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Deux minutes pour vous #70 – Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine – « Le Christ est-il vraiment Dieu ? N’est-il pas tout simplement un grand homme aux pouvoirs surnaturels immenses ? »

Nous vous avions annoncé le lancement d’une série de vidéos régulières où le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine répond à vos questions sous un format très court :

Le Christ est-il vraiment Dieu ? N’est-il pas tout simplement un grand homme aux pouvoirs surnaturels immenses ?

Version Audio seule

C’est avec beaucoup de bonheur que le Père Michel-Marie répond désormais à vos questions les plus concrètes. C’est toujours une vraie joie de l’entendre traiter, à sa façon et dans sa lumière, les sujets les plus divers. Bonne écoute ! N’oubliez pas de faire suivre à tous vos amis ces petites vidéos qui peuvent faire tant de bien… et de prier pour le Père Michel-Marie dont le ministère est très prenant.

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[VIDEO] La minute fraternité #15 – Comment vivre concrètement la fraternité – Mgr Leborgne

Chaque semaine, Mgr Leborgne partage des pistes de réflexion, des repères concrets pour mettre en oeuvre l’orientation pastorale du diocèse d’Amiens : La fraternité missionnaire. 

Retrouver toutes les vidéos de Mgr Leborgne ici.

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Jésus est Lumière dans nos vies – Campagne pour le denier de l’Eglise

Dieu s’est fait proche de nous en nous donnant son fils Jésus.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16).

C’est cette joie et cette espérance que nous célébrons à Noël : Dieu, par Amour, nous a donné son Fils unique Jésus. Il a pris notre condition humaine, partagé nos bonheurs et nos peines. Il s’est fait enfant pour rejoindre les petits, les faibles, les fragiles.

Jésus est lumière dans nos vies. Nous sommes tous appelés à partager cette lumière !

Vous pouvez faire un don à votre diocèse :

Diocèse d’Annecy

Diocèse d’Arras

Diocèse de Bordeaux

Diocèse d’Evreux

Diocèse de Fréjus-Toulon

Diocèse de Gap & d’Embrun

Diocèse de Lille

Diocèse de Nancy et de Toul

Diocèse de Rouen

Diocèse de Séez

 

Nous vous rappelons qu’il est possible de décider de l’affectation de vos dons.

 

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Avignon : à la suite du pape, Mgr Cattenoz propose une refonte complète de l’ensemble des préparations au mariage

Le pape François, lors de la catéchèse de mercredi dernier, a remis en cause la façon dont les jeunes sont préparés au mariage, Mgr Cattenoz emboite le pas et parle d’une refonte complète de l’ensemble des préparations aux sacrements.

Mot de l’évèque du 28/10/2018 sur RCF Vaucluse

Source : Diocèse d’Avignon

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Sauver notre vocabulaire catholique

De Nicholas Senz traduit par Yves Avril dans France-catholique :

Dans un photoreportage du journal londonien The Guardian à propos du référendum irlandais sur l’avortement, une des photos montre, au sommet du mont Coroagh Patrick, un homme agenouillé et un prêtre assis à ses côtés portant une aube et une étole pourpre. La légende dit : « Un militant contre l’avortement récite l’eucharistie avec un prêtre. » La photo avec sa légende a fait le tour des réseaux sociaux catholiques qui se sont moqués (parfois gentiment, parfois pas du tout) de cette fausse interprétation de ce qui était de façon évidente la célébration du sacrement de pénitence.

Comme beaucoup de catholiques et pas mal de non-catholiques le savent parfaitement, l’eucharistie n’est pas quelque chose que l’on récite comme une prière ou un serment. C’est un sacrement, et le verbe régulièrement attaché aux sacrements est habituellement le verbe « célébrer ». Il y a, pour être clair, une forme archaïque mais correcte « dire la sainte messe ». Mais ce n’est pas le sacrement qui est montré sur la photo.

