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Cardinal Eijk : l’Eglise doit enquêter sur les témoignages de Vigano pour retrouver sa crédibilité

Du site Lifesitenews.com (traduit à l’aide de translate.google.be) :

Un cardinal renommé se joint à une foule d’évêques pour demander une enquête approfondie sur les témoignages de l’archevêque Viganò qui impliquait plusieurs grands prélats et le pape François dans la dissimulation des relations sexuelles de l’ancien cardinal Theodore McCarrick abusant de prêtres et de séminaristes.

Dans une interview accordée le 13 décembre au quotidien italien Il Giornale, le cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht (Pays-Bas), a déclaré “il est clair” que les allégations contenues dans les témoignages de Viganò devraient être examinées de manière approfondie”, ajoutant que “de nombreux évêques” ont demandé une telle enquête.

« Cela doit être clarifié si l’Eglise veut retrouver sa crédibilité », a-t-il déclaré.

Dans un entretien de grande envergure (voir le texte intégral ci-dessous), le cardinal néerlandais a également souligné l’importance de la persévérance dans la doctrine catholique alors que des pressions étaient exercées pour qu’elle adopte un modèle plus protestant-anglican. « La force de l’Eglise catholique, dit Eijk, est que sa doctrine est valable pour le monde entier. Le dialogue avec les protestants ne doit pas amener l’Église catholique elle-même à devenir protestante. ”

Eijk, 65 ans, donne également son point de vue sur l’inclusion de l’acronyme « LGBT » dans le récent document de travail du Synode pour la jeunesse et ses réflexions sur le mouvement attendu pour ordonner les hommes mariés dans l’Église latine avec le Synode amazonien de l’année prochaine.

« Autoriser temporairement les prêtres mariés n’est pas une solution », insiste-t-il. « Une fois que cela est décidé, cela devient irrévocable » et « avec cela, le célibat sacerdotal, une tradition séculaire magnifique et féconde de l’Église latine, serait perdu ».

Le cardinal Eijk, qui a publié un commentaire énergique après que le pape François eut refusé de rejeter un projet de proposition de la Conférence des évêques allemands autorisant dans certains cas les protestants à accéder à la Sainte Communion, a également déclaré dans l’interview qu’il aimerait que le titulaire du ministère pétrinien, qui est le principe de l’unité de la foi chrétienne, clarifie la question des catholiques divorcés et remariés ayant accès au Saint-Sacrement.

Créé cardinal par le pape Benoît XVI en 2012, Eijk est également médecin et expert en éthique médicale. Il a écrit l’une de ses thèses de doctorat sur l’euthanasie et une autre sur les problèmes éthiques posés par le génie génétique des êtres humains. En 2004, le pape Jean-Paul II l’a nommé membre de l’Académie pontificale pour la vie et membre de son conseil d’administration en 2005. Sous le pape Benoît XVI, Eijk a également été membre des congrégations du Vatican pour l’enseignement du clergé et de l’éducation catholique.

Dans l’interview du 13 décembre, Eijk s’est également tourné vers la politique en discutant de l’afflux de migrants en Europe et de la montée du « nationalisme » et du « populisme ».

Le cardinal soutient que si le nationalisme ne doit jamais être utilisé comme un “bouclier pour empêcher les autres d’entrer, les gouvernements ne sont pas obligés” d’accorder la résidence “aux migrants économiques”. Il note également que les migrants, pour leur part, “ont des obligations envers le bien commun du pays où ils cherchent refuge”, et doivent en particulier respecter« l’inviolabilité de la personne humaine ».

Ci-dessous, une traduction LifeSite de l’interview complète avec Cardinal Eijk.

 

Cardinal Eijk, quel est l’état de santé du catholicisme en Europe du Nord ? Nous savons que l’Église traverse une situation difficile …

L’Église catholique se réduit dans l’Europe du Nord. Les Pays-Bas ont l’honneur douteux d’être le chef de file de ce phénomène : nous avons été le premier pays où la contraction a commencé. Entre-temps, le nombre de fidèles dans l’Europe du Nord a diminué. Surtout en Allemagne, où le déclin est rapide… mais je sais que même dans des pays comme l’Espagne et l’Italie, le rétrécissement est un phénomène qui se fait sentir.

Quelle en est la raison ?

La cause principale est l’individualisme qui caractérise la société occidentale moderne. En raison de l’augmentation de la prospérité, les gens sont devenus individualistes. On peut encore voir la difficulté des familles à transmettre la foi, dans un contexte où elle est de plus en plus poussée à la porte. Dans la vie sociale, la religion chrétienne n’est plus présente et est perçue avec une hostilité à peine dissimulée, voire même manifeste. En ce qui concerne les Pays-Bas, nous sommes dans une phase de fusion des paroisses et de nombreuses églises ne sont plus utilisées pour le culte.

Cardinal, vous avez parlé d’individualisme, mais existe-t-il aussi d’autres causes ?

La cause est le manque de fidèles actifs qui participent aux célébrations de l’Eglise et soutiennent l’Eglise en tant que volontaires et / ou avec leurs contributions financières. En Hollande, il n’ya pas de taxes d’Eglise. L’Eglise en Hollande survit grâce aux contributions volontaires des fidèles. Cela rend l’Église pauvre, mais également libre à l’égard de l’État, ce qui, à mon avis, est un avantage considérable, qui surpasse le désavantage de la pauvreté.

Cependant, il existe également des lieux d’espoir lumineux, où la détermination est grande et où la foi est vécue de manière authentique à travers une bonne liturgie, une catéchèse et des activités pour les différents groupes. L’archidiocèse forme également des volontaires avec cet objectif en tête. Il a donné lieu à la formation de futurs diacres permanents, catéchistes et assistants des diacres. Actuellement, il existe des pasteurs laïcs qui ont suivi une formation théologique de niveau universitaire et gagnent un salaire académique, mais leur nombre a été réduit de plus de la moitié au cours des onze années qui se sont écoulées depuis que je suis devenu archevêque d’Utrecht. Il me reste des années comme archevêque d’Utrecht.

Cardinal Eijk, comment pensez-vous que la situation va évoluer ?

