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La feuille de route du Vatican contre la traite humaine

Ce jeudi dans la salle de presse du Saint-Siège, la section “migrants et réfugiés” du dicastère pour le développement humain intégral a présenté deux documents importants qui résument la ligne de conduite du Saint-Siège pour lutter contre toutes les formes de trafic. Le premier document d’une quarantaine de pages donne des lignes d’action pratique. Le second est un volume des prises de parole du Pape François sur la thématique des migrations ainsi que l’exploitation des plus vulnérables.

Parmi les deux documents présentés ce jeudi dans la salle de presse du Saint-Siège, figurent « Les orientations pastorales sur la traite des personnes », document de 36 pages, explicitement consacré au trafic humain et aux moyens de le combattre et un volume de textes du Pape François intitulé « Lumières sur les chemins de l’Espérance » qui recense toutes les prises de paroles du Souverain Pontife sur la thématique des migrants, discours, homélies ou appels lors des Angélus.

Le premier document analyse d’abord les causes de la traite humaine, les moyens de la reconnaître, ses différentes expressions, que ce soit dans le monde économique ou dans les migrations et les réponses que préconise l’Église pour combattre ce fléau.

La lutte contre la traite des personnes est un thème cher au Pape François, explique ce document, qui rappelle notamment le discours du Saint-Père devant les Nations-Unies le 25 septembre 2015 au cours duquel il affirmait que « la traite des êtres humains, commerce d’organes et de tissus humains, d’exploitation sexuelle d’enfants, de travail esclave – y compris la prostitution » ne peut se combattre seulement par « des engagements assumés solennellement ».

Marchandisation du monde

Par conséquent, ces orientations pastorales ont pour objectif de proposer une clé de lecture de la traite et une compréhension de ce mal afin d’y lutter contre de manière durable. Ce document est le fruit de la section “migrants et réfugiés” du dicastère pour le développement humain intégral qui a duré deux ans. Sa mission, rappelle le document, est de fournir de l’aide aux évêques qui sont confrontés à la prise en charge des personnes victimes de traite tout comme ceux qui sont engagés dans l’accueil des migrants et réfugiés. Ce document de synthèse est désormais à disposition des Églises locales, paroisses et congrégations religieuses, mais aussi écoles et universités.

Parmi les causes mises en évidences pour expliquer la traite figure en particulier le phénomène de marchandisation et d’exploitation, qui n’épargne aucune région du monde. « Ils sont la manifestation de systèmes et de pratiques sociales, culturels et économiques immoraux » peut-on lire. « Notre monde connaît dans le même temps une croissance de l’individualisme et de l’égoïsme, attitudes qui tendent à considérer les autres dans une vision purement utilitariste »précise encore le document.

Changer la société

Si la société veut se débarrasser du fléau de la traite humaine, alors elle doit changer, souligne encore ce guide, qui note que chacun est invité à « simplifier ses besoins, contrôler ses propres habitudes et mettre un frein à ses appétits ». Dans ce contexte, il est essentiel de protéger la dignité de la personne humaine en lui offrant de réelles opportunités de développement intégral.

Si l’on évoque beaucoup les « trafiquants » dans les débats publics, le document met aussi l’accent sur la nécessité d’identifier les « consommateurs », la « demande » qui est inséparable de « l’offre » pour reprendre des termes économiques. Ici, le document donne en exemple les multiples formes d’exploitations économiques comme les ouvriers agricoles ou encore la prostitution. Pour réduire cette « demande », il est donc nécessaire de renforcer la responsabilité et condamner toute la chaîne d’exploitation.

Dans ces orientations, le dicastère pour le développement humain intégral émet des suggestions pour répondre concrètement au fléau de la traite. Il invite par exemple les États à ne pas hésiter à criminaliser les clients de la prostitution. Ils devraient en outre promouvoir plus de campagnes de sensibilisation sur les conséquences pénales de la traite, que ce soit au niveau national ou international.

Des personnes invisibles

Mais derrière les préconisations, le document admet la difficulté de reconnaître les formes d’exploitation ou de traite. Pour la simple raison que les victimes sont pour la plupart du temps invisibles. C’est le cas notamment des enfants, mais aussi de nombreux jeunes, happés par les formes de harcèlement en ligne et pris dans les griffes de la réalité virtuelle. « Malheureusement les victimes sont souvent manipulées et piégées dans des schémas psychologiques qui ne leur permettent pas de fuir » regrettent les auteurs du document.

