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Vincent Lambert, Macron démasqué, une victoire de la vérité, une agonie du mensonge.

 

« La vérité vient toujours à la lumière » disait saint Jean-Paul II. L’affaire Vincent Lambert vient, au dépend de l’intéressé, apporter un témoignage cinglant à cette vérité.

Alors qu’on réclamait à Emmanuel Macron d’intervenir pour que Vincent Lambert ne soit pas soumis à une mort injuste et atroce, le président prétextait ne pas avoir compétence pour cela. Mais curieusement, alors que la loi s’impose à tous, le gouvernement tente de faire changer le cours des choses qui ne vont pas dans son sens.

Il est certain qu’Emmanuel Macron, dictateur à peine dissimulé, ayant la justice boboïsée à ses pieds ne s’attendait pas à ce que cette même justice le force à sortir du bois. Ne pouvant pas ouvertement adresser une lettre de cachet, voici que le gouvernement tente de rattraper son idéologie par la loi en faisant appel, on se demande bien pourquoi, alors même que l’ONU a tiré la sonnette d’alarme.

Nous avons là une illustration de l’hypocrisie du pouvoir en place. Une illustration de l’illusion démocratique et une illustration des lutes internes de toute idéologie qui repose sur le mensonge.

Le mensonge étant, instablement assis sur de l’irréel, il ne peut qu’un jour ou l’autre se retrouver face à lui-même, mettant face à face les deux bouts de sa queue diabolique. La campagne menée autour (ou ne vaut-il pas mieux dire contre ?) Vincent Lambert a fait feu de tous les artifices, a utilisé tous les ressorts de la manipulation, laissant au mensonge la part belle. Mais c’était oublier qu’aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, il est facile de fissurer le mensonge et de mobiliser la vérité.

Il est probable que le gouvernement pro mort d’Emmanuel Macron saura biaiser avec la vérité et avec la loi et il est malheureusement fort possible que Vincent Lambert soit le martyr de cette idéologie qui se moque bien de lui. Mais nous avons aussi pu constater qu’en brandissant envers et contre tout la vérité, nous pouvons être une entrave au déploiement des forces du mal.

Alors quoiqu’il arrive de la suite ne nous décourageons pas, sous prétexte d’une défaite. Regardons tout le terrain que nous gagnons, la force que nous déployons toujours plus, actions après actions. Mesurons notre progression et poursuivons toujours et encore notre marche vers le triomphe du bien.

Macron est dévoilé. Il fera mine de s’en moquer. Mais tout cela ébranle le mensonge et renforce le camp du bien qui ne cesse de grandir, quand le mal se fissure, se divise et entre en agonie.

 

Enguerand de Montf

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Euthanasie : l’envers du décor ; réflexions et expériences de soignants

Description

Huit soignants belges – professeurs d’université, médecins, infirmiers et éthiciens reconnus et expérimentés en accompagnement palliatif – tentent ensemble de dire leurs questions autour de la fin de vie, des soins palliatifs et de la pratique de l’euthanasie. Deux femmes médecins, française et israélienne, se sont jointes à eux. Les regards croisés de ces praticiens de la santé font la richesse et l’originalité de cet ouvrage.

Résumé

Les auteurs partagent ici leur vécu et leurs réflexions face aux demandes d’euthanasie et d’accompagnement en fin de vie auxquelles ils ont été confrontés, dans un pays, la Belgique, où l’euthanasie, dépénalisée depuis 2002, est aujourd’hui souvent devenue un acte usuel, pour ne pas dire banal.

Ces récits évoquent l’envers du décor, l’autre face d’une réalité qu’il est grand temps de prendre en compte ou d’évaluer avec plus de rigueur.

Le livre s’adresse tant au milieu médical qu’à toute personne s’interrogeant sur le sens de la mort et de la souffrance, ainsi que sur la réalité de l’application d’une loi qui, votée en 2002, suscite toujours plus de questions.