Les futurs collaborateurs des prêtres dans les paroisses seront principalement des diacres permanents, des catéchistes et des assistants des diacres volontaires. Les églises qui resteront seront des centres pour les grandes paroisses régionales. Cependant, bien que la quantité [de paroisses] diminue, leur qualité augmente. C’est l’autre aspect de la situation : nous devenons de plus en plus une Église de choix, où les gens veulent vraiment obtenir quelque chose de la foi. Et nous ne devons pas oublier que l’Église a historiquement connu d’autres hauts et des bas, et qu’en fin de compte nous sommes entre les mains de Dieu.

Intercommunion, bénédiction de couples homosexuels, “célébrations œcuméniques”… Cardinal, le dialogue avec les protestants rend-il l’église catholique de plus en plus semblable à l’église protestante ?

Il est important de persévérer dans la doctrine de l’Église qui nous a été transmise. Ce serait une erreur si nous choisissions un modèle plus protestant-anglican. En réalité, la force de l’Église catholique réside dans le fait que sa doctrine est valable pour le monde entier. Le dialogue avec les protestants ne doit pas amener l’Église catholique elle-même à devenir protestante.

Avez-vous lu le dossier Viganò ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je ne peux pas bien juger le contenu de ses lettres, mais il est clair que cette question doit être examinée de manière approfondie. Entre-temps, de nombreux évêques ont également demandé une enquête approfondie. Le Saint-Siège a annoncé qu’il examinerait de manière plus approfondie le cas de Theodore McCarrick, et j’estime que cette décision est la bienvenue. Il faut que ce soit clarifié si l’Église veut retrouver sa crédibilité.

Cardinal, que pensez-vous de la gestion des phénomènes migratoires ? L’identité européenne est-elle menacée par l’arrivée d’un trop grand nombre de migrants ?

Bien entendu, le flux de migrants est réparti de manière déséquilibrée : en particulier dans des pays comme l’Italie, qui, en raison de leur situation, doivent faire face à l’afflux de migrants. Cela impose un lourd fardeau à la société. Et l’Union européenne ne fait pas preuve de solidarité avec l’Italie, comme on devrait s’y attendre. Pourtant, le gouvernement n’est pas obligé d’accorder un permis de séjour à tous les migrants, en particulier aux migrants économiques. Ceux-ci sont nécessaires au bien commun du pays d’origine.

Mais la migration a de nombreuses facettes : dans la ville d’Almere, il est prévu de construire une église catholique. De nombreux catholiques d’autres pays qui souhaitent participer aux célébrations [liturgiques] s’y sont installés. Et dans la partie occidentale des Pays-Bas, notamment à Amsterdam, Rotterdam et La Haye, plusieurs paroisses auraient été supprimées si les migrants n’étaient pas arrivés. En tant qu’Européens, il est important que nous soyons accueillants, mais nous devons également garder à l’esprit quelles sont les possibilités d’une société.

De nombreux cardinaux ont pris position actuellement « contre » le retour du nationalisme. Quelle est votre opinion sur ce sujet, cardinal Eijk ?

L’effet du « nationalisme » diffère d’un pays à l’autre. Parfois, les gens reviennent aux « racines chrétiennes de leur culture », mais leur langage est peu chrétien. Dans ce cas, « chrétien » n’est utilisé que comme bouclier pour empêcher les autres d’entrer. Ce genre de nationalisme n’est pas une bonne chose. Mais la forme de nationalisme qui amène à être fier de son pays et de son histoire peut aider [une nation] à retrouver ses racines chrétiennes, y compris le respect de la valeur universelle de la vie humaine, du mariage, de la famille et des intérêts des autres – on pense aux œuvres de miséricorde. Le nationalisme ne peut jamais servir uniquement d’armure.

Le Synode sur la jeunesse s’est tenu récemment. L’utilisation de l’acronyme « LGBT » dans Instrumentum laboris semble faire l’objet d’une controverse. Quelle est votre pensée à ce sujet

Certes, tout le monde doit être traité avec respect, y compris les personnes ayant une orientation sexuelle objectivement erronée, mais on peut donner une fausse impression en utilisant ce libellé [LGBT]. Il ne me semble pas correct d’utiliser cette formulation dans les documents de l’Église. Le fait que, pendant un synode, l’utilisation de « objectivement désordonné » (la formulation du catéchisme) puisse suggérer quelque chose de très abstrait aux jeunes, est la conséquence du fait que, dans l’Église – certainement aux Pays-Bas – la catéchèse a été très incomplète et souvent même complètement absente, tandis que les enfants et les jeunes sont bombardés dans les écoles par des idées issues de la théorie du genre qui sont vigoureusement défendues dans de vastes zones par des organisations nationales et internationales.

Vous avez pris position sur Amoris Laetitia. Cardinal Eijk, êtes-vous un partisan du « dubia » ?

Pendant le Synode, j’ai pris clairement position à ce sujet. J’ai également contribué au livre des onze cardinaux (Onze cardinaux parlent du mariage et de la famille), où j’ai précisé que, à mon avis, l’article 84 de Familiaris Consortiois est valable dans son intégralité. Cela signifie que si une personne est divorcée et se remarie civilement, elle ne peut pas recevoir la communion (à moins que les deux ne vivent en tant que frère et soeur). Il n’y a eu aucune négation de cela nulle part, pas même par le pape, ni même dans Amoris laetitia. Il est souvent fait référence aux notes de bas de page de ce document, mais une doctrine et une pratique de l’Église de longue date ne peuvent pas être modifiées par des notes de bas de page ou par une déclaration occasionnelle lors d’un entretien en vol. Je voudrais que, surtout, le détenteur du ministère pétrinien, qui est le principe d’unité pour la foi chrétienne, apporte des éclaircissements à ce sujet. Nous sommes maintenant dans une situation où, dans une province ecclésiastique, une chose est proposée et mise en pratique et dans une autre, une autre est promulguée. Cela crée de la confusion chez les gens. Un manque de clarté prolongé peut conduire à des pratiques indésirables. Dans l’Église, la vérité apparaît toujours, mais dans ce cas, elle ne peut pas arriver trop tôt. Précisément pour éviter de tromper les gens.

