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Venezuela : le cardinal Porras invite les prêtres à manifester

Des troubles ont fait au moins quatre morts mardi 22 janvier au Venezuela, où des manifestations pour et contre le gouvernement rassemblent ce mercredi des dizaines de milliers de personnes. Hier, le cardinal Porras, administrateur apostolique de Caracas et archevêque de Mérida, a invité les prêtres à prendre part aux manifestations contre le président Maduro. La Conférence épiscopale exhorte de son côté les forces de l’ordre à protéger la population.

Sur le profil Twitter de l’archevêché de Caracas, le cardinal Baltazar Porras Cardozo a invité hier les prêtres à prendre part aux marches pacifiques pour en « revenir à la démocratie », qui sont convoquées ce mercredi par l’Assemblée nationale, seule instance jugée légitime par l’épiscopat vénézuélien.

Manifester est un droit

Depuis le Panama où il participe avec 480 évêques au JMJ, l’administrateur apostolique de Caracas et archevêque de Mérida a ainsi consenti aux prêtres d’exprimer leur volonté de changement en prenant part aux manifestations car, écrit-il, « c’est un droit ». « Sortir (dans la rue) est un droit, si on le fait sans être protagonistes et sans slogans, dans une attitude fraternelle », écrivait le prélat, avant de poursuivre : « laissez-les sortir simplement pour accompagner et protéger les personnes (en particulier les plus vulnérables), pour leur transmettre de l’espoir, de la joie et la paix ».

Le cardinal a également appelé les forces de sécurité loyales à l’État, à respecter le droit de chacun à manifester : « Les manifestations pacifiques ne peuvent être réprimées, car elles sont le seul moyen pour les personnes d’exprimer leur malaise et de se faire entendre afin de sortir, par la compréhension, de cette grave crise ».

Deux marches, des dizaines de milliers de personnes

L’Assemblée nationale, élue en 2015 avant d’être remise en cause par la création d’une Assemblée constituante toute à la cause du président Maduro, a convoqué ces manifestions pour protester contre la réélection pour six ans, lors d’un scrutin contesté, de l’ancien syndicaliste héritier du chavisme. Il l’accuse d’avoir « usurpé le pouvoir ».

Ce mercredi, les partisans du président Nicolas Maduro sont également dans la rue pour exprimer leur soutien aux autorités.

Les militaires appelés à protéger la population

A quelques heures du début de ces marches, la Conférence épiscopale a publié un communiqué dans lequel elle demande aux militaires et aux différents corps chargés de la sécurité de l’État de protéger la population, de l’accompagner et de la respecter. Les évêques les mettent en garde contre l’action de groupes anarchistes qui génèrent de la violence. « Ces groupes sont ceux que doivent arrêter les forces de l’ordre de l’État pour défendre la population civile qui marche pacifiquement ».

Le message évoque la date historique du 23 janvier 1958, « une étape historique pour la démocratie vénézuélienne » qui marqua la chute de la dictature militaire du général Marcos Pérez Jiménez. Cet événement signa « le triomphe de la rationalité sociale face à l’abus de pouvoir, de l’unité du peuple contre un régime d’abus, de corruption et de répression qui cachait en lui tous les maux qu’un gouvernement autoritaire peut avoir ». Les évêques affirment qu’aujourd’hui, comme il y a 69 ans, le peuple vénézuélien se retrouve à devoir « lutter pour la civilisation face à la barbarie ».

Un régime illégitime

La situation dramatique des droits humains et la qualité de vie des Vénézuéliens sont pour les évêques la conséquence des actions d’un « régime de gouvernement dans lequel de nombreuses personnes avaient placé leurs espoirs mais qui au final s’est montré contraire aux principes de l’éthique sociale et au respect de la dignité humaine ». Face à cette « tragédie nationale », ils constatent que de nombreuses personnes demandent un changement de direction, à travers une période de transition pour élire de nouvelles autorités nationales. Ils répètent que, pour eux, la présidence de Nicolas Maduro est « illégitime ».

