Articles #NLH #NLQ #Tribunes et entretiens

Promesse, le nouveau film à venir de Daniel Rabourdin

Daniel Rabourdin, réalisateur du docu-fiction La Rébellion cachée, vu par près de 35 000 personnes, se lance dans un nouveau projet cinématographique autour du scoutisme, et a besoin de vous :

 

“Chers amis,

 

Vous avez peut-être suivi le succès du docufilm La Rébellion cachée sur la Vendée.

 

A ce jour, il a été vu par 35 000 personnes, été récompensé par le Festival international de Houston et sera diffusé ce printemps sur la chaîne de TV EWTN aux États-Unis à un public de 1 million de personnes. Je continue à sillonner la France pour le montrer dans les paroisses (m’écrire à daniel.rabourdin@gmail.com).

 

Avec La Rébellion cachée, 900 Français et Américains ont prouvé que nous, chrétiens et gens de tradition, pouvions faire un docufilm digne des chaînes d’histoire.

Et aujourd’hui, je suis un peu ému de vous parler de la nouvelle production : un vrai long-métrage catholique. Ce sera comme un livre de la série Signe de Piste sous forme de grand film. Une aventure épique pour les jeunes. Vous pouvez en apprendre plus dans la présentation ci-jointe.

Dans les jours qui viennent, vous en entendrez parler dans les médias chrétiens. PROMESSE apparaîtra surtout sur le site de financement catholique Credofunding dès la semaine prochaine.

 

Pourquoi est-ce que je vous le dis à l’avance ? Je le fais pour vous dire que si ce projet vous emballe et que vous envisagez de le soutenir, il serait bon de le soutenir en début de campagne plutôt qu’à la fin. Ceci parce que les autres bienfaiteurs potentiels seront encouragés par votre premier geste.

 

Pour ma part, je suis bien sûr passionné par le projet. Avec PROMESSE, nous allons enfin avoir un film de divertissement portant un idéal catholique solide : celui de l’esprit scout authentique. PROMESSE offrira aux jeunes cet idéal chrétien enthousiasmant dont ils sont privés depuis les dernières décennies.

 

Et puisque nous sommes tous de grands enfants, je pense que les adultes l’apprécieront beaucoup aussi. J’avoue que j’ai déjà beaucoup de plaisir à retrouver les grands jeux des scouts, à filmer dans les montagnes et à jouer avec des images d’action…

 

Si les protestants font du vrai film en communauté (Dieu n’est pas mort 1, 2 et 3), si nous regardons leurs films en France grâce à Saje Distribution, pourquoi ne pas faire nous-mêmes des films, nous qui sommes Eglise ?

 

Alors je vous propose de soutenir cette cause par votre engagement. Avec PROMESSE, vous feriez à l’approche de l’Avent une œuvre de charité de gros calibre. Ce sera une œuvre spirituelle mais, celle-ci visant à toucher des millions de vies via le cinéma, elle peut engendrer beaucoup de bien corporel à travers la destinée de millions de spectateurs.

 

En somme, si vous voulez soutenir une œuvre qui fera un bien fou à nos enfants, à l’Eglise et au monde, je vous propose de soutenir PROMESSE la semaine prochaine à partir du mercredi 23 octobre.

 

Et puis sincèrement, j’ai simplement besoin de vous. Nous ne pouvons y arriver qu’en communauté comme nous l’avons déjà fait et comme le font tous ceux qui réussissent dans ce domaine. Si vous souhaitez voir enfin un film de divertissement célébrant le vrai scoutisme et la foi catholique dans sa tradition, vous avez ici l’instrument idéal à soutenir. Dans un certain sens, c’est une occasion à ne pas manquer.

 

 

Cela commencera donc sur Credofunding.fr et je vous ferai signe.

 

A très bientôt !”

Daniel Rabourdin

Plus d’informations

 

 

NLH #NLQ #Sorties/Animations

9e édition de la Marche pour la Vie à Bruxelles le 22 avril 2018

Chaque année, des milliers de personnes marchent dans le monde entier pour défendre les valeurs de la Vie, et sa protection depuis la conception de l’être humain jusqu’à sa mort naturelle.

