Brèves

14/18 -Laïcité, syncrétisme et interreligieux, le députe de La Roche sur Yon entre inculture et idéologie

Philippe Latombe, député de La Roche nord, a refusé de se rendre à une prière oecuménique en ce jour anniversaire de l’Armistice, car le curé a refusé d’y inviter, comme le député l’avait demandé, des représentants juifs et musulmans. Dans un courrier adressé au parlementaire, l’abbé Dominique Lubot et le pasteur Jacques Hostetter ont expliqué :

« Nous craignons que vous n’ayez pas saisi le sens de notre proposition de prière œcuménique. Il s’agit d’une prière chrétienne dont l’initiative revient aux Églises chrétiennes depuis de nombreuses années […] C’est bien vers Dieu révélé en Jésus Christ, mort et ressuscité pour nous sauver, que nous nous tournons. Nos frères juifs et musulmans n’ont pas la même conception de Dieu. »

« Nous n’avons jamais organisé de prière interreligieuse car le respect des différentes conceptions religieuses nous impose de ne pas tomber dans le syncrétisme. Nous sommes certains que dans un souci de respect de la laïcité vous respecterez notre choix. »

Le député a répondu :

« Je m’y attendais. Je suis tout de même étonné par la phrase sur la laïcité. Visiblement nous n’avons pas la même conception. »

« Je suis droit dans mes bottes. Je n’ai pas ma place, en tant que député, dans cette cérémonie. On ne célèbre pas le centenaire de la Grande Guerre qu’avec deux religions. »

Source

Tant que la notion de laïcité ne sera pas expliquée en vérité à la république idéologique, ces situations fondées sur l’inculture se multiplieront, sous couvert de beaux discours et de légitimité laïque.

 

NLQ #Rome

Cardinal Parolin – On ne peut pas distinguer le fait d’être religieux du fait d’être “interreligieux”

« Aujourd’hui on ne peut pas distinguer le fait d’être religieux du fait d’être “interreligieux” » car « une relation positive entre les religions semble une nécessité absolue », a déclaré le cardinal Pietro Parolin depuis Zagreb, où il a rencontré les leaders religieux croates, à l’occasion de sa visite dans le pays du 29 au 31 octobre 2017.

Dans son intervention rapportée par L’Osservatore Romano en italien du 1er novembre, le « numéro 2 » du Vatican a souligné l’urgence du « partage de ses richesses spirituelles et de la valorisation de ce qui unit, y compris les croyances diverses ». « Cela exige une évolution courageuse », et une « sincère acceptation de l’autre » puisque l’ignorance a « souvent été motif d’intolérance, de luttes et de divisions ».

Dans le pays qui montre historiquement une « coexistence durable de la culture latine, byzantine et islamique », le cardinal a rappelé que « les croates furent le premier peuple slave à se convertir à l’Evangile » et que le christianisme joue dans le pays « un rôle irremplaçable ». « La Croatie représente un modèle de pluralisme où la conscience de ses racines spirituelles ne s’est pas affaiblie. »

Lors d’un dialogue avec les évêques, il a aussi évoqué la dictature communiste, qui de 1945 à 1990 « a tout fait pour couper le lien qui unit les personnes de Croatie au Saint-Siège, en rendant l’Eglise objet d’une persécution systématique ». Il a rendu hommage à la fidélité des chrétiens : « ni les camps de concentration, ni la tentative d’athéisme systématique » n’a « pu effacer » la « maturité de cette Eglise ».

Le cardinal a exhorté les évêques à « protéger et développer cet héritage » afin que « l’identité chrétienne de la Croatie ait non seulement un passé et un présent, mais aussi un avenir ».

Enfin, le secrétaire d’Etat a remercié l’archevêque de Zagreb, le cardinal Bozanić, et l’évêque de Požega, Mgr Škorčević, « pour le travail réalisé au sein de la Commission mixtes d’experts croates et serbes pour une relecture de la figure du bienheureux cardinal Alojzije Stepinac. Cela a été un geste d’une grande valeur œcuménique envers les frères orthodoxes. Je me réjouis que vous soyez parvenus au terme des travaux avec la joie et l’espérance d’une concorde plus profonde ».

