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« Vive Cristo » : l’exhortation apostolique sur les jeunes signée par le Pape à Lorette

La Salle de Presse du Saint-Siège a rendu public ce mercredi 20 mars le titre de ce document qui fait suite au Synode sur les Jeunes organisé à l’automne dernier au Vatican.

Vive Cristo, esperanza nuestra (« Le Christ est vivant, notre espérance ») : c’est le début du texte original en espagnol de l’Exhortation apostolique post-synodale, sous forme de Lettre aux Jeunes, que le Pape François signera le 25 mars prochain, en la Solennité de l’Annonciation du Seigneur, durant sa visite au sanctuaire marial de Lorette (Loreto en italien). Le Pape entend avec ce geste confier à la Vierge Marie le document qui scelle les travaux du Synode des évêques tenu au Vatican du 3 au 28 octobre 2018 sur le thème “la foi, les jeunes et le discernement vocationnel”.

Le texte de l’exhortation sera publié après la signature du 25 mars et présenté, comme d’habitude pour un document magistériel, durant une conférence de presse en Salle de Presse du Saint-Siège, dont les détails seront donnés dans les prochains jours.

 

Source Vatican News

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Angélus : pour le Pape, “le synode a été une bonne vendange”

Promouvoir un “style synodal”, une façon d’être et de travailler ensemble, jeunes et anciens : voilà bien l’un des premiers fruits du synode sur les jeunes, selon le Pape François qui est revenu sur cette expérience ecclésiale lors de la prière de l’Angélus ce dimanche.

Le Pape François a d’abord évoqué la première lecture proposée par la liturgie de ce dimanche, tirée du Livre de Jérémie (31, 7-9), qui est « une parole d’espérance, de consolation » que Dieu donne à son peuple, lui ouvrant un horizon, une route sur laquelle il pourra marcher. « L’espérance de Dieu n’est pas un mirage, (…) mais une promesse pour des personnes réelles, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs potentialités et leurs fragilités ».

Une “bonne vendange”

Cette parole de Dieu, relève le Pape, exprime l’expérience vécue au cours de ces semaines de synode qui a surtout été un « moment d’écoute ». Le travail fut certes prenant et parfois fatiguant, mais la « présence vivace et stimulante des jeunes » a chaque jour transformé cet engagement en consolation.

« Avec cette attitude fondamentale d’écoute, nous avons cherché à lire la réalité, à cueillir les signes des temps » ; ce « discernement communautaire », ajoute le Souverain Pontife, a été fait à la lumière de la Parole de Dieu et de l’Esprit. C’est là l’un des plus beaux dons que le Seigneur a donné à son Eglise, celui de « recueillir les voix et les visages des réalités les plus variées, et de pouvoir ainsi tenter une interprétation qui tienne compte de la richesse et de la complexité des phénomènes ».

Ce synode a été une bonne vendange, assure le Pape, et il « promet du bon vin ». Mais le premier fruit de cette assemblée devrait être l’exemple de cette « méthode que l’on a cherché à suivre ». C’est un « style synodal » qu’il faut promouvoir, insiste le Pape, pour qui l’objectif n’est pas tant la rédaction d’un document, -certes important-, que la diffusion d’une « façon de vivre et de travailler ensemble, jeunes et anciens, dans l’écoute et le discernement, afin de parvenir à des choix pastoraux répondant à la réalité ». Et le Pape de demander l’intercession de la Vierge Marie, mère de l’Eglise, afin que cette expérience soit portée « sans peur » dans la vie ordinaire des communautés.

Béatification au Guatemala

Après la prière de l’angélus, le Pape a évoqué la béatification hier au Guatemala, de José Tullio Maruzzo, religieux franciscain et de Luis Obdulio Arroyo Navarro, tués en haine de la foi en 1981 « durant la persécution contre l’Eglise ». « Confions à leur intercession l’Eglise guatémaltèque, ainsi que tous les frères et sœurs qui malheureusement encore aujourd’hui, en divers endroits du monde, sont persécutés en raison de leur foi  », a prié le Pape qui a également rappelé la fête du Seigneur des Miracles célébrée tous les ans avec faste par le peuple péruvien ; il s’était lui-même rendu dans ce sanctuaire lors de son voyage apostolique dans le pays, au début de l’année.

