improbables.

 

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Asie #NLQ

Myanmar – Enfin des nouvelles des deux pasteurs arrêtés en décembre dernier

Si les nouvelles ne sont pas bonnes, elles nous apprennent au moins que les deux pasteurs sont toujours vivants… Ils étaient portés disparus depuis le 24 décembre 2016, et il y avait eu beaucoup de confusion sur leur affiliation religieuse : Ils n’étaient, en fait, pas catholiques mais pasteurs protestants baptistes (Kachin Baptist Convention). Ils avaient été arrêtés pour avoir servi de guide à des journalistes birmans et les avoir menés sur le site d’une église catholique bombardée par l’aviation du régime – le curé de la paroisse et nombre de ses fidèles se sont réfugiés en Chine – en novembre 2016. On apprend donc, dans une dépêche documentée de Morning Star News, que les deux pasteurs sont passés devant un tribunal à Lashio le 3 mai dernier. Ils sont accusés d’association illégale, de recrutement et d’espionnage au service de groupes armés ethniques – telle l’Armée indépendante kachin –, des accusations récusées par les inculpés. Le plus âgé des deux, le pasteur Dom Dawng Nawng Latt, âgé de 65 ans, est très malade et sa santé se détériore dangereusement. Les conditions de détention de ces deux chrétiens sont parfaitement illégales : le code pénal birman prévoit en effet qu’on ne peut pas détenir un suspect plus de 28 jours avant de le juger. Ces deux chrétiens ont été placés plus de quatre mois en détention préventive…

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Culture #Doctrine / Formation #NLH

Jeanne d’Arc ou la légitimité surnaturelle – Retrouvez la plaidoirie de Me Trémolet de Villers

Avocat et écrivain, Maître Jacques Trémolet de Villers était familier des minutes du procès de Jeanne d’Arc lorsqu’il les a redécouvertes en professionnel du barreau. Il fait partager cette relecture du procès de Rouen dans un ouvrage passionnant qui réunit « le plus émouvant et le plus pur chef-d’œuvre de la langue française ». Son livre, Jeanne d’Arc, le procès de Rouen vient de sortir en poche chez Tempus (Perrin). Un livre à lire ou à relire en cette période électorale.

Est-ce l’avocat, le chrétien ou le patriote qui est à l’origine de ce livre ?

C’est l’avocat ! Parce j’avais toujours à proximité les minutes du procès de Jeanne d’Arc et que je me suis décidé un jour à les relire avec un œil professionnel. Je l’ai fait, plume à la main, procès-verbal après ­procès-verbal. Je me suis constamment interrogé : qu’est-ce que Jeanne dit, pourquoi le dit-elle ainsi, pour quelles raisons ses juges posent-ils leurs questions, qu’est-ce qu’ils cherchent ?

J’ai essayé également de déceler à travers les lignes le système de défense qu’elle avait mis au point et, même, au préalable, si elle en avait un. Au final, j’ai été obligé de conclure que non seulement Jeanne était géniale, mais aussi que je découvrais des éléments que je n’avais jamais perçus. Vous vous rendez compte ! Pendant cinquante ans, j’ai lu ce livre. Ma première conférence politique, prononcée à 19 ans, l’a été sur Jeanne, à partir du procès, justement. Et, pourtant, la richesse de ce texte est telle que j’en découvre encore des aspects aujourd’hui. C’est pour cela que j’ai pu dire que j’ai connu Jeanne quand elle avait 19 ans et moi aussi. C’est une vieille histoire. Sauf qu’elle a toujours 19 ans !

Je vais vous faire une confidence : mon éditrice m’a demandé de relire mon texte en me demandant si je n’étais pas un petit peu amoureux de mon héroïne. Je lui ai confié : pas un peu, beaucoup ! Pour répondre totalement à votre question, il faut avouer qu’il est quand même difficile de dissocier l’avocat du chrétien et du Français, même si le sens de ma démarche s’inscrit bien dans le cadre de l’avocat.

Comment Jeanne était-elle comme accusée ?

Elle m’apparaît extrêmement forte, habile, courageuse. Comme ­elle l’a été dans sa vie militaire, c’est-à-dire toujours dans l’offensive, ne perdant pas la main et ayant une vision simple des choses. Sa stratégie, que j’ai comprise à la deuxième ou troisième lecture, c’est de dire : mes juges ne sont pas des juges, ce sont des ennemis. Ils veulent mon secret, ils ne l’auront pas. Je leur en dirai le moins possible – sauf quand ses voix lui disent : « Parle hardiment !  ». À ce moment-là, elle leur lâche des choses. Sinon, elle estime visiblement qu’il lui faut gagner du temps. C’est son idée maîtresse. Parce ­qu’elle n’a pas achevé sa mission et qu’elle veut la terminer. Elle pense qu’il y aura un coup de main de ses amis et qu’elle sera libérée. Et ses voix lui confirment d’ailleurs qu’elle le sera « par grande victoire » et elle l’interprète comme étant une grande victoire temporelle.

Du point de vue de la défense, elle recourt à une stratégie de très grand avocat. C’est la stratégie de Tixier-Vignancour lors du procès du général Salan. Tixier aussi a joué la durée. Si le procès ne devait se dérouler que pendant une semaine, il était sûr que Salan serait fusillé. S’il durait deux mois, Salan était sauvé. Donc il fallait que le procès se prolonge pendant deux mois. Avec Jeanne, nous sommes un peu dans la même idée.