Au cours de sa visite, précise le quotidien du Vatican, le cardinal Parolin a rencontré la présidente de la République Kolinda Grabar-Kitarović et le premier ministre Andrej Plenković.

Source Zenit

 

Pour ne pas donner une interprétation syncrétiste aux propos du secrétaire d’Etat du Vatican, rappelons que le pape François s’oppose à tout œcuménisme qui serait du syncrétisme.

 

Tribunes et entretiens

Tribune – Œcuménisme et syncrétisme

La question œcuménique est une des pierres d’achoppement entre catholiques et bien entendu entre chrétiens. Elle divise, oppose, crispe deux attitudes exacerbées depuis Vatican II. Il faut dire qu’on ne sait plus trop ce que le mot veut dire et qu’il existe un « pseudo Vatican II » qui fait dire au Concile bien des choses qui n’y sont pas, mais qui sert d’écran justificateur à un certain progressisme catholique. De même, il existe un autre « pseudo Vatican II » qui sert de repoussoir anti catholique. Bref, même si le Concile peut être critiqué dans certains documents qui n’engagent pas l’autorité de l’Église, encore faut-il le connaître pour en parler. L’œcuménisme fait partie de ces récupérations en tout genre dont le Concile pâtit encore.


Œcuménique signifie à l’origine, l’ensemble de la terre habitée. Un concile œcuménique des premiers siècles traduit la réunion de tous les évêques de la terre connue. Il ne s’agit nullement de rassembler des Églises éclatées théologiquement. Bien au contraire, ces conciles visaient à se mettre d’accord sur les propositions de foi reconnues par tous, dans la communion des évêques. C’est le sens actuel de la « Communion des Eglises orthodoxes » reconnaissant les 7 premiers conciles œcuméniques.


Aujourd’hui, œcuménisme a pris un tout autre sens. Il s’agit d’une volonté ou d’un processus de rapprochement entre Églises déchirées soit par le schisme, soit par l’Hérésie. Intention hautement louable et parfaitement conforme à la volonté du Christ « que tous soient un ». Malheureusement cette démarche, normale pour un chrétien, prend un chemin de traverse fort dommageable, puisqu’il cherche à faire l’unité en gommant les différences. Ce qui est recherché n’est pas l’unité, mais l’union, voire la fusion sur la base du plus petit dénominateur commun. Si c’est en effet un point de départ nécessaire pour avancer, c’est aussi une voie rapidement sans issue qui confine à un syncrétisme dans lequel, chacun faisant un effort, renonce à des pans de sa foi, voire prend de l’autre des éléments qui lui sont contraires. C’est ainsi que nous avons remplacé « ne nous laisse pas succomber à la tentation » par « ne nous soumets pas », bien plus protestant.


L’œcuménisme ne consiste pas à se perdre soi-même, mais à faire rentrer dans la pleine communion ecclésiale ceux qui en sont sortis. C’est le sens de la phrase de saint Cyprien de Carthage « je ne peux quitter l’Église pour aller vers vous ». Évidemment d’un point de vue extérieur et humain, nous pourrions ne voir là que deux têtes de mules refusant de céder. Mais de deux choses l’une, où nous croyons que l’Église est dans la vérité et nous n’avons aucune raison d’en sortir, ou nous pensons qu’elle se trompe et nous n’avons aucune raison d’y rester. Recomposer une Église œcuménique qui serait la somme de toutes les Églises, aplanie de leurs différences, serait ni plus ni moins qu’une nouvelle hérésie. Ce ne serait pas l’Église du Christ, mais une énième rupture. Dans la démarche œcuménique il est important de comprendre pourquoi et en quoi les autres chrétiens se sont éloignés, car en toute position il y a, comme le soulignait saint Thomas d’Aquin, des semina verbi, semences de vérité. C’est une chose de rechercher ce qui unit, c’en est une autre de repartir de ce qui nous sépare. Telle fut toute l’œuvre de saint François de Sales en Chablais.


La générosité des mouvements et initiatives paroissiales ou diocésaines qui visent à « effacer nos différences » n’est en rien de l’œcuménisme, mais un nouveau syncrétisme qui défigure un peu plus le visage du Christ. Le seul document qui fasse aujourd’hui référence en la matière est l’encyclique ut unum sint de Jean-Paul II, ainsi que la note du cardinal Ratzinger, Dominus Jesus, sur « l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ et de l’Église. Une note qui fit couler beaucoup d’encre à l’époque.

