A la une #Articles #Asie #Dans le Monde #NLH #NLQ

“Les chrétiens du Sri Lanka ont été assassinés parce qu’ils étaient chrétiens” Jean-Luc Mélanchon

« Les chrétiens du Sri Lanka n’ont jamais affronté qui que ce soit. Les victimes n’étaient ni en meeting politique ni en quoi que ce soit d’agressif contre qui que ce soit. Ils étaient réunis dans un lieu de culte et priaient. Leurs assassins sont des lâches absolus et la cause qui est servie de cette façon doit être mise au ban de la société. Plus généralement, il y a une sous évaluation dans les médias français des agressions spécifiques dont font l’objet des chrétiens dans le monde […] C’est pourquoi on ne saurait se taire ou noyer le poisson dans les explications qui nieraient ce fait central : les chrétiens du Sri Lanka ont été assassinés parce qu’ils étaient chrétiens et pratiquants de cette foi. »

Source Observatoire de la christianophobie

Asie #Dans le Monde #NLQ

L’Église sri-lankaise veut rendre obligatoire l’École du dimanche

L’Église s’est jointe aux autorités religieuses du pays pour promouvoir et approuver une mesure du gouvernement devant rendre obligatoire l’éducation religieuse de l’École du dimanche pour les élèves de 6 à 19 ans. Une mesure devant permettre , selon eux, de favoriser la croissance des jeunes adultes. L’Église gère 1 155 écoles du dimanche dans douze de diocèses.
Le Sri Lanka attend l’approbation du guvernement suite à la proposition du ministère des Affaires chrétiennes de rendre obligatoire, pour tous les élèves de 6 à 19 ans, l’éducation religieuse lors de l’École du dimanche. Le ministère avait auparavant consulté l’avis des prêtres catholiques sur cette idée. Le père Piyal Janaka Fernando, directeur du Centre national catéchétique, éducatif et biblique (National catechetical, educational and biblical center), a transmis leurs sentiments au gouvernement. Le ministère, qui a consulté les prêtres en se basant sur leur expérience, voudrait rendre l’École du dimanche obligatoire pour les bouddhistes, les catholiques, les hindous ainsi que pour les fidèles des autres religions.
L’idée avait été lancée en 2017 par le cardinal Malcolm Ranjith et par les responsables bouddhistes, dans une série de manifestations contre l’enseignement scolaire durant l’École du dimanche. Le cardinal Ranjith avait même écrit au président sri-lankais afin de demander que les classes de soutien soient interdites le dimanche de 6 heures à 14 heures afin d’éviter de perturber l’instruction religieuse. Beaucoup de tuteurs privés donnent des cours de soutien le week-end, car cela peut représenter pour eux un revenu supplémentaire non négligeable, à l’approche des examens de fin d’année.
L’Église catholique gère 1 155 Écoles du dimanche, où enseignent 13 000 professeurs pour environ 202 000 élèves dans douze diocèses sri-lankais. Une proposition sera soumise prochainement aux ministères en charges de toutes les religions, afin de réserver l’étude scolaire au reste de la semaine et l’enseignement religieux au dimanche, a déclaré le ministre des Affaires bouddhistes Gamini Jayawickrema Perera, lors d’un rassemblement à Kurunegala le 29 mars.