La 9ème édition de la Marche pour la Vie aura lieu à Bruxelles le 22 avril 2018, à 15H, du Mont des Arts au Palais de Justice. Nous vous espérons nombreux !

Cette année, nous marcherons spécialement pour que toutes les personnes fragiles à qui on préfère enlever la vie plutôt que de leur offrir l’amour et les soins dont elles ont besoin, soient protégées et accueillies dans une société solidaire et bienveillante. Nous serons là pour défendre la dignité de toute vie humaine et pour montrer que différence rime avec richesse et non avec problème !

Nous marcherons aussi en soutien aux personnes et associations qui œuvrent pour la protection de la Vie, qui proposent des alternatives à l’avortement, qui assistent les mères en détresse et leurs familles, et qui accompagnent les personnes en fin de vie jusqu’à leur mort naturelle.

Contact : communication@marchforlife.be
Site internet 

NLQ #Récollections/Retraites

Weekend de Jeunes pros : L’ambition – les 20 et 21 janvier 2018 à Saint-Sulpice-de-Favières (91)

Vous êtes invités à venir nous rejoindre pour travailler un week-end sur le sujet des Valeurs vs. Ambition.

Notre intervenant de Week-end sera Jean Benoît Moulet.

Pour plus d’informations visiter le site de la Communauté du Chemin Neuf.

 

A la une #Doctrine / Formation #NLH #NLQ

Jean-Paul II- La démocratie sans valeurs se transforme en totalitarisme

“Jean-Paul II disait que l’histoire nous apprend que la démocratie sans valeurs se transforme en totalitarisme” Beata Szydło, 1er ministre Polonais

Source

Centesimus annus 46

L’Eglise apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s’avère opportun (93). Cependant, l’Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l’Etat au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques.

Une démocratie authentique n’est possible que dans un Etat de droit et sur la base d’une conception correcte de la personne humaine. Elle requiert la réalisation des conditions nécessaires pour la promotion des personnes, par l’éducation et la formation à un vrai idéal, et aussi l’épanouissement de la « personnalité » de la société, par la création de structures de participation et de coresponsabilité. On tend à affirmer aujourd’hui que l’agnosticisme et le relativisme sceptique représentent la philosophie et l’attitude fondamentale accordées aux formes démocratiques de la vie politique, et que ceux qui sont convaincus de connaître la vérité et qui lui donnent une ferme adhésion ne sont pas dignes de confiance du point de vue démocratique, parce qu’ils n’acceptent pas que la vérité soit déterminée par la majorité, ou bien qu’elle diffère selon les divers équilibres politiques.

A ce propos, il faut observer que, s’il n’existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l’action politique, les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l’histoire.

Et l’Eglise n’ignore pas le danger du fanatisme, ou du fondamentalisme, de ceux qui, au nom d’une idéologie qui se prétend scientifique ou religieuse, estiment pouvoir imposer aux autres hommes leur conception de la vérité et du bien. La vérité chrétiennen’est pas de cette nature. N’étant pas une idéologie, la foi chrétienne ne cherche nullement à enfermer dans le cadre d’un modèle rigide la changeante réalité sociale et politique et elle admet que la vie de l’homme se réalise dans l’histoire de manières diverses et imparfaites. Cependant l’Eglise, en réaffirmant constamment la dignité transcendante de la personne, adopte comme règle d’action le respect de la liberté (94).

Mais la liberté n’est pleinement mise en valeur que par l’accueil de la vérité : en un monde sans vérité, la liberté perd sa consistance et l’homme est soumis à la violence des passions et à des conditionnements apparents ou occultes. Le chrétien vit la liberté (cf. Jn 8, 31-32) et il se met au service de la liberté, il propose constamment, en fonction de la nature missionnaire de sa vocation, la vérité qu’il a découverte. Dans le dialogue avec les autres, attentif à tout élément de la vérité qu’il découvre dans l’expérience de la vie et de la culture des personnes et des nations, il ne renoncera pas à affirmer tout ce que sa foi et un sain exercice de la raison lui ont fait connaître.