Source : Vatican News

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Les jeunes du Synode ont offert un spectacle pour remercier le Pape François

Les jeunes auditeurs qui avaient participé au Synode ont eu l’idée d’organiser ce vendredi soir un spectacle afin de remercier le Pape et les pères synodaux de leur écoute tout au long de ces semaines de débats.

Une initiative très originale a été prise ce soir par les jeunes qui ont participé au Synode. Ils ont offert au Pape et aux évêques un spectacle, dans lequel ils ont aussi impliqué des pères synodaux, parmi lesquels le cardinal Baldisseri qui a joué deux morceaux au piano. La poésie, la danse, le chant, la musique ont trouvé leur place lors de ce spectacle présenté sur une estrade aménagée près de la Salle Paul VI.

Voici une traduction du message que les jeunes ont lu au Pape au terme de ces intenses semaines de débats :

« Très cher Pape François,

Nous, les jeunes présents au Synode, nous voulons profiter de cette occasion pour t’exprimer notre gratitude et notre joie pour nous avoir donné l’espace de faire ensemble ce petit morceau d’histoire. Les idées nouvelles ont besoin d’un espace et tu nous l’as donné. Le monde d’aujourd’hui, qui présente à nous, les jeunes, des opportunités inédites mais aussi beaucoup de souffrances, a besoin de nouvelles réponses et de nouvelles énergies d’amour. Il a besoin de retrouver l’espérance et de vivre le bonheur qui s’éprouve dans le fait de donner plus que de recevoir, en travaillant pour un monde meilleur.

Nous voulons affirmer que nous partageons ton rêve : une Église en sortie, ouverte à tous, surtout aux plus faibles, une Église hôpital de campagne. Nous sommes déjà une partie active de cette Église et nous voulons continuer à nous engager concrètement pour améliorer nos villes et nos écoles, et le monde social et politique et les environnements de travail, en diffusant une culture de la paix et de la solidarité et en mettant au centre les pauvres, dans lesquels on reconnait Jésus lui-même.

Au terme de ce Synode nous désirons te dire que nous sommes avec toi et avec tous les évêques de notre Église, aussi dans les moments de difficultés. Nous te prions de continuer le chemin que tu as entrepris et nous te promettons notre plein soutien et notre prière quotidienne.

Vatican, 26 octobre 2018 »

Au terme de ce spectacle animé en français et en anglais par une auditrice canadienne, Émilie Callan, et par un auditeur australien, Sebastian Duhau, et ponctué par des interventions notamment en italien, en russe et en allemand, le Pape a béni les jeunes en espagnol, sa langue natale, en se montrant très heureux et touché de cette initiative qui a donné à cette fin d’assemblée synodale une coloration très dynamique et joyeuse.

Source : Vatican News

Tribunes et entretiens

Le Synode des jeunes doit être remis en perspective

de Constance Prazel, Déléguée générale de Liberté politique

A l’heure où, à Rome, le Synode des jeunes entre dans sa phase finale, et commence à élaborer ses conclusions, se dessinent les premières tendances, les thèmes et les approches retenus sur les défis de l’Eglise de notre temps. Des femmes aux migrants en passant par la persécution des Eglises d’Orient, le menu a de quoi aiguiser les appétits et susciter les interrogations.

Une lettre magnifique adressée par 200 jeunes Australiens aux Pères synodaux vient remettre en perspective ce grand rassemblement de l’Eglise catholique pour poser les bonnes questions.

Derrière leur manifeste, empreint d’une profonde dignité et d’une grande piété filiale à l’égard de l’institution romaine, une intuition centrale qui prend sa source dans l’origine même du projet, celui d’un « Synode des jeunes. » Il repose sur l’idée d’une convergence de propositions de la jeunesse catholique pour vivifier l’Eglise. Sur le papier, l’idée pourrait être séduisante, mais se heurte à l’écueil des réalités. De quelle jeunesse parle-t-on, et pour quelles propositions ? Le cri des jeunes Australiens est celui de l’évidence : comment peut-on espérer former et inspirer l’Eglise, quand on n’a pas, soi-même, reçu les bases les plus élémentaires de la formation catholique, à une époque où, il faut le dire, le reconnaître avec lucidité, les bases les plus solides de la doctrine, du catéchisme ne sont bien souvent plus transmises ? Tout savoir vient d’en haut, et l’on a vu, au niveau scolaire, les ravages en termes pédagogiques de la conception qui place a contrario l’enfant, l’élève au cœur du savoir, au détriment de la logique de transmission : « Des esprits informes manifesteront une Eglise informe, se dérobant constamment à la vérité. Cette formation prend une vie entière, une vie dont les jeunes ne peuvent pas se réclamer. »

