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Le père Jacques Hamel, un martyr pour le Pape

Il y a deux ans jour pour jour, le père Jacques Hamel était tué par deux terroristes islamistes alors qu’il célébrait la messe à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Normandie, dans l’ouest de la France. Le Pape, bouleversé, avait immédiatement réagi à son assassinat.

Au Vatican, le Pape n’a pas oublié l’abbé Jacques. Il y a deux ans, il avait immédiatement réagi à son assassinat. Un prêtre âgé égorgé en pleine messe, « une action liturgique qui implore de Dieu sa paix pour le monde », à la veille de son départ pour les JMJ de Cracovie :  le Pape se disait bouleversé par cet acte de violence dans une église.

Dans un communiqué envoyé à Mgr Lebrun, l’archevêque de Rouen, François invoquait Dieu « afin qu’il accueille l’abbé Jacques Hamel dans la paix de sa lumière » ; le Pape assurait sa famille, ses paroissiens et son diocèse de sa proximité spirituelle, s’associant à leur souffrance par la prière. Le Saint-Père ne les a pas oubliés.

Le 14 septembre 2016, un mois et demi après l’assassinat du père Hamel, François accueille en effet au Vatican, dans la chapelle de sa maison, la résidence Sainte- Marthe, 80 pèlerins du diocèse de Rouen. Parmi eux, deux sœurs du père Hamel et un neveu.

Le Pape a revêtu sa chasuble rouge pour cette messe de suffrage, en la Fête de la Croix glorieuse. L’Église compte aujourd’hui plus de martyrs qu’aux premiers temps, tués parce qu’ils ont refusé de nier le Christ, déclare-t-il. Le père Jacques Hamel est l’un d’eux. Ce prêtre « doux, bon, fraternel, qui cherchait toujours à faire la paix » a été tué comme s’il était un criminel, alors qu’il célébrait le sacrifice suprême du Christ sur la Croix. Le Pape notait alors la lucidité du prêtre de 85 ans, lui qui au milieu de ses souffrances aurait lancé à ses bourreaux « Va-t’en, Satan ! »,nommant ainsi son assassin. Tuer au nom de Dieu est satanique, martelait le Pape. Et toutes les religions devraient porter ce même message.

Sept mois plus tard, François rendait de nouveau hommage au père Hamel, ainsi qu’à tous les martyrs de l’ère moderne. Il présidait une liturgie de la parole à la basilique Saint-Barthélemy, sur l’île Tibérine, à Rome, sanctuaire des Nouveaux martyrs des 20e et 21e siècles auquel a été confié par sa famille le bréviaire du père Hamel.

Une commémoration en France pour les deux ans de l’assassinat du père Hamel

Ce jeudi, une cérémonie d’hommage a été rendue au père Jacques Hamel : une marche silencieuse, suivie d’une messe présidée par l’archevêque de Rouen. Mgr Dominique Lebrun a insisté sur la vie de pasteur du père Hamel qui transmettait par son exemple : celui « d’un serviteur fidèle et discret au milieu de sa famille, de sa paroisse et de sa ville », mais aussi par son ministère de prêtres et ses plus de 500 homélies, aujourd’hui au cœur de son procès en béatification, lancé le 13 avril 2017.

Avant même que ce procès ne soit achevé, l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray semble être devenue un lieu de pèlerinage. À l’issue de la messe, lors d’une cérémonie républicaine « pour la paix et la fraternité », l’archevêque de Rouen a rappelé combien « le père Jaques est plus vivant que jamais ». Vingt groupes sont annoncés d’ici octobre dans sa paroisse normande. « Les visiteurs anonymes font un détour. D’autres s’intitulent déjà pèlerins », a affirmé Mgr Lebrun.

Source : Vatican News 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Messe anniversaire de l’assassinat du Père Jacques Hamel le 26 juillet 2018 et veillée le 25 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray (76)

Mercredi 25 juillet 2018
18h à 20h
 : veillée en l’église Saint-Etienne de Saint-Étienne-du-Rouvray

Jeudi 26 juillet 2018
8h : rassemblement proposé par la paroisse au presbytère de Saint-Étienne-du-Rouvray (28 rue Lazare Carnot)
8h30 : marche vers l’église Saint-Etienne
9h : messe à l’église présidée par Mgr Dominique Lebrun
10h30 : hommage devant la stèle pour la paix et la fraternité avec prises de paroles.
11h : verre de l’amitié offert par la commune au centre socio-culturel Georges-Déziré à Saint-Etienne-du-Rouvray (271 rue de Paris).