Enfin, ils invitent les Vénézuéliens à ne pas être « de simples spectateurs » de ce qui se passe dans le pays, mais des protagonistes pour « amorcer les changements nécessaires », toujours dans un cadre démocratique et conformément à la Constitution du pays.

Source : Vatican News

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Venezuela : “la recherche quotidienne de nourriture est devenue un véritable calvaire”

Alors que le Venezuela traverse une crise économique dramatique, la conférence épiscopale effectuait une visite ad limina au Vatican du 4 au 7 septembre dernier. Décryptage avec Mgr Oswaldo Azuaje, évêque de Trujillo, dans l’est du pays.

Lire la suite sur le site de l’Aide à l’Eglise en Détresse

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Vénézuela : l’émigration vénézuélienne est “lacérante” selon l’archevêque de Merida

S.Em. le Cardinal Baltasar Porras, après son retour au Venezuela, a voulu commenter la réalité de la migration dans le contexte de l’ensemble de l’Amérique latine.

« Ce n’est pas un groupe qui s’en va mais une multitude et si l’on considère chaque cas, cela est terrible parce que nous voyons que ce sont des professionnels, des diplômés de l’enseignement supérieur qui ont travaillé pendant des années dans leur domaine et même très bien et qui se voient dans le besoin de s’en aller parce qu’ils ne perçoivent pas même une retraite. Nous les retrouvons ainsi dans un pays latino-américain ou un autre à travailler en cuisine comme aide cuisinier ou comme serveur ou autre » indique le Cardinal dans un entretien parvenu à Fides.

En ce qui concerne le programme Ponts de solidarité, qui a été soutenu également par le Saint-Siège, il a souligné qu’il ne s’occupe pas seulement de la migration vénézuélienne mais également des besoins de chacun de ces pays en vue de l’échange avec les organisations civiles et leurs gouvernements « parce que cet exil de vénézuéliens ne concerne pas un groupe qui quitte le pays mais plutôt une avalanche qui constitue un problème pour chacun des pays qui doit l’affronter. En ce moment, il s’agit de l’Amérique du Sud, au sein de laquelle l’accueil est le plus important. Il s’agit cependant d’une réalité lacérante » a souligné le Cardinal.

L’Eglise s’est mobilisée afin de proposer des initiatives permettant de répondre au travers d’actions concrètes à cette réalité migratoire mais, dans tous les cas, l’important flux de personnes se déplaçant crée toujours un malaise initial dans les lieux de séjour, comme au Brésil, en Colombie, en Equateur ou au Pérou.

Source : CE Agence Fides 06/10/2018

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Venezuela : Encore un prêtre tué le 9 juillet 2018

Lundi 9 juillet, Le Père Iraluis García, curé de la paroisse Notre-Dame de Fatima dans le diocèse de Barquisimeto au nord-ouest du pays, a été assassiné par des brigands qui voulaient voler sa camionnette. L’AED reste très préoccupée par la situation précaire des prêtres au Venezuela.

Plus d’informations

Prions pour ce prêtre, sa famille, ses paroissiens, ses meurtriers et pour la paix au Venezuela !

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Grâce à cette association bretonne, le Venezuela aura ses hosties

Grâce à l’association bretonne Caridad, le Venezuela va recevoir des centaines de milliers d’hosties pour l’Eucharistie des catholiques.

Le Venezuela rencontre en effet actuellement une grave pénurie d’hosties, ce qui pose problème dans ce pays très catholique. L’Église colombienne avait fait don de 250 000 hosties au Venezuela, alors que Pâques approchait, fin mars, mais cela ne suffit pas.