On parle beaucoup en Europe de « populisme ». Quelle est votre opinion sur ce style politique ? Est-ce en conflit avec le catholicisme ou peut-il aider à le faire revivre ?

Le populisme n’est pas, par définition, en conflit avec le catholicisme, mais je ne connais pas encore d’exemples dans lesquels le populisme aurait provoqué un réveil de la foi, même s’il faut noter qu’en Italie, la Lega défend clairement un certain valeurs et normes sur la famille, telles que proposées par l’Église. Bien entendu, la foi catholique est toujours attentive aux personnes vulnérables, aux marginalisés, aux personnes sans voix. Ce n’est pas toujours le groupe de personnes qu’un populiste prend en considération. La situation aux Pays-Bas, en ce qui concerne les migrants, est clairement différente de celle en Italie. En Italie, le problème est devenu aigu en raison de la vague de migrants en provenance de Libye, d’un long littoral italien difficilement contrôlable et du taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes. Je peux bien imaginer les préoccupations du peuple italien. De plus, il faut dire que les migrants ont également des obligations vis-à-vis du bien commun du pays où ils cherchent refuge et qu’ils doivent respecter des valeurs universelles telles que l’inviolabilité de la personne humaine.

Est-il vrai que vous êtes obligé de fermer de nombreuses églises locales ? Si oui, pourquoi ?

Oui, beaucoup d’églises ont déjà été fermées et dans les dix prochaines années, la plupart d’entre elles devront l’être. Dans le passé, il y avait plus de 350 [églises]. Maintenant, il en reste environ 200. Je prédis qu’en 2028, l’année où j’aurai 75 ans et que je devrai demander au Saint-Père de démissionner, l’archidiocèse d’Utrecht comptera une vingtaine de paroisses, avec chacune une ou deux églises.

Quelles sont les raisons pour cela ?

Le petit nombre de fidèles qui vont encore à l’église et, par conséquent, le petit nombre de volontaires et le très faible revenu pour maintenir les églises ouvertes. Il y a des églises d’une capacité de 400 à 500 personnes et souvent même davantage, où seulement quelques dizaines de fidèles vont le dimanche. De nombreuses paroisses puisent également dans leurs réserves financières. En fin de compte, les gens abandonnant la pratique mènent à la fermeture des portes de l’église. Nous constatons actuellement ce déclin, mais nous espérons réapparaître plus petits et plus vivants.

Le Synode sur l’Amazone [aura lieu l’année prochaine]. On dit que « viri probati » sera discuté. Allons-nous vers une concession pour les prêtres mariés ?

Je comprends que les prêtres sont nécessaires et que, dans certaines régions du monde, les besoins sont plus pressants qu’en Europe du Nord. Mais les prêtres mariés ne sont pas, à mon avis, la solution. Si cela n’était autorisé que pour certains territoires, des inégalités se produiraient au sein de l’Église catholique à travers le monde, sur un point très important. Permettre une telle chose temporairement n’est pas une solution – une fois que c’est décidé de cette façon, cela devient irrévocable. Avec cela, le célibat sacerdotal, une splendide et féconde tradition séculaire de l’Église latine, serait perdu. De plus, dans le cas de l’ordination de « viri probati », ils manqueraient de formation sacerdotale dans un séminaire.

Source : Belgicatho

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Abus sexuels : le Vatican bloque les mesures envisagées par les évêques américains

Du site du journal suisse “Le Matin” :

LE VATICAN BLOQUE DES MESURES CONTRE LES ABUS

Le Vatican demande aux évêques américains de ne pas se prononcer tout de suite sur des mesures contre les abus sexuels.

Le Saint-Siège a ordonné lundi à la conférence des évêques américains de ne pas se prononcer, lors de son assemblée générale, sur des mesures de lutte contre les abus sexuels en son sein, lui demandant d’attendre la tenue d’une conférence sur le sujet en février.

Lors de son discours d’ouverture, le cardinal Daniel DiNardo, président de la conférence, a confirmé avoir reçu une lettre de la Congrégation pour les évêques et annoncé qu’aucun vote ne se tiendrait lors de cette assemblée générale, contrairement à ce qui était prévu initialement.

Le cardinal Blase Cupich, évêque de Chicago, a lui précisé, dans un communiqué, que le Vatican avait demandé à la conférence de « reporter » le vote final dans l’attente d’une rencontre des conférences épiscopales du monde entier, convoquée en février à Rome.

« Déception »

Le cardinal DiNardo a fait part de sa « déception » lors d’une conférence de presse à la mi-journée, lundi, au premier jour de l’assemblée générale qui se tient à Baltimore (nord-est) jusqu’à mercredi.

Régulièrement mise en cause ces dernières années pour sa gestion du scandale des abus sexuels au sein de l’église catholique américaine, la conférence des évêques américains avait annoncé, en octobre, plusieurs mesures phares, qui devaient faire l’objet d’un vote.

Le haut clergé américain proposait notamment un nouveau code de conduite, un nouveau mécanisme de signalement, ainsi que la création d’une commission d’enquête menée par des personnes n’appartenant pas à l’église catholique américaine.

« Nous ne sommes pas satisfaits de cela », a assuré le cardinal DiNardo au sujet de la demande du Vatican. « Nous travaillons dur pour passer à l’action. Et nous allons le faire. Nous rencontrons juste un contretemps. »

Rapport accablant

Mi-août, les services du procureur de Pennsylvanie ont publié un rapport accablant, détaillant des abus perpétrés durant plusieurs décennies par plus de 300 prêtres et dont ont été victimes plus de 1000 enfants. Le rapport dépeint une hiérarchie ayant souvent eu une démarche active pour ne pas ébruiter les cas d’abus sexuels et pour protéger les auteurs de ces agressions.

Début octobre, la conférence des évêques a annoncé la création d’un centre d’appel dédié pour signaler les abus commis par des évêques. Selon l’organisation Bishop Accountability, 6721 prêtres ont été accusés d’abus sexuels aux Etats-Unis pour des faits présumés inclus dans la période allant de 1950 à 2016. La même association estime à 18’565 le nombre d’enfants victimes de ces agissements.