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Tribune – Rencontre d’Assise, sans syncrétisme et sans relativisme.

Dans les colonnes de l’Homme Nouveau, un moine de Triors commente la rencontre d’Assise qui a eu lieu le 20 septembre 2016. Une rencontre initiée par saint Jean-Paul II et qui ne cesse de laisser les uns pantois, les autres ulcérés ou au contraire enthousiastes. Un point de vue, parmi d’autres, pour alimenter la réflexion.

Sur les traces de Jean-Paul II et Benoît XVI, le Pape François s’est rendu à Assise le 20 septembre pour implorer le don de la paix avec des représentants d’autres religions.On sait la vive polémique qui a suivi la rencontre d’Assise de 1986.

Aussi est-il bon de citer la phrase clé du discours du Pape François : « Sans syncrétisme et sans relativisme, nous avons prié les uns à côté des autres, les uns pour les autres ».

La vraie paix ne peut venir que du Christ et il nous faut la demander par la prière. Sans elle, nous ne pourrons jamais recevoir ce don de Dieu. Mais la béatitude des pacifiques prouve bien que ce don ne s’obtient pas sans collaboration de notre part. Nous devons être tous, chacun à notre place, des artisans de paix. Chacun doit collaborer à cette grande œuvre de la paix, mais en union avec les autres, car rien n’est plus nuisible à la paix que l’individualisme, forme subtile et très néfaste de l’égoïsme, de ce« chacun pour soi » pourtant si répandu de nos jours. Cet obstacle nocif engendre, en effet, l’indifférence qui est une difficulté majeure pour recevoir le don de la paix. Le Pape a des mots très forts pour condamner ce « virus moderne » qui engendre « un nouveau paganisme ». Et comme toujours il en réfère à la mémoire, car nous devons toujours nous rappeler que pardonner ne signifie pas oublier.

Le Pape condamne le syncrétisme, mais il pense avec Jean-Paul II qu’il existe un lien intrinsèque entre n’importe quelle prière, pourvu qu’elle parte d’un cœur pur et désireux de chercher la vérité et la paix. À ce titre, le choix d’Assise est fort éloquent de par lui-même. Saint François nous apprend en effet que toute violence au nom de Dieu est contraire à la notion même de Dieu. Le Pape François le rappelle fortement en s’appuyant sur Benoît XVI.

Qui dit paix dit aussi respect de la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Paul VI l’avait souligné dans son message de la paix de 1977. Le Pape y ajoute le respect de la création. Mais que d’hypocrisies se cachent derrière de faux semblants de paix. Le Pape les dénonce à nouveau, en condamnant les cyniques Pilates contemporains, et usant pour cela  d’expressions parlantes qu’il faut bien comprendre. Il demande de ne pas« rester sur le clavier de nos ordinateurs, sans ouvrir nos yeux aux nécessités de nos frères ». Nous devons atteindre les périphéries existentielles qui s’opposent à la paix. Cela réclame que chacun en prenne le bon chemin qui n’est autre que celui de la véritable conversion : avant de vouloir guérir les maux des autres, nous devons nous guérir nous-mêmes. Plus il y aura de véritables saints, plus la vraie paix s’épanouira.

On voit par là que la paix est un fil d’espérance unissant ciel et terre. Pour que ce fil devienne incassable, il faut obligatoirement que notre espérance soit alimentée par le pardon et la prière. Cela revient à dire que l’on n’obtiendra jamais la paix sans une éducation préalable qui nous permettra de mesurer combien est difficile la communion des hommes entre eux. Cette éducation passe aussi par une culture de la rencontre qui purifie notre conscience et considère le prochain comme un frère authentique. Comme les saints, ayons un cœur liquide et non replié sur lui-même par un raidissement satanique source de la rancune et de la violence. La jalousie demeure un ennemi redoutable pour la paix. La fraternité ne vit pas de la méfiance, elle ne vit pas de la haine. La fraternité vit, au contraire, de la charité, de cette charité qui nous presse vers l’unique nécessaire, comme Marie rendant visite à sa cousine Élisabeth.