Pourtant, tandis que beaucoup ont saisi l’occasion de se moquer de l’éditeur de la photo, qui n’est très probablement pas un catholique, vu son manque de familiarité avec la terminologie catholique, cela m’a rappelé un des problèmes les plus profonds et les plus déconcertants : le fait que tant de catholiques aussi ne connaissent pas cette terminologie.

Dans un grand archidiocèse où j’ai travaillé auparavant, des enquêtes ont montré que ce qui manquait le plus aux enfants qui passent par une éducation religieuse paroissiale était le vocabulaire du catholicisme. Trop de nos enfants – et aussi leurs parents, sans doute – ne connaissent pas les mots qui expriment notre foi et, en conséquence, leur capacité à connaître et à vivre leur foi est gravement handicapée.

J’en ai une expérience directe dans mon travail d’éducation religieuse en paroisse. Il n’est pas rare pour moi d’avoir des questions du genre : « Qu’est-ce qu’un monseigneur ? » ou « J’ai été dans une église et j’ai vu un petit parapluie et une cloche, qu’est-ce que c’était ? » (l’umbrellino et le tintinnabulum indiquent que l’église a été désignée comme basilique). Ces questions ne sont pas entièrement surprenantes dans la mesure où aujourd’hui les gens rencontrent rarement des tels objets. Mais j’ai reçu un choc les premières fois où j’ai donné des cours sur l’eucharistie.

Je m’attendais à ce que la plupart des gens n’aient pas la formation en métaphysique aristotélicienne suffisante pour expliquer ce qui signifiait la « transsubstantiation ». Donc j’étais prêt à l’expliquer. Mais j’ai découvert que non seulement les gens ne sont pas familiers avec le sens de ce mot, mais qu’ils ne sont pas familiers non plus avec le mot lui-même. Ils ne l’ont jamais entendu. Nous en sommes au point où les gens ne sont pas seulement en train de perdre le sens des mots du catholicisme ; ils perdent les mots eux-mêmes.

Cela peut être dû au mouvement d’aller-retour dans les approches catéchétiques des dernières décennies. Les gens de la génération de mes grands parents étaient élevés avec les textes style catéchisme de Baltimore, avec liste de questions et réponses à mémoriser, qui donnaient les définitions de base des termes-clés de la foi.

Certains pensent que cette approche donnait à une foi superficielle, incapable d’aller au-delà des réponses du petit livre bleu qu’ils recevaient enfants. Ainsi, dans les générations suivantes on procéda à une catéchèse plus expérimentée, mettant l’accent sur une relation émotionnelle avec l’amour du Dieu qui nous avait faits. Plutôt que des définitions mémorisées, les enfants quittaient l’éducation religieuse avec rien de plus que des descriptions à l’eau de rose de la Dernière Cène.

Quel est le résultat de ces approches différentes ? Les gens des générations plus âgées vont toujours à la messe et, dans l’ensemble, croient aux enseignements de l’Eglise, et se désolent en voyant que leurs enfants ne vont plus à la messe et ne connaissent pas la foi qu’ils rejettent. Quelque chose a été perdu. Quelque chose est allé de travers.

Bien sûr, ce sont des généralisations : il y a beaucoup de gens de la génération du catéchisme de Baltimore qui ont quitté la foi, exactement comme il y a dans la cohorte qui lui a succédé, plein de gens qui ont une foi active. Mais fondamentalement, les modèles tiennent et sont instructifs. Nous avons besoin dans notre foi d’une relation émotionnelle et d’une substance intellectuelle. Mais l’intellectuel est un sol plus fertile. Dans la phraséologie scolastique, la connaissance mène à l’amour : on ne peut pas aimer un Dieu qu’on ne connaît pas. On ne peut pas aimer une foi avec laquelle on n’est pas familier. Autrement, qu’est-ce qu’on aime ?

Parfois l’approche la plus émotive a cherché à remplacer les termes classiques par différents mots ou à mettre l’accent sur des points différents. La messe fut d’abord comme un repas de famille, non un repas de sacrifice. La réconciliation était décrite comme un partage plutôt qu’une confession. Ces termes sont difficilement synonymes.