Lire aussi : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/vigano-ecrit-aux-eveques-americains.php

Via Belgicatho

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Le cardinal Müller invite le pape François à se réconcilier avec Mgr Vigano

Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond au journaliste Raymond Arroyo sur le plateau de l’émission The World Over du 4 octobre dernier. Voici les points saillants de ses déclarations.

Le cardinal invite le pape « à chercher une réconciliation » avec l’archevêque Viganò. Il demande aussi au pape de « donner des réponses » aux « accusations et questions » de l’ancien nonce aux États-Unis car « le peuple de Dieu a le droit de savoir ce qui s’est passé ». Le cardinal ajoute que le pape doit s’efforcer de surmonter les divisions entre catholiques et assumer sa fonction « de symbole de l’unité de l’Église. Nous devons surmonter, avec l’aide du Saint-Père, la division de l’Église entre les conservateurs et ceux qu’on nomme les progressistes. Nous sommes une seule Église unie dans la foi et non par une idéologie qu’elle soit conservatrice ou progressiste ».

Müller invite le pape François à se réconcilier avec Viganò

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Dans un entretien exclusif accordé à la chaîne de télévision catholique EWTN, le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, répond au journaliste Raymond Arroyo sur le plateau de l’émission The World Over du 4 octobre dernier. Voici les points saillants de ses déclarations.

Le cardinal invite le pape « à chercher une réconciliation » avec l’archevêque Viganò. Il demande aussi au pape de « donner des réponses » aux « accusations et questions » de l’ancien nonce aux États-Unis car « le peuple de Dieu a le droit de savoir ce qui s’est passé ». Le cardinal ajoute que le pape doit s’efforcer de surmonter les divisions entre catholiques et assumer sa fonction « de symbole de l’unité de l’Église. Nous devons surmonter, avec l’aide du Saint-Père, la division de l’Église entre les conservateurs et ceux qu’on nomme les progressistes. Nous sommes une seule Église unie dans la foi et non par une idéologie qu’elle soit conservatrice ou progressiste ».

Le cardinal aborde ensuite la crise des abus sexuels du clergé en notant que l’Église « ne pourra jamais changer son enseignement : toute infraction au sixième commandement constitue un péché mortel ». Interrogé par Arroyo sur ce qui est dominant dans cette crise, le cardinal répond : «  Nous pouvons dire que 80 % ou plus des victimes étaient des jeunes – mais pas des jeunes filles. C’étaient des garçons à partir de 14 ans et au-delà. C’était plus des agressions homosexuelles que des agressions pédophiles […] Les victimes ne sont pas – dans leur grande majorité – des enfants, mais des adolescents et au-delà ».

Interrogé par Arroyo sur l’affirmation que la crise des abus sexuels a pour cause le « cléricalisme », le cardinal répond : « Non. La cause des abus sexuels est toujours le non respect du sixième commandement ».

En passant, le cardinal confirme que le pape est bien intervenu personnellement auprès de lui pour que la Congrégation pour la doctrine de la foi cesse d’enquêter sur les allégations portées contre le cardinal anglais Cormac Murphy-O’Connor (décédé le 1er septembre 2017), qui, bien que non électeur, fut un très actif agent pour l’élection du cardinal Bergoglio en 2013. « Il n’est pas bon, déclare le cardinal, que le pape prenne ce droit pour arrêter une enquête nécessaire ».

Enfin, le cardinal fait une remarque sur l’actuel synode en cours à Rome : « Le synode des évêques n’est pas un concile œcuménique – il n’a pas d’autorité magistérielle. Le pape ne peut pas changer la constitution fondamentale de l’Église ».

Source : Riposte-catholique

Brèves #NLH

Troubles au Vatican : Legatus suspend ses donations au Saint Siège

Legatus est une association d’environ 5 000 catholiques entrepreneurs et dirigeants d’entreprises d’une surface financière conséquente : il faut au minimum 6,5 millions US$ de recettes annuelles pour en faire partie (mon premier article sur Legatus date de juillet 2007). Elle a été fondée par Tom Monaghan, devenu milliardaire en revendant, en 1998, Domino’s Pizza qu’il avait créée en 1960. Tom Monaghan, qui a depuis créé la ville Ave Maria et l’université catholique Ave Maria University à Naples (Floride), est toujours président-directeur général de Legatus. Tous les ans, Legatus accorde une dîme au Saint-Siège. Cette année le don prévu de 820 000 US$ ne sera pas versé mais placé en dépôt légal. Monaghan s’est expliqué de cette décision dans une lettre expédiée aux membres le 6 septembre, au nom du conseil d’administration. Dans cette période à tout le moins troublée et agitée pour l’Église catholique aux États-Unis et pour le Saint-Siège, le conseil d’administration « à la lumière des récentes révélations et questions posées estime convenable de demander respectueusement [au Saint-Siège] des clarifications sur l’usage spécifique de ces fonds ». Sans l’écrire, on comprend que les administrateurs de Legatus ont été quelque peu troublés par la demande du pape François à la Papal Foundation (fondée par McCarrick) au début de l’année, d’un don urgent de 25 millions de US$ pour renflouer l’Istituto Dermopatico dell’Immacolata (IDI), un hôpital romain appartenant à l’Église catholique, et dont le passé financier est constellé de problèmes… Le Saint-Siège n’a pas, à ce jour, répondu à Legatus.

