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2ème colloque de l’Académie pour une écologie intégrale à Notre Dame du Chêne (72) les 17 – 18 – 19 mai 2019

Intelligence et sobriété pour une terre partagée, est le thème inspiré de Laudato si’, qui rassemblera des spécialistes, des gens de terrain et des philosophes à Notre Dame du Chêne.

L’Écologie Intégrale est devenue en peu de temps une notion clef qui rassemble beaucoup de ceux qui cherchent à travailler au bien commun de la société.

Ayant pris conscience de la fragilité de notre monde, l’écologie intégrale fédère les recherches de solutions aux crises climatique, environnementale, sociale, économique et financière.

L’encyclique Laudato si’, parue en 2015, le disait en soulignant que “tout est lié”.

La clameur de la terre et la clameur des pauvres se font entendre plus que jamais.

La terre et la nature crient leur appauvrissement. Des terres agricoles à la perte de nombreuses espèces, comment reconquérir une certaine biodiversité absolument nécessaire à la vie ? Ce problème est mondial, tout autant que celui de l’eau, pouvant engendrer des conflits majeurs.

La clameur des pauvres s’entend dans toutes les parties du globe mais différemment ; particulièrement criante dans la crise migratoire et aussi dans les inégalités sociales toutes proches de nous.

Si la recherche de solutions implique de prendre en compte nos biens naturels et nos liens fraternels, alors l’écologie intégrale se présente comme un chemin spirituel, demandant l’éveil de nos intelligences pour user sobrement des ressources de notre Terre et respecter l’humanité de chacun, dans sa dignité et dans ses droits.

Le prochain Colloque de l’Académie pour une Écologie Intégrale se penchera sur ces questions pour nous aider à avancer dans une plus grande vérité et une plus grande harmonie avec la terre et avec tous.

Bienvenus !

Retenez les dates : 17, 18 et 19 mai 2019

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Conférence : la PMA pour toutes est-elle juste ? Le 21 janvier 2019 à Rouen (76)

Conférence de Thibaud Collin, philosophe et écrivain

Le 21 janvier 2019 à 20h
au Centre diocésain – Espace du Moineau (41 route de Neufchâtel à Rouen)

Organisée par les AFC (Associations Familiales Catholiques) de Rouen

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T. Collin propose des clés pour réinvestir les débats “sociétaux”

Lu sur généthique.org :

Alors que l’autorisation de la « PMA pour toutes » semble inexorable, Thibaud Collin analyse les inaptitudes à gagner « les combats sociétaux ». Il considère que « les conditions de possibilité de ces débats en détermine nécessairement l’issue », aussi est-il important de s’interroger sur « le fondement et la nature des normes permettant de répondre aux revendications de droits de tel ou tel groupe ».

 

Pour le philosophe, « toutes ces lois ‘sociétales’ sont portées par deux principes immanents à la démocratie libérale contemporaine, l’un concernant le contenu – la libre disposition de l’individu par lui-même –, l’autre concernant la forme – la neutralité éthique de l’État dans un contexte de polythéisme des valeurs. L’articulation de ces deux principes donne une très grande puissance rhétorique à toute revendication sachant s’y greffer ». Et la « logique permissive » de ces lois « est un élément essentiel de leur force ». Aussi « ceux qui s’y opposent apparaissent ainsi comme des gens intolérants voulant imposer à tous leur propre conception du bien humain ».

 

Quant à l’Etat, il « se déclare incompétent quant à la bonne manière de vivre sa vie humaine. Il ne se préoccupe que de l’ordre public, garanti par les lois votées selon le critère quantitatif de la majorité et le critère qualitatif des ‘droits de l’homme’. Mais comme les contenus de ces droits sont relatifs à la manière dont on conçoit l’être humain, ceux-ci sont extensibles au gré des revendications et de la nécessaire prise en compte de la diversité des croyances et des systèmes de valeurs ». Aussi, « tout opposant à cette logique permissive apparaît comme remettant en cause les valeurs formelles d’égalité des droits et de liberté individuelle, autrement dit un « fondamentaliste », un « intégriste » (ou un « fasciste »). Sa position est identifiée à une positon éthique particulière voulant indûment s’universaliser et en général inspirée de la civilisation judéo-chrétienne. Cette confessionnalisation de la critique permet de neutraliser les arguments avancés ».  

