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Vietnam : l’Eglise face au travail des enfants

Chaque année, dans la province de Thua Thien-Hue dans le centre du pays, près de 220 enfants sont blessés au travail, et entre 20 et 30 enfants sont tués. Le travail des enfants les expose aux accidents, à l’exploitation ou encore aux risques sanitaires liés à la pollution. Chaque année, dans la province, environ 250 enfants quittent l’école pour soutenir leur famille. Face à ce phénomène, l’Église vietnamienne multiplie les œuvres pour soutenir les familles démunies et protéger les enfants.

Catherine, âgée de 13 ans, a du mal à manger depuis qu’elle a été renversée en mai par une moto à Hué, dans le centre du Vietnam, alors qu’elle servait du café à des clients dans le cadre de son travail à temps partiel. Elle a perdu quatre dents et a passé un mois à l’hôpital afin de guérir de ses blessures, avant de pouvoir retourner vivre avec ses parents et ses frères et sœurs, dans une petite maison louée de 36 mètres carrés, dans le district de Phu Vang. « Cela me rend triste quand j’y repense », confie l’adolescente, vêtue modestement. Catherine, dont le nom vietnamien est Huynh Thi Anh Quyen, est actuellement en sixième. Les premiers soins médicaux ont coûté 7 millions de dongs (305 dollars), soit un montant dix fois supérieur à ce qu’elle gagnait avant l’accident en travaillant pour un café. Catherine explique qu’elle a utilisé les économies de sa famille pour pouvoir payer le reste – de l’argent qui avait été mis de côté pour pouvoir payer ses frais de scolarité et acheter un nouvel uniforme avant la rentrée en septembre.
Quand on lui demande comment elle va pouvoir payer les 20 millions de dongs nécessaire pour remplacer ses dents, elle explique que des religieuses de la congrégation missionnaire des Sœurs de Saint-Paul de Chartres (SPC) ont parlé à un dentiste local pour pouvoir obtenir des implants dentaires. La communauté affirme que les enfants pauvres ou orphelins ne sont pas suffisamment protégés au Vietnam, où beaucoup font les poubelles pour survivre, ou bien risquent leur vie en recherchant des mines non explosées dans le but de les revendre. La province de Hué a lancé un projet le 25 juin, afin de lutter contre la progression du travail des enfants dans le pays, et pour les empêcher d’être exploités si jeunes. Le projet, parrainé par Blue Dragon, une fondation de défense des droits des enfants basée en Australie, cherche à réunir les travailleurs mineurs avec leurs familles, et à les réinsérer dans la société d’une façon plus saine.
Sœur Marie Vu Thi Ngoc, qui travaille pour une œuvre de charité dirigée par les Sœurs de Marie Immaculée de Hué, confie que l’œuvre recherche des dons et construit entre trois et cinq maisons par an pour les familles démunies, afin d’empêcher les enfants de quitter l’école et d’aider leurs familles à payer les factures. Nguyen Van Hieu, également âgé de 13 ans, ramasse des ordures dans des décharges publiques. Ses parents sont morts et il travaille afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa grand-mère. Auparavant, il travaillait illégalement sur un chantier de construction, mais après avoir souffert de plusieurs blessures à la jambe gauche et au bras droit l’année dernière suite à des chutes de pierres, il n’a pas pu y retourner. « Maintenant, je peux seulement avancer lentement, j’ai du mal à marcher », ajoute-t-il. « Je ne sais pas ce que je vais faire plus tard ou à quoi ressemblera ma vie. »