La notion de formation est un concept-clef pour l’Eglise aujourd’hui, car pour qu’il y ait formation, il faut un message clair à transmettre. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Or il est manifeste que la hiérarchie ecclésiale, dernièrement, a eu tendance, sur des sujets que nous imaginons bien (contraception et sexualité, communion des divorcés-remariés, homosexualité pour ne citer qu’eux) à cultiver – plus ou moins délibérément, et souvent plus que moins – les ambiguïtés du langage au détriment de la clarté qui émane de la parole de vérité, verum index sui.

L’ambiguïté du verbe est d’autant plus lourde de conséquences que ne sont pas suffisamment cultivées toutes les manifestations d’incarnation de la foi, léguées par les siècles, du pèlerinage au chapelet, qui enchâssent le verbe ecclésial dans la longue cohorte concrète des personnes et des siècles. Nous souffrons dès lors d’une survalorisation de la parole, et d’une parole trouble, au détriment de la pratique de la foi.

Plus fondamentalement, il importe de ne pas se tromper d’objectif ultime. Le synode a brandi l’accueil comme leitmotiv. Mais en fait de bras grand-ouverts, ce sont bien ceux du Christ sur la Croix que nous devons sans cesse regarder. Ce n’est pas un objectif en soi que de  « rendre accessible » ce qui par essence reste l’inaccessible, à savoir le mystère insondable du sacrifice de la Croix. Nous, croyants, ne pouvons vraiment attirer qu’en indiquant la voie vers le Ciel.

L’Eglise donne aujourd’hui au monde le sentiment d’un vaisseau dans la tempête ; le plus grave serait qu’elle donne à ses propres fidèles le sentiment que ce vaisseau a perdu sa boussole : « Nous ne voulons pas seulement un accompagnement dans les terres en friche. Pères synodaux, plantez-nous dans le jardin mystique. »

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Synode des jeunes : journal du 20 octobre 2018 “Marcher ensemble avec le Christ”

A Rome, les participants au Synode sur les jeunes ont achevé les débats sur les moyens, le style et les orientations que l´Eglise catholique pourrait mettre en oeuvre pour rejoindre davantage la jeunesse dans le monde. Mais beaucoup s´interrogent sur la forme que va prendre le document final, tant les disparités sont grandes d´un continent à l´autre. Retour sur les points saillants de cette 3ème semaine de travail avec la rédaction de KTO.

Source : KTOTV

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Synode : des jeunes australiens envoient un message en contradiction frontale avec l’idéologie qui règne à Rome

Une lettre envoyée par 200 étudiants australiens au Synode, traduite par Yves Daoudal :

Pères synodaux, ambassadeurs des jeunes, et tous les fidèles participant au Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, chérissant l’occasion offerte par une Eglise synodale, nous vous prions humblement de prendre cette requête en considération.

Former les jeunes, façonner l’Église

Les jeunes ne veulent pas façonner l’Église avant que celle-ci ait pu nous former. Le monde est dans la confusion. Et dans cette confusion, les jeunes n’ont rien à se raccrocher. Nous voulons que les Pères synodaux rappellent au monde que Dieu ne nous libérera que lorsque nous nous accrocherons à lui avec amour.

Sa Grâce Mgr Anthony Fisher a récemment expliqué à l’Association des étudiants catholiques d’Australie que le bienheureux John Henry Newman avait exercé une influence majeure sur les pères du Concile Vatican II dans son enseignement sur la dignité de la conscience et son besoin de formation. C’est à cause de Newman que le Catéchisme de l’Église catholique décrit la conscience comme « vicaire aborigène du Christ ». Mais même Newman a vu le risque que la “conscience” puisse être interprétée comme la “prérogative de tout homme d’être son propre maître en toutes choses”.