Ce livre rend la parole aux soignants de terrain afin qu’ils partagent ce qu’ils ont vécu, des histoires concrètes. Ils permettent au lecteur de prendre conscience de la complexité des situations et des conséquences concrètes de la loi sur l’euthanasie.

La réalité belge est suivie et analysée depuis le monde entier. De nombreux pays trouveront ici des réponses aux questions qu’ils se posent par rapport à l’accompagnement à donner en fin de vie et au rôle des lois se proposant de définir ce qu’elles permettent ou non.

Extraits – Commentaires

Ouvrage collectif auquel ont contribué

Pr Timothy Devos (hématologue), Jacques Ricot (philosophe),Herman De Dijn (philosophe), Eric Vermeer (infirmier éthicien en soins palliatifs), Dr Catherine Dopchie (oncologue), Pr Willem Lemmens (philosophe et éthicien), Dr An Haekens (psychiatre), Dr Rivka Karplus (maladies infectieuses et HIV/SIDA), Dr Marie Frings (médecin en soins palliatifs), Pr Benoit Beuselinck (oncologue), Dr Julie Blanchard (médecin en soins palliatifs), François Trufin (infirmier urgentiste en soins palliatifs)

Auteur : Timothy Devos

Collection : Autres Regards

Format : 150 x 205 / Nombre de pages : 240

ISBN : 978-2-87402-245-6

Prix : 23 Euros

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Pape François : Vincent Lambert : « Protégeons toujours la vie, don de Dieu »

Le Pape François a fait diffuser ce lundi un tweet faisant allusion à l’affaire Vincent Lambert. Samedi, une tribune publiée dans L’Osservatore Romano par don Roberto Colombo, professeur à la faculté de médecine et de chirurgie de l’Université catholique du Sacré-Cœur, à Milan, revenait sur le cas complexe de ce patient français tétraplégique depuis 2008.

Dans un tweet publié ce lundi 20 mai 2019, jour de l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert, le Pape François a diffusé ce tweet : « Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet. » Cet appel s’inscrit en cohérence avec ses autres interventions sur ce dossier complexe. Le 15 avril 2018, lors de la prière du Regina Cœli, le Pape avait ainsi qualifié l’affaire Vincent Lambert de « situation douloureuse et complexe ». Il avait aussi demandé que « chaque malade soit respecté dans sa dignité et soigné d’une façon adaptée à son état de santé ».

Reprenant les prises de position nombreuses du Pape François en faveur de la vie, don Roberto Colombo rappelle dans une tribune publiée ce samedi 18 mai 2019 que « l’accueil, le respect et la protection de toute vie humaine, dans quelque condition qu’elle se trouve, est aujourd’hui le point le plus faible (et pourtant décisif) de la société, de la politique et de l’État. Ne pas accueillir tous revient à écarter quelqu’un », à l’exclure moralement, juridiquement ou physiquement, explique-t-il.

Il dénonce la « conjuration du silence » qui entourent cette question du droit à la vie des personnes lourdement handicapées, comme c’est le cas de Vincent Lambert, hospitalisé depuis 2008 au CHU de Reims. La simple définition médicale de son cas ne fait pas consensus : l’état pauci-relationnel, l’état de conscience minimale plus, ou encore l’état végétatif chronique qui lui sont attribués selon les différentes sources, ne répondent pas aux mêmes définitions. Dans son cas, l’arrêt des soins, ou plus précisément l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation a été mis en pratique ce lundi 20 mai, une décision du corps médical soutenue par son épouse mais à laquelle s’opposent ses parents. Le Comité international des droits des personnes handicapées, qui dépend de l’ONU, a demandé un maintien provisoire des soins, mais le gouvernement a fait savoir que la France n’était pas légalement contrainte par ce comité.