Le dicastère rappelle aussi l’importance d’éduquer les jeunes à vivre une sexualité responsable, où la fidélité dans le mariage est pour la vie, et à montrer un respect pour les autres dans l’utilisation d’internet. Les catholiques, poursuit le document « devraient s’engager personnellement » pour sensibiliser et éduquer les plus jeunes afin de combattre la traite de façon plus efficace.

Responsabilité des entrepreneurs catholiques

Dans son message aux dirigeants du Forum économique mondial du 23 janvier 2018, le Pape François expliquait que « les modèles économiques doivent respecter une éthique de développement intégral et durable, basé sur des valeurs qui mettent au centre la personne humaine et ses droits. » Le document du dicastère rappelle ici la doctrine sociale de l’Église sur le travail et les enseignements du Pape argentin en particulier, qui dénonce souvent « la culture du déchet » dans ses aspects économiques. Le guide met ainsi en garde contre la généralisation des biens produits « à bas coût », devenu modèle économique quasi-universel.

Il est ici mentionné la responsabilité des entreprises dans l’information des consommateurs et tout particulièrement des entrepreneurs catholiques « qui doivent mettre en pratique les enseignements de l’Église », en assurant des conditions de travail dignes à leurs employés.

Limiter les migrations forcées

L’accent est mis bien-sûr mis sur l’exploitation des migrants et réfugiés, souvent condamnés à des tâches ingrates, payés des salaires indignes et parfois victimes de violence d’employeurs peu scrupuleux. Le dicastère revient ainsi sur la nécessité de prévenir des migrations forcées qui arrachent de nombreuses personnes à leurs terres d’origine. « Pour éviter que les personnes tombent dans les mains de trafiquants, il faudrait garantir en premier lieu qu’elles ne soient pas obligées à quitter leur terre . La prévention la plus radicale est donc de leur assurer le droit de pouvoir rester sur leur lieu d’origine » peut-on lire.

Pour enrayer ces nombreuses formes de traite humaine, le Saint-Siège encourage donc une meilleur coopération internationale, un meilleur partage des informations entre les États. Des efforts sont enfin à mener à l’intérieur même de l’Eglise pour lutter plus efficacement contre la traite, comme une collaboration plus étroite entre les conférences épiscopales. Un effort est à faire enfin pour une meilleure prise en charge des victimes et une protection renforcée. Le dicastère plaide pour leur réinsertion réelle dans la société, en leur assignant par exemple les fonds séquestrés des trafiquants.

Source : Vatican News

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L’édito – Les grands thèmes du pape pour éradiquer la souffrance

(Notre lettre du 23 février n’étant pas partie, nous redonnons notre édito de ce jour)

Chaque pape donne à son pontificat un ton qui lui est propre. Entre contingences du temps et préoccupations personnelles, les souverains pontifes ont tracé les grands axes de leur règne, donnant parfois l’impression que l’Eglise pouvait « évoluer ». En réalité, l’Eglise a toujours monnayé le contenu de la Révélation dans un contexte précis qui amenait à mettre plus en avant tel aspect et sembler délaisser tel autre. Mais, comme une mère s’occupe moins d’un enfant en bonne santé et consacre plus de temps à celui qui est malade, l’Eglise ne perd jamais de vue l’ensemble de ses enfants et des données de la Révélation dont elle est le gardien. Si tel n’était plus le cas, les pasteurs manqueraient tout autant à la charité qu’à la vérité. Le pape François se trouve donc, comme tout pontife, à la croisée des exigences du temps et de ses préoccupations personnelles. Les deux chemins sont ils compatibles, les priorités ne sont-elles pas inversées ? Evidemment, il faut avoir une vision relativement large et complète de la situation pour trancher cette question qui perturbe le monde catholique.

Quels sont donc les grands thèmes du pontificat franciscain ? Parmi un certain nombre plus secondaire, neuf ressortent de manière saillante. Sur ces neuf, huit proviennent d’impératifs du moment qui rejoignent les préoccupations du pape. Sont-ce réellement les plus importants ? Le pape les traite-t-il comme il faut ? Ce sont d’autres questions qui précisément font débat. La première, dont assurément tout pape se serait bien passé, est la réforme de la Curie. Le pape François ne pouvait y échapper puisque c’est une des raisons de la renonciation de son prédécesseur, trouver un successeur capable de prendre en main ce sac de nœud. Il semble ici que le pape s’y soit mal pris, se coupant de l’organe qui par nature doit l’aider à gouverner. Il semble par ailleurs que la réforme avorte en silence. Une autre préoccupation dont le pape se serait bien passé est la pédophilie. Lui-même inquiété pour sa gestion de la question en Argentine, on le sent mal à l’aise avec le problème comme l’a révélé son voyage au Chili.