Mais même les synonymes ne sont pas toujours synonymes, comme J.R.R. Tolkien l’a noté dans une de ses lettres. Deux mots peuvent avoir un référent commun, comme argent (monnaie) et argent (métal), mais personne ne les utiliserait de la même façon ou dans le même contexte. Mais les connotations des mots ont leur importance dans le contexte théologique.

Catalogues et termes peuvent être insuffisants pour transmettre la foi, mais ils sont nécessaires. Les mots sont porteurs de concepts – si on perd le mot, on perd l’idée. (Il est à la mode aujourd’hui de citer le 1984 d’Orwell dans toutes sortes de contextes, mais c’est pertinent). Ces mots donnent forme à notre foi.

Dans les écoles de théologie et les conciles œcuméniques on s’est battu sur des mots. Au concile de Nicée, il n’y avait qu’une « différence d’un iota » entre l’hérésie arienne (homoioousios = d’une semblable substance) et l’orthodoxie (homoousios = de la même substance), deux voies différentes d’appréhender la relation de Jésus avec Dieu le Père.

Si nous nous intéressons à transmettre notre foi aux jeunes, nous devons nous préoccuper de tout iota, chaque petit point et chaque petit trait. Cela peut marquer la différence entre la vérité et l’erreur, entre la foi qui résiste et celle qui disparaît.

Samedi 16 juin 2018

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Nicholas Senz est directeur pour la formation de la foi des enfants et des adultes à l’église Saint Vincent de Paul d’Arlington, Texas, où il vit avec sa femme et ses deux enfants. Il est titulaire d’une maîtrise en philosophie et théologie de Berkeley, Californie.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/06/16/saving-our-catholic-vocabulary/

NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

Une curieuse absence dans “Gaudete et exultate”

Par Alan L. Anderson et traduit sur France-catholique :

Beaucoup de choses ont été et seront écrites sur le plus récent enseignement du Saint Père dans son Exhortation Apostolique Gaudete et Exsultate. Certains s’y sont précipités comme une opportunité pour cogner sur leurs adversaires qu’ils perçoivent dans l’Eglise. L’un d’entre eux s’est senti obligé d’envoyer d’urgence un tweet proclamant que certains passages visent certains Catholiques avec lesquels ce tweeter bien connu avait de façon évidente certains problèmes. D’autres se sont servis des mots de l’exhortation pour soutenir le programme politique de leur favori.

Ainsi le témoignent les gros titres d’importantes agences d’informations, qui se sont rapidement fixés sur l’apparente équivalence morale exprimée par Sa Sainteté entre l’opposition à l’avortement et le soutien à l’immigration. Beaucoup d’encre coulera et/ou beaucoup de bytes électroniques seront consumées dans les semaines et les mois à venir pour essayer d’analyser les paroles du Saint Père de façon à déterminer si a) le Saint Père voulait établir une telle équivalence et b) si une telle équivalence existe en réalité.

Sainte Thérèse d’Avila un jour conseilla « Que rien ne vous trouble ». Cette sainte, Docteur de l’Eglise, devrait sans nulle doute répéter cette assertion de manière énergique durant ce pontificat houleux.

Cependant, il y a une chose à noter, au sujet de l’exhortation Gaudete et Exsultate, qui a fait se gratter la tête à ce simple laïc – c’est un fait que un document de 22 000 mots qui réédite l’appel millénaire de l’Eglise à la sainteté des fidèles, prête relativement peu d’attention aux les moyens principaux d’obtenir la sainteté : les sacrements.

L’Eucharistie est mentionnée seulement cinq fois et elle n’apparaît en premier que au paragraphe 110, et environ aux deux tiers du document.