Vincent Lambert ne faisait pas l’objet d’un acharnement thérapeutique
Don Roberto Colombo fait savoir que Vincent Lambert, bien que se trouvant dans une condition de grave incapacité relationnelle avec le monde extérieur et les personnes qui lui sont proches (personne toutefois ne pouvant s’avancer avec certitude sur l’éventuelle réduction ou absence de sa “conscience interne” ou “profonde”), ne se situe pas dans un état de fin de vie, puisque sa respiration est restée autonome et n’est donc pas soumise à une assistance respiratoire, qu’il n’a pas de stimulateur cardiaque, et qu’il n’est pas traité en soins intensifs. Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait considéré en 2018 qu’il ne faisait l’objet ni d’un « acharnement thérapeutique » ni d’une « obstination déraisonnable ». L’an dernier également, un autre rapport rédigé par 70 médecins et spécialistes avait mis en avant la stabilité de ses conditions cliniques. Il n’est donc pas dans une situation désespérée et terminale qui pourrait rendre éthiquement acceptable l’arrêt des soins.

Pour les malades chroniques, l’hydratation et l’alimentation, y compris par des voies artificielles, sont considérées par l’Église catholique comme « un moyen ordinaire et proportionné de conservation de la vie », avait rappelé en 2007 la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Y renoncer reviendrait donc à ouvrir la voie à une euthanasie. Récemment, l’archevêque de Reims, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, et son évêque auxiliaire, Mgr Bruno Feillet, ont rappelé que « la grandeur de l’humanité consiste dans le fait de considérer comme inaliénable et inviolable la dignité de ses membres, spécialement les plus fragiles ». Le Pape François lui-même, prenant la parole sur la situation de Vincent Lambert, avait déclaré que « l’unique maître de la vie, du début à la fin naturelle, est Dieu. Notre devoir est de tout faire pour prendre soin de la vie », y compris des malades en état végétatif ou de conscience minimale, comme il y en a des dizaines de milliers en Europe.

Cet arrêt des soins est donc une attaque « contre la vie et la dignité de la personne. Même si une loi ou une décision de justice permettent cette action, elle reste inacceptable et indigne d’une société fondée sur le respect et l’accueil de la vie de tous », conclut don Roberto Colombo.

 

Source Vatican News

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Conférence des évêques s’étonne de la “précipitation” à conduire “vers la mort” Vincent Lambert

Paris : La Conférence des évêques (CEF) s’est étonnée samedi de la “précipitation” à conduire “vers la mort” Vincent Lambert, dont les soins doivent être interrompus à partir de lundi sur décision médicale et contre l’avis de ses parents.

“Pourquoi cette précipitation pour le conduire vers la mort ?”, écrit dans un communiqué le groupe bioéthique de la CEF, déplorant que le gouvernement veuille passer outre l’avis du Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) qui recommande la suspension de décision d’arrêt des soins – jugée légale par le Conseil d’Etat.

Dans un récent avis, ce comité de l’ONU a demandé que le traitement de ce patient en état végétatif depuis dix ans soit maintenu le temps de pouvoir examiner son dossier.

“Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du Comité de l’ONU ?”, demande la CEF, rappelant que la France est signataire de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dont cette instance est l’émanation.

“Pourquoi l’État français, qui met son honneur dans la promotion des droits de l’Homme, se dispenserait-il du respect de cette Convention pour M. Vincent Lambert ?”, poursuit le communiqué.

Samedi, les avocats des parents de Vincent Lambert ont eux aussi imploré Emmanuel Macron de faire “respecter les mesures provisoires réclamées” par le CIDPH.

Le 5 mai, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait toutefois assuré que la France n’était pas tenue “légalement” par l’avis de ce comité, qui va à l’encontre de plusieurs décisions de justice validant la décision médicale d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de M. Lambert afin d’éviter un “acharnement thérapeutique”.

Dans son communiqué, la CEF questionne également le fondement même de cette décision en mettant en doute le raisonnement selon lequel le maintien des soins de Vincent Lambert s’apparenterait à une “obstination déraisonnable” telle que visée par la loi Claeys-Leonetti de 2016 sur la fin de vie.

