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Le journal de la peste, de Michael D. O’Brien – quand la machine d’Etat s’emballe contre vous…

Michael O’Brien, Le journal de la peste,
Editions Salvator, 21 €

10, c’est le nombre de pages suffisant pour rentrer dans le dernier roman de Michael D. O’Brien paru mi-octobre 2018.

Le lecteur suit les réflexions de Nathaniel Delaney dans la poursuite qu’il subit de la police secrète canadienne. Après quelques éditos accusant la société de dévier vers un néo-totalitarisme, la famille de Tan est poursuivie par le gouvernement au nom de la démocratie et de la tolérance.

Les faits ne relèvent pas d’une science-fiction délirante mais bien d’une tendance actuelle du politiquement correct. Outre-Atlantique, la situation intellectuelle est terrible pour qui ne communie pas entièrement aux idéaux des libéraux et progressistes.

En France, la situation n’est pas aussi préoccupante bien que des signaux latents interpellent. Un édito de Pierre Selas dans nos colonnes s’en faisait l’écho.

Les emballements de la machine d’Etat, dans les affaires Dieudonné, du Dr. de Rochambeau, du Pr. Joyeux…, montrent qu’à tout moment l’appareil d’Etat peut être mobilisé contre les “dissidents” et autres objecteurs de conscience.

O’Brien signe un roman réaliste par un scénario crédible pour chacun qui lutte contre la culture de mort. Un roman entraînant nourri par des réflexions philosophiques.

 

 

A la une #Brèves #NLH

Un roman qui parle en bien de Benoît XVI

“Le talent et les assassins” se déroule au Vatican, juste avant l’annonce de la renonciation du 13 février 2013. Une bonne surprise (26/6/2018)

>>> Le talent et les assassins, Philippe Dessertine, ed. Anne Carrière, Paris, 2018

 

Vatican, début février 2013.

Un meurtre (ou du moins une mort suspecte) vient d’avoir lieu à l’hôtel Sainte Marthe – qui devait devenir célèbre un peu plus d’un mois plus tard.
La victime est le directeur de la banque centrale syrienne. Il participait, avec des experts internationaux de haut niveau et “dans le plus grand secret“, à un séminaire ayant pour but d’étudier la possibilité de créer une nouvelle monnaie commune pour l’ensemble des pays du Moyen-Orient, sur le modèle de l’euro. Tâche ardue, pour une multitude de raisons. Le nom de cette monnaie serait le “talent“, ce qui explique le titre du livre. Le meurtre a eu lieu dans la chambre d’une des participantes, brillante économiste française, spécialiste de l’histoire des monnaies. Une monnaie commune étant censée – c’est du moins ce que nous dit l’auteur – être la garantie d’échanges commerciaux entre pays, et donc un facteur de paix pour la zone concernée (*), le Vatican a accordé son parrainage à la rencontre, allant jusqu’à l’héberger derrière les murs léonins. Mais de puissants intérêts politiques et économiques contrecarrent le projet.

Raconté ainsi, cela ressemble à l’un de ces thrillers qui prennent pour toile de fond le monde “fascinant et mystérieux” du Siège d’une institution bimillénaire.
Mais c’est trompeur. D’ailleurs, le lecteur reste jusqu’au bout sur sa faim, et contrairement à ce qui se passe dans un thriller digne de ce nom, le meurtre, ou présumé tel, n’est jamais vraiment élucidé (ce qu’on peut regretter, mais c’est peut-être ce qu’il y a de plus proche de la réalité), tout au plus a-t-on des pistes. L’enquête, dont les protagonistes sont, curieusement, trois femmes, la française déjà citée, son amie et consoeur – une improbable comtesse allemande punk, elle aussi économiste de premier plan, qui se trouve malgré elle entraînée dans un maelstrom qui la dépasse -, et une journaliste de l’Osservatore Romano, n’arrive pas vraiment à passionner.

L’intérêt du livre est ailleurs.
L’auteur, Philippe Dessertine, est professeur en sciences de gestion, spécialiste de la finance, professeur à l’Institut d’administration des entreprises de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, directeur de l’Institut de Haute Finance et membre du Haut Conseil des finances publiques (wikipédia). Bref, une pointure dans son domaine, et qui connaît donc parfaitement son sujet.
Son roman apparaît comme un ouvrage de vulgarisation, dans le bon sens du terme. L’artifice de la fiction littéraire lui permet de faire passer sous la forme vivante d’un dialogue des notions complexes qui autrement pourraient rebuter un non-spécialiste, comme par exemple les contraintes associées à la création d’une monnaie. Et dans un long chapitre, il nous brosse un panorama géopolitique impressionnant de la poudrière du Proche Orient. Les conflits internes au monde musulman sont en particulier décrits, dans les grandes lignes, de façon succincte mais très pédagogique.