Actuellement, le pays est ravagé par des pénuries de toutes sortes, principalement alimentaires, et la farine nécessaire aux hosties y est rationnée. Outre la pénurie généralisée, il fait face à une hyperinflation, attendue à 13 000 % en 2018. Des centaines de milliers de Vénézuéliens ont fui leur pays, dont plus d’un demi-million en Colombie, ce dernier chiffre étant appelé à doubler d’ici à la fin de l’année, selon les autorités. À cause de la crise économique, les magasins sont pillés, de nombreux aliments, tels le lait en poudre, la margarine, le sucre, l’huile de maïs, le fromage, le riz, la farine de blé, le pain, les pâtes, la semoule de maïs, ou encore le café, manquent aux populations.

L’association Caridad, basée à Redon, en Bretagne, a décidé de venir en aide symboliquement à ce peuple très catholique en lui adressant des centaines de milliers d’Hosties, nécessaires à l’Eucharistie, ce sacrement qui commémore et perdure le sacrifice de Jésus Christ.

 

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Pénurie d’Hostie au Venezula

Depuis des années, la situation au Venezuela s’aggrave au détriment de son peuple. Si une crise politique frappe le pays,
c’est en réalité une crise à trois têtes parce qu’elle est aussi et d’abord économique et sociale.

Au Nord de l’Amérique latine, le pays de l’ancien et feu président Hugo Chavez s’achemine depuis les années 2013-2014, de crises économiques en crises sociales et politiques, de manifestations houleuses en échauffourées meurtrières, vers un chaos généralisé.

Le Venezuela est une république fédérale multipartite à régime présidentiel fort. Après la personnalité autoritaire d’Hugo Chavez, celle de l’actuel chef d’État et de gouvernement, Nicolas Maduro, tout autant impérieuse, est loin de
faire consensus. Il contrôle d’une main ferme le pouvoir exécutif depuis 2013 et contribue à favoriser la crise politique.

Face à lui l’opposition imprégnée d’une colère croissante est marquée par la volonté de le destituer coûte que coûte et de prendre le pouvoir. À l’origine de ce mécontentement généralisé, il ne faut pas oublier néanmoins la crise économique conséquence directe de la chute du cours du pétrole.

Le Venezuela tire habituellement 96 % de ses devises du pétrole et subit de plein fouet cette baisse des cours.

Face à cette crise pétrolière et à la chute de la production que subit son pays, le gouvernement a limité drastiquement les achats externes alors que le pays dépend fortement aussi des importations.
5 000 € collectés

25 % sur 20 000€ d’objectif

Cette réduction importante de l’importation, couplée au fait que Maduro n’a pas pu maintenir les subventions publiques, a entraîné une pénurie d’aliments, de médicaments et de matières premières, telles que le gaz. Parallèlement, le chômage et l’hyperinflation perdurent aussi depuis au moins 2014 et s’accentuent les années passant.

Dans ce contexte de crises, les populations souffrent des pénuries et de l’inflation.

Les manifestations s’enchaînent. Et ce sont dans les cris et les larmes que se font les confrontations avec les forces de l’ordre.

La fumée noire et épaisse de véhicules en feu au milieu d’un boulevard, les projectiles répandus dans les rues, l’odeur de soufre qui plane sur une esplanade ou encore un coin de ruelle taché du sang de manifestants blessés ou morts au cours d’une importante échauffourée font penser à de vraies scènes de guerre civile et sont révélateurs du mal qui ronge le Venezuela.

Avec les nombreuses manifestations, parfois réprimées dans le sang – plus de 120 morts en 2017 –, la crise sociale s’accentue et la colère d’une majorité de la population vénézuélienne gronde toujours plus fort.

À cause de la crise économique, les magasins sont pillés, de nombreux aliments, tels le lait en poudre, la margarine, le sucre, l’huile de maïs, le fromage, le riz, la farine de blé, le pain, les pâtes, la semoule de maïs, ou encore le café, manquent aux populations.

Dans ce contexte trouble et incertain, les prêtres catholiques tentent de faire face à la pénurie de farine de blé qui impute la production d’hosties et empêche les fidèles de communier.

Un catholique qui ne peut se nourrir du corps du Christ, risque l’hypoglycémie spirituelle.