 

NLH #Tribunes et entretiens

Liberté, égalité, Fraternité, jamais l’un sans l’autre ?

Dans son discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de Lourdes, Mgr Pontier appelle à moins asséner les “valeurs républicaines” et souhaite surtout plus de Fraternité. Mais, indépendamment de la récupération révolutionnaire et des appauvrissements sémantiques et autres instrumentalisations idéologiques que penser de ces trois mots qui, avant d’être des valeurs, sont des réalités bien chrétiennes ?

(reprise estivale d’un article du 1er avril 2017)

Les trois mots résonnent comme un cri de triomphe le long d’un cortège victorieux qui s’étire dans la liesse à la suite d’un imperator hissé sur son char et remontant le Forum de l’antique capitale latine. Liberté, égalité, fraternité. Ils fusent et chacun les savoure avant de les laisser s’échapper de sa bouche, comme si le parfum enivrant de ses arômes lui avait été interdit durant des siècles. Liberté, égalité, fraternité ! Au sortir d’une révolution dont l’Histoire ne voudrait retenir que cette trilogie républicaine, ce triptyque s’est définitivement inscrit dans le marbre ou la pierre des édifices publics, scellant dans le même mouvement un vieux livre d’un passé poussiéreux à ne plus ouvrir et marqué au revers du sceau de l’infamie. Liberté, égalité, fraternité, signe des temps nouveaux, comme si avant qu’ils ne deviennent l’emblème et le programme d’une renaissance, aucun de ces trois mots n’avaient jamais vraiment existé. Liberté face au tyran, égalité entre les Hommes, fraternité entre les nouveaux hommes libérés. Au fil des siècles, ces belles lettres d’or, signes de la renaissance du nouveau régime se sont estompées. Vague souvenir triomphal, trinité difficile à unir, cette devise des temps modernes s’est affadie au point que la liberté qui était fraternelle et donc collective est devenue individuelle, tandis que l’égalité et la liberté sont devenus rivaux, ruinant par la même la fraternité.

Car, même si les révolutionnaires n’ont voulu que scander une trilogie populiste, il n’en reste pas moins que la liberté, sans l’égalité ne peut nourrir la fraternité, que la fraternité sans la liberté compromet l’égalité et que l’égalité sans la fraternité devient l’ennemie de la liberté. Il faut dire que dès cette mise en abîme révolutionnaire, le sens des mots avait été dévoyé. La liberté ne se définit pas comme l’absence de joug ou d’entrave, mais comme la capacité de choisir le bien. Précisément parce qu’elle est responsable du bien des autres la liberté est fraternelle. L’égalité ne se pose pas en rivale de la hiérarchie, de l’ordre ou de la distinction entre personnes. Elle mesure les droits inhérents à la dignité humaine et ces droits sont assurés précisément par une liberté responsable et par la fraternité qui en est le témoin et le révélateur. La fraternité qu’aujourd’hui plus personne ne sait vraiment comment définir, n’est pas le compagnonnage, l’entraide solidaire ou l’amitié que souderait une communauté d’intérêt. La fraternité est le lien le plus intime qui unit tous les hommes parce qu’ils partagent la même nature et qu’ils ont besoin les uns des autres pour exercer cette liberté responsable qui seule peut préserver l’égalité.