Sans l’Église et tout ce qu’elle offre, la révélation divine, la tradition, la communauté et la raison elle-même – la conscience n’a pas de substance. Nous avons besoin d’une boussole morale fiable. Pour cela, les jeunes ont besoin d’être bien formés dans la vérité. Nous ne pouvons pas façonner l’Église si nous ne sommes pas formés. Des esprits informes manifesteront une Eglise informe, se dérobant constamment à la vérité. Cette formation prend une vie entière, une vie dont les jeunes ne peuvent pas se réclamer. L’épitaphe de Newman se lit comme suit : « Toute sa vie durant, Newman a été une personne qui se convertissait, une personne en train de se transformer, et il est donc toujours resté et est devenu toujours plus lui-même. »

Chacun de nous, comme Newman, est un homme ou une femme qui se convertit. Comment pourrions-nous jamais prétendre façonner l’Église qui, en tant que Corps mystique du Christ, renferme des milliards de vies de conversion, les espoirs et les prières de tous les fidèles défunts, la sagesse et la sainteté de toute la Communion des Saints et la conviction et la bravoure d’une armée de martyrs qui ne cesse de grandir ?

Comme les générations précédentes, les jeunes d’aujourd’hui ne façonneront l’Eglise que lorsque nous serons nous-mêmes formés. Alors, si Dieu le veut, nous prendrons forme comme mains, yeux, pieds et cœur du Christ.

Ambiguïté

Mais nous ne pouvons espérer prendre forme au milieu de la confusion entourant des questions telles que la contraception, la sexualité, la communion pour les divorcés et les non-catholiques, les prêtres mariés et l’ordination des femmes. Une telle confusion est soutenue par de grands prélats qui emploient délibérément un langage ambigu pour traiter de telles questions, malgré les enseignements du Christ, les Pères de l’Église et le dogme clair de l’Église. Une telle ambiguïté n’est ni charitable ni désirée par les jeunes et doit être traitée par ce Synode. Certains des Pères synodaux souhaitent éviter une Église de « règles » qui n’encourageraient pas une relation personnelle avec Jésus-Christ. Cependant, ces règles nous conduisent au Christ, elles l’ont toujours fait. Nous avons besoin que l’Eglise explique pourquoi et comment. Lorsque l’Église évite la vérité au profit du discours politicien, les jeunes n’ont plus que des banalités superficielles pour exprimer leurs croyances. Quelle ironie : des mots délibérément peu clairs sont invoqués et répétés avec rigidité. L’Église ne doit pas décourager les jeunes de suivre ses règles d’amour, ni ses prêtres de les enseigner. En plus de la clarté du langage, nous prions pour une augmentation du nombre de pratiques qui aident à satisfaire les besoins sacramentels de notre corps et de notre âme – pèlerinages, confessions, dévotions, adoration, art sacré, musique et architecture. Le monde peut être un endroit laid et la beauté extérieure de nos églises devrait être un rayon de lumière dans nos communautés, en particulier dans la vie des pauvres. Notre temps montre que les jeunes cherchent du sens au-delà de la flatterie. De nombreux jeunes sont séduits par des intellectuels comme Jordan Peterson. Il ne dit pas aux jeunes qu’ils sont bien comme ils sont. Bien qu’il soit explicitement agnostique, il dit et répète aux jeunes : « Prends ta croix ».

Dans leurs cœurs, même les personnes qui ont peu de foi savent que cette image, cet instrument, la croix, donne un sens à leur souffrance. Voilée dans le langage de la psychologie, Peterson explore la signification des Écritures de façon apologétique et détaillée. Mais Peterson et ses semblables ont une limite. Ils connaissent une partie de la vérité intuitivement, mais ils n’offrent pas la plénitude de la vérité parce qu’ils n’ont pas la foi. Seule l’Église peut donner un sens réel à notre monde. Les pères synodaux doivent accepter cette mission. Les jeunes veulent la vérité, sans ambiguïté.

Une messe digne et une église accueillante

Dans son intervention synodale, Mgr Fisher a présenté ses excuses pour « des liturgies laides ou peu accueillantes »*. En préparant la jeunesse australienne à un conseil plénier, Sa Grâce nous a demandé : « Comment pouvons-nous nous assurer que nous prions et adorons Dieu d’une manière digne et accueillante ?