Aussi, Caridad a lancé en urgence un premier projet pour leur venir en aide. 100 000 hosties produites au couvent des cisterciennes de Blauvac dans le diocèse d’Avignon, sont en voie d’acheminement grâce à 5 000 € de dons levés.

Ce premier envoi permet de répondre d’urgence au manque d’hosties, mais ne sera qu’éphémère. Nous réitérons donc cette action avec une plus grande quantité pour qu’un maximum de fidèles puisse recevoir la Sainte Eucharistie lors des messes dominicales dans l’attente que cesse la pénurie de farine de blé.

C’est pourquoi, nous vous sollicitons aujourd’hui pour 400 000 hosties supplémentaires. Nous recherchons 20 000 € pour ce beau projet.

Pour cela nous avons besoin de votre générosité. Votre don est crucial.

Caridad

 

Amérique latine #NLQ

Venezuela – Les pénuries ont fait entrer le peuple dans un cercle vicieux, l’empêchant de penser et de se réaliser.

Pour le président de la conférence épiscopale du pays, Mgr José Luis Azuaje Ayala, les pénuries ont fait entrer le peuple dans un cercle vicieux, l’empêchant de penser et de se réaliser.

Le climat politique est toujours des plus tendus au Venezuela. La présidentielle anticipée a été fixée au 22 avril prochain. Investi par son parti au début du mois, Nicolas Maduro sera bien candidat à sa réélection. Mais en face, les trois principaux partis d’opposition, réunis au sein de la Table de l’unité démocratique (MUD), n’ont pas encore décidé s’ils participeront au scrutin. Ils craignent de possibles fraudes.

La réaction de l’opposition est justifiée selon, le président de la conférence épiscopale, Mgr José Luis Azuaje Ayala, évêque de Barinas, car l’accord qui a été présenté au MUD ne répond ni à ses attentes, ni à celles du peuple vénézuélien. « Nous considérons que l’appel à des élections anticipées, qui devraient normalement avoir lieu cette année en décembre, arrange le gouvernement et non le peuple. Il n’y a aucune garantie électorale sur l’honnêteté dans la procédure » explique-t-il à la rédaction espagnole de Vatican News.

« 300 000 enfants qui risquent de mourir de malnutrition »

Il faut d’abord « résoudre les problèmes humanitaires, les problèmes de pénuries de produits de toutes sortes et principalement les denrées alimentaires, mais aussi s’occuper du secteur de la santé, de l’inflation galopante » explique Mgr José Luis Azuaje Ayala. Conséquence la plus préoccupante de cette pénurie alimentaire, la malnutrition infantile. « On parle de 300 000 enfants qui risquent de mourir de malnutrition », s’inquiète l’ évêque de Barinas. « On voit tous les jours des personnes fouiller dans les poubelles, se désole-t-il. C’est triste dans un pays avec autant de ressources naturelles. »  Les Vénézuéliens doivent consacrer chaque jour de longues heures à trouver de la nourriture ou des médicaments. De longues heures qu’ils devraient normalement passer à travailler et à gagner de l’argent. Un cercle vicieux qui au final « asservit le peuple et l’empêche de penser et de se réaliser » constate le prélat.

Autre problème majeur soulevé par l’évêque, l’exil massif des Vénézuéliens. « Au siècle dernier, nous avons accueilli des millions de personnes de pays en conflit et nous n’aurions jamais pensé nous retrouver dans cette situation de migration force » explique le président de la conférence épiscopale. Et d’ajouter que « les évêques ont toujours dit que la solution n’était pas de franchir la frontière, mais malheureusement, le gouvernement est déterminé à maintenir ce système économique qui a appauvri notre peuple. »

Mgr José Luis Azuaje Ayala dénonce enfin « la violation systématique des droits de l’homme et l’intensification de la repression » contre les manifestants. « Beaucoup de personnes ont été tuées dans les marches et manifestations, insiste l’évêque. Elles ont malheureusement perdu la vie, au nom de la liberté, des mains des forces de sécurité. » Et de conclure : « nous savons qu’il y aura davantage de représailles lorsque le gouvernement se sentira à nouveau bloqué. Nous serons donc vigilants au service que nous pouvons apporter au peuple vénézuélien ».