Le discours du Pape :

Je vous salue avec grand respect et affection et je vous remercie de votre présence. Je remercie la Communauté de Sant’Egidio, le diocèse d’Assise et les Familles franciscaines qui ont préparé cette journée de prière. Nous sommes venus à Assise comme des pèlerins en recherche de paix. Nous portons en nous, et nous mettons devant Dieu les attentes et les angoisses de nombreux peuples et personnes. Nous avons soif de paix, nous avons le désir de témoigner de la paix, nous avons surtout besoin de prier pour la paix, car la paix est un don de Dieu et il nous revient de l’invoquer, de l’accueillir et de la construire, chaque jour avec son aide.

« Bienheureux les artisans de paix » (Mt 5,9). Beaucoup d’entre vous ont fait une longue route pour rejoindre ce lieu béni. Sortir, se mettre en route, se retrouver ensemble, se prodiguer pour la paix : ce ne sont pas seulement des mouvements physiques, mais surtout des mouvements de l’âme, ce sont des réponses spirituelles concrètes pour vaincre les fermetures en s’ouvrant à Dieu et aux frères. Dieu nous le demande, en nous exhortant à faire face à la grande maladie de notre époque : l’indifférence. C’est un virus qui paralyse, qui rend inertes et insensibles, un mal qui attaque le centre même de la religiosité, provoquant un nouveau paganisme extrêmement triste : le paganisme de l’indifférence.

Une soif de paix

Nous ne pouvons pas rester indifférents. Aujourd’hui, le monde a une ardente soif de paix. Dans de nombreux pays on souffre de guerres souvent oubliées, mais qui sont toujours causes de souffrance et de pauvreté. À Lesbos, avec le cher Patriarche œcuménique Bartholomée, nous avons vu dans les yeux des réfugiés la douleur de la guerre, l’angoisse de peuples assoiffés de paix. Je pense aux familles dont la vie a été bouleversée ; aux enfants qui n’ont rien connu d’autre dans la vie que la violence ; aux personnes âgées contraintes de laisser leurs terres : tous ont une grande soif de paix. Nous ne voulons pas que ces tragédies tombent dans l’oubli. Nous désirons prêter notre voix à tous ceux qui souffrent, à tous ceux qui sont sans voix et sans personne qui les écoute. Eux savent bien, souvent mieux que les puissants, qu’il n’y a aucun avenir dans la guerre, et que la violence des armes détruit la joie de la vie.

Nous, nous n’avons pas d’armes. Mais nous croyons dans la douce et humble force de la prière. En ce jour, la soif de paix s’est faite invocation à Dieu, pour que cessent les guerres, le terrorisme et les violences. La paix que nous invoquons d’Assise n’est pas seulement une protestation contre la guerre, elle n’est pas non plus le résultat « de négociations, de compromis politiques ou de marchandages économiques. Elle résulte de la prière » (Jean Paul II,Discours, Basilique Sainte Marie des Anges, 27 octobre 1986 : Enseignements IX, 2 [1986], 1252). Cherchons en Dieu, source de la communion, l’eau limpide de la paix dont l’humanité est assoiffée : elle ne peut jaillir des déserts de l’orgueil ni des intérêts de parti, des terres arides du gain à tout prix et du commerce des armes.

Nos traditions religieuses sont diverses. Mais la différence n’est pas pour nous un motif de conflit, de polémique ou de froide distance. Nous n’avons pas prié aujourd’hui les uns contre les autres, comme c’est malheureusement arrivé parfois dans l’histoire. Sans syncrétisme et sans relativisme, nous avons en revanche prié les uns à côté des autres, les uns pour les autres. Saint Jean-Paul II, en ce même lieu, a dit : « Peut-être que jamais comme maintenant dans l’histoire de l’humanité, le lien intrinsèque qui unit une attitude religieuse authentique et le grand bien de la paix est devenu évident pour tous » (Id., Discours, Place de la Basilique inférieure de Saint François, 27 octobre 1986 : l.c., 1268). En poursuivant le chemin commencé il y a trente ans à Assise – où la mémoire de cet homme de Dieu et de paix que fut saint François est vivante – « une fois encore, nous qui sommes réunis ici, nous affirmons ensemble que celui qui utilise la religion pour fomenter la violence en contredit l’inspiration la plus authentique et la plus profonde » (Id., Discours aux Représentants des Religions, Assise, 24 janvier 2002 :Enseignements XXV, 1 [2002], 104), qu’aucune forme de violence ne représente « la vraie nature de la religion. Elle en est au contraire son travestissement et contribue à sa destruction » (Benoît XVI, Intervention à la journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde, Assise, 27 octobre 2011 :Enseignements VII, 2 [2011], 512). Ne nous lassons pas de répéter que jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre !

Prière et volonté

Aujourd’hui, nous avons imploré le saint don de la paix. Nous avons prié pour que les consciences se mobilisent pour défendre la sacralité de la vie humaine, pour promouvoir la paix entre les peuples et pour sauvegarder la création, notre maison commune. La prière et la collaboration concrète aident à ne pas rester prisonniers des logiques de conflit et à refuser les attitudes rebelles de celui qui sait seulement protester et se fâcher. La prière et la volonté de collaborer engagent une vraie paix qui n’est pas illusoire : non pas la tranquillité de celui qui évite les difficultés et se tourne de l’autre côté, si ses intérêts ne sont pas touchés ; non pas le cynisme de celui qui se lave les mains des problèmes qui ne sont pas les siens ; non pas l’approche virtuelle de celui qui juge tout et chacun sur le clavier d’un ordinateur, sans ouvrir les yeux aux nécessités des frères ni se salir les mains pour qui en a besoin. Notre route consiste à nous immerger dans les situations et à donner la première place à celui qui souffre ; d’assumer les conflits et de les guérir de l’intérieur ; de parcourir avec cohérence les voies du bien, en repoussant les faux-fuyants du mal ; d’entreprendre patiemment, avec l’aide de Dieu et de la bonne volonté, des processus de paix.

La paix, un fil d’espérance qui relie la terre et le ciel, un mot si simple, et en même temps difficile. Paix veut dire Pardon qui, fruit de la conversion et de la prière, naît de l’intérieur et, au nom de Dieu, rend possible de guérir les blessures du passé. Paix signifie Accueil, disponibilité au dialogue, dépassement des fermetures, qui ne sont pas des stratégies de sécurité, mais des ponts sur le vide. Paix veut dire Collaboration, échange vivant et concret avec l’autre, qui est un don et non un problème, un frère avec qui chercher à construire un monde meilleur. Paix signifie Éducation : un appel à apprendre chaque jour l’art difficile de la communion, à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence et de raidissement, contraires au nom de Dieu et à la dignité de l’homme.

Pour un monde fraternel

Nous ici, ensemble et dans la paix, nous croyons et nous espérons en un monde fraternel. Nous désirons que les hommes et les femmes de religions différentes, partout se réunissent et créent de la concorde, spécialement là où il y a des conflits. Notre avenir est de vivre ensemble. C’est pourquoi nous sommes appelés à nous libérer des lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes et de la haine. Que les croyants soient des artisans de paix dans l’invocation à Dieu et dans l’action pour l’homme ! Et nous, comme Chefs religieux, nous sommes tenus à être de solides ponts de dialogue, des médiateurs créatifs de paix. Nous nous tournons aussi vers ceux qui ont une responsabilité plus haute dans le service des peuples, les Leaders des Nations, pour qu’ils ne se lassent pas de chercher et de promouvoir des chemins de paix en regardant au-delà des intérêts de parti et du moment : que ne demeurent pas inécoutés l’appel de Dieu aux consciences, le cri de paix des pauvres et les bonnes attentes des jeunes générations. Ici, il y a trente ans, saint Jean-Paul II a dit : « La paix est un chantier ouvert à tous et pas seulement aux spécialistes, aux savants et aux stratèges. La paix est une responsabilité universelle » (Discours, Place inférieure de la Basilique de saint François, 27 octobre 1986 : l.c., 1269). Sœurs et frères, assumons cette responsabilité, réaffirmons aujourd’hui notre oui à être, ensemble, constructeurs de la paix que Dieu veut et dont l’humanité est assoiffée.

 

 

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Oecuménisme “si nous nous rapprochons du Christ nous nous rapprochons les uns des autres”

« Le véritable œcuménisme se base sur la conversion commune à Jésus-Christ () Si nous nous rapprochons de Lui, nous nous rapprocherons les uns des autres. »

Ce sont les paroles du pape François à la délégation œcuménique finlandaise qui est reçue chaque année le 20 janvier au Vatican à l’occasion de la Saint Henrik, ecclésiastique anglais mort en martyr au 12e siècle dans leur pays, rapporte Radio Vatican.