“N’a-t-il pas le droit d’être nourri et hydraté par voie entérale puisque ce sont des soins de base auxquels tout être humain a droit ? À quels cas exceptionnels son hydratation et son alimentation actuelles correspondent-elles à une obstination déraisonnable ?”, demande la CEF.

 

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Vincent Lambert : lancement du processus de mort sans préavis

Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert :

Le docteur Sanchez, en violation de tous ses devoirs et de ce qu’il avait laissé croire, vient d’annoncer à la famille qu’il avait initié le processus de mort sans préavis, sans tenir compte des recours, sans tenir compte des mesures provisoires et sans même permettre à la famille de lui dire au revoir avant le début de la sédation.

 

Le coup de force continue.

 

Il est encore temps d’arrêter cette folie.

 

 

Strasbourg et Paris, le 20 mai 2019

 

Jean PAILLOT Jérôme TRIOMPHE

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Vincent Lambert : la vidéo qui démonte les mensonges !

Vincent Lambert : la vidéo qui démonte les lmensonges !

Vincent Lambert : la vidéo qui démonte les lmensonges ! Signez la supplique à Monseigneur de Moulins-Beaufort pour qu'il laisse la cathédrale ouverte ! >> https://www.lesalonbeige.fr/sengager-pour-vincent-lambert/

Publiée par Le Salon Beige sur Mardi 14 mai 2019

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L’ONU demande à la France de ne pas euthanasier Vincent Lambert

Le 3 mai 2019, répondant à la demande des parents de M. Vincent Lambert, le Comité des droits des personnes handicapées (CDPH) de l’ONU a demandé au Gouvernement français de prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que l’alimentation et l’hydratation entérales de M. Vincent Lambert ne soient pas suspendues pendant le traitement de son dossier par le Comité. Cette procédure pourrait durer plusieurs années avant que le Comité ne se prononce.

Cette « mesure conservatoire » a été prise pour « éviter qu’un dommage irréparable ne soit causé aux victimes de la violation présumée », suivant les termes du traité par lequel la France a accepté de se soumettre à la juridiction du Comité (Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, article 4). En ratifiant ce traité, le Gouvernement français s’est engagé, suivant les règles du droit international, à respecter de bonne foi cette procédure et son issue. Il lui incombe à présent de notifier au CHU de Reims leur obligation de maintenir l’alimentation et l’hydratation entérales de M. Vincent Lambert.

Si le gouvernement voulait contester ces mesures conservatoires, le Règlement du Comité l’autorise à « avancer des arguments pour expliquer que la demande de mesures provisoires devrait être retirée » (article 64.3).

Ce Comité est une instance composée d’experts indépendants, chargée de surveiller la bonne application de la Convention des droits des personnes handicapées, et à laquelle la France est partie. Plusieurs de ses membres sont d’ailleurs eux-mêmes handicapés. Il est l’instance internationale la plus élevée spécialisée dans la protection des personnes handicapées. En tant que tel, c’est à lui qu’il revient de fixer les normes internationales de référence en la matière.

Comme nous l’écrivions sur Valeurs Actuelles le 26 avril dernier, les chances du recours formé par les parents de M. Lambert devant ce Comité sont réelles. En effet, l’absence de soin dont est victime M. Lambert, sa « détention » dans le CHU de Reims, ainsi que la décision de le faire mourir de soif heurtent évidemment plusieurs dispositions de cette Convention, notamment celles qui interdisent la maltraitance, et les traitements inhumains ou dégradants. Plus encore, l’article 25 oblige les États à fournir « aux personnes handicapées les services de santé dont celles-ci ont besoin en raison spécifiquement de leur handicap », ce qui leur interdit « tout refus discriminatoire de fournir des soins ou services médicaux ou des aliments ou des liquides en raison d’un handicap ». Or, c’est précisément ce que le Conseil d’État autorise en l’espèce. Le Comité des droits des personnes handicapées exige que lorsque l’alimentation et l’hydratation sont nécessaires, celles-ci soient garanties (Observations finales Royaume-Uni, 3.10.2017). Il a également affirmé que « le droit à la vie est absolu et que la prise de décisions substitutive quant à l’arrêt ou la suspension d’un traitement essentiel au maintien de la vie n’est pas compatible avec ce droit » (Examen du rapport soumis par l’Espagne, 19.10.2011).