De la même manière, la Réconciliation (Confession) n’est mentionnée que six fois, apparaissant pour la première fois, à côté de l’Eucharistie, au paraphe 110. Dans un document écrit en tant qu’exhortation à la sainteté qui se considère en mission, il semble étrange de donner aussi peu d’importance aux meilleurs moyens d’atteindre la sainteté – la grâce – pour poursuivre cette mission.

Sa Sainteté reconnaît franchement l’importance des sacrements quand il déclare, « le Seigneur a accordé à l’Eglise le présent de la sainte Ecriture, des sacrements, des lieux saints, des communautés vivantes…, une beauté avec de multiples facettes qui découle de l’amour de Dieu. » Tout de même il plaide « je ne vais pas m’arrêter à expliquer les moyens de sanctification que nous connaissons déjà : les différentes méthodes de prière, l’inestimable sacrement de l’Eucharistie et de la Réconciliation, l’offrande des sacrifices personnels, et les différentes formes de dévotion.

Mais est-ce vrai ? Les inestimables moyens de sanctification – Eucharistie et Confession -sont-ils vraiment « déjà connus » même par ceux qui professent être Catholiques ?

Les statistiques sont bien connues, elles sont tristes, mais elles méritent d’être rappelées ici. D’après le « Center for Applied Research in the Apostolate » (CARA) de l’Université de Georgetown, en 2017 le nombre de participation hebdomadaire à la Messe n’était seulement que de 23 % Encore pire, CARA rapporte également que seulement 2 % de tous les catholiques américains indiquent qu’ils se confessent au moins un fois par mois, alors que 75 % disent qu’ils se confessent moins d’une fois par an, ou jamais.

Aussi, non je ne suis pas du tout certain que nous puissions supposer, comme le Saint Père le fait, que les moyens normatifs et les plus efficaces pour la sanctification sont « bien connus ». Je ne suis pas convaincu qu’une exhortation qui appelle, ainsi qu’il le fait avec véhémence et éloquence, à un zèle renouvelé pour la mission et la communauté, portera les fruits espérés, en l’absence de l’infusion de la grâce qui ne peut être trouvée que dans les sacrements.

Saint Augustin nous a enseigné que « La confession de mauvaises actions est le premier début de bonnes actions. » Le pape émérite Benoit XVI, réitérant de manière splendide la théologie de St Paul, observait que « dans l’Eucharistie une communion existe qui correspond à l’union de l’homme et de la femme dans le mariage. Juste comme ils deviennent une seule chaire, ainsi dans la communion, nous devenons un seul esprit, une seule personne avec le Christ ». Exprimé simplement, la Confession et l’Eucharistie sont les attributs nécessaires à la Mission et la Communauté vers lesquels nous pousse avec force l’exhortation Gaudete et Exsultate.

Le Saint Père mentionne la place centrale de la grâce au moins quarante fois dans son exhortation, mais ne fait le lien entre « grâce » et sacrements – sources normales de toutes grâces, qu’une seule fois. Et encore seulement la grâce reçue au baptême. Même son traitement le plus complet de l’Eucharistie (n157) ne fait que suggérer le caractère central du plus Sacré des sacrements pour la Mission et la Communauté : « Quand nous Le recevons dans la Sainte Communion, nous renouvelons notre engagement avec le Christ et nous lui permettons d’accomplir encore plus pleinement son travail de transformation de nos vies. »

Il n’y a pas si longtemps l’Eglise a tenu un conseil oecuménique dont les principaux résultats étaient : -a) Réaffirmer « l’appel universel à la sainteté » (comme le fait le Saint Père dans sa dernière exhortation) et b) exalter, de nouveau, la Sainte Eucharistie comme « la source et le sommet de la Foi » . Vatican II avait clairement vu que les deux sont liés.

Toutes ce à quoi le Saint Père nous exhorte – des « petits gestes » de sainteté, des vies vécues dans la béatitude, le combat contre le démon, le discernement, etc – ne peut être efficacement bien accompli et porter du fruit qu’avec les grâces obtenues par le Saint Sacrement, et par extension avec les autres sacrements.