C’est une autre manière de dire que l’œcuménisme n’est pas la recherche du plus petit dominateur commun, mais bien de la vérité qu’est le Christ.

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“Ni syncrétisme, ni relativisme”, ni subjectivisme : le problème n’est pas là.

En réaction à notre article sur les propos du pape François “Ni syncrétisme ni relativisme”, un lecteur attire notre attention sur d’autres problèmes qui selon lui minent le dialogue inter-religieux.

 

“Ni syncrétisme, ni relativisme”, ni même, probablement, subjectivisme, mais le problème n’est pas là.

Ce problème a commencé à apparaître dès les années 1970, en théologie chrétienne des religions non chrétiennes, et dès la fin des années 1970 ou le milieu des années 1980, dans le Magistère et la pastorale catholiques tournés vers les croyances non chrétiennes et les croyants non chrétiens.

Il est ou serait d’ailleurs très inexact et très injuste de considérer que ce problème a eu un caractère marginal ou négligeable sous Jean-Paul II et Benoît XVI, et qu’il n’a un caractère préoccupant ou prépondérant qu’à cause ou que depuis le début du pontificat du Pape François.

Le problème est ici : l’ensemble des conceptions et des pratiques actuellement dominantes, dans le domaine des réflexions des catholiques sur les croyances non chrétiennes et dans celui des relations des catholiques avec les croyants non chrétiens (un ensemble bien moins confessant ad extra que dialoguant ad extra),

– semble vraiment fréquemment plus consensualisateur et iréniste qu’évangélisateur et réaliste,

ou, si l’on préfère,

– semble vraiment très souvent, non plutôt opposé, mais plutôt propice au confusionnisme, au nominalisme, au perspectivisme, au consensualisme.

Cela ne signifie pas que cet ensemble est formellement partisan de ce confusionnisme, de ce nominalisme, de ce perspectivisme, de ce consensualisme, mais cela signifie qu’il est matériellement propice au développement, au sein ou autour de l’Eglise catholique, de ces quatre traits de caractère, plus ou moins constitutifs d’un même courant de pensée et d’action.

On rappellera ici que le confusionnisme peut très bien déboucher sur un effacement, par des catholiques, de la différence de nature qui existe entre la religion chrétienne et les religions ou les traditions croyantes non chrétiennes, sans pour autant constituer, au moins dans un premier temps, du syncrétisme, au sens propre de ce terme.

On rappellera aussi que le consensualisme peut très bien déboucher sur une occultation, par des catholiques, de la différence de nature qui existe entre la religion chrétienne et les religions ou les traditions croyantes non chrétiennes, sans pour autant générer, au moins dans un premier temps, du relativisme, au sens strict de ce terme.

Qu’importe donc que l’on ne soit ni syncrétiste, ni relativiste, ni même subjectiviste, si on laisse entendre que toutes les dénominations croyantes sont presque également légitimes, du point de vue catholique postmoderne, ou si on laisse entendre que ce qui compte c’est que chacun soit en accord avec sa propre perspective croyante, dans le respect de la sensibilité de chacun et dans le souci de la solidarité entre tous, du même point de vue !

En d’autres termes, oui à la coexistence pacifique inter-religieuse et non à l’auto-censure pacifiste catholique.

Mais celle-ci n’est-elle pas fréquemment considérée comme la condition sine qua non, pour que soit possible celui-là ?

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2016, année de l’œcuménisme constate le cardinal Koch

Dans un entretien à I.MEDIA, le cardinal KOch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, constate que  

2016 « aura été une année très œcuménique pour le pape François. Il y a eu Cuba avec le patriarche Cyrille de Moscou, puis le patriarche de Constantinople, Bartholomée, à Lesbos, la Géorgie, Assise, et enfin la rencontre avec Justin Welby et les anglicans à Rome… »

Cependant, le prélat s’empresse de rappeler que ce mouvement n’est pas une nouveauté de l’actuel pontife mais s’inscrit dans une impulsion ininterrompue depuis Jean XXIII. Impulsion qui semble déboucher sur cette année œcuménique où les temps sont murs après 50 ans de travaux.