Pour la croissance des jeunes adultes

Le père Fernando suggère de donner des notes supplémentaires aux élèves qui viennent à l’École du dimanche. « Les notes obtenues durant l’École du dimanche, de même que leur présence, devraient être prises en compte plus tard », ajoute-t-il. « Le gouvernement devrait interdire les cours de soutien le dimanche et encourager les enfants à venir. » Pour le prêtre, tous les étudiants devraient être incités à participer aux examens de fin d’année de l’école du dimanche pour parfaire leur éducation. « Le gouvernement devrait également encourager les médias à organiser des programmes spécifiques pour les Écoles du dimanche », estime le prêtre.
Le père Fernando affirme que la Commission catholique pour le catéchisme et l’apostolat biblique a soumis un document au ministère des Affaires chrétiennes en mars, indiquant tous ces avis. La commission a également demandé au gouvernement de libérer des espaces dans les bibliothèques pour pouvoir stocker les livres religieux des paroisses. Elle a également demandé que les manuels standards de l’école du dimanche soient imprimés à l’échelle nationale pour établir un programme commun. En demandant que soient interdits les cours de soutien le dimanche, le cardinal Ranjith estimait, avec d’autres responsables religieux, que cela se faisait au détriment de l’éducation spirituelle des enfants.
Ayoma Nirudhi, qui enseigne à l’école du dimanche de Colombo, la capitale, a approuvé cette mesure, la saluant comme une façon efficace d’améliorer la participation à l’École du dimanche : « Actuellement, la participation est insatisfaisante, car beaucoup d’enfants ont des cours de soutien le dimanche et durant les jours fériés. Les Écoles du dimanche aident à la croissance des jeunes adultes. C’est une bonne chose pour le pays et cela raffermit leur foi. »

 

Source EDA

Asie #NLQ

30 ans de présence de l’Œuvre pontificale de la Sainte Enfance au Sri Lanka

Quelques 1.500 personnes conduites par le slogan «  Je t’ai appelé par ton nom pour être mon disciple » ont célébré les 30 ans de présence de l’Œuvre pontificale de la Sainte Enfance au Sri Lanka dans le cadre d’une célébration tenue le 29 juillet dernier au Collège Saint Joseph de Maradana en présence du cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo.

Tous les participants ont fait l’expérience de ce que signifie le véritable amour de Jésus exprimé au travers de la contribution de la Sainte Enfance. La rencontre a impliqué les précédents collaborateurs : directeurs nationaux, directeurs diocésains, animateurs passés et présents. Certains de ces témoins ont connu des parcours particuliers, comme un coordinateur qui a été ordonné prêtre et une coordinatrice ayant prononcé ses vœux religieux. Etaient également présents les anciens membres de l’équipe des Œuvres pontificales missionnaires.
L’événement a été organisé par les membres de l’équipe du bureau national des Œuvres pontificales missionnaires au Sri Lanka, sous la conduite de son directeur national, le père Basil Rohan Fernando.

Source

Asie #NLQ

Sri Lanka – Un avocat réputé contraint de se réfugier à l’étranger après avoir dénoncé l’intolérance religieuse

Pour avoir dénoncé l’intolérance religieuse envers les minorités évangéliques depuis l’ascension au pouvoir, en janvier 2015, du président Maithripula Sirisena, un avocat réputé du barreau sri lankais, Me Lakshan Dias, a dû fuir son pays au début de ce mois et vit aujourd’hui dans un lieu tenu secret. Le gouvernement actuel entendait pourtant promouvoir l’harmonie religieuse et la réconciliation nationale.

Après trois décennies de guerre civile, qui s’étaient achevées en mai 2009 par la victoire de l’armée de Colombo contre les rebelles tamouls, les élections présidentielles anticipées de 2015 ont porté au pouvoir Maithripala Sirisena, un proche du précédent président, Mahinda Rajapaksa. Ce dernier, élu en 2005 sur la promesse de vaincre les Tigres tamouls et réélu en 2010 après avoir écrasé militairement la rébellion tamoule en mai 2009, dominait entièrement l’appareil étatique, contrôlait les institutions et intimidait la presse. Le nouveau gouvernement entendait incarner un renouveau et défendait une vision mettant l’accent sur la réconciliation nationale et le respect des minorités religieuses et ethniques du Sri Lanka. L’île de 21 millions d’habitants, dont 70 % sont bouddhistes, abrite également 15 % de tamouls hindous, 8 % de chrétiens et 9 % de musulmans. Les menaces et les pressions exercées contre l’avocat Lakshan Dias mettent toutefois en lumière le fait que le Sri Lanka rencontre des difficultés à respecter ses promesses et ses engagements, pris devant la communauté internationale.