La liberté n’est pas l’absence de contrainte. La fraternité nous le rappelle. Si nous vivons dans ce lien de coresponsabilité du bien des autres, alors notre liberté est liée au déploiement du bien des autres et réciproquement. Or, précisément, cette réciprocité est en soi égalité. Nous sommes tous à la même enseigne. Nous sommes tous également responsables à la foi des membres de la fraternité et de la fraternité elle-même, c’est-à-dire de la qualité du lien qui nous unit. Or le lien fraternel pour être juste et durable ne peut qu’être un lien d’égalité. Ce lien, en effet, est constitué des actes libres que nous posons tous. L’égalité n’est pas un acte, elle est constitutive de la dignité humaine et donc de la relation fraternelle. La fraternité non plus n’est pas un acte. Elle est l’expression de cette égalité qui repose sur la liberté. Car, si elle aussi est constitutive de la dignité humaine, c’est précisément la liberté qui va décider de la nature de la fraternité, par ce qu’elle décidera de faire de l’égalité. C’est en effet grâce à la liberté que l’Homme choisit de poser des actes, de respecter ou non l’égalité et donc la fraternité. Aussi la fraternité n’existe que dans le respect de l’égalité qui, comme un nouveau-né sans défense, est tout entière entre les mains de la liberté. La liberté est ainsi le ferment de la fraternité par la défense de l’égalité.

Si la fraternité est rompue, cela veut dire que la liberté n’a pas respecté l’égalité. Et cela est possible de deux manières. Soit parce que la liberté n’est pas libre, soit parce que l’égalité n’est pas égale. Autrement dit, soit je suis libre et je respecte l’égalité, soit je ne suis pas libre et je cours le risque de porter atteinte à l’égalité. Mais il se peut aussi que je sois libre et que je défende une fausse égalité. Nous touchons ici au double problème de notre époque et donc de notre devise républicaine, le  divorce entre vérité et liberté d’une part et le conflit entre égalité et vérité d’autre part. Si la liberté responsable recherche le bien de l’autre (et réciproquement) et que l’égalité proposée comme bien est en fait une fausse égalité, alors tout être libre œuvrera sincèrement dans la mauvaise direction. Ce qui au fond est un manque de liberté, car la liberté suppose, pour être effective de ne pas être trompée. Un marin qui navigue avec de fausses indications est-il vraiment libre de son destin ? La liberté est inséparable de la vérité. Aussi pour que liberté embrasse la cause de l’égalité il faut que l’égalité soit une véritable égalité. Or aujourd’hui, non seulement on confond égalité et équité, mais on confronte des termes qui n’ont pas à l’être. Parler d’égalité suppose en effet de comparer deux choses rigoureusement semblables. Deux êtres humains par exemple. Cela dit, ils ont les mêmes droits parce que la même dignité les porte. En matière d’égalité c’est bien la dignité humaine de deux personnes qu’il faut comparer, non les deux personnes elles-mêmes. Par exemple, la dignité humaine suppose de manière native le droit de manger à sa faim pour tout être humain. Mais il s’agit bien de manger à sa faim et non à la faim de l’autre. L’égalité exige que chacun puisse manger pour vivre et l’équité impose de manger chacun à sa faim. L’égalité ne porte pas entre la faim de Pierre ou de Paul, mais entre la dignité de Pierre et celle de Paul. L’équité, en revanche, mettra en rapport les deux faims pour donner à Pierre ce qu’il lui faut et à Paul sa propre ration. Aussi, si ma liberté porte sur ma responsabilité à choisir et faire le bien, cela signifie que par elle je suis responsable du bien de Paul et de Pierre, tant en terme d’égalité de dignité humaine que d’équité entre deux personnes humaines.

Cette responsabilité que porte la liberté de chacun sur le bien de toute personne concernée par l’exercice de cette liberté, crée une fraternité de fait. Une fraternité dont justement l’égalité et à partir d’elle l’équité sont l’équilibre que construit ou remet en cause la liberté. Une liberté fondée sur le bien véritable de l’autre, de chaque autre selon le principe d’égalité (chacun a droit à son bien) construit une fraternité responsable. A son tour, une fraternité responsable envisage le bien de chacun ainsi que le bien de la fraternité elle-même, selon ce principe d’égalité fondamentale qui veut que chacun aient ce qui est juste (équitable) pour son développement et donc l’exercice de sa liberté. (justice et égalité)L’égalité véritable est donc bien le garant de la fraternité, dans la mesure où chacun ayant ce qui est bon pour lui et étant conscient que son bien dépend du bien des autres, le tandem égalité-équité inspire un cercle vertueux qui ne peut être rompu que par une liberté entravée, c’est-à-dire une liberté qui ne cherche plus le bien de la fraternité, mais son bien personnel, au mépris inévitable de l’égalité.