« il semble que les temps sont devenus mûrs pour un rapprochement plus important, face aux grands défis que sont la sécularisation, spécialement en Europe – et en France… – la grande crise des réfugiés qui est une crise d’abord européenne, et enfin la grande persécution des chrétiens dans le monde. Ce dernier point était le motif principal de la rencontre à Cuba, de la part du patriarche orthodoxe de Moscou Cyrille. Rappelons que 80 % des personnes persécutées dans le monde sont des chrétiens, quelle que soit leur confession. »

Le cardinal suisse ne fait pas pour autant de l’angélisme et s’il met en relief les rapprochements qui se sont faits jours ces dernières années, il ne sous-estime pas les difficultés croissantes avec les positions morales des Eglises luthériennes notamment.

S’il rappelle la signature en 1999 d’une déclaration commune fondamentale sur la question de la justification, il note aussi que la nouvelle “avancée” luthérienne sur l’ordination des femmes, crée un obstacle supplémentaire, rappelant l’impossibilité pour l’Eglise d’admettre les femmes au sacerdoce.

Enfin, le cardinal Koch pose un constat d’actualité : si hier nous cherchions à nous rapprocher par l’action, aujourd’hui nous ne pouvons faire l’économie d’un rapprochement sur la foi. Et c’est bien ce qui nous divise de plus en plus.

 « Dans les années ’80« , continue le cardinal, « on disait que ‘la foi divise, l’action unit’, aujourd’hui c’est presque l’inverse. Les tensions et différences se situent davantage au niveau éthique, sur les questions bioéthiques (commencement et fin de vie, avortement et euthanasie), et sur celles liées au mariage, à la famille et à la sexualité, avec le leitmotiv du gender. » Cela divise les Eglises et il nous faut approfondir ces questions, parce que si les Eglises en Europe ne parviennent pas à se prononcer d’une seule voix sur des questions fondamentales de la vie de l’homme, la voix chrétienne risque de devenir de plus en plus faible en Europe. Il y a une autre question qui préoccupe l’Eglise catholique : la décision de l’Eglise luthérienne d’ordonner des femmes évêques. C’est un nouvel obstacle à la reconnaissance mutuelle des ordinations, car pour l’Eglise catholique, ce n’est pas possible. »

Le prélat pour finir revient sur la déclaration Dominus Jesus du cardinal Ratzinger, réaffirmant la différence entre “Eglise catholique” et “communautés ecclésiales” comme celles constituées par les protestants.

Comme l’enseignait saint Cyprien de Carthage aux schismatiques qui l’assaillaient “il ne peut y avoir deux autels du Christ”.

 

Le cardinal reprend donc la ligne du pape François, rappelée à Assise, qui, quoique les médias en rapportent, ne veut pas d’un œcuménisme qui soit du syncrétisme.

 

 

 

Rome

“Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise” dit le pape aux luthériens

Le Pape François a reçu au Vatican ce jeudi 13 octobre 2016 les participants au pèlerinage des luthériens partis de la région de Luther en Allemagne et parvenus à Rome. Il a résumé les sentiments ambivalents éprouvés par les deux communautés : « douleur pour la division qui existe encore » et « joie pour la fraternité déjà retrouvée », tout en espérant que la « compréhension réciproque » augmente encore.

« nous savons que, au-delà de toutes les questions ouvertes qui nous séparent encore, nous sommes déjà unis. Ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous divise ».

 

« Rendons grâce à Dieu parce qu’aujourd’hui, luthériens et catholiques nous marchons sur la voie qui va du conflit à la communion » 

Le souverain pontife a évoqué son prochain voyage en Suède et la commémoration, aux côtés de la Fédération luthérienne mondiale, du cinquième centenaire de la réforme de Luther. Bien plus que la simple évocation du passé, ce rendez-vous sera l’occasion, selon le Pape, de « tourner nos regards vers le futur en vue de donner un témoignage chrétien commun au monde d’aujourd’hui qui a tant soif de Dieu et de sa miséricorde ».

Source

Rappelons que le pape lui-même a redit à Assise les principes de base de l’œcuménisme, ni syncrétisme, ni relativisme