Source Vatican News

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Venezuela – Des évêques accusés de délit de haine

Solidarité au peuple vénézuélien et à ses Pasteurs, dont deux ont été menacés par le Président de la République, Nicolas Maduro, suite à leurs homélies de dénonciation éplorées : c’est ce qu’exprime, depuis son siège sis en Colombie, la Présidence du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) dans un communiqué envoyé à l’Agence Fides.

Le 14 janvier, S.Exc. Mgr Víctor Hugo Basabe, Evêque de San Felipe, avait dénoncé la situation pénible dans laquelle se trouve la population en disant : « Nous choisissons le chemin de la malédiction dans lequel se sont engagés ceux qui nient qu’au Venezuela on souffre de faim et de dénutrition ». Il avait fustigé la mauvaise gestion et la corruption en ajoutant : « Notre destin en tant que nation n’est pas entre les mains d’un homme, d’un gouvernement ou d’un empire mais entre les mains de Dieu », se référant ensuite à ses compatriotes qui se voient forcés d’émigrer. Selon l’Evêque, « si quelqu’un doit s’en aller, c’est le responsable de la corruption qui condamne les malades à mourir faute d’assistance, de médecins et de médicaments » et « ceux qui foulent aux pieds la dignité des vénézuéliens ».

L’Evêque de San Felipe pourrait être passible d’un délit dénommé « de haine » récemment codifié par une loi adoptée par l’Assemblée constituante et promue par le Président Maduro. Face à cette accusation, la Conférence épiscopale vénézuélienne a répondu que « le Président a totalement déformé le message des Evêques, en particulier celui de Mgr Basabe, dans le but d’accuser les Evêques de délits » remarquant que, ce qui a été illustré par les Evêques correspond « à la vérité de ce qui se passe dans le pays ». « Les paroles accusatoires du Président – relève l’Episcopat vénézuélien – constituent une nouvelle preuve du fait que la loi – instituant les « délits de haine » NDR – a été conçue pour criminaliser tous ceux qui provoquent des sensations de malaise au gouvernement ». Mgr Basabe, accusé par le Chef de l’Etat, avait répondu lui-même en disant que, dans son homélie « n’a été présente aucune incitation à la haine ou à la rébellion » et que « le gouvernement réagit parce que nous avons touché les consciences ».

De son côté, le CELAM a rappelé l’affirmation de Jésus Christ : « Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi » (Mt 5,11), invitant « à respecter la liberté religieuse et la liberté d’expression en tant que droits reconnus par la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela » et à « garantir l’intégrité physique et l’entier bien-être de Mgr Antonio López Castillo, de Mgr Víctor Hugo Basabe et de tout le peuple vénézuélien » conclut le communiqué du CELAM.

 

Source Agence Fides

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Venezuela – Les évêques dénoncent « un projet politique totalitaire »

À l’issue de son assemblée plénière, la conférence épiscopale du Venezuela a fortement critiqué mi-janvier la « tragique » réalité du pays. Devant l’échec du gouvernement sur les plans social, économique et politique, les prélats souhaitent que le pays prenne un nouveau chemin.

Dans une exhortation publiée vendredi 12 janvier 2018, au dernier jour de leur assemblée plénière à Caracas, les évêques vénézuéliens dressent d’abord un constat accablant. Ils évoquent l’effondrement « de la libre initiative » ainsi que des mesures économiques corrompues qui ne font qu’augmenter « la mendicité et la dépendance » aux aides sociales, « le chômage, la pénurie des biens de première nécessité » ainsi que le désespoir.

Les évêques déplorent aussi « l’exode de millions de Vénézuéliens ». « La raison des problèmes réside dans l’implantation d’un projet politique totalitaire, appauvrissant, rentier et centralisé », répètent-ils.