 

Lire l’intégralité de la plaidoirie sur l’Homme Nouveau

Conférences/Formations #NLQ

Toulouse – “Jeanne d’Arc et le procès de Rouen” : conférence de Me Jacques Trémolet de Villers

Jeanne d’Arc – le Procès de Rouen
de Me Jacques Trémolet de Villers
Jeudi 11 mai
à 20h30
à la maison diocésaine du Christ Roi, 28 rue de l’Aude, Toulouse – salle Saint Gaudens
Entrée et participations libres – Vente et dédicace à l’issue de la conférence.
Maître Jacques Trémolet de Villers a plaidé de nombreuses affaires civiles et pénales à caractère politique, idéologique et médiatique. Pour son chef d’oeuvre, “Jeanne d’arc, le procès de Rouen“, il a reçu le prix Renaissance, le 1er février 2017.

Asie #NLQ

Singapour – Tolérance zéro du gouvernement face aux questions religieuses

« La loi s’applique à tous, que vous soyez ministre, simple citoyen, pasteur ou imam. » Ce sont les mots du ministre de la Justice et de l’Intérieur, K. Shanmugam, suite aux différents démêlés avec la justice impliquant récemment, d’une part, les responsables de la City Harvest Church, une importante Eglise évangélique, et, d’autre part, un imam étranger.

Peines de prison réduites pour les responsables de l’Eglise évangélique

Condamnés en novembre 2015 à des peines allant de 21 mois à huit ans de prison pour abus de confiance et falsification de comptes, les six accusés dans le procès de la City Harvest Church avaient fait appel auprès de la Haute Cour de justice. Le verdict est tombé le 7 avril dernier : le tribunal a confirmé le verdict de culpabilité des accusés, mais a significativement réduit leurs peines, prenant en compte notamment le fait qu’il n’y avait pas eu d’enrichissement personnel par les six accusés qui ont agi dans ce qu’ils considéraient être l’intérêt supérieur de leur Eglise. Le principal accusé, le Rév. Kong Hee, fondateur de cette importante Eglise évangélique de Singapour, a vu sa peine passer de huit ans à trois ans et demi de prison ferme. Pour rappel, lui et ses collaborateurs avaient détourné une somme de 50 millions de SGD (dollars de Singapour), soit 32 millions d’euros, afin de financer la carrière musicale de Ho Yeow Sun, chanteuse pop et épouse du Rév. Kong Hee.

La City Harvest Church a publié une déclaration sur son site Web en se disant « profondément attristée par cette décision (de condamnation) », mais « remerciant Dieu pour les réductions de peines ». Le Rév. Kong Hee a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il était reconnaissant que sa peine ait été réduite, même si « les termes du jugement retenus ne sont pas ceux que j’avais espérés ». Le procès criminel le plus coûteux de l’histoire de Singapour aurait dû s’arrêter ici. Mais le procureur général en a décidé autrement : la semaine dernière, l’affaire a été renvoyée devant la Cour d’appel dans le but de maintenir ou d’alourdir la condamnation initiale. Les honoraires des avocats, déjà estimés à plus de 10 millions de SGD, pourraient augmenter entre un million et cinq millions de dollars de plus, maintenant que le procès va continuer, souligne la presse locale.

Malgré une nette baisse de fréquentation due au scandale, la City Harvest Church continue ses activités, une nouvelle direction a été mise en place, sous le label « CHC 2.0 » afin de se donner une nouvelle image.

La tolérance zéro du gouvernement singapourien

« Il y a une règle de droit, et la règle de droit est que, si les faits montrent qu’une infraction a été commise, peu importe ce que vous êtes, des mesures seront prises », a souligné le ministre de la Justice et de l’Intérieur lors d’un dialogue sur l’harmonie raciale et religieuse tenu au début de ce mois. K. Shanmugam faisait référence au procès de la City Harvest Church, mais aussi à celui de l’imam Nalla Mohamed Abdul Jameel, dont le verdict a aussi été rendu au début du mois (le responsable musulman était accusé d’avoir fait des remarques offensantes envers les chrétiens et les juifs).

Les commentaires de l’imam, prononcés lors d’un prêche dans une mosquée, avait été filmés et postés sur les réseaux sociaux. Ayant admis avoir prié en public pour que « Dieu accorde aux musulmans la victoire sur les juifs et les chrétiens », citant non pas le Coran, comme certains l’avaient affirmé dans un premier temps, mais un texte venant de son village natal en Inde, l’imam s’est excusé devant une assemblée d’une trentaine de représentants religieux chrétiens, sikhs, taoïstes, bouddhistes et musulmans. « Les Singapouriens tiennent beaucoup à la diversité et l’harmonie de leur peuple, et je n’ai pas le droit de les déstabiliser. C’est la raison pour laquelle j’ai bien compris et accepté la décision d’être poursuivi en justice afin de maintenir l’ordre public », a-t-il déclaré.

Les représentants juifs n’étant pas présents ce jour-là, l’imam est à nouveau allé s’excuser deux jours plus tard auprès du rabbin Mordechai Abergel. Malgré tout, le responsable religieux a été condamné à une amende de 4 000 dollars de Singapour (2 700 euros) et a été expulsé vers l’Inde, son pays d’origine.

La question religieuse reste très sensible à Singapour. Le public réagit avec passion aux affaires impliquant l’une ou l’autre religion, et le gouvernement n’hésite pas à régulièrement brandir le souvenir du précédent historique des émeutes religieuses qui avaient fait 36 morts en 1964, afin de signifier qu’il est le meilleur garant contre le pire. Singapour étant le pays au monde ayant la plus forte diversité religieuse (c’est ce qu’affirme une récente étude du Pew Research Centre), les autorités maintiennent une attitude punitive très stricte pour éviter tout éventuel débordement. Amos Yee, un adolescent très anti-establishment, issu d’une famille catholique, en a aussi fait les frais après avoir « offensé les sentiments religieux des musulmans et des chrétiens » dans plusieurs vidéos postées sur Internet. Les Etats-Unis viennent de lui accorder l’asile politique…

Source : Eglises d’Asie