 

Pour sortir de ce cercle enfermant, Thibaud Collin engage à « reprendre l’initiative pour poser le débat sur de nouvelles bases, anthropologiques et civilisationnelles » à la suite de Rémi Brague, Pierre Manent et Olivier Rey.

 

A la une #Tribunes et entretiens

Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ? Pour en finir avec les malentendus

Cinquante ans après la parution de l’encyclique Humanæ vitæ, le philosophe Thibaud Collin se penche à nouveau sur la crise du mariage. Son dernier livre, Le mariage chrétien a-t-il encore un avenir ?, semble poser dans son titre une question quasi désespérée. C’est pourquoi, il ne faut pas manquer d’y associer le sous-titre retenu : Pour en finir avec les malentendus, qui ouvre des perspectives, non seulement plus optimistes, mais surtout plus actives. On prendra ainsi mieux en considération le propos et le but de l’auteur.

[…] «  Le défi pastoral que le monde libéral pose à l’Église ne pourra être adéquatement relevé que si les chrétiens produisent une critique radicale de ses présupposés moraux et anthropologiques, belle occasion d’une appropriation renouvelée de la vérité révélée. »

Lire la suite sur l’Homme Nouveau

Tribunes et entretiens

Thibaud Collin en guerre contre l’individualisme libéral

Thibaud Collin est un des plus grands philosophe actuels et il s’intéresse directement à l’avenir du mariage chrétien. Les “avancées” en matière de morale et la prise en compte des changements anthropologiques entrainent de fortes tensions au sein même de l’Eglise. Jusqu’où le pape François est-il prêt à aller ? L’Eglise est-elle en péril ? Avance-t-on vers la validation de l’agenda de l’individualisme libéral ?

Réponse dans cette interview.https://youtu.be/MnpIM81GKPE

Source : Breizh-Info

 

NLQ #Tribunes et entretiens

Dubia : les cardinaux ont demandé audience au pape : réaction et analyse du philosophe Thibaud Collin

Les cardinaux, qui avaient émis des dubia au pape à propos de l’interprétation de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia,dubia qui n’ont pas reçu de réponse, viennent de rendre public la lettre de leur demande d’audience auprès du Saint-Père pour évoquer cette question primordiale pour l’Église. Cette lettre, datée du 25 avril dernier et signée du cardinal Caffarra, n’a toujours pas reçu de réponse. Pourquoi un tel silence ? Dans quel contexte s’inscrit-il ? C’est ce que L’Homme nouveau a demandé au philosophe moraliste Thibaud Collin qui a participé récemment, à Rome, à un colloque pour le premier anniversaire d’Amoris Laetitia.

Thibaud Collin, vous faites partie des six laïcs, venus du monde entier qui, pour appuyer les démarches des quatre cardinaux concernant Amoris lætitia, ont participé à un séminaire d’études, à Rome, le 22 avril dernier. Le cardinal Caffarra l’évoque justement dans sa lettre. Quel était votre propos ?

La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l’exhortation affirment qu’il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l’on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C’est par exemple l’interprétation de l’Institut Jean-Paul II. Pour d’autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d’adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l’encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu’une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l’encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur (1). S’il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s’opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu’il porterait davantage sur les modalités de l’accueil et de l’accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu’Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c’est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d’autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d’âmes peut-il laisser dans l’incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l’incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d’un auteur n’est-elle pas de s’assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd’hui plus que jamais, être capables d’exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruit se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n’est pas la simple manifestation d’un malaise et d’une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l’Eglise. » (2)

On peut s’inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l’encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmé dans la critique d’Humanée vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l’encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd’hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l’Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l’Eglise. La pression du monde est si forte pour que l’Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l’individualisme libéral ! Au nom d’un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l’appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?