Sur le plan politique la conférence épiscopale dénonce une Assemblée constituante « anticonstitutionnelle et illégitime », qui s’adjuge illégalement les pouvoirs exécutifs et judiciaires, criminalise les manifestations et encourage rumeurs et spéculations. En créant cette assemblée et en suspendant le référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro, le gouvernement « a usurpé au peuple son pouvoir originaire », critique l’épiscopat.

« Perte définitive de la liberté » ou « actions de résistance et de rébellion »

Si les autorités ne permettent pas à la société civile de s’exprimer, il n’y aura que deux possibilités, préviennent les évêques : « la perte définitive de la liberté, avec toutes ses conséquences, ou des actions de résistance et de rébellion contre le pouvoir usurpateur. C’est au peuple organisé que revient le dernier mot ».

Devant la situation « dramatique » qui affecte particulièrement les plus pauvres, ils esquissent également deux attitudes : « le conformisme et la résignation » ou la recherche « des conditions de vérité, de justice et d’inclusion, malgré le risque de rejet et de persécution ». « Réveillez-vous et réagissez, c’est le moment », poursuivent-ils, reprenant le thème du voyage apostolique du Pape Jean-Paul II, en 1996.

Face à la malnutrition et aux personnes qui meurent de faim, les évêques réclament un canal humanitaire et rappellent l’action de l’Église sur le terrain. Ils demandent également un « changement de route » sur le plan politique.

Appel à la publication d’un calendrier électoral

« L’exécutif a échoué dans sa tâche de garantir le bien-être de la population : ni les services publics, ni l’industrie du pétrole, ni les forces de sécurité, ni l’hôpital public, ni les autres organismes n’ont su répondre aux besoins des gens », soulignent-ils, indiquant que la solution passe par des élections démocratiques.

À l’approche de l’élection présidentielle, qui doit se tenir en fin d’année, ils exigent « la publication d’un calendrier électoral », la garantie de « l’impartialité » du Conseil électoral et la supervision par des observateurs internationaux.

Ils citent d’ailleurs le discours prononcé par le Pape François lors de ses vœux au corps diplomatique le 8 janvier dernier : « Le Saint-Siège, alors qu’il exhorte à répondre sans tarder aux besoins primaires de la population, souhaite que soient créées les conditions afin que les élections prévues pour l’année en cours soient en mesure d’apporter une solution aux conflits existants, et qu’on puisse envisager l’avenir avec une sérénité retrouvée. »

Enfin, l’épiscopat vénézuélien fait part de sa solidarité envers les exilés et prisonniers politiques, souvent détenus dans des conditions inhumaines et victimes de torture. Il conclue par un appel au dialogue à trois conditions : l’intégrité des négociateurs, des objectifs clairs et un agenda prédéfini « afin qu’il puisse bénéficier de la confiance et de la crédibilité de la population ».

 

Source Vatican News

Amérique latine

L’Eglise comme seule institution fiable selon la population et soutien de 12 pays au dialogue entre le gouvernement et l’opposition

Les Ministres des Affaires étrangères de 12 pays américains jugent très positives les nouvelles relations du gouvernement vénézuélien avec l’opposition mais estiment qu’elles devraient se développer avec le soutien international, « de bonne foi », avec « des objectifs clairs » et « des échéances prévues à l’avance ». C’est ce qu’affirme la déclaration publiée le 23 septembre à Bogotá par les Ministres des Affaires étrangères d’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Mexique, de Panama, du Paraguay et du Pérou. La semaine passée en effet, les représentants du gouvernement vénézuélien et de l’opposition se sont retrouvés en République dominicaine pour des réunions que l’opposition a qualifié d’exploratoires, alors que le gouvernement a affirmé qu’il s’agit d’un dialogue formel et évident. De telles négociations lancées en République dominicaine devraient se poursuivre le 27 septembre.

Source : Fides