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Chine : Teresa Xia, mère catholique et victime de la Révolution culturelle

Augustine Han, fils aîné d’une catholique chinoise victime de la Révolution culturelle (1966-1976), témoigne du sort vécu par sa mère cinquante ans plus tôt. Teresa Xia, qui continuait à prier ouvertement malgré le Mouvement d’éducation socialiste, a été torturée par les Gardes rouges après avoir refusé de renier sa foi. Elle est morte trois ans plus tard, au printemps 1969. Lang Tao Shan, une catholique et journaliste chinoise, évoque le témoignage des survivants de la Révolution culturelle.

À Chaoyang, dans la province chinoise de Liaoning bordant la Mongolie Intérieure, beaucoup, parmi les plus âgés, se souviennent encore de Teresa Xia. Durant la Révolution culturelle (1966-1976), elle a fait partie des millions de victimes du zèle révolutionnaire communiste chinois. Augustine Han, fils aîné de Teresa Xia, essaie de rester calme en parlant de sa mère, mais sa voix tremble. Presque cinquante ans après les évènements, la peine est toujours aussi présente face à ce qui arrivé à sa mère. Teresa est née en 1920 dans une famille convertie au catholicisme et a étudié dans une école catholique, où elle a appris le catéchisme. Après le lycée, elle a suivi des études supérieures avant de se marier. Durant le Mouvement d’éducation socialiste, lancé par Mao Zedong en 1963 contre les personnes considérées comme « réactionnaires », Xia a dû suivre des cours de propagande.

La Révolution culturelle, qui a duré dix ans, a commencé deux ans plus tard. Durant cette période, les catholiques priaient en secret chez eux. Pourtant, Xia a osé prier ouvertement, notamment pour des personnes mourantes. Sa foi a provoqué la colère des communistes. Un jour, Xia et quatre autres personnes ont été forcés à s’agenouiller sur une estrade en bois dans une école en face des membres de la Commune populaire, revêtus symboliquement de bonnets de cancres et portant sur la poitrine des pancartes les dénonçant. Ils furent ensuite battus. Le 6 septembre 1966, après avoir arrêtée, Xia a continué de proclamer sa foi face aux questions des membres de la Garde rouge, un mouvement paramilitaire étudiant.

Persécution et humiliation

Augustine Han explique que les gardes qui l’interrogeaient ont utilisé les pieds en bois d’une chaise et d’un bureau afin de battre sa mère tout en l’agressant verbalement. Quand Xia a continué de professer sa foi en Dieu, les gardes ont ensuite brûlé sa bouche avec une bougie, faisant se gonfler ses lèvres et sa langue. Elle n’a plus jamais pu parler par la suite. Le matin du 7 septembre 1966, Xia fut transportée chez elle. Elle est morte trois ans plus tard au printemps 1969, à l’âge de 50 ans. Maria Zhou, une proche, se souvient que Xia exprimait l’amour du Christ à travers de bonnes actions. Elle pouvait ainsi nettoyer les habits des malades ou donner de la nourriture aux pauvres, alors que sa propre famille n’avait pas suffisamment à manger.

Beaucoup de catholiques ont dû renier leur foi, mais Xia ne l’a jamais fait, ajoute Maria. Celle-ci raconte aussi que la fille aînée de son père était religieuse, et qu’une de ses tantes était vierge consacrée et vivait à la maison. Leurs têtes ont été tondues et elles ont dû s’agenouiller sur des pierres en guise de correction et d’humiliation. Après avoir été battues, leurs têtes étaient tellement boursouflées qu’elles faisaient peur aux enfants, mais les deux vieilles femmes plaisantaient en affirmant n’avoir rien ressenti… Une autre catholique, Ann Jia, aujourd’hui âgée de plus de 90 ans, explique que durant la Révolution culturelle, les églises ont été confisquées et les prêtres chassés. Ann se souvient aussi que Zhao Youmin (également appelé Zhao Yimin), ordonné évêque du diocèse de Lianoning en avril 1958, dans la province de Jinzhou, a également été battu sauvagement durant cette période.

Source : Eglises d’Asie 

NLQ #Récollections/Retraites

« Crise écologique, crise spirituelle ? » – Retraite à l’Abbaye Notre-Dame du Port du Salut du 3 au 4 mars 2018

La prochaine retraite à l’abbaye Notre-Dame du Port du Salut aura lieu les 3 et 4 mars 2017 prêché par le Père Paul Scolas.

« Crise écologique, crise spirituelle ? »

Le mot crise est depuis déjà un certain temps, utilisé beaucoup, trop, mal. Pourtant, c’est un mot très riche que j’emploie malgré tout volontiers pour caractériser le moment présent. Ce mot ne désigne pas une sorte de forte poussée de fièvre dont il faudrait attendre qu’elle passe. Il désigne un moment où des façons d’envisager les choses devenues évidentes sont mises en question, interrogées. Un moment où il s’agit de discerner, d’évaluer et de juger ce qui ne répond plus à la situation et ce qui doit émerger. La question écologique telle qu’elle se pose à nous est véritablement une crise qui met en question jusqu’aux fondements de notre façon de vivre. Et c’est pourquoi elle nous interroge jusqu’en ces lieux où nous trouvons chacun et ensemble le souffle pour avancer et donner sens à l’aventure humaine. Dès lors, on peut affirmer que la crise écologique, qui est inséparablement une crise sociale, est aussi une crise spirituelle.

Deux temps dans notre weekend :

  1. Un temps pour retrouver l’importance d’une pensée du cosmos en théologie. Dans la seconde moitié du vingtième siècle, la théologie s’est recentrée sur la question de l’homme, et ce fut une très bonne chose. Au cœur de la foi des chrétiens, il y a en effet la question du salut des humains. Mais ne manquerait-il pas quelque chose d’essentiel si on oublie que l’homme est situé dans le cosmos, l’univers matériel, et en est même une pièce ?Je m’appuierai ici sur la pensée du théologien Adolphe Gesché et son ouvrage Le cosmos (Dieu pour penser, 4), Paris, Cerf, 1994
  2. Un temps, plus long, pour découvrir l’encyclique du Pape François, Laudato si. Trois brefs exposés suivis, chaque fois, d’une lecture partagée de l’un ou l’autre extrait.
  • Une spiritualité écologique
  • Une véritable révolution culturelle
  • Crise écologique – crise sociale

Renseignements et Inscriptions :

secretariat@portdusalut.fr
o2 43 64 18 64