 

A la une #Tribunes et entretiens

Liberté, égalité, fraternité, des valeurs sans fondements ?

Alors que le Saint-Père invite à trouver le sens et la transcendance des ces “valeurs” républicaines, (voir notre article) voici un petit extrait tiré de Le printemps Français, le grand réveil de notre civilisation publié en 2013

(reprise estivale d’un article du 1er décembre 2016)

Les trois mots résonnent comme un cri de triomphe le long d’un cortège victorieux qui s’étire dans la liesse à la suite d’un imperator hissé sur son char et remontant le Forum de l’antique capitale latine. Liberté, égalité, fraternité. Ils fusent et chacun les savoure avant de les laisser s’échapper de sa bouche, comme si le parfum enivrant de ses arômes lui avait été interdit durant des siècles. Liberté, égalité, fraternité ! Au sortir d’une révolution dont l’Histoire ne voudrait retenir que cette trilogie républicaine, ce triptyque s’est définitivement inscrit dans le marbre ou la pierre des édifices publics, scellant dans le même mouvement un vieux livre d’un passé poussiéreux à ne plus ouvrir et marqué au revers du sceau de l’infamie. Liberté, égalité, fraternité, signe des temps nouveaux, comme si avant qu’ils ne deviennent l’emblème et le programme d’une renaissance, aucun de ces trois mots n’avaient jamais vraiment existé. Liberté face au tyran, égalité entre les Hommes, fraternité entre les nouveaux hommes libérés. Au fil des siècles, ces belles lettres d’or, signes de la renaissance du nouveau régime se sont estompées. Vague souvenir triomphal, trinité difficile à unir, cette devise des temps modernes s’est affadie au point que la liberté qui était fraternelle et donc collective est devenue individuelle, tandis que l’égalité et la liberté sont devenus rivaux, ruinant par la même la fraternité.

Car, même si les révolutionnaires n’ont voulu que scander une trilogie populiste, il n’en reste pas moins que la liberté, sans l’égalité ne peut nourrir la fraternité, que la fraternité sans la liberté compromet l’égalité et que l’égalité sans la fraternité devient l’ennemie de la liberté. Il faut dire que dès cette mise en abîme révolutionnaire, le sens des mots avait été dévoyé. La liberté ne se définit pas comme l’absence de joug ou d’entrave, mais comme la capacité de choisir le bien. Précisément parce qu’elle est responsable du bien des autres la liberté est fraternelle. L’égalité ne se pose pas en rivale de la hiérarchie, de l’ordre ou de la distinction entre personnes. Elle mesure les droits inhérents à la dignité humaine et ces droits sont assurés précisément par une liberté responsable et par la fraternité qui en est le témoin et le révélateur. La fraternité qu’aujourd’hui plus personne ne sait vraiment comment définir, n’est pas le compagnonnage, l’entraide solidaire ou l’amitié que souderait une communauté d’intérêt. La fraternité est le lien le plus intime qui unit tous les hommes parce qu’ils partagent la même nature et qu’ils ont besoin les uns des autres pour exercer cette liberté responsable qui seule peut préserver l’égalité.

La liberté n’est pas l’absence de contrainte. La fraternité nous le rappelle. Si nous vivons dans ce lien de coresponsabilité du bien des autres, alors notre liberté est liée au déploiement du bien des autres et réciproquement. Or, précisément, cette réciprocité est en soi égalité. Nous sommes tous à la même enseigne. Nous sommes tous également responsables à la foi des membres de la fraternité et de la fraternité elle-même, c’est-à-dire de la qualité du lien qui nous unit. Or le lien fraternel pour être juste et durable ne peut qu’être un lien d’égalité. Ce lien, en effet, est constitué des actes libres que nous posons tous. L’égalité n’est pas un acte, elle est constitutive de la dignité humaine et donc de la relation fraternelle. La fraternité non plus n’est pas un acte. Elle est l’expression de cette égalité qui repose sur la liberté. Car, si elle aussi est constitutive de la dignité humaine, c’est précisément la liberté qui va décider de la nature de la fraternité, par ce qu’elle décidera de faire de l’égalité. C’est en effet grâce à la liberté que l’Homme choisit de poser des actes, de respecter ou non l’égalité et donc la fraternité. Aussi la fraternité n’existe que dans le respect de l’égalité qui, comme un nouveau-né sans défense, est tout entière entre les mains de la liberté. La liberté est ainsi le ferment de la fraternité par la défense de l’égalité.