Plus de 190 incidents contre les chrétiens évangéliques depuis 2015

« J’ai fui mon pays car j’ai été explicitement nommé et menacé par le ministre de la Justice, qui m’a accusé d’être un traître et un animal », explique Lakshan Dias depuis son lieu de refuge, dans des propos transmis par l’Asia Pacific Refugee Rights Network (APRRN). Ce réseau, qui œuvre actuellement à soutenir Lakshan Dias, représente plus de 300 organisations et individus et défend les droits de l’homme et des réfugiés dans la région.

L’affaire a commencé le 14 juin dernier. Lakshan Dias participe alors à un débat télévisé sur la chaîne Derana Television. L’avocat y dénonce l’augmentation de l’intolérance religieuse au Sri Lanka. Il fait état des violences commises à l’égard des chrétiens évangéliques du Sri Lanka, se référant aux statistiques duNational Council for Evangelical Alliance of Sri Lanka (NCEASL). Cette structure, fondée en 1952, indique représenter 200 églises et près de 200 000 chrétiens évangéliques. Dans une déclaration de presse, publié le 27 mai 2017, le CNEASL dresse une liste de « plus de 190 incidents contre des églises, des membres du clergé et des chrétiens depuis que l’actuel gouvernement a pris ses fonctions en 2015 ». Lakshan Dias dénonce notamment la participation des prêtres bouddhistes dans certaines de ces attaques. Le groupe pro-bouddhiste Bodu Bala Sena (BBS) est régulièrement mis en cause pour cette recrudescence d’incidents visant les chrétiens et les musulmans. Sur le plateau télévisé, les propos de l’avocat provoquent des réactions houleuses de la part du présentateur et de certains des invités.

Agé de 49 ans, Lakshan Dias est un avocat actif et expérimenté. Spécialisé dans le domaine des droits de l’homme, il a défendu des cas sensibles et controversés, liés aux expulsions arbitraires du Sri Lanka, aux abus dans le cadre de la loi draconienne « Prevention of Terrorism Act », et à des accusations de torture et de discrimination religieuse des minorités.

Deux jours après le débat télévisé, le 16 juin, le président Maithripula Sirisena rejette ces affirmations, sans nommer l’avocat. Le lendemain, le ministre de la Justice et des Affaires religieuses, Wijedasa Rajapakse, demande à l’avocat de présenter des excuses publiques, sous peine d’être radié du barreau de Colombo. Lors d’un autre événement public, le président avance même que l’archevêque catholique de Colombo, le cardinal Malcolm Ranjith, indique ne pas avoir connaissance de telles attaques contre des églises.

« La majorité de ces attaques ont déjà été rapportés à la police », a rappelé Godfrey Yogarajah, le responsable de la National Christian Evangelical Alliances. Dénonçant les propos du ministre de la Justice, l’affaire a commencé à faire grand bruit au Sri Lanka. Le P. Sarath Iddamalgoda, du Christian Solidarity Movement, a apporté son soutien à Me Dias ; contacté par l’agence Ucanews, il affirme : « Seul un dictateur oserait réduire la liberté d’expression. Comment un ministre peut-il interférer dans ce domaine ? » Des organisations comme Amnesty International, South Asian Free Media Association et Free Media Movement ont également condamné ces propos.

Un avocat menacé sur les réseaux sociaux… et par le ministre de la Justice

Lakshan Dias s’est soudain trouvé au centre de pressions extrêmement lourdes. « J’ai été l’objet d’attaques massives et d’insultes dans les médias sociaux. On a dit par exemple que j’étais un traître de la nation, raconte-t-il. Il y a eu des protestations organisées contre moi par des prêtres bouddhistes et par le public. Et mêmes les médias m’accusent de mentir. » Selon lui, la situation révèle la domination des Cinghalais bouddhistes de Colombo. « Les autorités sri-lankaises, qui incarnent la majorité bouddhiste, sont dans le déni concernant des faits tels que les attaques contre les églises, que je prouve pourtant avec des statistiques, estime l’avocat. Le président lui-même endosse le lobby bouddhiste. »