Sur le même sujet L’Homme nouveau vous propose :

Mgr Athanasius Schneider prend la défense des quatre cardinaux qui ont exprimé leurs “dubia” au pape François

Ces cardinaux qui questionnent le pape : « Que votre oui soit oui ; que votre non soit non », une analyse de l’abbé Claude Barthe.

La Lumière est venue dans le monde… Rappel du contexte par Philippe Maxence.

 

Tribunes et entretiens

Thibaud Collin, la France à la lumière de Fatima

Au terme de cette longue séquence électorale et alors qu’Emmanuel Macron a été élu, la tentation du découragement peut naître chez certains. Le nouveau Président s’est présenté comme l’artisan du renouveau, voire de la « révolution ». Il a pourtant été porté par tous les soutiens de l’ordre actuel, ordre économique, politique, culturel, médiatique. Mais ce paradoxe n’est qu’apparent car notre société, comme beaucoup d’autres, est prise dans ce grand mouvement de liquéfaction propre à la mondialisation économique et culturelle. La rhétorique du changement continue à fasciner certains de nos concitoyens, alors que d’autres sentent plus ou moins confusément que ce changement (« le progrès ») peut être source d’aliénations. Délocalisations, agriculture intensive, manipulations du vivant, droit à l’enfant, multiculturalisme et métissage, transhumanisme, omniprésence des écrans, big data, flux migratoires, vases communicants démographiques, etc. : notre monde est plus que jamais emporté par la démesure et la transgression de toute limite. Face à ce tsunami, le découragement n’est-il pas la conséquence d’un sain réalisme ? S’il ne faut pas « se contenter de dire ce que l’on voit mais de voir ce que l’on voit », comme dit Péguy, comment éviter la désespérance ? Les forces en présence apparaissent si inégales, les phénomènes repérés semblent être greffés si profondément dans le cœur de l’homme ! Ne faut-il pas renoncer au combat de civilisation et fuir dans des thébaïdes ?

La ligne de partage

Il convient de prendre conscience que ce clivage bien qu’il puisse s’incarner dans des partis ou des personnes concerne d’abord chacun d’entre nous. Comme le dit Soljenitsyne, et Dieu sait s’il a eu une expérience profonde du mal subi : « Peu à peu, j’ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les États, ni les classes, ni les partis, mais qu’elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l’humanité. » (L’Archipel du Goulag, 1973). Toute autre attitude serait de l’individualisme et du pharisaïsme.

Cela procéderait en effet d’une abstraction de pans entiers de la réalité humaine. La vie sociale et politique a pour trame la multitude des actes que posent les hommes qui la forment. La société n’est pas une chose indépendante du libre arbitre des hommes. Tous les actes que nous posons, même les plus intimes et « privés » élèvent ou abaissent le corps dont nous sommes membres et ce, même d’un point de vue naturel. Car chaque acte dans lequel nous nous engageons contribue à nous façonner, à faire de nous la personne que nous sommes, et nous dispose à poser des actes du même type. Si nous nous bonifions par nos actes, les bénéficiaires sont tous ceux avec lesquels nous sommes en relation, même s’ils ne s’en rendent pas compte immédiatement. Idem bien sûr si nous nous aliénons par des actes désordonnés.