L’équilibre entre ces deux concepts de « dignité » et « d’accueil » est le point de tension pour beaucoup. Bien sûr, nous voulons que nos églises soient accueillantes à tout le monde, nous voulons que le plus grand nombre d’âmes possible soient reçues dans l’Église. Mais nous voulons aussi que la messe soit digne de l’affirmation profonde que le même Jésus-Christ de l’Évangile descend sur l’autel corps, sang, âme et divinité, à chaque fois.

Le problème est que le débat sur « la dignité » et « l’accueil » se limite à la forme et à la tonalité que doit prendre la messe. Cela fait ressembler le Saint Sacrifice de la Messe à un champ de bataille entre fidèles, alors qu’il ne devrait proclamer que la victoire du Christ sur la mort, le temps et le péché. La vérité incontournable est que la messe et ce qu’elle re-présente est profond. Ce n’est pas un hasard si la dernière Cène fait partie de la série ultime d’événements du ministère terrestre du Christ. Lorsque Jésus dit « Ceci est mon corps », cela vient après toutes les paraboles, sermons et miracles qui, bien que merveilleux, ne font que laisser deviner l’affirmation écrasante qu’il a faite lors de la dernière Cène. Si les apôtres avaient besoin d’une préparation aussi immense aux pieds du Christ lui-même (et même alors, ils ne l’ont pas tout à fait compris), comment pouvons-nous espérer rendre la messe “accessible” aux gens aujourd’hui ? Peu importe à quel point nous essayons de la rendre contemporaine ou facile à comprendre, la messe nous échappe. En ramenant la messe à notre niveau de confort, nous transformons une affirmation profonde manifestée physiquement par un aperçu du ciel en une revendication étrange que les gens ont du mal à prendre au sérieux.

Une solution : l’utilisation plus large de l’Office divin par les laïcs

Nous pouvons garantir une Eglise accueillante avant la question de la messe. Les Pères synodaux devraient envisager d’encourager davantage l’utilisation de l’Office divin. Cela compléterait la pratique de plus en plus répandue et féconde de l’adoration eucharistique dans les paroisses et les aumôneries universitaires.

Imaginez la pratique répandue des vêpres dans le même sens que la prière du soir de la Communauté Sant’Egidio, que découvrent tant de jeunes et de pèlerins à Rome, dans la basilique Santa Maria in Trastevere. Un refuge du monde, chaleureux, aux chandelles, où les passants se promènent, sans rien y connaître, reçoivent un livre de psaumes d’une main aimable, puis sont doucement guidés par la communauté dans la prière. Cela pourrait être facilement reproduit dans le monde entier. Les Psaumes sont appropriés pour accueillir des personnes dans l’Eglise, car ils font constamment allusion à la venue de Jésus, nous préparant ainsi à son effarante affirmation. Nous pouvons ainsi réaliser un service magnifique et accueillant dans un antique cadre catholique. Peut-être de telles solutions font-elles partie de la réponse pour conserver une messe digne et promouvoir une église accueillante ?

Conclusion

Un jour Newman a médité sur Marie en tant que Rose mystique. Comment Marie est-elle devenue la Rosa Mystica, la fleur de choix, délicate et parfaite de la création spirituelle de Dieu ? C’était en naissant, et en étant nourrie et abritée, dans le jardin mystique ou le paradis de Dieu.

Marie, en tant que plus haute création de Dieu, est un modèle pour tout le peuple de Dieu, pas moins pour les jeunes.

Mais, comme l’explique Newman, les Écritures utilisent la figure d’un jardin pour parler du ciel et de ses bienheureux habitants. Alors, comment pouvons-nous devenir des fleurs au paradis de Dieu, comme Marie ? On ne trouve pas de fleurs dans les sommets rocheux des montagne, ni de fruits riches dans le désert de sable. On ne trouvera pas le paradis errant sur les terres en friche autour de nous. Nous le trouverons en naissant de nouveau dans le baptême, nourris par les sacrements et protégés par la vérité dans le corps mystique du Christ, l’Église.