Le Conseil national du Barreau du Sri Lanka (Bar Association of Sri Lanka, BASL) a publié une lettre embarrassée, demandant à Lakshan Dias de rédiger une déclaration formelle sur les éventuelles attaques dénoncées par l’avocat. Ce dernier a répondu à son tour : « J’attends de votre part une condamnation des menaces qui ont été proférées à mon encontre par le ministre. Le Conseil national du Barreau devrait s’assurer qu’aucun ministre ou aucune autre autorité n’aura à l’avenir le droit de perpétrer de telles attaques contre ses membres. »

Craignant pour sa propre sécurité, Lakshan Dias s’est donc réfugié à l’étranger. Il vit désormais en exil. «  Il est triste de constater que ce grand défenseur des droits de l’homme, qui a notamment défendu toute sa vie les droits des personnes marginalisées et des réfugiés, se retrouve aujourd’hui lui-même dans la situation d’un réfugié, note Evan Jones, du Asia Pacific Refugee Rights Network. C’est une situation terrible et cela n’aurait jamais dû se produire. »

« Chaque jour, de nombreux réfugiés sri lankais décident de revenir dans leur pays, ajoute Evan Jones. En dépit des changements positifs et des nouvelles opportunités, le Sri Lanka a encore des efforts à réaliser, comme le prouve le cas de M. Dias. » L’avocat ne devrait pas être en mesure de rentrer au Sri Lanka avant plusieurs mois, le temps que la situation s’apaise. Il craint la possibilité de représailles en cas d’un retour éventuel rapide.

Source : Eglises d’Asie

Asie #NLQ

Inondations et glissements de terrain : état d’urgence au Sri Lanka

L’Etat d’urgence causé par les pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain désastreux dans le sud du pays continue à s’aggraver. Le Centre pour la gestion des catastrophes (DMC) du Sri Lanka a indiqué que les personnes évacuées des zones inondées sont près de 22.000.

Selon un bilan encore provisoire, ont été enregistrés au moins 91 morts et 110 disparus. La majeure partie des victimes se trouve dans les deux seuls districts de Ratnapura et Kalutara, sis à une centaine de kilomètres au sud de la capitale. A Rathnapura, le fleuve Kalu a rompu ses digues et s’est déversé sur l’ensemble de la ville. La population qui vit à proximité des cours d’eau ou au bas de montagnes et collines a été invitée à s’éloigner alors que les hélicoptères et les embarcations de la Marine sont à la recherche des personnes bloquées sur les toits par les eaux.

Source : Agence Fides

Asie #NLQ

1,2 million de personnes affectées par la sècheresse au Sri Lanka

Ce pays d’Asie du Sud est frappé par la pire sécheresse qu’il ait connue depuis 40 ans, 1,2 million de personnes, dont plus de 300.000 enfants, sont directement affectées par la catastrophe et ont besoin d’aide humanitaire.

Source

 

Asie #NLQ

Sri Lanka – Les religieux en aide à la politique de réconciliation nationale

Face à un gouvernement qui affiche sa volonté de renforcer l’harmonie religieuse mais qui peine à concrètement parvenir à la réconciliation nationale, des responsables religieux, bouddhistes et chrétiens, proposent de mettre sur pied des « conseils religieux », placés sous leur égide et dont le rôle serait de « promouvoir l’unité nationale et la réconciliation ».

Le 10 mars dernier, à Colombo, la Maha Bodhi Society recevait plusieurs hauts responsables religieux bouddhistes et chrétiens. Société dédiée à la propagation du bouddhisme en Asie du Sud, l’instance se veut un lieu de dialogue entre les grandes religions du monde. Le Vénérable Bellanwila Wimalarathana Nayaka Thero, moine engagé depuis de longues années dans la recherche de l’harmonie entre les communautés religieuses présentes au Sri Lanka, y a fait part d’une proposition singulière. « Ce ne sont pas les hommes politiques mais nous [responsables religieux] qui sommes proches du peuple. Il revient donc à nous, hommes de religion, d’assumer une place plus importante dans le processus de réconciliation [nationale]  », a expliqué le moine, par ailleurs docteur en philosophie et chancelier de l’Université de Sri Jayawardhanapur (USJP), université réputée du pays. « Je propose de mettre en place des Conseils religieux dans les divisions [unité administrative au Sri Lanka], les districts ainsi qu’au plan national, dont la mission sera de promouvoir l’unité nationale et la réconciliation », a précisé le moine, ajoutant que s’il revenait bien à la Constitution d’organiser les conditions de l’unité politique de la nation, l’harmonie religieuse était un domaine où les responsables religieux se devaient d’agir.