Les sujets qui lui sont chers entre tous tiennent à la fragilité humaine : la pauvreté, les migrants, la traite humaine et la paix. Là encore sa manière de gérer des questions humainement dramatiques crée des tensions politiques à l’intérieur de l’Eglise au point que les déclarations du souverain pontife en viennent à se contredire. On sent néanmoins que ce sont des questions qui le touchent au cœur très profondément. L’écologie dont il a fait le thème d’une encyclique, elle aussi controversée, est finalement une trame de fond dans ses préoccupations quoique seconde par rapport à la série précédente. Il s’exprime du reste beaucoup moins sur ce sujet désormais.  Tous ces thèmes sont très politiques, ce qui agace nombre de catholiques, à commencer par les Italiens, vent debout contre ses déclarations sur l’immigration.

Deux autres thèmes préoccupent le Saint-Père. La vie dont il est un ardent défenseur et la miséricorde qui est la clef de lecture de son pontificat. Il semble que, malgré son tempérament dur et autoritaire, il ait une très grande sensibilité à la souffrance humaine et voudrait soulager tout ce qui pèse de trop sur les épaules des hommes et des femmes. Ce désir d’éradiquer la souffrance se traduit pour lui par une conception de la miséricorde dont beaucoup craignent un relativisme oublieux de la vérité. Or il n’y a pas de miséricorde sans vérité. D’où des crispations grandissantes à la Curie et dans l’ensemble du monde catholique.

Telle nous semble être la clef de lecture (qui n’est de notre part ni un blanc-seing ni une condamnation, mais un constat) des grands thèmes du pontificat du pape François. Cette clef de lecteur explique, du reste également, les choix de ces grands thèmes très humanitaires et peu théologiques. De là découlent de nombreuses autres questions sur la pertinence de ces choix, le modus operandi du pape, la hiérarchie des priorités et même le rôle du pape sur la scène internationale, entre politique et pastorale.

Cyril Brun, rédacteur en chef

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L’édito – Les grands thèmes du pape pour éradiquer la souffrance

Chaque pape donne à son pontificat un ton qui lui est propre. Entre contingences du temps et préoccupations personnelles, les souverains pontifes ont tracé les grands axes de leur règne, donnant parfois l’impression que l’Eglise pouvait « évoluer ». En réalité, l’Eglise a toujours monnayé le contenu de la Révélation dans un contexte précis qui amenait à mettre plus en avant tel aspect et sembler délaisser tel autre. Mais, comme une mère s’occupe moins d’un enfant en bonne santé et consacre plus de temps à celui qui est malade, l’Eglise ne perd jamais de vue l’ensemble de ses enfants et des données de la Révélation dont elle est le gardien. Si tel n’était plus le cas, les pasteurs manqueraient tout autant à la charité qu’à la vérité. Le pape François se trouve donc, comme tout pontife, à la croisée des exigences du temps et de ses préoccupations personnelles. Les deux chemins sont ils compatibles, les priorités ne sont-elles pas inversées ? Evidemment, il faut avoir une vision relativement large et complète de la situation pour trancher cette question qui perturbe le monde catholique.

Quels sont donc les grands thèmes du pontificat franciscain ? Parmi un certain nombre plus secondaire, neuf ressortent de manière saillante. Sur ces neuf, huit proviennent d’impératifs du moment qui rejoignent les préoccupations du pape. Sont-ce réellement les plus importants ? Le pape les traite-t-il comme il faut ? Ce sont d’autres questions qui précisément font débat. La première, dont assurément tout pape se serait bien passé, est la réforme de la Curie. Le pape François ne pouvait y échapper puisque c’est une des raisons de la renonciation de son prédécesseur, trouver un successeur capable de prendre en main ce sac de nœud. Il semble ici que le pape s’y soit mal pris, se coupant de l’organe qui par nature doit l’aider à gouverner. Il semble par ailleurs que la réforme avorte en silence. Une autre préoccupation dont le pape se serait bien passé est la pédophilie. Lui-même inquiété pour sa gestion de la question en Argentine, on le sent mal à l’aise avec le problème comme l’a révélé son voyage au Chili.