Complément d’informations à venir

Contact : 02 35 65 11 35.

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Vers la béatification du Père Hamel ?

Le 26 juillet 2016, le Père Jacques Hamel était assassiné à l’autel dans son église de Saint-Étienne du Rouvray, près de Rouen, par deux terroristes. Selon le souhait du Pape François le procès en béatification a déjà été ouvert et le 20 mai a eu lieu la première audience.

Nous remercions Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, de nous avoir accordé un entretien sur cette procédure et le témoignage offert par le Père Hamel.

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Devant Emmanuel Macron, Mgr Lebrun dénonce avortement et euthanasie

Lors de l’inauguration de la stèle en hommage au père Hamel, Monseigneur Lebrun, archevêque de Rouen, s’est adressé à l’ensemble des autorités de la nation, à commencer par le Président Macron et son Premier ministre Philippe, des parlementaires, des ministres, des élus de toutes les strates. L’archevêque n’a pas ménagé ses propos sur l’avortement, l’euthanasie et la loi qui ne peut pas définir la morale… :

“La communauté catholique a beaucoup apprécié le désir de M. le maire, d’ériger un monument à la mémoire du Père Jacques Hamel en écho aux souhaits de nombreux Stéphanais et Stéphanaises. Elle est très sensible à votre présence, M. le Président, pour l’inaugurer.

Ce monument prend la forme d’une très belle « stèle républicaine pour la paix et la fraternité, à la mémoire du père Jacques Hamel ». C’est une étape importante. Permettez-moi de dire quelques mots de cette étape avant d’accueillir avec vous le message de cette stèle.

La famille, les témoins de l’assassinat du Père Jacques Hamel, la communauté paroissiale et bien d’autres poursuivent ce que nous appelons trop communément un chemin de deuil. Au fil de l’année, j’ai vu une succession d’ombres et de lumières. L’ombre de la disparition et de la tristesse, la lumière d’une présence jamais aussi forte ; l’ombre des regrets, inquiétudes, peurs, la lumière de l’affection qui fait vivre ; l’ombre du souvenir tenace de la violence, la lumière des amitiés consolantes ; l’ombre des soupçons et des accusations, la lumière du pardon toujours recherché ; l’ombre d’interrogations demeurant sans réponse, la lumière de la foi.

La vie personnelle comme la vie commune est jalonnée par ces passages, de l’ombre à la lumière. Il ne serait pas responsable de tenir pour acquise la lumière. Saint-Etienne-du-Rouvray, pas plus que Jérusalem, New York, Djarkarta, Kinshasa, Alger, Rio de Janeiro, la Libye ou Rouen ne peuvent se dire une ville sans ombres ni … lumières ! Il n’est pas plus responsable et, encore moins chrétien, de penser être dans la lumière, et de juger et condamner les autres aux ténèbres. Pire encore, de penser que nos cœurs sont habités par la seule lumière tandis que d’autres, les autres, seraient les acteurs de l’ombre. C’est vrai dans une famille, dans une communauté, dans un pays, dans le monde.

Des attentats, hier, la profanation de tombe ou de lieux de culte, aujourd’hui encore, même accomplie par des adolescents, sont une ombre pour toute notre société. Notre société qui ne sait plus où elle va après la mort, et se croit libre de faire tout ce que chaque individu souhaiterait, y compris abréger sa vie ou l’empêcher de naître ; c’est une ombre pour notre société qui met de côté des ressources spirituelles en chargeant la loi d’établir la morale alors que celle-ci, la loi, ne peut qu’être qu’une aide et que la morale, elle vient du profond de notre humanité.