Il y a d’autres institutions charitables et d’autres philosophies qui possèdent des vertus naturelles. Ce qui élève l’Eglise et la différencie des autres entreprises humaines est ce Don, ce don du Corps, du Sang de l’Âme et de la Divinité de notre Seigneur Jésus Christ, la grâce qui en découle. C’est le don le plus précieux qu’elle offre au monde.

Aussi, j’estime qu’il est curieux que, dans l’exhortation de Sa Sainteté, si peu d’attention soit portée sur le rôle central joué par les sacrements pour atteindre la sainteté. En effet, prétendre à la sainteté sans eux serait, flirter avec le neo-pélagianisme, n’est-ce pas ?

Source : France catholique

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Alan L. Anderson a travaillé pendant plus de vingt en tant que catéchiste au niveau paroissial et diocésain dans le diocèse catholique de Peoria. Il rédige des écrits sur la culture et la Foi à partit de Roanoke, Il.

NLQ #Récollections/Retraites

Session sur sainte Hildegarde à l’Abbaye Sainte-Lioba (13) du 5 au 8 mai 2018

Retraite sainte Hildegarde du 5 mai (10h) au 8 mai (17h)

Avec le Père Pierre Dumoulin, le docteur Marie-Hélène Jean et Sr.Elaiè, abbesse de l’Abbaye Sainte-Lioba.

A l’écoute de sainte Hildegarde qui nous ouvre aux dons du Christ, les sacrements.

« Sois comme une trompette Qui laisse le Seigneur souffler en elle »

530 Chemin des Mérentiers 13109 Simiane-Collongue

Doctrine / Formation #Théologie

Saint Augustin – Sermon de Pâques sur les sacrements

Je n’ai pas oublié ma promesse. J’ai promis à ceux d’entre vous qui venaient d’être baptisés un sermon pour leur expliquer le sacrement de la table du Seigneur, que vous pouvez voir maintenant, et auquel vous avez participé la nuit dernière. Vous devez savoir ce que vous avez reçu, ce que vous êtes sur le point de recevoir, ce que vous devriez recevoir chaque jour.

Ce pain que vous pouvez voir sur l’autel, sanctifié par la parole de Dieu, est le Corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt ce que la coupe contient, sanctifié par la parole de Dieu, est le Sang du Christ. C’est au moyen de ces choses que le Christ Seigneur souhaitait nous remettre son Corps et son Sang, qu’Il a perdus pour notre salut et le pardon de nos péchés.

Si vous les recevez convenablement, vous êtes vous-mêmes ce que vous recevez. Voyez, l’Apôtre dit : « nous qui sommes plusieurs, formons un seul pain, un seul corps. »(1 Corinthiens 10:17) C’est ainsi qu’il explique le sacrement de la table du Seigneur ; un pain, un corps, c’est ce que nous sommes ensemble, quoique nombreux.

Dans cette miche de pain, il vous est donné clairement à comprendre combien vous devriez aimer l’unité. Je veux dire, ce pain est-il formé d’un seul grain ? Est-ce qu’il n’y a pas de nombreux grains de froment ? Mais avant qu’ils ne forment le pain, ils étaient tous séparés ; ils ont été réunis au moyen de l’eau, après avoir été moulus. Tant que le blé n’a pas été moulu et humecté d’eau, il ne peut absolument pas prendre cette forme qu’on appelle pain.

De même, vous aussi vous avez été moulus par l’humiliation du jeune et le sacrement de l’exorcisme. Alors est venu le baptême, et vous avez été, si l’on peut parler ainsi, humectés d’eau en vue d’être façonnés en pain. Mais ce n’est pas encore du pain sans un feu pour le cuire. Alors que représente le feu ? C’est le saint chrême, l’onction. L’huile, qui nourrit le feu, est le sacrement de l’Esprit-Saint.