Le Comité des droits des personnes handicapées a déjà eu l’occasion, dans une autre affaire, de rappeler avec force que, conformément à l’article 26, « les États parties doivent prendre toutes les mesures appropriées pour assurer aux personnes handicapées l’accès à des services de santé, y compris des services de réadaptation » (X. c. Argentine, 11.04.2014, (§ 8.9).

En conséquence, il n’est pas exclu que le Comité conclut à terme à une violation de la Convention dans le cas de M. Lambert. Entre-temps, il pourrait utilement, et très rapidement, demander le maintien de son hydratation et alimentation, à titre conservatoire. Le Comité surveille l’application de la convention et de ses conclusions par les États parties qui, s’ils ont accepté les mécanismes d’examen de requêtes – comme c’est le cas de la France, ont par là-même accepté d’en respecter l’issue, et de s’y conformer.

 

ECLJ

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Vincent Lambert : les experts judiciaires concluent à l’absence “d’obstination déraisonnable”

Alors que les experts mandatés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne viennent de remettre leur rapport, Genethique a demandé au Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, médecin conseil des parents de Vincent Lambert, de décrypter les conclusions rendues. Avec le Dr Edwige Richer, médecin spécialiste en neurologie physique et de réadaptation, et le docteur Catherine Kiefer, médecin spécialiste en médecine physique et de réadaptation, qui l’une et l’autre s’occupent quotidiennement de patients en état végétatif ou pauci relationnels, il était présent quand les experts sont venus examiner Vincent Lambert.

 

Gènéthique : Les experts mandatés par le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne viennent de rendre leurs conclusions sur l’Etat de santé de Vincent Lambert. Que disent-ils ?

Xavier Ducrocq : Ils disent que Vincent Lambert est dans le même état de conscience que celui qui a été décrit en 2014, un « état d’éveil sans réponse ». L’état d’éveil sans réponse (ou « état végétatif chronique ») est ainsi qualifié quand on ne parvient pas à faire la preuve indiscutable d’une activité consciente. Contrairement à l’ « état de conscience minimale » (ou « état paucirelationnel »). Ces deux états sont regroupés sous le même vocable d’ « états de conscience altérée », car un même patient peut fluctuer de l’un à l’autre et le risque de les confondre est estimé à 41 %, même pour les meilleurs spécialistes. Les unités spécialisées les prennent en soin de la même façon et la loi qui leur est propre (3 mai 2002) ne fait pas non plus de distinction entre les deux. Les conclusions des experts s’appuient uniquement sur une observation clinique, ils n’ont eu recours à aucun moyen technique durant leur visite pour tenter de mieux évaluer l’état de conscience.

 

G : Les experts expliquent qu’ils n’ont pas observé d’évolution de l’état de santé de Vincent Lambert. Cette conclusion était-elle attendue ?

XD : Personne ne s’attendait à ce qu’il y ait une évolution. La seule évolution possible aurait été la mort ou le coma. Ce n’est pas le cas ! C’est déjà un tour de force parce que toutes les conditions sont réunies pour que son état n’évolue pas. Vincent ne bénéficie que de soins de nursing. Rien n’est fait pour son confort de vie : pas de kinésithérapie, pas de stimulation, ni de rééducation, il est enfermé à clé dans sa chambre, avec des horaires de visite de plus en plus réduits, il peut encore moins sortir en fauteuil dans le jardin… Il ne fait l’objet d’aucun projet de vie. Dans ces conditions, la stabilité de son état est étonnante. Il aurait pu évoluer de façon beaucoup plus rapide et dramatique.