Aussi intéressantes ces considérations soient-elles, elles ne justifieraient toutefois pas que j’en parle dans ces pages, le sujet ne me passionnant pas spécialement.
Sauf que… l’auteur a eu l’intuition du caractère vraiment extra-ordinaire de la démission d’un pape. Je n’ose écrire “de sa dimension quasi apocalyptique”, car toute la dimension “spirituelle” de l’évènement a été (volontairement ?) oubliée, le Vatican étant considéré ici – malgré son insignifiance spatiale – uniquement comme une puissance temporelle, que son rayonnement culturel, sa diplomatie tentaculaire et son présumé “milliard de catholiques” ( !) rendraient capable de peser sur le destin du monde (ce que je trouve personnellement un tantinet exagéré… mais la légende a la vie dure). Mais après tout, le livre n’a aucune prétention religieuse, et peut-être est-ce mieux ainsi.

Le décor, le contexte – les jours étranges et oppressants ayant précédé l’annonce par Benoît XVI de son renoncement, l’atmosphère délétère que l’auteur décrit comme une ambiance de fin de règne, plombée par les scandales (Vatileaks), les trahisons et les luttes intestines entre factions rivales au sein de la Curie, avec un pape tragiquement isolé – sont plutôt bien décrits et à peu près conformes aux faits réels, en tout cas crédibles, dans les limites de la licence de la fiction, malgré des erreurs factuelles – qui restent d’ailleurs indétectables pour le lecteur lambda, lequel ne suit sans doute pas au jour le jour l’actualité vaticane mais manifeste plutôt à l’égard de la religion une indifférence renforcée par l’ignorance (c’est une litote).
Le roman s’achève le 13 février, avec le tremblement de terre de l’annonce papale, et dans la scène finale, l’héroïne allemande, à bord du taxi romain qui l’emmène à l’aéroport, voit la foudre tomber sur la coupole de Saint-Pierre, une image saisissante qui depuis a fait le tour du monde et qui est passée à l’histoire.

Le principal intérêt du livre, pour moi, prend la forme d’une agréable surprise : loin de la caricature habituelle, et c’est assez rare pour être souligné, la figure du Saint-Père (qui n’est pas un personnage du roman, tout au plus une silhouette, qui traverse l’intrigue en pointillé dans les propos des protagonistes de l’enquête et qui apparaît brièvement dans les pages finales) témoigne d’une grande admiration de la part de l’auteur.

On en jugera par ce bref échantillon.

Dans une scène, vers la fin du roman, la comtesse allemande (que l’on peut supposer ici être la porte-parole de l’auteur) se confie à un certain “don Joseph” présenté comme le secrétaire du Saint-Père (mais ce n’est pas Georg Gänswein). Elle a assisté à la fameuse conférence de Ratisbonne :

J’avais été invitée par mes collègues de l’université de Ratisbonne… Je me rappelle combien j’étais concentrée, pour saisir toutes les subtilités du raisonnement, les citations, les allusions à des écrits obscurs. Nous étions tous sortis de cette séance exceptionnelle avec le sentiment que cette plaidoirie pour une religion non violente pourrait devenir un moment marquant de l’histoire moderne. Quelle n’a pas été notre surprise et notre indignation, à moi et à plusieurs de mes collègues, de constater que la principale retombée de cette magnifique démonstration fut une polémique qui a enflé dans le monde musulman, à propos des citations de l’empereur Manuel. (page 272)

Plus loin, le père Joseph planifie une entrevue entre la comtesse et le Saint-Père, et il suggère à cette dernière de rédiger un mémo le plus synthétique possible pour capter l’intérêt de Benoît XVI. Ce qui nous vaut cet échange :

– (…) [il faut] lui donner envie de vous interroger. Il a une curiosité de tous les instants, dès lors que vous l’accrochez, qui que vous soyez, et il peut vous accorder la plus grande attention du monde, comme si rien d’autre n’existait.
– Nous parlons bien du Saint-Père, n’est-ce pas ?
– Oui, je sais que cela peut paraître étonnant. Mais c’est cet homme qui est étonnant. Pour le fréquenter tous les jours depuis de nombreuses années, je peux vous assurer qu’il est d’une profondeur et d’une intelligence inouïes. Le plus difficile est de parvenir à passer au-delà de cette barrière invisible que constitue sa culture abyssale. (page 278)

Rien que pour cela, et malgré ses limites, le livre vaut d’être lu.

(*) Aussi nobles que soient les intentions affichées, l’exemple de l’euro n’est pas convaincant, son rôle principal étant de servir de colonne vertébrale à ce qui apparaît de plus en plus comme une dictature bureaucratique dissimulée sous la fiction de la démocratie – alors que les peuples n’ont aucun contrôle sur ce qui s’y décide – et usurpant à cette fin le nom Europe. Difficile d’imaginer qu’elle pourrait être acceptée dans le monde musulman, où la loi de Dieu (charia) supplante celle des hommes.

Source : benoit-et-moi.Fr

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Pèlerinage “Conques, trésor et lumière du Roman” les 16 et 17 juin 2018 à Conques (12)

Le service des pèlerinages vous propose 2 jours  sur le thème de l’art Roman les 16 et 17 juin : Conques, abbaye de Bonneval et cathédrale de Rodez.

Brochure_Conques_2018