Tribunes et entretiens

S’opposer au cléricalisme ? Oui, et surtout à ce “cléricalisme d’un seul”

Traduction par Jan Laarman d’un article de Douglas Farrow, professeur de théologie à McGill (Canada), sur The Catholic World Report :

Unknown-14Le Père Thomas Rosica , assistant du service de presse du Vatican pour les pays anglophones, a récemment eu ces mots étonnamment francs :

« Le pape François rompt avec les traditions catholiques quand il le veut parce qu’il est exempt d’attachements désordonnés. Notre Église est en effet entrée dans une nouvelle phase : avec l’avènement du premier pape jésuite, elle est gouvernée par un individu plutôt que par l’autorité de l’Écriture seule, ou même par l’autorité de la Tradition plus les Écritures. »

Le propos se voulait à la fois flatteur et prophétique. François est le pape qui fait voguer l’Eglise au vent de l’Esprit, sans laisser les anciennes cartes et journaux de bord dicter son cours. Il est l’homme désigné par Dieu pour faire passer l’Eglise d’un cléricalisme lointain à une nouvelle relation plus libre avec le monde moderne, pour instiller en elle une « ouverture à l’avenir », pour lancer « un appel à avancer au large ». Peu importe si, comme certains le disent, ses méthodes et ses manières rappellent celles du péronisme. Selon le Père Rosica, ceux qui osent critiquer ce chef divinement choisi doivent faire pénitence et tenir leur langue.

Eh bien, puisqu’on doit être franc, permettez-moi de dire qu’on ne peut pas trouver d’exemple plus précis « d’attachement désordonné ». Cette mission de François ne ressemble pas à celle du successeur de ce Pierre, dont le seul mandat est de confesser le Christ et de garder les sacrements de l’Évangile, paissant le troupeau et confirmant ses frères. Il est plutôt présenté comme Jésus lui-même s’est présenté – celui qui est rempli de l’Esprit avec autorité sur les Écritures et la Tradition. Et cette idée, si on la prend au sérieux, est une hérésie des plus grossières.

Ce “cléricalisme d’un seul”, si je puis dire, est une flagornerie du Père Rosica qui confond Pierre avec Christ. En outre, il reflète une confusion évidente chez François lui-même qui, en entendant cela, aurait dû déchirer ses vêtements et renvoyer Rosica. Peut-être, cependant, était-il trop préoccupé par ses propres efforts pour nous persuader d’avancer au large, « de nous ouvrir sans crainte, sans rigidité, pour être malléables à l’Esprit et pas momifiés dans les structures qui nous enferment ».

Oserais-je maintenant dire que, dans le contexte de la crise actuelle autour de l’éphébophilie, les paroles de François que je viens de citer, utilisées pour exprimer sa reconnaissance à José Tolentino Mendonça, un prêtre (maintenant évêque) qui ne s’est pas retenu de défendre la cause LGBT, prennent désormais un sens sinistre ? On peut très bien imaginer ces mots utilisés pendant que l’ « Oncle Ted » McCarrick câlinait de jeunes séminaristes.

Je ne doute pas que l’esprit de François était loin de cette référence ! Mais rappelez-vous qu’il s’agit du pape qui, comme ses prédécesseurs, ne s’est pas simplement trompé en nommant des hommes au caractère douteux à des postes élevés, sous la pression d’autres hommes semblables de la bureaucratie vaticane. C’est le pape qui s’est délibérément entouré de tels hommes (dont les noms, absents ici, ont été nommés par quelqu’un en mesure de les nommer). C’est le même pape qui aurait levé les légères sanctions imposées par Benoît XVI à McCarrick et qui aurait, semble-t-il, suivi les conseils de ce dernier pour procéder à des nominations épiscopales majeures. C’est toujours le même pape qui, confronté à tout cela, a dit qu’il ne répondrait pas un mot, mais qui a clairement indiqué que les critiques, aussi graves soient-elles, ne sont que des semences de division, une “meute de chiens sauvages”, qui cherchent à détruire la paix d’un homme de prière.

Le scandale McCarrick, admettons-le tous, n’est qu’un coup de vent dans l’ouragan qui entoure maintenant François et qui menace de faire chavirer à la fois son pontificat et la barque de Pierre. Si l’homme sur le pont ne répond pas, ce n’est pas parce qu’il est plongé dans la prière, comme le prétend le pape. C’est parce que le pont lui-même est maintenant rongé par les vers de la corruption sexuelle et financière. La cupidité et la convoitise, en particulier la convoitise homosexuelle, font à l’Église ce qu’elles ont fait ailleurs dans la société humaine – détruisant son sens même de l’orientation et sa capacité de distinguer la vérité de l’erreur, le bien du mal, l’innocent du coupable, la raison de la folie. Dans une telle situation, baisser la tête et écoper, écoper, écoper encore, comme le conseille Rosica, n’est pas une solution.

Alors, quelle est la solution ? S’opposer au cléricalisme ? Oui, et surtout ce « cléricalisme d’un seul » qui place le pape au-dessus de toute critique et de toute responsabilité. Cela ne suffira pas, mais ce sera un bon début. Car si le pape ne peut être soumis à aucune autorité terrestre, il reste soumis à l’autorité de Christ, dont il n’est nullement le seul dépositaire, ni, dans la plupart des cas, l’unique interprète.

Certains pensent que François montre des signes d’une personnalité désordonnée, comme sans doute David le pensait du roi Saül. Mais les jugements subjectifs de ce type, bien qu’ils soient plus pertinents dans un régime qui fait résider l’autorité dans la personne plutôt que dans la fonction, ne sont pas ici la question. Il est erroné de considérer François – ou tout pape – comme s’il était un roi comme Saül, un souverain absolu contre lequel il ne faudrait jamais lever la main, à part pour couper un bout de l’ourlet de son vêtement, de peur qu’on ne soit trouvé coupable de pécher contre l’Oint du Seigneur.

Le premier pape jésuite sera probablement le dernier. En tout état de cause, le modèle militaire d’obéissance voulu par Ignace de Loyola ne doit pas être transféré aux structures papales et institutionnelles de l’Église. L’espèce de modestie dont François a fait un spectacle ne devrait tromper. C’est comme s’il voulait briser ce modèle militaire par quelque chose de plus spontané, de plus charismatique, de plus franciscain (c’est-à-dire de plus laïc). C’est justement ce qui conduit à l’erreur de la personnalisation papale. De son inclinaison sur le balcon le soir de son élection à son « qui suis-je pour juger ? », à son récent « faites-vous votre propre opinion », François a détourné l’attention de la juste autorité papale pour augmenter ou protéger son autorité personnelle – cette autorité si bien décrite par le Père Rosica.

