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Prédication du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine du 13 mars 2019 : “Il est encore temps d’embrasser le Christ et sa Sagesse, avant que la nuit ne nous surprenne !”

Suite à l’interview du père Michel-Marie sur la chaîne québécoise TVA dans l’émission La Victoire de l’Amour, le célèbre prédicateur, écrivain, auteur-compositeur et chanteur revient régulièrement pour commenter l’évangile du jour.

Ici Lc XI, 29-32 :

Version audio seule.

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Arts et cloître : Vitraux contemporains et transcendance – Le 19 janvier 2019 à Molsheim (67)

Comment s’y reconnaître au milieu de la profusion de vitraux contemporains produits par notre époque ? Et quelle transcendance expriment-ils et par quels codes ?

Sujet vaste et compliqué qui requiert un spécialiste de ces questions. C’est l’objet et l’enjeu d’une conférence d’Arts et cloitre ce samedi 19 janvier.

La création de vitraux contemporains est très vigoureuse ces dernières années.

L’usage du verre permet une expérience immédiate de la transcendance puisque la lumière traverse un matériau sans perdre sa puissance de révélation.

Les créations récentes témoignent d’une énergie lumineuse renforcée par l’invention de nouveaux procédés.

C’est toujours le même émerveillement de recevoir dans un espace, religieux ou non, une lumière travaillée par des artistes inspirés qui provoquent des effets d’illumination spirituelle.

Encore faut-il prendre le temps de se laisser impressionner et de comprendre les codes et les messages utilisés pour convoquer la transcendance.

Et d’avoir affaire à un spécialiste du vitrail contemporain.

Pour cela, Jean-Paul Deremble, docteur  en histoire de l’art médiéval et maître de conférences à l’Université de Lille donnera une conférence pour Arts et cloître samedi 19 janvier 2019 à la chartreuse de Molsheim de 16h30 à 18h, intitulée : « le vitrail contemporain comme signe et expérience de la transcendance »

Entrée libre, places limitées.

Réservation conseillée au 03 88 47 24 85.

Plateau à la sortie.

www.arts-et-cloitre.com

vitrail d’Henri Guérin réalisé dans la crypte de la cathédrale de Chartres en 2010

Vitrail d’Henri Guérin réalisé dans la crypte de la cathédrale de Chartres en 2010

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Catholiques et politique, les raisons de nos impasses

  

Aujourd’hui les règles du jeu politique sont dominées par des réalités contraignantes non politiques. L’économie, bien entendu, mais aussi les médias et de nombreux lobbies. Ce que nous appelons politique n’est en fait qu’un appareil de gouvernement. Les responsables politiques sont un des maillons du système actuel. Ils n’en sont en rien le sommet. Or, si le politique tient une vision et que celle-ci unifie l’action, les responsables politiques devraient inclure dans leur projet – et donc leur programme politique – toutes ces réalités contraignantes pour leur donner un sens. En d’autres termes, sans les contrôler, ils devraient leur donner leur place dans la réalisation de la vision.

Aujourd’hui il n’en est rien. Le politique est réduit à n’être que la courroie de transmission de réalités contraignantes qui les dépassent et, par là, les soumettent. Concrètement, cela signifie que la réalité du pouvoir est ailleurs et que le rôle actuel des politiques n’est plus celui auquel nous nous référons.

Première raison de nos impasses, nous n’utilisons pas le politique pour ce qu’il est aujourd’hui, une courroie de transmission. Deuxième raison, qui découle de là, nous ne comprenons pas les règles du jeu. Nous imaginons encore les responsables politiques comme les anciens notables qui disposaient d’un pouvoir véritable de décision et d’action et donc d’influence. Il suffit pourtant de regarder les débats parlementaires pour se rendre compte que les jeux sont faits en amont, comme en aval. Consignes de vote, vexations diverses, refus des fonctionnaires de transformer les lois en décrets d’application, pression médiatique, pour ne parler que du plus audible.

Tandis que nous nous essoufflons sur le terrain de sport politique avec d’anciennes règles, les rodés du système marquent point sur point presque sans effort. Nous nous focalisons sur un rythme politique et électoral qui n’est pas le nôtre, qui est hors de notre portée.

Bien entendu il ne s’agit pas de déserter la sphère politique nationale. Mais si nous voulons entrer dans le jeu et le modifier durablement, il faut nous faire précéder de notre vision et de notre projet. Entendons, chaque action que nous menons, chaque loi que nous proposons doit non seulement répondre à un besoin réel du moment politique et médiatique, mais en même temps fissurer le système actuel, ne fût-ce que par un point de détail, un léger grain de sable dans les rouages. Nous devons penser, agir dans la durée et ne pas nous contenter de réagir à l’immédiateté. Les deux pouvant, du reste, être plus ou moins fortement liés. Que ce soit en politique, en économie, dans le social ou l’éducatif, tout ce que nous faisons doit s’inscrire dans la longue durée pour préparer demain.