Les jeunes ne veulent plus chercher ailleurs. Nous ne voulons pas seulement un accompagnement dans les terres en friche. Pères synodaux, plantez-nous dans le jardin mystique.

Bien à vous dans le Seigneur.

https://fr.scribd.com/document/391072904/Australian-Youth-Write-Letter-to-the-Synod-Fathers#from_embed

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Mgr Percerou : “les jeunes ne veulent pas d’une Eglise bisounours”

Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins délégué au synode des jeunes, de la foi et du discernement vocationnel, répond à Antoine Bellier, sur RCF :

“Il y a des réalités très variées et en même temps on voit émerger des préoccupations qui sont communes à tous les continents. Préoccupations autour du rapport au numérique, autour de la relation à l’affectivité, à la sexualité. Des préoccupations quant à ces jeunes migrants qui arrivent chez nous en Europe. On voit également des préoccupations communes sur la manière dont on pourrait mieux intégrer cette jeune génération dans les communautés chrétiennes. J’ai découvert ce matin que cette préoccupation n’était pas que française”.

“On est dans une phase de réception du Concile. Et en même temps, nous sommes à l’écoute des jeunes, mais rappelons-nous que l’Eglise est mère et maîtresse. Elle est mère accueillante, chargée d’être à l’écoute, et en même temps elle est maîtresse. Et nous sommes là pour leur enseigner le Christ. Il s’agit d’écouter pour leur annoncer l’Evangile dans la langue des jeunes. Il convient que l’Eglise accompagne ces jeunes sur le chemin du Christ. Nous nous rendons bien compte aujourd’hui qu’il y a parfois rupture”.

“Il faut maintenir l’altérité. Les jeunes n’attendent pas une Eglise bisounours. Ils attendent une Eglise qui les accueille, qui les écoute, qui leur donne la place. Ils aspirent à pouvoir être formé, à découvrir la foi de l’Eglise, pour mieux la comprendre et pour mieux l’annoncer dans cette société liquide. Ils nous demandent qu’on leur donne des repères qui sont parfois exigeants mais qui vont leur permettre de rester à flot”.

 

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Synode des jeunes : les évêques français ont présenté au pape une corbeille contenant 1509 cartes

Via Riposte Catholique

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“Il est nécessaire de faire confiance aux jeunes, mais pas de façon démagogique”

Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France en Martinique, David Macaire est le plus jeune évêque de France. Présent au synode, il répond à un entretien dans La Vie. Extrait :

Il reste une semaine avant la fin du synode, qu’est-ce qui émerge dans votre groupe comme point fort ?

L’importance de la communauté. Le désir d’une Église plus familiale et de familles plus ecclésiales. La nécessité de faire confiance aux jeunes, mais pas de façon démagogique. Certaines interventions comportaient des éléments un peu démagogiques, comme si écouter les jeunes voulait dire qu’ils avaient la science infuse sur tout ! Il est aussi beaucoup question de comment faire vivre l’échange entre générations pour permettre la transmission d’un héritage, la tradition de l’Église, qui est tout sauf figée. La tradition est quelque chose de vivant. Il s’agit donc de transmettre un héritage en le faisant évoluer pour qu’il en reste toujours la substantifique moelle. L’image de la pirogue a été évoquée : les jeunes rament, donne la vigueur, et l’ancien donne l’orientation ! Et puis émerge aussi l’exigence de qualité des jeunes. S’ils aiment autant les stars de foot c’est qu’ils recherchent l’excellence… Cette excellence, nous pouvons la proposer à travers des figures de saints ! La figure des prêtres est également importante pour eux. Ils réclament des prêtres disponibles, pas des managers qui administrent. Et aussi des prêtres exemplaires.

Vous évoquez l’importance de la communauté et des paroisses… Mais la réalité dans bon nombre de paroisses en France, ce sont des assemblées dominicales vieillissantes et des prêtres fatigués !