Aider les populations des provinces du Nord et de l’Est

Présent autour de la table, le cardinal Malcolm Ranjith, archevêque de Colombo, représentait l’Eglise catholique. Au Sri Lanka, la population de 22 millions d’habitants est composée de bouddhistes cinghalais (70 % des Sri Lankais), d’hindous tamouls (13 %), de musulmans (10 %) et de chrétiens (7 %), et ces derniers ont la particularité d’appartenir à la fois à la majorité cinghalaise de la population et à la minorité tamoule de la population. Cinghalais lui-même, archevêque de la capitale, située en terre cinghalaise mais comptant une forte minorité tamoule, le cardinal a affirmé que les responsables religieux du pays devaient concentrer leur action sur l’aide à apporter aux populations tamoules des provinces du Nord et de l’Est, deux régions qui ont directement et profondément souffert des trois décennies de guerre civile, laquelle s’est achevée en 2009 par la défaite militaire des Tigres tamouls.

Egalement présent, Mgr Duleep de Chickera, évêque émérite de Colombo (Eglise anglicane), a souligné, pour sa part, que la paix au Sri Lanka se trouverait renforcée si le système judiciaire, notoirement corrompu et généralement perçu comme favorable aux Cinghalais, était sérieusement réformé.

Un ministre du gouvernement était présent ce 10 mars auprès des responsables religieux. Mano Ganeshan détient le portefeuille de « la coexistence nationale et des langues nationales » dans le gouvernement dirigé depuis 2015 par le Premier ministre Ranil Wickremesinghe. Il a déclaré qu’il soumettrait la proposition des responsables religieux au Premier ministre et au gouvernement.

Une communauté internationale attentive

La proposition des responsables religieux intervient au moment où le gouvernement de Colombo peine à convaincre tant la communauté internationale que la minorité tamoule de l’efficacité de son action en matière de réconciliation nationale. Le 4 février dernier, dans son discours prononcé à l’occasion de la Fête de l’indépendance, le président Maithripala Sirisena avait affirmé : « Vous savez tous que pour réaliser les objectifs [de développement économique et social], il est nécessaire d’œuvrer toujours plus à la réconciliation nationale et religieuse de ce pays. »

Au plan international, le Sri Lanka est soumis au regard attentif de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, dont la 34ème session s’achève ce 24 mars à Genève. En octobre 2015, le gouvernement de Colombo s’était engagé à mettre en place un quadruple mécanisme de réconciliation : une commission destinée à faire la lumière sur les atteintes aux droits de l’homme durant la guerre civile, un bureau pour localiser les personnes disparues, un bureau pour réparer et indemniser les victimes de la guerre, et enfin un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre, notamment ceux commis durant la dernière phase des hostilités.

Un ancien président en embuscade

Or, à ce jour, seule une loi fondant un « Bureau des personnes disparues » a été votée. Les trois autres points tardent à être concrétisés par un gouvernement de coalition qui réunit les deux principaux partis que sont l’United National Party de Ranil Wickremesinghe et le Sri Lanka Freedom Party dirigé jusqu’en 2014 par Maithripala Sirisena, mais qui semble comme paralysé face aux assauts répétés de Mahinda Rajapaksa. Au pouvoir de 2005 à janvier 2015, Mahinda Rajapaksa continue d’affirmer qu’il est faux de dire qu’un grand nombre de civils ont péri du fait de la guerre ; il se tient en embuscade pour profiter du moindre faux pas de l’équipe au pouvoir et tenter de revenir aux affaires.

