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Les Conférences de Carême 2019 – du 9 mars au 6 avril 2019 à Avignon (84)

Le thème des conférences de carème cette année est “L’Église Mère et Éducatrice”, et cette année les conférences seront données par des femmes.

9 mars – Mme Maud LAURIOT PREVOST

« Qu’il me soit donné d’ouvrir la bouche pour parler et annoncer hardiment le mystère de l’évangile » Eph 6,19″

16 mars – Mme Béatrice LIBORI

La civilisation de l’amour contre la culture de la mort

23 mars – Mme Emmanelle RUPPERT

L’Église, mère et éducatrice, à la suite de la Vierge Marie dans l’enseignement du bienheureux Père Marie-Eugène

30 mars – Soeur Géraldine LASSERRE

Une Église vulnérable, signe pour le monde

6 avril – Mme Isabel VELASCO

Marie, première Église et le mystère prophétique de la femme

Le programme

  • 16h45 accueil
  • 17h conférence
  • 17h50 orgue
  • 18h messe

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L’édito – Vindicatif, revendicatif ou prophétique ? Le service rendu par les catholiques à l’humanité.

 

L’article publié par Jean-Marie Vaas sur « un tweet qui interpelle » au suscité l’une ou l’autre réaction qui ont le mérite de nous interpeler à notre tour. Comment réagir dans un monde déchristianisé, mais pourtant chrétien qui s’ignore ? Le Christ nous avait prévenu. Le monde ne nous aimerait guère. Les réactions que nous pouvons avoir face à cette inimitié sont multiples et peut-être sont-elles aussi nombreuses que nous sommes de catholiques. Certains se cachent, d’autres se cabrent et beaucoup se situent quelque part sur la palette de nuances qui va de l’un à l’autre de ces excès. Au fond, l’attitude de chacun ressemble souvent à un mélange de saint Pierre au jardin des oliviers, de lumière sur le boisseau, de levain dans la pâte et de saint Pierre dans la maison du Grand Prêtre. Nous pouvons être en fuite ou sur la défensive, dans le dialogue ou dans le compromis, vindicatif ou accommodant, dans la revendication ou le témoignage et parfois un peu tout ça. L’enfouissement, nous l’avons expérimenté, n’a rien donné de bon. Au contraire, il a facilité le rouleau compresseur anti chrétien des dernières décennies. Dans un monde qui sans cesse pousse les catholiques hors de l’aire de jeu de la vie publique, devons-nous revendiquer le droit d’exister, ou nous fondre dans la masse ? Il me semble que si nous voulons être la lumière du monde et le sel de la terre, nous ne devons pas cesser de revendiquer notre place au cœur de ce monde et même regagner le terrain que nous avons perdu. Pourquoi ? Si nous sommes convaincus de la vérité de notre foi et que le bonheur de l’Homme est en Dieu, ne sommes-nous pas égoïstement coupables de laisser nos frères en humanité submergés par la vague anti-Dieu qui se déverse sur le monde dont nous ne sommes peut-être plus les digues solides ? Faut-il pour autant être vindicatifs ? Assurément non ! Ce n’est pas ainsi que le Christ aurait agi. Mais pour autant, Il sait nous envoyer comme des agneaux parmi les loups et Il nous envoie quand même. Revendiquer notre droit à être chrétien et plus encore à évangéliser le monde ne peut se faire à reculons, pour protéger notre pré carré, mais comme une prophétie qui sans cesse rappelle au monde sa destinée. Affirmer notre foi et la vivre au grand jour, au risque du martyre, il est vrai, est, ce me semble, un des plus grands services que nous sommes appelés à rendre à l’humanité.

 

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L’édito – Avant d’être politique, il faut être prophétique

Tous les moyens sont-ils bons pour parvenir à nos fins ? Evidemment, tout le monde répondra négativement… sur le principe ! Mais concrètement ? Dans le combat que nous livrons actuellement pour la dignité humaine et la liberté, car là est bien l’enjeu de nos marches répétées, nous avons eu tendance à cherche le plus petit dénominateur commun pour faire nombre. C’était le mot d’ordre du temps de Frigide Barjot, un seul slogan, contre le mariage pour tous, c’est encore le fil conducteur des derniers mouvements de masse où se côtoient des marcheurs très divers. Certes, ce dénominateur commun n’est pas rien puisqu’il s’agit au fond de l’Homme lui-même. Oui mais attention ! Jusqu’à quel point défendons-nous l’Homme véritable en le réduisant a minima ?