Remarquez donc quand on lit les Actes des Apôtres : la lecture de ce livre commence maintenant. Aujourd’hui commence le livre intitulé Actes des Apôtres. Quiconque souhaite progresser a les moyens de le faire.

Quand vous vous assemblez à l’église, laissez de côté les histoires idiotes et concentrez-vous sur les Ecritures. Nous sommes vos livres, alors soyez attentifs et voyez comment l’Esprit-Saint va venir à la Pentecôte. Et voici comment il viendra : il se montrera sous forme de langues de feu.

Vous voyez, il insuffle en nous la charité, qui devrait nous enflammer pour Dieu, faire que nous pensions peu au monde, brûler notre paille et purger et raffiner nos cœurs comme de l’or. Donc l’Esprit-Saint vient, le feu après l’eau, et vous êtes cuits en un pain qui est le Corps du Christ, et c’est ainsi que l’unité est signifiée.

Maintenant vous avez les sacrements dans l’ordre où ils arrivent. D’abord, après la prière, vous êtes incités à élever vos cœurs ; ce n’est que juste pour les membres du Christ. Après tout, si vous êtes devenus les membres du Christ, où est votre tête ? Les membres ont une tête. Si la tête ne se met pas en chemin, les membres ne vont pas suivre.

Où est allée notre tête ? Qu’avez-vous restitué dans le Credo ? « Le troisième jour il est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite du Père. » Donc notre tête est dans les cieux. C’est pourquoi, après les mots « élevez votre cœur » vous répondez « nous le tournons vers le Seigneur ».

Et vous ne devriez pas l’attribuer à vos propres capacités, à vos propres mérites, à vos propres efforts, cette élévation de votre cœur vers le Seigneur, parce que c’est un don de Dieu si vous êtes en mesure de le faire.

C’est pourquoi l’évêque ou le prêtre qui célèbre, continue de parler ainsi, quand l’assemblée a répondu « nous le tournons vers le Seigneur ». Il dit « rendons grâce au Seigneur notre Dieu » parce que nous avons élevé nos cœurs. Rendons-Lui grâce, parce que tant qu’Il ne nous a pas rendu capables d’élever nos cœurs, nous garderions nos cœurs en bas, vers les choses de la terre. Et vous signifiez votre accord en répondant « cela est juste et bon » de rendre grâce à Celui qui nous fait lever notre cœur vers notre tête.

Puis, après la consécration du sacrifice de Dieu, parce qu’Il nous veut devenir nous-mêmes Son sacrifice, ce qui est indiqué par l’endroit où ce sacrifice a pris place la première fois, il y a le signe de ce que nous sommes, c’est pourquoi, après la consécration, nous disons la prière du Seigneur, que nous avons reçue et que nous perpétuons.

Après cela vient le vœu [de paix], « la Paix soit avec vous », et les chrétiens échangent un saint baiser. C’est un signe de paix ; ce qui est exprimé par les lèvres devrait atteindre notre conscience ; c’est-à-dire que quand nos lèvres approchent nos frères et nos sœurs, notre cœur ne devrait pas être séparé du leur.

Ce sont de grands sacrements et signes, vraiment de sérieux et importants sacrements. Voulez-vous savoir comment leur sérieux est imprimé en nous ? L’apôtre dit « quiconque mange le Corps du Christ ou boit le Sang du Christ indignement est coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. » 1 Corinthiens 11:27)

Qu’est-ce que recevoir indignement ? Recevoir avec mépris, recevoir avec dérision. Ne vous laissez pas aller à penser que ce que vous voyez n’est d’aucune valeur. Ce que vous pouvez voir passera, mais la réalité invisible signifiée par là ne passera pas, mais elle demeurera pour toujours.

Regardez, cela est reçu, mangé, consumé. Le Corps du Christ est-il consumé ? L’Eglise du Christ est-elle consumée ? Les membres du Christ sont-ils consumés ? Que périsse cette pensée ! Ici ils sont purifiés, ils seront couronnés des lauriers de la victoire.