La réforme en cours de la Constitution est notamment un terrain sur lequel Mahinda Rajapaksa se montre offensif. «  Le but de cette nouvelle Constitution est de satisfaire la minorité tamoule dans sa revendication pour l’indépendance politique, a-t-il récemment déclaré à la presse de Colombo. Nous nous opposerons à cette nouvelle Constitution frauduleuse. (…) Nous devons préserver notre victoire [de 2009 sur les Tigres tamouls]  ».

Face à cette relative paralysie du pouvoir politique, les responsables religieux s’inquiètent. Le 15 mars dernier, à l’occasion du lancement d’une initiative citoyenne visant à soutenir l’élaboration de la future Constitution, le Vénérable Dambara Amila Thero a déclaré : « Nous avons traversé trente années de guerre civile et beaucoup perdu durant ces trois décennies. Aujourd’hui, si nous voulons vraiment une réconciliation politique, sociale et religieuse, il nous faut une nouvelle Constitution. » Après la Constitution actuellement en vigueur, rédigée en 1978, il faut une loi fondamentale qui « nous permette d’abolir pleinement l’hyper-présidentialisation du pouvoir [en vigueur sous Mahinda Rajapaksa], de changer le système électoral, de donner du pouvoir aux minorités et à ceux qui sont exclus du pouvoir du fait de leur appartenance ethnique ou religieuse », a continué le moine. Une prise de position confortée par Mgr Duleep de Chickera qui, devant la même assemblée, a estimé que « les droits des minorités devront être protégés par la Constitution afin que les minorités se sentent égales en droit aux autres habitants de ce pays ». « La dévolution du pouvoir [aux provinces] est nécessaire et le pouvoir doit être partagé », a ajouté l’évêque anglican.

Source : Eglises d’Asie

Asie

Persécution en hausse au Sri Lanka

Le Sri Lanka vient d’apparaître pour la première fois dans l’édition 2017 de l’Index mondial de persécution des chrétiens, établi par Portes Ouvertes. Le Sri Lanka est désormais au 45ème rang des 50 pays où les chrétiens sont les plus persécutés.

Les chrétiens du Sri Lanka subissent des persécutions de la part de militants bouddhistes qui estiment qu’être Sri-Lankais, c’est être bouddhiste. Ils subissent également des pressions du gouvernement, notamment des limitations pour l’enregistrement des églises. La persécution des chrétiens a commencé à s’amplifier ces toutes dernières années avec la montée en puissance de groupes militants nationalistes et bouddhistes. La National Christian Evangelical Alliance du Sri Lanka a recensé 320 cas de persécution antichrétienne au Sri Lanka entre janvier 2013 et juin 2016. Parmi ces cas, on signale des attaques de foules contre les églises (souvent à l’incitation de moines bouddhistes), des fermetures administratives d’églises par l’État, des attaques contre des personnes, des incendies, […] des intimidations […] (en particulier pour les ensevelissements).

Source : PRCA, 23 janvier – © CH pour la traduction.

Asie #NLQ

Sri Lanka – Vers une légalisation de l’avortement ?

Nous l’évoquions récemment, le Sri Lanka semble être sur le point de légaliser l’avortement, Régis Anouil, rédacteur en chef d’Eglises d’Asie, fait le point sur la situation pour RCF. Nous avons retranscrit pour vous ses propos.

RCF : Ce pays semble sur le point de légaliser l’avortement. Comment réagissent les évêques ?

Régis Anouilh : Et bien oui, c’est la nouvelle de ces dernière semaines, qui est passée un peu inaperçue en occident, mais qui montre qu’à l’occasion d’une réforme, d’une refonte du Code pénal et du Code de procédure pénal, le gouvernement actuellement au pouvoir se prépare à légaliser de facto l’avortement. L’avortement aujourd’hui n’est pas légal au Sri Lanka, et là, la réforme envisagée par le Ministère de la justice vise à légaliser l’avortement lorsque la grossesse résulte d’un viol, d’un inceste, lorsque la mère est âgée de moins de 16 ans ou bien encore en cas de malformation du foetus. Alors il faut savoir que dans ce pays les catholiques ne sont pas si nombreux, mais ils représentent tout de même une petite minorité, une forte minorité même pourrais-je dire, de 7 % des 22,3 millions d’habitant de ce pays et les évêques appellent les catholiques à s’opposer à cette réforme. Ils appellent également le personnel politique catholique à bloquer le projet de loi. Donc c’est quelque chose qui est assez fort dans l’engagement des évêques. Ils avaient eu vent d’un précédent projet en 2016, ils avaient pris leur plume pour demander au Ministère de la justice si tel était le cas et le Ministère leur avait répondu, pour les rassurer, leur disant que ce n’était pas du tout à l’ordre du jour. D’où la réaction un peu forte, un peu violente des évêques, à cette annonce qui est apparue dans la presse fin janvier, que ce projet gouvernemental était en cours. Donc là, les évêques, effectivement, appellent à s’opposer à ce projet.