À cette étape, consultons les cartes maritimes. Le canon 331 déclare :

L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre ; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement.

Cela ressemble certainement à de la souveraineté, mais à quelle sorte de souveraineté ? En tout cas pas le genre de souveraineté personnalisée qui a la faveur de Rosica, ni même le genre de souveraineté politique que le peuple d’Israël avait en tête quand il a exigé qu’un roi soit nommé sur eux, pas plus que le genre militaire promu par Ignace de Loyola.

Notez bien ici que l’évêque de Rome est le vicaire du Christ, et non le vicaire de Dieu. Dieu n’a plus qu’un Vicaire, l’Homme-Dieu lui-même, qui est le véritable Chef de l’Eglise et son seul Souverain et Grand-Prêtre. Pierre exerce quelque chose de la souveraineté conférée par Dieu en Christ, car le Christ a à son tour investi en lui et dans ses successeurs, avec le collège apostolique, un pouvoir d’enseignement et une autorité juridique contraignante dans la vie quotidienne de l’Église. Mais Pierre n’est pas lui-même un souverain proprement dit. Il n’est qu’un régisseur, avec des responsabilités très spécifiques. C’était, et c’est une erreur, que ce soit par des titres, des coutumes, des lois ou des scrupules – et nous pouvons en effet contester certains de ces titres corrigés à juste titre par le Concile Vatican II – de le considérer comme s’il était autre chose, ou plus que cela.

N’avons-nous pas appelé l’Église “la barque de Pierre” ? Oui, mais le génitif n’est pas un possessif. Si nous voulons le rendre possessif, nous devons nous référer à la barque du Christ. Rappelez-vous la fois où les Douze sont sortis en bateau avec le vent contre eux, alors que Jésus était aussi sorti – marchant sur la mer dans la tempête. Quand il les eut rejoints et qu’il fut monté dans le bateau, le vent et la mer et le bateau lui-même lui obéirent, bien qu’ils n’obéirent pas à Pierre ou aux Douze. Il y a une leçon dans tout cela. L’Église n’est la barque de Pierre que dans le sens où il est demandé à Pierre de rester vigilant sur le pont. Il n’est certainement pas invité à prendre la barre et à diriger le navire sur son propre chemin, imaginant que sa navigation est poussée par l’Esprit.

Alors, soyons francs. Mais laissons de côté les absurdités du Père Rosica. Si François fait ce que Rosica dit qu’il fait – et j’ai peur que ça soit difficile à nier – alors François ne remplit pas du tout les fonctions de son office pétrinien. Il conduit plutôt la barque sur les hauts-fonds. Il est grand temps que le reste des Douze (je parle bien sûr du collège apostolique) le dise, comme le font d’ailleurs ses membres les plus alertes. Cette tempête passera et l’air dans l’Église sera plus frais pour elle. La barque voguera et atteindra soudain sa destination. Mais les mâts brisés et les planches pourries doivent d’abord être remplacés ou réparés. Pour cela, il faut consulter à nouveau non seulement les cartes, mais aussi les plans du navire.

Source : lesalonbeige

Tribunes et entretiens

J.-M. Gunéois : il n’y a pas de manipulation derrière le témoignage de Mgr Vigano

Jean-Marie Guénois, spécialiste du Vatican, rédacteur en chef au Figaro, chargé des religions, commentait le témoignage de Mgr Vigano au micro de Radio Notre-Dame, ce matin :

Source : lesalonbeige

Tribunes et entretiens

La Tactique du Diable : réflexions sur la “bombe Vigano”

Texte d’un prêtre :

Face à la « bombe Vigano », qu’il faudrait plutôt appeler la trompette apocalyptique « an-noncia-trice », tant le message fracasse certitudes, positions dominantes et fausses idoles… Elle secoue l’assoupissement de l’Église, en la personne de plusieurs de ses plus éminents responsables. Face à cette interpellation universelle, pour un redressement de la foi et des mœurs, en passant par le creuset de la difficile purification, au-delà même de la personne de l’auteur et des détails de ses accusations, au milieu du chaos et de la panique générale, au lieu d’un élan unanime d’union autour du désir de faire la vérité et de se ressaisir, à l’inverse un vent mauvais se lève… La réaction s’organise, eaux troubles où le démon va pouvoir, comme d’habitude, pêcher librement.

Sa tactique, telle qu’elle commence à se dessiner, porte sur quatre axes, en vertu du vieux principe que les meilleurs mensonges se drapent dans les plis de la vérité :

Images1. Confondre « pédophilie » et homosexualité (ou pédérastie). « Embrouillez-moi la question », disait l’autre. Mettre en avant de façon obsessionnelle une abomination réelle mais marginale, pour masquer la réalité concrète des faits majoritaires graves qui gangrènent le clergé catholique, c’est sa première tactique. C’est cacher la forêt grâce à l’arbre. Même les plus désireux d’aller dans la bonne direction, même ceux qui dénoncent à juste titre les connexions douteuses entre mauvaises mœurs et mauvaise théologie, s’y laissent prendre. Mais qui osera le dire comme le fit, en l’an mil, saint Pierre Damien, dans son Liber Gommorhus, ouvrage tellement explicite sur les mœurs invertis du clergé romain qu’il finira à l’Index ? Le diable aime les faux semblants, des demi vérités et la confusion, c’est son fonds de commerce. Il est le diviseur. Nous devons cesser d’entretenir cette confusion. Cette tactique trouve de nombreux complices chez ceux que terrorise l’idée de s’attaquer à la coterie gay, puissante et agressive. Résultat : double effet de sidération.

2. Donner le change, en prétendant trouver les fondements du mal dénoncé dans le « cléricalisme », en recyclant pour faire bonne mesure les vieux serpents de mer de l’ordination des femmes ou du mariage des prêtres, qui constitueraient des remèdes appropriés. C’est la tactique reprise par le journal La Croix. C’est un leurre plus subtil que le premier. Il relève de la tactique de l’obstruction : dévier le coup ou multiplier les objections secondaires. Un grand classique. Le quotidien est sûr ainsi d’attirer tous les nostalgiques de mai 68. Or, le mal n’est pas le cléricalisme, c’est le relativisme moral, contraire à l’Évangile, ayant entraîné la corruption d’abord des esprits, puis des mœurs, au nom de la tolérance et de la liberté ; c’est l’indulgence coupable vis-à-vis de l’homosexualité (et non des personnes à tendance homosexuelle) par conformisme envers les idées ambiantes.