250 enfants de la province quittent l’école chaque année

D’autres enfants risquent de perdre la vie à la recherche d’obus à moitié enfouis dans la jungle, un héritage de la guerre du Vietnam (1955-1975). James Nguyen Dinh Hanh, de la paroisse Son Thuy du district de A Luoi, à Hué, explique que des groupes d’enfants du quartier prennent ce risque l’été afin de pouvoir survivre. Hanh, 75 ans, a vu un jour un enfant se faire tuer par un éclat d’obus après l’explosion d’une de ces bombes, en août 2017. Près de trente enfants du district sont morts dans des conditions similaires depuis 2008. En moyenne, dans la province, 220 enfants par an sont blessés dans le cadre de travaux que peu d’adultes accepteraient, et entre 20 et 30 enfants sont tués par an.
Et ceci pourrait n’être qu’une partie du total des victimes, car beaucoup de cas restent non déclarés, selon une source anonyme. Cette dernière ajoute que beaucoup d’orphelins imitent leurs proches en acceptant des travaux manuels dans les grandes villes ou au Laos, ce qui les expose aux risques professionnels, à l’exploitation et aux risques sanitaires liés aux pics de pollution. Près de 250 enfants quittent l’école chaque année dans la province afin de soutenir leurs familles, ajoute-t-elle. Sœur Ngoc explique que les religieuses offrent aux enfants des fauteuils roulants, des formations professionnelles et une assurance maladie, ainsi qu’une assistance alimentaire.
Paul Truong Tien, de la cathédrale Phu Cam de Hué, confie que des paroissiens donnent également du riz, ainsi que des bourses d’études ou une participation aux frais de scolarité pour les familles démunies et pour les orphelins. Il ajoute que d’autres paroisses de la région récoltent également de l’argent dans les brocantes et apportent de la nourriture à ceux qui ont souffert d’accidents de travail ou de la route. L’Église propose également des cours et des activités en plein air durant l’été. Catherine explique que sa famille reçoit chaque mois de religieuses dix kilogrammes de riz et des nouilles instantanées. Depuis l’école primaire, elle a également reçu des bourses parrainées par l’Église, ainsi qu’un nouveau vélo donné par des Rédemptoristes en avril, afin qu’elle puisse se rendre plus facilement à l’école.

Source : Eglises d’Asie

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En Inde, la Caritas lutte contre le travail des mineurs

La Caritas Inde multiplie ses initiatives pour lutter contre la plaie représentée dans le pays par le travail des mineurs. Selon des données tirées du recensement de 2011, le nombre total d’enfants de 5 à 14 ans qui travaillent est de 4,3 millions dans le pays, ce qui correspond cependant à une réduction de leur nombre de plus de 12 millions par rapport au recensement de 2001. Un rapport de l’UNICEF de cette année affirme que, sur l’ensemble des enfants qui travaillent, 15 % appartenaient à la tranche d’âge des 5 à 9 ans en 2001 contre 25 % en 2011. Selon la Caritas Inde, le problème des enfants qui travaillent et ne sont pas scolarisés « constitue encore un problème critique dont un pays tel que l’Inde devrait avoir honte ».
En Inde, le phénomène du travail des mineurs concerne des secteurs non structurés, tant en zone rurale qu’urbaine. Caritas Inde soutient un programme dans le district de Darjeeling, au sein de l’Etat du Bengale occidental, lequel entend parvenir à l’éradication totale du phénomène.
« En cas de succès, pour la première fois en Inde, l’engagement conjoint du gouvernement et de la société civile atteindra cet objectif. Le projet pourrait sauver au moins 45 enfants au travail également grâce à la collaboration des conseils locaux qui gouvernent les villages » explique le responsable du Programme de la Caritas Inde, Anthony Chettri. « Chaque enfant travailleur, s’il est sauvé et soigné, peut exceller dans la vie. La Caritas Inde estime que, en tant que nation, nous devons garantir l’enfance en vue d’un avenir meilleur pour notre pays » ajoute-t-il.
L’Eglise en Inde, dans ses différents articulations telles que les diocèses et les congrégations religieuses, se prodigue grandement afin d’affronter le problème du travail des mineurs, en particulier en termes de sauvetage et de réhabilitation des jeunes travailleurs.
L’Inde compte un nombre de jeunes travailleurs parmi les plus élevés du monde. Dans l’Etat d’Andhra Pradesh, note la Caritas, vivent quelques 400.000 enfants travailleurs, principalement des jeunes de 7 à 14 ans, qui travaillent de 14 à 16 heures par jour dans la production du coton. Au sein du district de Bellary, dans l’Etat du Karnataka, dans les zones urbaines, existe une forte présence des enfants dans le secteur du textile. Un phénomène en hausse consiste dans l’usage des enfants comme domestiques dans les villes. L’entrée de sociétés multinationales dans le secteur industriel a provoqué la diffusion du travail des mineurs et les lois ayant pour but de protéger les enfants sont inefficaces ou non correctement appliquées. Les conditions dans lesquelles travaillent les enfants – souvent sans être nourris et en échange de salaires très bas – se rapprochent de l’esclavage. Il existe par ailleurs des cas d’abus physiques, sexuels et émotifs pour ce qui est des domestiques.
Pauvreté et manque de système de sécurité sociale – observe la Caritas – constituent les principales causes du travail des mineurs. Selon le Centre pour les droits des enfants, la majeure partie des enfants travailleurs appartient aux plus basses castes et à des familles pauvres. Le phénomène est donc étroitement lié aux politiques de développement social et économique du gouvernement indien.

Source : Agence Fides