 

G : Quelles ont été les conditions de cette expertise ?

XD : Pour la première fois, le contradictoire a été respecté, les conseils médicaux étant présents au moment de l’examen. Pour la première fois également, les parents de Vincent Lambert étaient présents. Les conditions de l’examen étaient correctes ce jour-là, mais elles n’étaient pas adaptées à ce type de patients. Il était le centre de l’attention, sept médecins se trouvaient autour de lui, soit beaucoup de monde pendant une heure et demie, pour un patient dont les visites ont été réduites au minimum ! Si ce qui a été observé n’est pas critiquable, ce n’est pas pour autant satisfaisant. En effet, l’état de santé, d’éveil de ces patients est très fluctuant et l’évaluation aurait nécessité au minimum de répéter les examens cliniques sur plusieurs jours, à différents moments de la journée, dans des conditions ambiantes variées et par des personnes aux compétences complémentaires.

 

G : Les experts se prononcent sur l’état de conscience de Vincent Lambert, que faut-il en penser ?

XD : Ils disent que Vincent Lambert n’a pas accès à la conscience de lui-même, ni de son environnement. Je regrette que cet avis, affirmé en seulement 1h30 d’examen, soit tellement péremptoire. Sur cette question, tous ceux qui ont donné leur avis ont toujours été très prudents concernant ce type de patients. Aussi cette prise de position tranchée sur des états de conscience tellement sensibles me semble aller trop loin d’autant que, en l’état actuel de nos connaissances de ces personnes, un principe de prudence prévaut : « l’absence de preuve de conscience n’est pas la preuve de l’absence de conscience  » !

 

G : Que s’est-il passé durant la visite ?

XD : A un moment, Vincent s’est mis à vocaliser. L’un des experts a été très intrigué par cette vocalisation qui s’accompagnait, selon elle, d’une certaine musicalité. Cependant, les experts n’ont pas voulu voir qu’il s’agissait d’autre chose que d’une activité réflexe ou automatique. Pourtant ce type de comportement a de quoi remettre en doute ce que les experts qualifient d’absence de conscience. Pour compléter leur examen de ce jour, ils ont accepté de regarder les mêmes vidéos (prises en juin 2015) qui ont convaincu quelque 70 professionnels de ces patients EVC-EPR de signer, en Avril 2018, une Tribune dans un grand quotidien pour demander le transfert de Vincent Lambert – évalué par eux sur la foi de ces vidéos en état de conscience minimale – de l’Unité de Soins palliatifs où il est encore actuellement dans une Unité spécialisée (cf. 70 spécialistes dénoncent une « euthanasie qui ne dit pas son nom » et demandent le transfert de Vincent Lambert dans une unité spécialisée). Cette disparité d’interprétation montre bien l’extrême difficulté qu’est l’évaluation de ces patients.

 

G : Les experts cependant concluent qu’il n’y a pas d’obstination déraisonnable. N’est-ce pas contradictoire ?

XD : Non.  Mais en affirmant qu’il n’y a pas d’obstination déraisonnable, tout le processus, médical et judiciaire est remis en cause. En spécifiant que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable, rien  d’autre que la procédure en cours ne menaçant immédiatement sa vie, ils expliquent que l’alimentation et la nutrition sont les minimums requis et obligatoires, qu’ils ne posent pas de problème particulier, si bien qu’il n’est pas question de les stopper. Son état évolue naturellement, il n’est pas en fin de vie mais en situation de handicap chronique. Les experts précisent que des patients comme Vincent Lambert sont même pris en charge à domicile. Dès lors, le transfert dans un autre établissement, qui est demandé depuis le début en 2013 par les parents de Vincent Lambert, devient la conclusion incontournable pour permettre à ce patient de recevoir enfin les soins appropriés à son état.

 

G : Les juges ont prévu d’examiner de nouveau la situation le 19 décembre prochain, comment ce rapport peut-il faire évoluer la situation ?