Et nous rejoignons ici la troisième raison de nos impasses politiques. Pour poser aujourd’hui les pas pour demain, encore faut-il avoir une vision et un projet clairement identifié. Or cette vision et ce projet n’existent pas. Globalement nous avons les fondements et cela est le préalable indispensable. Nous sommes même les seuls à avoir des fondements, c’est-à-dire un sens. Mais ce sens doit prendre corps dans une vision de société concrète et non abstraite ou virtuelle et se trouver incarnée dans un projet de société.

Concrètement, les fondements de notre engagement nous donnent ce sens ultime de la dignité humaine en vue du développement intégral de tout l’homme et de tout homme. Ce sens profond doit prendre corps et sens particulier dans cette France aux contours et à l’histoire spécifique. Telle doit être la vision de toute politique en France. Mais pour être rejoint, ce sens, inscrit dans cette vision pour la France, doit s’incarner aujourd’hui dans la réalité de ce que sont la France et le monde d’aujourd’hui autour d’un projet politique d’envergure.

Faute de ce projet unificateur qui dépasse largement le monde politique, mais nous concerne tous, nous ne produirons que des mesurettes conjoncturelles, nous continuerons de nous essouffler dans la multiplication d’initiatives louables et belles, c’est vrai, mais souvent isolées voire redondantes.

Enfin, faute d’identifier nos dépendances intimes avec le système, nos complicités passives (ou actives) condamnent l’essentiel de nos initiatives à l’échec faute de soutien, de relais et d’engagements. Après la patience, l’humilité et l’espérance dont nous parlions dans une autre tribune, il nous manque le courage du sacrifice et de l’abandon. Comme je l’ai écrit par ailleurs, nous devons apprendre à passer du consumérisme au Sacré Cœur. Lâcher prise, abandonner l’avoir pour l’être. Tout comme notre vision est consubstantielle au temps, elle est intrinsèquement liée à cet autre glissement celui de l’avoir à l’être, lui-même intimement lié au temps, à l’infini.

Et là se trouve le fond même de notre impasse. Nous nous battons face à des épouvantails, sans chercher à atteindre la réalité de notre adversaire. Nous ne remettrons pas notre monde sur la bonne route si nous ne coupons pas les véritables amarres du navire. Les liens que tissent les tenants de la nouvelle civilisation et qui enserrent le monde réel dans une virtualité sans précédent visent à créer un homme dieu, auto justifié, toujours en changement parce qu’éternellement insatisfait de l’ersatz que pourtant lui-même crée. Nous ne livrons pas un combat aux épiphénomènes législatifs et commerciaux, mais aux sapes même de notre civilisation. Le champ de bataille est formellement anthropologique et transcendant. L’enjeu n’est pas le mariage entre deux personnes de même sexe, ni même l’avortement. Le véritable danger est que des hommes, fussent-ils élus, puissent décider d’une vérité anthropologique.

Il est impératif d’identifier notre ennemi car nous devons en prendre le contre-pied. Notre vision défend non seulement une vérité anthropologique, mais aussi le simple fait qu’il puisse y avoir une vérité anthropologique et transcendante qui n’est pas une invention humaine et dont l’homme dépend pour pouvoir se développer en vérité et en plénitude. Autrement dit, notre vision inclut la transcendance de vérités supérieures aux lois, immuables et éternelles. Il est inutile de mener le moindre combat s’il n’inclut pas, même de manière infime et discrète, cet enjeu fondamental. Toute action n’incluant pas cette vision existentielle vitale est à terme vouée à l’échec. Ceci ne signifie en aucun cas qu’il ne faut pas lutter contre les injustices immédiates et cuisamment concrètes. Mais il faut les intégrer dans une vision plus large, plus profonde, plus longue. Réciproquement, il faut intégrer cette vision à l’action. Alors nous serons dans le mieux possible et non dans le moindre mal. Car le mieux possible suppose une vision, une direction, une dynamique.

Voici un nouveau glissement important pour incliner peu à peu ce système à bout de souffle vers le renouveau de notre civilisation. Agir de façon coordonnée dans une même direction et à chaque instant. Nous inscrire dans la durée et la transcendance suppose une petite révolution mentale militante en vue du bien. Nous devons être convaincus de notre réel pouvoir d’agir dans le temps par la moindre de nos décisions, le plus petit de nos actes. Ces millions de gouttes d’eau feront une masse d’eau qui effondrera le système.

 

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Le dialogue, la personne, la transcendance et l’espérance comme feuille de route du pape pour l’Education catholique

C’est une forme de feuille de route que le pape François qui a reçu en audience les participants de l’assemblée plénière de la Congrégation pour l’Éducation catholique, ce jeudi 9 février 2017, leur a donné.

La personne, la transcendance l’espérance et le dialogue qui éduque lorsqu’on prend en compte l’autre comme personne et avec respect. Et c’est le dominicain d’Aquin que le jésuite propose comme modèle.