RCF : Cette volonté du gouvernement sri-lankais de légaliser l’avortement est-elle nouvelle ?

R.A : Effectivement, on peut se demander pourquoi, en ce moment, le gouvernement s’attelle à une telle réforme. Il faut savoir qu’en 1980, le Sri-Lanka a signé, et le texte a été ratifié en 1981, une convention de l’ONU : une convention sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes. Donc un texte tout à fait positif dans sa tournure, dans son objet, dans sa volonté, dans son but. Mais la convention onusienne stipule le droit des femmes à avorter et, je cite, “en cas de viol, de relation incestueuse, ou de malformation du foetus”. On retrouve quasiment mot pour mot la législation qui est en train d’être transformée, refondue actuellement au Sri Lanka. Et les évêques s’étaient opposés à plusieurs reprises au fait que cette convention onusienne soit transplantée, transcrite dans le droit national, dans le droit sri-lankais. Cela avait le cas en 1995, en 2002 puis en 2005. On voit une certaine constance dans ces efforts du pays à transcrire cette convention onusienne. Là, encore aujourd’hui, les évêque s’y opposent. On a fêté le 4 février, l’anniversaire de l’indépendance, 69° anniversaire, et le cardinal Malcolm Ranjith, qui est l’archevêque catholique de Colombo, a publié un message. C’est un message qui est surtout centré sur la reconstruction politique que ce pays doit connaître après des décennies de guerre civile, mais il a également dit qu’il était du devoir des Sri-Lankais, de, je le cite “chercher une vraie indépendance qui protège la culture et la civilisation de ce pays de toute forme d’influence néo-coloniale ou issue de la mondialisation.” Le cardinal ne dit rien de plus mais on peut penser qu’il visait ce texte aujourd’hui à l’étude et qui est directement inspiré d’une convention onusienne.

L’entretien est à écouter ici.

Asie

Sri Lanka – 80.000 personnes affectées par une grave sécheresse

Près d’un million de personnes a un besoin urgent d’aide humanitaire et des dizaines de milliers dépendent d’aides pour assurer leur survie suite à la grave sécheresse qui frappe actuellement le Sri Lanka.

L’alarme émerge d’une déclaration du gouvernement et des Nations Unies. Depuis l’an dernier, le pays fait face à la pire sécheresse depuis des décennies et la population ne parvient plus à aller de l’avant. Dans un rapport récent, le Centre de gestion des catastrophes a fait référence à 1,2 millions de personnes touchées par la sécheresse. Quelques 900.000 d’entre elles ont un besoin urgent de nourriture sachant que quelques 80.000 d’entre elles ont besoin d’interventions leur permettant de survivre. La sécheresse concerne actuellement 23 des 25 districts de la nation sis dans l’ensemble des neufs provinces. Les estimations font état d’un tiers de la population ayant des difficultés d’accès à l’eau potable. Le gouvernement a commencé à en distribuer à 180.000 familles depuis le 2 mars. Les pluies intermittentes sont attendues en retard d’ici la fin du mois de mars ou le début avril et seront suivies par les moussons. Toutefois, cela ne réglera pas les problèmes des agriculteurs qui ont déjà perdu leurs récoltes. Selon les estimations, seuls 10 % des agriculteurs frappés par la sécheresse ont produit des semences en vue des prochaines semailles de riz contre plus de 80 % en temps normal.

Source : Agence Fides