XD : Je ne peux pas présager de la décision des juges. Les experts tout en disant qu’il n’est pas en situation de fin de vie, qu’il ne relève pas d’une obstination déraisonnable, que son état ne s’est pas aggravé, s’en remettent finalement, de façon pour le moins étonnante, intrigante, au tribunal, pour savoir si son cas relève de la loi Leonetti. Un tribunal condamnera-t-il à mort une personne en situation de handicap, totalement vulnérable, alors que les experts affirment qu’il n’y a pas d’obstination médicale déraisonnable ? Et que les 70 professionnels déjà cités mettaient en garde sur le risque d’ « une euthanasie qui ne dit pas son nom ». Ce serait un précédent historique dramatique. Dramatique pour Vincent Lambert, pour les quelques 1700 personnes qui partagent sa condition, pour leurs proches et leurs soignants, pour les tenants d’une médecine hippocratique.

Source : Genethique.org

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La mère de Vincent Lambert a rencontré deux conseillers d’Emmanuel Macron

L’association de soutien à Vincent Lambert communique :

Alors qu’a été ordonnée le mois dernier par le tribunal administratif une expertise judiciaire de Vincent Lambert, madame Viviane Lambert, sa mère, a été reçue ce 16 juillet par deux conseillers du Président Emmanuel Macron.

Le 12 avril 2018, Viviane Lambert avait adressé une première lettre au Président de la République, publiée dans Le Figaro sous le titre : « mon fils Vincent n’a pas mérité de mourir de faim  ».

Le 20 avril, une tribune de 70 médecins et personnels de santé spécialisés rappelait que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie et qu’il a droit à des soins adaptés à son état, dans un établissement capable de l’accueillir, comme il en existe de nombreux en France.

Le 7 juin, Viviane Lambert envoyait une deuxième lettre pour rencontrer le Président de la République. Celui-ci a accepté sa demande de rencontre et a délégué deux conseillers pour l’accueillir.

Cet entretien a eu pour objet de leur expliquer que Vincent ne bénéficie toujours pas de soins adaptés (indépendamment de la procédure et de l’expertise à venir), que les heures de visite de sa famille qui vient le voir quotidiennement sont toujours restreintes, qu’en cette période de chaleur, il n’a toujours pas le droit d’être sorti de sa chambre et de prendre l’air dans un fauteuil adapté à son état.  « Quand je quitte la chambre de mon fils, j’ai l’impression de quitter un prisonnier. » déplore Viviane Lambert.

Rappelons que les parents de Vincent réclament depuis 5 ans son transfert dans un service spécialisé ; plusieurs sont prêts à l’accueillir…

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Les trois médecins experts nommés par le justice pour examiner Vincent Lambert se désistent

Lu sur le salon beige : 

Ils devaient réaliser un “tableau clinique” de Vincent Lambert, mais les avocats des parents avaient demandé leur révocation, estimant qu’ils n’étaient pas compétents dans ce domaine médical. Les trois médecins nommés par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se sont désistés, constatant la trop grande pression qui pesait sur eux. Il faut dire qu’ils avaient droit de vie ou de mort sur Vincent Lambert…

Ils écrivent :

“Le collège d’experts ne peut que prendre acte qu’il n’a pas la stature pour résister à ces tentatives de manipulation et aux critiques diverses”.

Ils estiment n’avoir “aucun moyen de mettre de l’ordre dans cette procédure d’expertise”, et “d’affirmer une autorité qui mettrait au pas ceux qui manient opprobre et dénigrement ou fausses vérités”.

Le président du tribunal administratif a accepté leur demande de désistement.

Les avocats des parents se réjouissent.

“C’est exactement ce que réclament depuis des semaines les parents, frère et soeur de Vincent, qui attendent des nouveaux experts à nommer compétence et rigueur”.

En attendant la nomination du prochain collège de médecins, une nouvelle audience sur “les modalités de l’expertise” se tiendra mercredi 20 juin au tribunal administratif.