Les sujets qui lui sont chers entre tous tiennent à la fragilité humaine : la pauvreté, les migrants, la traite humaine et la paix. Là encore sa manière de gérer des questions humainement dramatiques crée des tensions politiques à l’intérieur de l’Eglise au point que les déclarations du souverain pontife en viennent à se contredire. On sent néanmoins que ce sont des questions qui le touchent au cœur très profondément. L’écologie dont il a fait le thème d’une encyclique, elle aussi controversée, est finalement une trame de fond dans ses préoccupations quoique seconde par rapport à la série précédente. Il s’exprime du reste beaucoup moins sur ce sujet désormais.  Tous ces thèmes sont très politiques, ce qui agace nombre de catholiques, à commencer par les Italiens, vent debout contre ses déclarations sur l’immigration.

Deux autres thèmes préoccupent le Saint-Père. La vie dont il est un ardent défenseur et la miséricorde qui est la clef de lecture de son pontificat. Il semble que, malgré son tempérament dur et autoritaire, il ait une très grande sensibilité à la souffrance humaine et voudrait soulager tout ce qui pèse de trop sur les épaules des hommes et des femmes. Ce désir d’éradiquer la souffrance se traduit pour lui par une conception de la miséricorde dont beaucoup craignent un relativisme oublieux de la vérité. Or il n’y a pas de miséricorde sans vérité. D’où des crispations grandissantes à la Curie et dans l’ensemble du monde catholique.

Telle nous semble être la clef de lecture (qui n’est de notre part ni un blanc-seing ni une condamnation, mais un constat) des grands thèmes du pontificat du pape François. Cette clef de lecteur explique, du reste également, les choix de ces grands thèmes très humanitaires et peu théologiques. De là découlent de nombreuses autres questions sur la pertinence de ces choix, le modus operandi du pape, la hiérarchie des priorités et même le rôle du pape sur la scène internationale, entre politique et pastorale.

Cyril Brun, rédacteur en chef

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Pape François – Face à la traite des personnes, l’Église est la dernière ancre du salut

Le Pape a reçu les participants à la Journée mondiale de réflexion contre la traite des personnes, le 12 février au Vatican. Il s’est adonné à un jeu de questions réponses didactique sur les causes et les solutions à ce problème endémique qu’est la traite.

Réfugiés, victimes de la traite humaine ou jeunes étudiants désireux de lutter contre ce fléau… Tour à tour, ils ont interrogé le Pape sur les ressorts de cette pratique criminelle, ainsi que sur les moyens de l’affronter.

La nécessaire sensibilisation

« Sur le sujet de la traite, il y a beaucoup d’ignorance », a d’emblée avancé le Saint-Père. Pour lui, cette pratique est méconnue car elle touche « le cœur de nos consciences », par son caractère scabreux et honteux.

Un travail de sensibilisation est donc requis, car l’enjeu est grave : « La traite est une véritable forme d’esclavage, malheureusement de plus en plus répandue, qui touche tous les pays, même les plus développés. Elle touche les plus vulnérables de la société : les femmes et les filles, les enfants, les handicapés, les plus pauvres, ceux qui viennent de situations de désintégration familiale et sociale », a énuméré François, insistant sur le rôle des jeunes dans la phase de prise de conscience des sociétés.

Créer un cercle vertueux

« Les jeunes occupent une position privilégiée pour rencontrer les survivants de la traite des êtres humains. Ils doivent être promoteurs d’initiatives pour accueillir ces victimes dans les paroisses », a recommandé le Saint-Père, les enjoignant à utiliser les réseaux sociaux, « opportunités de rencontres et de partage avec les victimes de la traite ».

L’importance de l’éducation

Deuxième aspect primordial : l’éducation, seule rempart contre les illusions qui parfois animent ces victimes de la traite. « Tant de jeunes gens sont trompés par de fausses promesses, trompés, asservis, prostitués. »

Ainsi, « même dans des conditions de malaise extrême », l’éducation est importante, estime François, qui a ajouté que tous ces jeunes des périphéries victimes de la traite humaine seront les protagonistes du Synode des jeunes d’octobre 2018 au Vatican.

Le développement humain intégral comme rempart

Le développement humain intégral des pays victimes de l’extrême pauvreté apparait donc comme la solution pour endiguer ce fléau. Ces contextes facilitent l’impunité des auteurs de ces crimes, a mis en garde le Pape.