L’Homme est un tout ! Et le réduire à sa sexualité, à son travail, à sa vie de famille ou à sa liberté c’est oublier qu’il est tout cela à la fois, et de façon organique. C’est surtout amorcer deux bombes à retardement. Car il faudra, un jour, se mettre d’accord pour proposer une alternative. Nous ne pouvons éternellement rester dans la rue. Il faut, à côté de nos rassemblements, développer un véritable projet de civilisation. Or si notre vision anthropologique n’est pas unifiée, nous exploserons en plein vol. Ceux qui ne voient en l’Homme qu’un être libre sans se dire que la sexualité est un aspect de cette liberté s’opposeront à ceux qui réduisent la dignité humaine au travail, tandis que d’autres se focaliseront sur la famille au détriment de la liberté qui inclut par nature la responsabilité sociale. Bien entendu ce ne sont là que des stigmatisations à grand trait, dont l’objet est d’attirer l’attention sur la véritable bombe qui nous attend. Depuis le début de nos manifestations, nous avons eu deux lignes de crête. D’une part nous avons réduit notre combat aux quelques étincelles qui ont mis le feu aux poudres, comme le mariage pour tous, la PMA, la GPA (avant de l’ouvrir peu à peu au Gender). D’autre part nous n’avons donné qu’une faible lumière au monde en réduisant la dignité humaine au plus petit dénominateur commun. Etait-ce des erreurs ? Sans doute en partie, mais cela a permis un mouvement de masse sans lequel nous ne serions pas là aujourd’hui. En revanche, maintenir cette double réduction est aujourd’hui clairement suicidaire.

L’homme est un tout ! Et en janvier 2013, contre la posture de Frigide, j’avais publié un article intitulé la manif pour tout ! Il ne s’agissait nullement d’un avant jour de colère ! Mais, bien au contraire, de prendre conscience que ce n’est pas en limitant notre combat au mariage pour tous que nous défendrions la dignité de l’Homme, précisément parce que l’Homme ne se réduit pas à cela. Il travaille, il fait de la politique, il consomme, etc. Un mouvement qui limite son combat aux questions de la famille et de la vie fait déjà beaucoup, mais il ne fait pas tout. Le croyant, il se condamne à l’échec, parce qu’on ne concoure pas à restaurer la dignité de l’Homme en le réduisant à quelques aspects.

Or si le déclencheur a bien été le mariage pour tous, c’est toute la dignité humaine qui doit être promue, car c’est bien une crise existentielle majeure qui traverse notre monde. La relation à l’économie, à la solidarité, à la culture, à la politique constituent des pans entiers de la vie. Si l’Homme est en danger aujourd’hui ce n’est pas d’abord parce que la famille est menacée, mais parce que l’économie, la culture ou encore l’éducation ont fragilisé et déstructuré l’Homme moderne. C’est parce que nous nous sommes désintéressés de tous ces aspects en nous concentrant sur ce que nous appelons le combat « pro-vie » que les promoteurs de la civilisation Taubira ont pu progresser partout ailleurs et parvenir à leurs fins. La manif pour tous combat désormais la familiphobie et, du reste, intègre certaines questions fiscales ou encore le congé parental. Mais le combat que nous menons ne doit surtout pas rester sectorisé à la famille, même dans sa dimension fiscale. Autrement les priorités vitales de chacun reprendront le dessus, car, de fait, il faut bien vivre voire simplement survivre. Une entreprise qui retient ses cadres tous les jours jusqu’à 21h ou 22h, porte aussi une atteinte à la famille. Un salaire indécent, c’est aussi une atteinte à la famille. La question de fond n’est pas que faire pour la famille, mais comment œuvrer pour que la personne humaine, prise dans sa globalité, œuvre pour sa famille ?

Voilà pourquoi faire nombre sur une conception de l’Homme à minima est une véritable bombe à retardement. Avant d’être politiques il nous faut être prophétiques ! Ce dont souffre notre société aujourd’hui ce n’est pas d’abord des avancées socialistes ou libertaires ! Ce dont souffre notre monde c’est du recul de l’Homme dans sa vérité. Moins le véritable visage de l’Homme est dévoilé au grand jour, plus l’être humain s’atrophie. Arrêter le rouleau compresseur destructeur est une chose, mais si nous ne mettons pas en route une autre dynamique, le rouleau reprendra sa course par d’autres chemins. Il est urgent, avant de faire nombre, de sortir l’Homme de sous le boisseau. Nous avons voulu faire feu de tout bois pour barrer la route aux projets gouvernementaux. Il est temps à présent de promouvoir l’Homme dans toute sa splendeur et sa vérité. L’heure n’est plus aux concessions à minima, au risque de nous faire le lit de la prochaine vague. Le premier travail qui nous incombe désormais est de s’assurer que l’ensemble des alliés d’aujourd’hui partagent la même conception de la dignité humaine. Or les chrétiens et les musulmans n’ont pas la même position sur la dignité humaine et se voiler la face est aussi une bombe à retardement. Il ne s’agit pas là de stigmatiser une guerre de religions, mais de pointer par un exemple suffisamment éloquent les limites de cette démarche. Et dire cela ne remet nullement en cause l’engagement des musulmans ni leur initiative contre le Gender à l’école par exemple. Il faut juste savoir jusqu’où nous pouvons aller ensemble.

Avant d’être politiques, soyons prophétiques car seule la vérité nous rendra libres. Ne passons pas d’un totalitarisme à l’autre et sortons de la dialectique relativiste et de l’idéologie du rapport de force, parce que nous ne faisons là que nourrir l’Hydre. Les tenants de la civilisation Taubira l’emporteront toujours tant qu’ils nous maintiendront sur ce terrain du relativisme et du rapport de force qui est le leur. Il nous faut jouer à domicile parce que là…. ils sont morts !