3. Dénoncer un complot ourdi par les franges les plus réactionnaires du catholicisme, par esprit de vengeance ou d’ambitions déçues. MM. de Plunkett ou Le Morhedec, sont à la manœuvre en France, mais ne trompent personne. Nous n’avons pas encore eu droit à la thèse du complot russe (Poutine ou son complice le patriarche de Moscou), mais on va y venir très vite. La ficelle est grosse, mais efficace, si on y ajoute une bonne poignée de calomnies personnelles sur le « lanceur d’alerte ». En cas de panique, comme actuellement, tous les moyens sont bons. Tapez au plus bas pour déconsidérer moralement l’adversaire. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.

4. En appeler à l’unité, autour du pape (ou des évêques), contre les soi-disant diviseurs, ou laisser la résolution de la question à la « maturité des journalistes », parce que ce chaos blesse l’Église. C’est l’argument universel et perpétuel des autorités lorsque la marée critique commence à déborder. Cela évite de répondre à la question. Il a été servi au moment de la crise liturgique, depuis le début de celle des vocations, à chaque fois que nos pasteurs prenaient des positions contestables ou ne prenaient pas celles qui s’imposaient. C’est l’argument d’autorité : « je ne veux voir qu’une seule tête », qui sacrifie bien aisément la vérité sur l’autel du consensus. La « culture du déni et de l’obstruction », au nom de la désirable unité. Telle est l’ultime tactique du diable.

Pour conclure, la parole est donnée à l’archevêque de San Francisco, Salvatore Cordileone (cela ne s’invente pas : « Sauveur Cœur-de-lion ») :

« Les déclarations [de Mgr Vigano] doivent donc être prises au sérieux. Les rejeter à la légère ce serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction. Bien entendu, pour valider ses déclarations en détail, il faudra mener une enquête formelle, approfondie et objective… je me joins (à l’appel) d’autres évêques pour réclamer une telle enquête et prendre toute mesure corrective nécessaire, à la lumière de ses conclusions. »

Parce que nous aimons l’Eglise plus que jamais, nous ne demandons rien d’autre, Plus de commissions impuissantes, plus de repentances stéréotypées, plus de silence, plus d’obstruction, plus de faux-semblants. La vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Saint Pierre Damien, priez pour l’Église !

Source : lesalonbeige

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“Affaire McCarrick” : le pape répond sans répondre à la lettre de Mgr Vigano

Le Vatican a déclaré ne faire aucun commentaire dans l’immédiat. A bord de l’avion papal, alors que Mgr Vigano met en cause personnellement le pape François dans les gestions des accusations contre Mgr Mc Carrick, François a déclaré :

“J’ai lu ce matin ce communiqué, je l’ai lu et je dirai sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d’entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même. Et vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C’est un acte de confiance. Quand on passe un peu de temps, vous avez les conclusions, peut-être que je parlerai mais j’aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travail. Cela vous fera vraiment du bien”

Source : Vatican News

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“Affaire McCarrick” : Les pièces du puzzle contre François s’assemblent – Y. Daoudal

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Rappel de quelques pièces du puzzle pour lequel Mgr Carlo Maria Viganò vient de livrer les dernières en date, qui sont des pièces majeures pour comprendre le dessin entier et qui confirment ce que l’on en voyait déjà.

  • Lorsque François tout juste élu paraît sur le balcon, c’est en compagnie du cardinal Danneels, naufrageur de l’Eglise en Belgique, membre éminent de la mafia de Saint-Gall et complètement déconsidéré comme protecteur d’un évêque coupable d’abus sexuels. (La mafia de Saint-Gall est formée de progressistes et elle est liée à la mafia des invertis, le désormais célèbre McCarrick étant membre des deux, les deux ayant fait élire François.)
  • François décide d’habiter la maison Sainte-Marthe, qui est dirigée par Mgr Battista Ricca. L’homme est un inverti notoire qui a fait scandale dans deux nonciatures, particulièrement celle de Montevideo, où son amant faisait les quatre cents coups. C’était quasiment sous les fenêtres d’un certain Bergoglio archevêque de Buenos Aires (de l’autre côté du Rio de la Plata). Deux mois après son élection, François nomme Ricca prélat de l’IOR, la banque du Vatican. Le mois suivant, interrogé sur le personnage, il répond : « Qui suis-je pour juger ? », propos érigé en axe du pontificat de miséricorde.
  • Lors du premier synode sur la famille, François nomme les membres de la commission chargée de rédiger les rapports. Le rapport de mi-synode, écrit à l’avance, dit que l’Eglise « reconnaît que les homosexuels ont des dons à offrir à la communauté chrétienne ». Les deux synodes devaient produire des « avancées » sur ce thème et celui de l’accès des adultères à la communion. Echec sur le premier, demi-victoire sur le second.
  • François a détruit l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, et l’a remplacé par un Institut théologique pour les sciences de la famille et du mariage, et il a viré tous les membres de l’Académie pontificale pour la vie, afin de les remplacer par des hommes à sa botte. Et il a nommé président des deux institutions Mgr Vincenzo Paglia, connu notamment pour avoir décoré sa cathédrale de Terni d’une immonde fresque « homoérotique » où il est lui-même figuré nu enlaçant un homme nu. Et aussi (entre autres) pour avoir demandé ouvertement la reconnaissance légale des « couples homosexuels ».
  • François a nommé Mgr Kevin Farrell préfet du nouveau grand dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et l’a fait cardinal. Farrell était premier vicaire général de Washington quand le cardinal McCarrick était l’archevêque. C’est McCarrick qui l’a fait évêque, et ils ont vécu pendant six ans dans le même appartement. Farrell prétend qu’il est tombé des nues en apprenant les activités sexuelles de McCarrick, ce qui est tout bonnement impossible, car dans son entourage tout le monde savait que McCarrick, dit « Tonton Ted », avait pour spécialité de mettre de façon habituelle des séminaristes dans son li
  • François a reçu plusieurs fois, ostensiblement, des invertis. A l’un d’eux il aurait dit : «  Dieu t’a fait ainsi, Dieu t’aime ainsi. Le pape t’aime ainsi, et tu dois t’aimer toi-même et ne pas faire cas de ce qu’en disent les gens. » Il n’y a eu aucun démenti. Il a même reçu au Vatican, de façon ostentatoire, « un » transsexuel et « sa compagne ». A Washington, il avait refusé de recevoir la personne qui avait été emprisonnée pour refus de délivrer un certificat de mariage à une paire d’invertis. Il avait reçu uniquement un universitaire argentin inverti et son giton, et la vidéo du trio plaisantant et riant avait été complaisamment diffusée.
  • François a nommé le jésuite James Martin consulteur des services de communication du Vatican. Le P. James Martin, également invité à la Rencontre mondiale des familles de Dublin, est mondialement célèbre comme militant LGBT, et son livre de plaidoyer pour les invertis a reçu le soutien enthousiaste… du cardinal Farrell (ainsi que de Joseph Tobin, que François a fait cardinal et archevêque de Newark).
  • François a nié aussi longtemps qu’il a pu le scandale chilien, traitant de menteurs ceux qui accusaient son protégé l’évêque Barros : “Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair ?” Jusqu’à ce que soit diffusée la preuve qu’il savait…