« La réponse est donc de créer des opportunités pour le développement humain intégral, en commençant par une éducation de qualité dès la petite enfance, créant par la suite des opportunités de croissance par l’emploi », a t-il précisé.

La conversion des cœurs

« Arrêter les trafiquants est un devoir de justice. Mais la vraie solution est la conversion des coeurs, la réduction de la demande pour drainer le marché. »

Le rôle de l’Église prend alors tout son sens. Celle-ci a jugé le Pape, s’avère souvent la dernière ancre du salut. Elle doit intervenir dans toutes les phases de la traite des êtres humains : « elle veut les protéger de la tromperie et de l’incitation ; elle veut les trouver et les libérer quand ils sont transportés et asservis ; elle veut les aider une fois libérés ».

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Vatican – Comment porter assistance aux personnes victimes de la traite humaine ?

Comment porter assistance aux personnes victimes de la traite humaine, c’était le thème d’une conférence qui s’est tenue au Vatican, du 4 au 6 novembre 2017, à l’initiative de l’Académie pontificale des sciences. Plusieurs experts et représentants d’ONG ont échangé leurs expériences et convenu de la nécessité de travailler en réseau, au niveau des différentes réalités sociales et institutionnelles, pour combattre efficacement la traite des êtres humains, en ayant une attention particulière aux victimes et à l’assistance dont elles ont besoin.

Parmi les participants à cette conférence : le collectif CAP international. Un réseau de 23 associations dans 18 pays, né il y a trois ans et qui milite auprès des autorités pour l’abolition de la prostitution. Auprès des gouvernements, CAP international se bat pour une législation qui interdise le commerce du sexe, et sur le terrain, les associations membres du collectif viennent en aide aux prostituées sorties des griffes de leurs proxénètes.

Cette bataille est menée sur plusieurs fronts, notamment en faveur de la pénalisation des « clients » qui sont l’unique source de revenu des proxénètes. Jean Charles Putzolu a interrogé Grégoire Théry, Secrétaire général de CAP international. Vous pouvez le retrouver sur Radio Vatican

 

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Journée mondiale de la pêche et victimes de la traite – Message du Vatican

Le Vatican a rendu public ce mardi 16 novembre le message du Conseil pontifical de la Pastorale des migrants et des personnes en déplacement, à l’occasion de la Journée mondiale de la pêche, organisée le 21 novembre.

À cette occasion se tiendra cette année au siège de la FAO, à Rome, une réunion sur la violation des droits humains dans le secteur de la pêche, et la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, rapporte Radio Vatican.

La question de la traite des être humains est ue des grandes préoccupations du pape François. Il y revient souvent et les interventions du Saint-Siège à l’ONU ne manquent pas une occasion de soulever le problème.

Extraits du message.

Nous apprécions et attendons avec impatience la mise en œuvre de l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, adopté comme accord de la FAO en 2009. Après plusieurs années d’efforts diplomatiques, il est finalement entré en vigueur, le 5 juin dernier, et est à présent juridiquement contraignant pour les 29 pays et l’organisation régionale qui l’ont signé. A travers l’adoption et la mise en œuvre de mesures de l’État du port effectives, le PSMA est le premier traité international contraignant cherchant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR), un problème environnemental important qui provoque de sérieux dommages économiques et menace la sécurité alimentaire dans de nombreux pays.

Notre préoccupation ne se limite pas aux ressources marines. L’industrie de la pêche est largement reconnue comme l’une des plus dangereuses en raison des fréquents accidents de travail et du taux élevé de mortalité. En cette Journée mondiale de la pêche, nous voudrions porter notre attention également sur les pêcheurs qui se trouvent dans des situations d’exploitation et d’abus.

En tenant compte de l’appel du Pape François : « La traite des personnes est un crime contre l’humanité. Nous devons unir nos forces pour libérer les victimes et pour arrêter ce crime toujours plus agressif, qui menace, outre les personnes individuelles, les valeurs fondatrices de la société, et aussi la sécurité et la justice internationales, mais également l’économie, le tissu familial et la vie en société elle-même », en tant qu’Eglise catholique, nous voudrions renouveler notre appel aux gouvernements en vue de ratifier la Convention sur le travail dans la pêche de 2007, afin de créer un environnement sûr à bord des navires de pêche et de meilleures mesures de bien-être pour les pêcheurs. Depuis octobre 2016, la Convention a été ratifiée par neuf Etats côtiers, et un pays supplémentaire est nécessaire pour l’entrée en vigueur de la Convention.