Ainsi ce qui est signifié demeurera éternellement, tandis que la chose qui signifie semble passer.

Donc, recevez les sacrement de telle sorte que vous pensiez à vous-mêmes, que vous gardiez l’unité dans vos cœurs, que vous éleviez vos cœurs. Ne placez pas votre espérance sur la terre mais dans le ciel. Gardez en Dieu une foi ferme, qu’elle soit agréable à Ses yeux.

Parce que ce que vous ne voyez pas maintenant, mais que vous croyez, vous le verrez, là où vous vous réjouirez sans fin.

Saint Augustin (354-430) est né à Thagaste (dans l’Algérie actuelle). Après avoir mené une jeunesse désordonnée, il est devenu un fervent chrétien, sous l’influence de sa mère, Sainte Monique, et de son professeur, Saint Ambroise de Milan. Deux de ses lives, « Confessions » et « La cité de Dieu » sont considérés comme faisant partie des plus grands travaux d’apologétique.

 

Source France catholique

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #36 : Sur l’accueil des vocations au sacerdoce

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Mets-toi à genoux devant la jeune vie qui veut se donner à Dieu dans le sacerdoce au lieu de prendre le pied à coulisse pour mesurer ses aptitudes.

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On fait la fine bouche devant les garçons qui se présentent pour devenir prêtres, on les jauge, on les mesure, on les analyse, on les triture, on les suspecte, on les inspecte, et pendant ce travail on crache sur Dieu qui les envoie.

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De toute évidence, de nombreux formateurs de prêtres ont raté leur vocation de psychologues. On ne saurait que trop les encourager à se réorienter afin de sauver du nombrilisme ceux dont ils ont la charge. Qui sont les plus malades ?

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Si nous avions sous nos yeux les têtes des apôtres, leur parcours, leur culture, leur allure, sans nul doute nous conviendrions ensemble que la majorité d’entre eux ne devrait pas être admise au séminaire.

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Les apôtres, loin d’être armés de diplômes, l’étaient d’amour à donner. Et c’est ainsi que sous l’illettrisme de la plupart – allons jusque là – le christianisme, avant de s’écrire, s’est gravé dans les cœurs.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Au diable la tiédeur, p.99-101

Illustration : Jésus-Christ et les petits enfants, esquisse, par Hippolyte Flandrin, 1837, huile sur toile, 50 x 61 cm (source)

A la une #Doctrine / Formation

Carêméditation #35 : La foi traverse le témoignage de la personne

Comme promis dans notre édito du mercredi des cendres, chaque jour nous vous partageons à méditer un texte du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

JRC – Et sur le plan religieux, que receviez-vous ?

MMZS – Je dirais volontiers : en premier lieu, l’exemple. La foi traverse le témoignage de la personne. Jusqu’à ma mort, que cela plaise ou non, car aujourd’hui, je le constate amèrement sous le peu de fruits qui se ramassent et le peu de vocations qui germent, on s’imagine que la transmission de la foi repose en grande partie sur la connaissance, et l’on multiplie donc les instances réflexives, les groupes d’échanges, les sessions et autres communications ; on propose aux jeunes de venir réfléchir à la question de la foi. Je pense qu’il y a là une emphase réflexive qui, en faisant appel à l’intellect, ne convient pas à tous, notamment aux petits, aux humbles, aux manuels, et qui de plus laisse froide une grande partie des enfants de Dieu. Si la croissance de la foi dans un cœur suppose la réflexion, la naissance de la foi suppose une expérience de Dieu, ce qui revient à dire, une rencontre avec lui. D’où l’importance de la prière, de la sainte messe bien célébrée, des sacrements conférés avec beaucoup de soin ([…]), mais aussi du témoignage, donné tout d’abord – et cette préséance, je n’y renoncerai pour rien au monde – par le prêtre, car celui-ci est l’image de Dieu dans l’imaginaire des hommes.

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, in Homme et prêtre, p. 58

Illustration : Don Bosco