Si la fraternité est rompue, cela veut dire que la liberté n’a pas respecté l’égalité. Et cela est possible de deux manières. Soit parce que la liberté n’est pas libre, soit parce que l’égalité n’est pas égale. Autrement dit, soit je suis libre et je respecte l’égalité, soit je ne suis pas libre et je cours le risque de porter atteinte à l’égalité. Mais il se peut aussi que je sois libre et que je défende une fausse égalité. Nous touchons ici au double problème de notre époque et donc de notre devise républicaine, le  divorce entre vérité et liberté d’une part et le conflit entre égalité et vérité d’autre part. Si la liberté responsable recherche le bien de l’autre (et réciproquement) et que l’égalité proposée comme bien est en fait une fausse égalité, alors tout être libre œuvrera sincèrement dans la mauvaise direction. Ce qui au fond est un manque de liberté, car la liberté suppose, pour être effective de ne pas être trompée. Un marin qui navigue avec de fausses indications est-il vraiment libre de son destin ? La liberté est inséparable de la vérité. Aussi pour que liberté embrasse la cause de l’égalité il faut que l’égalité soit une véritable égalité. Or aujourd’hui, non seulement on confond égalité et équité, mais on confronte des termes qui n’ont pas à l’être. Parler d’égalité suppose en effet de comparer deux choses rigoureusement semblables. Deux êtres humains par exemple. Cela dit, ils ont les mêmes droits parce que la même dignité les porte. En matière d’égalité c’est bien la dignité humaine de deux personnes qu’il faut comparer, non les deux personnes elles-mêmes. Par exemple, la dignité humaine suppose de manière native le droit de manger à sa faim pour tout être humain. Mais il s’agit bien de manger à sa faim et non à la faim de l’autre. L’égalité exige que chacun puisse manger pour vivre et l’équité impose de manger chacun à sa faim. L’égalité ne porte pas entre la faim de Pierre ou de Paul, mais entre la dignité de Pierre et celle de Paul. L’équité, en revanche, mettra en rapport les deux faims pour donner à Pierre ce qu’il lui faut et à Paul sa propre ration. Aussi, si ma liberté porte sur ma responsabilité à choisir et faire le bien, cela signifie que par elle je suis responsable du bien de Paul et de Pierre, tant en terme d’égalité de dignité humaine que d’équité entre deux personnes humaines.

Cette responsabilité que porte la liberté de chacun sur le bien de toute personne concernée par l’exercice de cette liberté, crée une fraternité de fait. Une fraternité dont justement l’égalité et à partir d’elle l’équité sont l’équilibre que construit ou remet en cause la liberté. Une liberté fondée sur le bien véritable de l’autre, de chaque autre selon le principe d’égalité (chacun a droit à son bien) construit une fraternité responsable. A son tour, une fraternité responsable envisage le bien de chacun ainsi que le bien de la fraternité elle-même, selon ce principe d’égalité fondamentale qui veut que chacun aient ce qui est juste (équitable) pour son développement et donc l’exercice de sa liberté. (justice et égalité)L’égalité véritable est donc bien le garant de la fraternité, dans la mesure où chacun ayant ce qui est bon pour lui et étant conscient que son bien dépend du bien des autres, le tandem égalité-équité inspire un cercle vertueux qui ne peut être rompu que par une liberté entravée, c’est-à-dire une liberté qui ne cherche plus le bien de la fraternité, mais son bien personnel, au mépris inévitable de l’égalité.