Pour la suite, notamment sur la mafia épiscopale gay des Etats-Unis, lire le texte de Mgr Carlo Maria Viganò.

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Le point de vue d’Arnaud Dumouch sur l’affaire McCarrick et réponse du père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

Dans une vidéo sur sa chaîne Youtube, le théologien Arnaud Dumouch fait le point sur l’affaire McCarrick et les dénonciations de Mgr Vigano :

Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine lui a répondu en privé, mais Arnaud Dumouch, avec son accord, a voulu par honnêteté intellectuelle et sens de la disputatio diffuser cette réponse :

Cher Arnaud,

Vous savez l’immense estime que j’ai pour vous et combien nous sommes unis dans un même amour et respect pour le Père Marie-Dominique Philippe ! Je viens vers vous pour vous dire la douleur que j’ai ressentie en visionnant votre dernière vidéo sur la question qui en ce jour alimente les médias de tout poil. L’attaque du cardinal Vigano vise à déstabiliser le pape. Voila mon sentiment. Tout est là. Une partie de l’Eglise institutionnelle veut la destitution du pape actuel, et ces autorités et autres prêtres profitent de cette affaire pour tenter de mettre en œuvre leur projet. Voilà une occasion rêvée pour un montage médiatique parfait ! Involontairement, je crois que par votre ton, par la gravité de vos propos, vous travaillez dans ce sens, malgré vous, j’en suis sûr, car vous aimez l’Eglise et vous croyez que notre Saint-Père actuel, comme ses prédécesseurs, sont le fruit du choix du Saint-Esprit. En outre, vous préconisez un nettoyage de l’Eglise, un éloignement des brebis galeuses, alors que Dieu ne cesse de travailler avec des gens imparfaits. C’est d’ailleurs notre chance à tous ! Son Fils nous a suffisamment montré la route à prendre en supportant les exactions des siens, en fustigeant les pharisiens qui, au nom d’une prétendue pureté de doctrine et de discipline, sont passés à côté de la Vérité. Avec vous, je condamne bien sûr les actes pédophiles, et je crois évidemment nécessaire que l’on éloigne de l’enfance ceux qui, hélas, sont habités par ce drame. Il n’en demeure pas moins que la chasse aux sorcières, le retour en arrière sur les agissements des uns et des autres, la mise en lumière du péché d’autrui, sont normalement insupportables aux coeurs évangéliques. C’est ce que m’a appris le Christ ! Une Eglise de purs, surtout pas ! Et d’ailleurs, qui est pur ici-bas ? Que celui qui lance une pierre sur son frère se regarde ! Le judaïsme le plus strict marchait au temps du Christ dans une voie de pureté qui l’a perdu ! Quant à la perfection de l’amour à laquelle nous tendons, elle prend parfois des chemins surprenants et inattendus ! ! Rejoindre les intentions des personnes revient à comprendre biens des situations et parfois même à les innocenter ! J’ajoute que la fixation sur les questions de moeurs au sein de l’Eglise est aujourd’hui maladive ! Encore une fois, les abus sur les enfants sont inadmissibles ! Mais la rigidité de certains pasteurs, le manque d’accueil de la différence malgré de belles et grandes déclarations d’ouverture, la dureté de coeur de nombreux prêtres, la dimension administrative de l’Eglise, avec ses plans pastoraux, ses méthodes pour le coup non infaillibles, sont des réalités qui souvent perturbent l’avancée du Christ dans les coeurs, et ces failles ne sont pas traités avec la même sévérité ! ! ! Comme vous le voyez, dans la question actuelle, on se fixe sur le fait que le pape n’a pas dénoncé son frère ! C’est donc lui qui est visé et non McCarrick ! La démarche du cardinal Vigano, pour le coup, ne me semble pas très pure ! ! ! Quant à la question de l’amitié de similitude, ( je préfère l”appeler ainsi plutôt qu’homosexualité), arrêtons de nous focaliser sur elle ! ! Nous apparaissons aux yeux du monde comme des obsédés de la question charnelle ! ! Occupons-nous de la foi des hommes, attachons les êtres – quels que soient leurs chemins – au Christ et à sa mère ! Le monde occidental est en train de quitter la route chrétienne ! Voila ce qui doit être notre tourment ! Je vous redis ma profonde amitié, cher Arnaud ! Restons unis plus que jamais les yeux sur l’Evangile qui est notre charte de vie dans l’ordre du jugement sur toutes les réalités divines et humaines. Bien près de vous par le coeur.

Père Michel-Marie

(source : dans les commentaires sous la vidéo)