L’aide au développement, le secours des migrants, l’appui aux États du Moyen Orient qui redonne espoir aux chrétiens de pouvoir rester chez eux, comme dans la plaine de Ninive, sont, parmi d’autres, des lumières pour toute notre société qui sait qu’elle ne peut pas vivre bien à côté de ceux qui vivent mal. C’est l’honneur de la France d’être engagée largement sur cette voie. Comment ne pas relier ce que nous vivons, aujourd’hui à l’entrée dans Mossoul hier du Patriarche chaldéen accompagné de trois évêques de France et d’un prélat français ?

Dans une ville, comme dans une église, nos cœurs n’en finissent pas de passer du côté de l’amour. Permettez-moi, au nom même de Jacques Hamel, de lancer cet appel à ceux qui hésitent encore : quittez l’ombre de la haine, passons ensemble vers la lumière de l’amour ! Quittez l’ombre de la division et passons ensemble à la lumière de l’unité ! Quittez l’ombre des mensonges, des égoïsmes et des égos, passons ensemble à la lumière de la vérité et de la fraternité ! Quittez l’ombre de la guerre, passons ensemble à la lumière de la paix !

La stèle que nous inaugurons porte des figures qui semblent être un peu dans l’ombre. Elles semblent chercher la lumière. Puissions-nous nous retrouver tous parmi ceux qui passent de l’ombre à la lumière, de l’ombre de la mort, à la lumière de la vie. Comme le Père Jacques Hamel, je le crois, est passé définitivement de la mort à la vie, à la vie éternellement bienheureuse.

La stèle porte un défi, celui – nous l’avons entendu – de l’universel où la lumière ne peut rejoindre quelques-uns au détriment des autres. Tel est le sens d’une déclaration universelle des droits de l’homme. Ayons l’ambition de la fraternité universelle inscrite dans le premier article de la déclaration de 1948 : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Les chrétiens ont une responsabilité immense. Pour eux, la fraternité n’est pas une option. Jésus a révélé le nom de « Père » comme le nom propre de Dieu. Qui sommes-nous alors, sinon des frères et des sœurs ? Pouvons-nous appeler Dieu « Père » sans regarder l’autre et tous les autres comme un frère, comme une sœur ? La famille humaine a brisé le lien fraternel lorsque Caïn tue son frère Abel, se séparant ainsi du grand projet divin. Jésus vient restaurer la fraternité, véritable dignité des êtres humains. Il l’a fait au prix de son sang qui crie plus fort que le sang d’Abel pour appeler à la fraternité. Le sang du Père Jacques Hamel est de la même composition que le sang de Jésus ; il crie avec tous les martyrs. Il appelle à la fraternité, sans exclusion, comme en témoigne le rassemblement de ce matin.

Monsieur le Maire, Monsieur le député, M. le Président, chers amis non croyants ou croyants de diverses confessions, nous pouvons avancer ensemble, dans le respect de nos responsabilités, dans le respect de nos esprits et de nos âmes, si divers et si semblables, dans la fraternité !

Le visage du Père Jacques Hamel, en bas de la stèle semble regarder vers l’article 18 de la déclaration universelle : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites) ».

Ce regard du Père Jacques Hamel tourné vers l’article 18 de la déclaration universelle est-il un hasard ? Vous pouvez penser que je crois plus à la providence qu’au hasard ! Quoi qu’il en soit, c’est pour moi l’occasion de remercier tous ceux qui comprennent que la communauté catholique peut et veut participer à la vie commune, par ses membres et en tant que communauté. Elle n’a pas d’autre vocation, car elle croit que sa mission est sur terre comme au ciel, sur terre pour le ciel, où nous attend le Père Jacques Hamel. La communauté catholique est aujourd’hui fière de l’exemple donné par le Père Jacques Hamel, frère, oncle, citoyen et chrétien, prêtre catholique. Si l’un de ces aspects pouvait apparaître en premier selon les circonstances, il n’était jamais séparé des autres. L’hommage qui lui est rendu sur cette place et par ce monument en témoigne.

Merci aux artistes Marie-Laure Bourgeois et Vincent Bécheau  ; Merci de tout cœur M. le maire, – avec un « s » – pour votre geste, merci aussi pour votre amitié. Nous la devons au Père Jacques Hamel. Soyons-lui fidèles aussi en cela !