La responsabilité de chacun

La riche réflexion de saint Jean-Paul II sur les structures de péché (notamment dans Reconciliatio et Pænitentia (1984) n. 17 et Sollicitudo rei socialis [1987] nn. 36-37) permet de mieux saisir la responsabilité de chacun dans l’orientation profonde d’une société et ultimement du monde. La structure de péché désigne toute disposition pratique, objectivée socialement (loi, règlement, service administratif, habitude de vie), aux actes mauvais et qui elle-même est le fruit d’actes mauvais. Ce « péché coagulé » est donc médiateur et facilitateur du mal. Le poids des structures détermine de plus en plus les actes en déformant les consciences et en créant des habitudes de vie. Une volonté droite et un désir sincère du bien ne suffisent pas à s’en libérer. Il faut aussi que l’intelligence soit éveillée et que la conscience morale soit formée selon la vérité intégrale de l’homme.

Nous avons à lutter contre des lois mortifères et injustes, contre des préjugés contraires au bien commun, mais cette lutte ne sera vraie et féconde que si nous acceptons de repérer et de couper tout lien avec ce qui encourage de tels projets et pratiques sociales. La lutte est donc de nature d’abord morale et spirituelle avant d’être culturelle et politique. Bref, c’est en choisissant de descendre au plus profond de nous-mêmes, là où se nouent les enjeux de civilisation, que notre société française pourra évoluer vers le bien. Nous sommes encore dans une période électorale et celle-ci ne doit pas être méprisée, loin de là. Mais comme le dit très bien Gaultier Bès dans son excellent petit livre : « Voter, c’est agir en surface. On ne réorientera pas notre modèle de développement à coups de slogans et d’af­fiches, ni même par le seul truchement de décrets ou de lois venus du sommet de l’État. C’est de la base, des profondeurs du pays, que viendra la sève du renouveau, pas de ses représentants. Soutenir les propositions de tel ou tel candidat sans repenser son propre mode de vie, sans s’efforcer de mettre en œuvre, à son échelle, le programme qu’on voudrait voir appliquer partout, c’est comme arroser du béton : on a beau s’agiter, rien n’y poussera, car les conditions de la vie ne sont tout simplement pas remplies. Il est aussi vain de voter pour la transition énergétique en changeant de smartphone tous les deux ans que de manifester contre les techniques de reproduction artificielle (PMA, GPA) en approuvant les OGM. » (Radicalisons-nous ! La politique par la racine, p. 14, Éd. Première partie, 128 p., 7 €)

Au plus haut point

Ce nécessaire enracinement doit être intégral, à la mesure des défis que notre humanité et que notre société affrontent aujourd’hui. Seul le point le plus élevé, qui est aussi le plus profond, permet d’assumer la totalité de l’ordre humain dans le respect des médiations naturelles. « Seule la lumière qui tombe continuellement du ciel fournit à un arbre l’énergie qui enfonce profondément dans la terre les puissantes racines. L’arbre est en vérité enraciné dans le ciel. » (Simone Weil, Écrits de Londres et dernières lettres, p. 29-30, Gallimard, 1957, 264 p., 12,45 €) Alors en ces jours où nous fêtons le centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, mettons en pratique ces lignes écrites par Marcel Clément concernant un axe majeur du pontificat de Pie XII, si influencé par Fatima : « Le problème n’est pas de se demander si l’on peut sortir de la situation actuelle mais comment. Par la consécration des familles, des groupements de toutes sortes, des nations, du genre humain tout entier au Cœur Immaculée de Marie. » (« La Consécration, acte social », Itinéraires n° 38, décembre 1959, p. 54).

 

Thibaud Collin, pour l’Homme Nouveau

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Paris – “La patrie, sur terre comme au ciel” : interventions et table ronde

Rencontre publique de réflexion autour des sujets de la Foi et du patriotisme :

La Patrie : sur la terre comme au ciel

Jeudi 23 février – 20h30

Crypte de l’église Saint Honoré d’Eylau – 69 rue Boissière – Paris 16°

Interventions et table ronde en présence de : 

  • Mgr Ravel : évêques aux armées françaises
  • Camille Pascal : écrivain, historien
  • Thibaud Collin : philosophe
  • Jean-Marc Potdevin : entrepreneur social

Pas d’inscription, libre participation aux frais

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Tentation identitaire et tentation dévote, la réponse de Thibaud Collin à Erwan Le Morhedec