L’Église a le savoir faire. Elle sait créer du dynamisme aux JMJ, dans les petits groupes, dans les aumôneries, les patronages, dans les écoles chrétiennes, elle sait être dans des endroits où on a besoin d’elle. Pourquoi la paroisse ne sait-elle pas le faire ? Je pense que ça part du fameux cléricalisme dont parle le pape, et qui ne concerne pas que le prêtre. C’est toute l’Église qui est cléricalisée dans le mauvais sens du terme… On a fait reposer sur le prêtre tous les ministères. Aujourd’hui on lui demande d’être à la fois d’être le chef d’établissement, le gestionnaire, le professeur, l’accompagnateur. D’où le burn out, la vie impossible et l’isolement. Cela ne va pas. Il est temps de revenir à une Église où les prêtres sont des curés d’Ars ou des « Benjamin Bucquoy », comme le héros de Monsieur le curé fait sa crise de Jean Mercier. Qu’ils retrouvent l’essentiel de leur sacerdoce, ce pour quoi ils ont donné leur vie : accompagner des gens – en plus, c’est ce que les jeunes demandent ! –, visiter les pauvres, les familles, célébrer, prier, prêcher, enseigner, partir en pèlerinage avec les fidèles ! Et non pas s’épuiser en réunions. C’est pour cela que les prêtres donnent leur vie. Et ce n’est pas parce qu’on s’habille en civil qu’on sort du cléricalisme, mais quand on est au milieu d’une « communauté de disciples missionnaires », comme dit le pape François.

Sauf que, concrètement, le prêtre qui se retrouve face à une assemblée dominicale de quinze personnes de plus de 80 ans, comment fait-il pour créer une communauté de disciples de missionnaires ?

Je ne suis pas un spécialiste, mais il se trouve que j’ai vécu cette situation. J’étais vicaire dans une paroisse à Bordeaux où il y avait une quinzaine personnes à la messe. La plus jeune avait la cinquantaine et tous les autres plus de 70 ans. L’organiste avait 83 ans et la dame qui faisait chanter, 85. Cette communauté-là, à cause de sa réduction, avait réussi à être une vraie petite communauté. Les gens venaient à la messe tous ensemble, et le jeudi ils étaient là tous les quinze pour accueillir les pauvres du quartiers. Comme dans le Festin de Babette. On faisait un groupe biblique, on riait, c’était notre petit truc. Et moi je débarque, jeune vicaire, et ils étaient tellement accueillants et fraternels, que je n’avais aucun souci à inviter des jeunes, des couples, des migrants… Je n’avais pas honte d’inviter des gens ! C’étaient eux qui remplissaient l’Église. Car cette simplicité de l’amour est bouleversante. Voilà un message d’espoir immense pour les communautés françaises qui se sont appauvries. Il est inutile d’attendre d’être 300 pour se dire qu’on est une communauté. Parfois, les églises sont pleines, il y a 2000 enfants au caté, le curé est entouré d’équipes super efficaces, qui savent parfaitement organiser les choses, mais entre eux ils ne savent pas faire Église.

Très bien, mais comment construit-on des liens entre les personnes ?

De deux façons. On ne peut pas s’aimer dans une communauté de 800 personnes, car on ne se connaîtra pas. Trop nombreux, on est assis sur des bancs et on vient à la messe comme on va au supermarché. On se gare à la meilleure place, la plus proche de l’église, et on se fiche de la jeune famille qui arrive en retard avec ses enfants et qui doit marcher des kilomètres… On ne pourra pas accueillir les pauvres à 300, parce qu’on sera dans de l’industriel. Il faut des petites communautés : des communautés de quartier, des groupes à l’intérieur des paroisses, etc. Et il ne faut pas que ça dépasse 20-40 membres. Ensuite, il faut des gestes forts. L’eucharistie en est un, mais c’est un geste presque trop fort. Il faut des dîners dans les quartiers, entre paroissiens. Il faut que le prêtre visite ses paroissiens. Qu’il connaisse la réalité de leur vie. Il passe cinq minutes ou plus dans les maisons, où il débarque, comme Jésus. Un des moments de ma vie où j’ai basculé au service de l’Église, c’est le jour où papa m’a dit que le prêtre passerait le soir. J’avais 10 ans et demi et je voulais savoir si je pourrais servir la messe le dimanche. J’étais terrorisé à l’idée qu’il me dise non et bien sûr il a été trop content ! Mais il est venu chez moi et ça a tout changé. […]

Source : Riposte-catholique

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Synode des jeunes : Mgr Lacombe et Mgr Macaire s’expriment