Extraits

Chers frères et sœurs,

Les secteurs du vaste champ de l’éducation qui sont de la compétence de votre Congrégation vous ont engagés dans une réflexion et une discussion sur différents aspects importants, comme la formation initiale et permanente des enseignants et des dirigeants, en considérant aussi la nécessité d’une éducation inclusive et informelle ; ou comme la contribution irremplaçable des Congrégations religieuses, ainsi que le soutien qui peut venir des Églises particulières et des Organisations de secteur. Une bonne partie de votre travail a été consacré aux institutions universitaires ecclésiastiques et catholiques pour la mise à jour de la Constitution apostolique Sapientia christiana, à la promotion des études de droit canonique en relation avec la réforme des processus de nullité du mariage, ainsi qu’au soutien de la pastorale universitaire. Vous avez en outre considéré l’opportunité d’offrir des directives  pour développer la responsabilisation de tous ceux qui sont impliqués dans le domaine exigeant de l’éducation.

Comme je l’ai rappelé dans l’exhortation Evangelii gaudium, « les universités sont un milieu privilégié pour penser et développer cet engagement d’évangélisation » et « les écoles catholiques […] constituent un apport de valeur à l’évangélisation de la culture, même dans les pays et les villes où une situation défavorable nous encourage à faire preuve de créativité pour trouver les chemins adéquats » (n. 134).

Sur cet horizon de l’évangélisation, je tiens à vous partager quelques attentes.

Avant tout, face à un individualisme envahissant, qui rend humainement pauvre et culturellement stérile, il est nécessaire d’humaniser l’éducation. L’école et l’université n’ont tout leur sens qu’en relation avec la formation de la personne. À ce processus de croissance humaine, tous les éducateurs sont appelés à collaborer avec leur professionnalisme et avec la richesse d’humanité dont ils sont porteurs, pour aider les jeunes à être des bâtisseurs d’un monde plus solidaire et pacifique. Plus encore, les institutions éducatives catholiques ont la mission d’offrir des horizons ouverts à la transcendance.

Gravissimum educationis rappelle que l’éducation est au service d’un humanisme intégral et que l’Église, en tant que mère éducatrice, regarde toujours les nouvelles générations dans la perspective de la « formation de la personne humaine en vue de sa fin ultime ou pour le bien des différentes sociétés dont l’homme est membre et dans lesquelles, devenu adulte, il aura des fonctions à assumer » (n.1).

Une autre attente est que croisse la culture du dialogue. Notre monde est devenu un village mondial avec de multiples processus d’interaction, où chaque personne appartient à l’humanité et partage l’espérance d’un avenir meilleur avec la famille entière des peuples. En même temps, malheureusement, il y a de nombreuses formes de violence, de pauvreté, d’exploitation, de discrimination, de marginalisation, d’approches restrictives des libertés fondamentales qui créent une culture du rejet. Dans ce contexte, les instituts éducatifs catholiques sont appelés en première ligne à pratiquer la grammaire du dialogue qui forme à la rencontre et à la valorisation des diversités culturelles et religieuses. Le dialogue, en effet, éduque quand la personne entre en relation avec respect, estime, écoute sincère et qu’elle s’exprime avec authenticité sans ternir ni mitiger son identité nourrie par une inspiration évangélique. Nous sommes encouragés par la conviction que les nouvelles générations, éduquées chrétiennement au dialogue, sortiront des salles de cours et des universités motivées pour construire des ponts et, par conséquent, pour trouver de nouvelles réponses aux nombreux défis de notre temps. Dans un sens plus spécifique, les écoles et les universités sont appelées à enseigner une méthode de dialogue intellectuel finalisé à la recherche de la vérité. Saint Thomas a été et est encore maître dans cette méthode qui consiste à prendre au sérieux l’autre, l’interlocuteur, en cherchant à saisir jusqu’au fond ses raisons et ses objections, pour pouvoir répondre de manière non pas superficielle mais adéquate. C’est seulement ainsi que l’on peut vraiment avancer ensemble dans la connaissance de la vérité.

Il y a une dernière attente que je voudrais partager avec vous : la contribution de l’éducation pour semer l’espérance. L’homme ne peut vivre sans espérance et l’éducation est génératrice d’espérance. En effet l’éducation fait naître, elle fait grandir, elle se situe dans la dynamique du don de la vie. Et la vie qui naît est la source la plus jaillissante d’espérance ; une vie tendue vers la recherche du beau, du bon, du vrai et de la communion avec les autres pour une croissance commune. Je suis convaincu que les jeunes d’aujourd’hui ont surtout besoin de cette vie qui construit un avenir. Pour cela, le véritable éducateur est comme un père et une mère qui transmet une vie capable d’avenir. Pour avoir cette trempe, il faut se mettre à l’écoute des jeunes : le « travail de l’oreille ». Se mettre à l’écoute des jeunes ! Et nous le ferons en particulier avec le prochain synode des évêques qui leur sera consacré. Et puis l’éducation a en commun avec l’espérance la même « étoffe » du risque. L’espérance n’est pas un optimisme superficiel, ni la capacité de regarder les choses avec bienveillance mais avant tout c’est savoir risquer de manière juste, précisément comme l’éducation.

Chers frères et sœurs, les écoles et les universités catholiques apportent une grande contribution à la mission de l’Église quand elles sont au service de la croissance en humanité, dans le dialogue et dans l’espérance.

 

Intégralité du discours