À lire le pamphlet d’Erwan Le Morhedec (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, Éd. du Cerf, 176 p., 14 e), on le croirait davantage procureur tant le ton est au réquisitoire. Le lecteur le sent indigné et en colère ; à moins que cela ne soit un mélange de peur et de honte. Passons sur les erreurs factuelles (le « spécialiste de Clovis » que serait « Henri Rouche », ou encore le général Cambronne renommé Camerone !) et les approximations et les contresens, malheureusement habituels dans ce genre littéraire, sur le paganisme de Maurras ou encore son « politique d’abord ».

Erwan Le Morhedec s’interroge : « Quel ressort peut inciter quelqu’un qui ne pratique ni régulièrement ni même occasionnellement à s’affirmer catholique quand on ne le retrouve qu’aux Rameaux pour le renouvellement de son buis ? ». Notre blogueur, qui manifestement a accès au for interne de certains de ses compatriotes, condamne ce qui lui apparaît être une instrumentalisation malhonnête de la foi chrétienne. Et il considère qu’il est de son devoir, d’une part, de dénoncer les fidèles qui acceptent avec complaisance, voire machiavélisme, cette réduction de la foi et, d’autre part, de mettre en garde les autres, naïfs, qui risqueraient de se faire manipuler par les premiers. Cela ne l’empêche pas de prêcher dans son dernier chapitre sur la nécessaire ouverture à tous et de faire l’éloge de la désormais célèbre posture de l’« Église en sortie » qui n’a pas à être une « douane ». Comprenne qui pourra.

Cet essai est-il donc à négliger ? Non, et pour deux raisons. Tout d’abord, parce qu’il pointe un réel problème, à savoir le danger d’une reprise non-critique du vocabulaire postmoderne de l’identité et donc de ses présupposés erronés ; et parce qu’il illustre à merveille une tentation inverse, que l’on peut nommer « dévote ». En critiquant à juste titre certains dangers de l’attitude identitaire, il néglige les causes ayant conduit à celle-ci et ce qu’elles manifestent en creux : la nécessaire prise en compte par la vie chrétienne de ces deux réalités naturelles que sont la famille et la nation. Il est donc à craindre que ce surnaturalisme ne fasse que renforcer le naturalisme qu’il critique. Or le défi central nous semble être d’articuler, dans le contexte actuel, effectivement très tendu, nature et grâce, foi et raison, selon le principe de Chalcédoine sur les deux natures du Christ « unies sans séparation ni confusion ».

Épidémie de phobies

Erwan Le Morhedec a raison de pointer « le caractère profondément mimétique de la dynamique identitaire ». La politique de la reconnaissance (Charles Taylor, Multiculturalisme. Différence et démocratie, Flammarion, coll. « Champs-Essai », 160 p., 8,20 €), importée d’Amérique du Nord, a transformé, dans les dernières décennies, les rapports que les citoyens entretien­nent avec la chose commune. Dans ce nouveau régime mental, comme l’ont bien montré Marcel Gauchet (La Religion dans la démocratie, notamment p. 141-151, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2002, 192 p., 5,90 €) et Pierre Manent, le discours de l’identité tend à réduire les croyances et les styles de vie à des critères de différenciation, percevant l’espace public comme vecteur de revendications propres. D’où l’actuelle épidémie de « phobies » (concurrence victimaire), qui n’est que l’envers de cette multiplication des identités, toute critique étant immédiatement vécue comme une discrimination. Comme le dit Pierre Manent « le langage de l’identité rend l’homme en quelque sorte propriétaire de son humanité. De ma propriété, je fais ce que je veux, et de cet usage je n’ai pas à rendre compte. Quand je suis sur ma propriété, on n’a pas à me demander mes raisons ». (Albert Jacquard, Pierre Manent, Alain Renaut, Une éducation sans autorité, ni sanction ?, p. 29, Grasset, 2003, 96 p., 9,90 €) Ainsi ce qui est le plus commun, mon humanité, ses capacités et ses aspirations, devient ce qui est le plus privé. En reprenant sans discernement cette posture, certains catholiques risquent de valider à leur insu cette fragmentation du commun, que ce soit le bien commun de la société ou la vérité à laquelle aspire tout être humain.

Des présupposés partiels…

 

 Source et suite L’Home Nouveau

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Amoris Laetitia, la confusion demeure selon le philosophe Thibaud Collin

Indéniablement l’Eglise est troublée et, par certains côtés, à deux doigts d’une crise sévère. Amoris laetitia manque de clarté. Qu’on soit d’accord ou non sur son contenu, encore faut-il être sûr du dit contenu. Que dit vraiment Amoris laetitia ? Force est de constater que sur les points controversés, personne ne sait. D’où les Dubia des cardinaux et l’émergence d’interprétations aussi diverses que clivantes.

Dans l’Homme Nouveau Thibaud Collin en relève au moins deux. Celle de l’épiscopat argentin que le pape lui-même considère comme faisant autorité et celle de l’archevêque de Philadelphie.

Deux lignes interprétatives s’opposent : la première est représentée par les évêques argentins de la province de Buenos Aires. Dans leur texte daté du 5 septembre 2016, la discipline de Familiaris consortio (la continence complète lorsque, pour de graves raisons, les concubins ne peuvent se séparer) est rappelée mais elle n’est présentée que comme une proposition possible et non comme une exigence. Le texte continue : « En d’autres circonstances plus complexes, et lorsqu’il n’a pas été possible d’obtenir une déclaration de nullité, l’option évoquée peut ne pas être mise en œuvre dans les faits. Nonobstant, un chemin de discernement est également possible. Si on en arrive à reconnaître que, dans un cas concret, il y a des limitations qui atténuent la responsabilité et la culpabilité, particulièrement lorsqu’une personne estime qu’elle tomberait dans une nouvelle faute en faisant du tort aux enfants de la nouvelle union, Amoris laetitia ouvre la possibilité de l’accès aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie. Ceux-ci à leur tour disposent la personne à continuer de mûrir et de croître avec la force de la grâce. » Remarquons ici l’étrange argument pointant un soi-disant conflit de devoirs déjà utilisé pour court-circuiter la norme d’Humanæ vitæ : en quoi, en effet, la continence entre les concubins pourrait-elle mettre en danger leurs enfants ?

La deuxième ligne d’interprétation est représentée par le texte de l’archevêque de Philadelphie, daté du 1er juillet. Après avoir rappelé le nécessaire accompagnement auquel Amoris lætitia invite les pasteurs, Mgr Chaput en cite le § 300 : « Ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église ». Puis il pose la question controversée : « Les divorcés remariés civilement ­peuvent-ils recevoir les sacrements ? D’une manière générale, les baptisés membres de l’Église sont, en principe, toujours invités aux sacrements. Les portes du confessionnal sont toujours ouvertes à ceux qui se repentent et qui ont le cœur contrit. Qu’en est-il de la communion ? Tout catholique, et pas seulement les divorcés remariés, doit, avant de recevoir l’Eucharistie, confesser sacramentellement tous les péchés graves dont il ou elle a conscience et prendre la ferme résolution de changer. Dans certains cas, la responsabilité subjective de la personne pour une action passée peut être diminuée. Toutefois la personne doit tout de même se repentir et renoncer à son péché, avec une ferme volonté de se corriger. » Et Mgr Chaput de rappeler la nécessité pour les concubins vivant comme frère et sœur de communier dans la plus grande discrétion « de manière à éviter le scandale ou de donner à penser que l’enseignement du Christ peut être laissé de côté. (…) Cet enseignement paraîtra dur à beaucoup de gens, mais être moins explicite serait induire les gens en erreur quant à la nature de l’Eucharistie et de l’Église ».

 

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