Témoignage – Pakistan – Nous sommes quotidiennement en danger de mort…

Le père Pervez est prêtre au Pakistan, actuellement en France à l’invitation de l’association SOS Chrétiens d’Orient pour témoigner de son difficile quotidien dans un pays touché par une loi contre le blas- phème extrêmement problématique.

 

Quelle est aujourd’hui la situation des chrétiens du Pakistan ?

Les chrétiens représentent, aujourd’hui, 1 % de la population du pays. Parmi eux, seuls 1 % sont considérés comme « éduqués », c’est-à-dire pouvant travailler comme médecins, banquiers, cadres… Le reste des chrétiens se partage des tâches difficiles et peu payées, comme balayeurs ou éboueurs. Nombre d’entre eux, dans les campagnes, travaillent pour des fermiers musulmans et sont donc considérés comme des esclaves. Les chrétiens sont une population qui souffre énormément et qui est très pauvre. Mais il y a un autre problème, plus grave encore. Il s’agit de la loi contre le blasphème. Aucun chrétien ne souhaite insulter Mahomet, mais cette loi est bien souvent détournée par des musulmans radicaux pour mettre les chrétiens en danger. Tout blasphème est puni de la peine de mort, et certains se contentent d’accuser tel ou tel chrétien de blasphème. Non seulement la personne accusée est en danger de mort, mais toute la communauté chrétienne avec elle. C’est vraiment un sujet qui provoque une grande colère parmi les musulmans et personne ne cherche alors à savoir si l’accusation est vraie ou fausse. Le résultat, c’est que nous passons nos journées en danger de mort.

Comment réussissez-vous, en tant que prêtre, à aider ces chrétiens ?

La chose qui m’importe vraiment en ce moment, c’est d’abord libérer ces chrétiens qui sont aujourd’hui les esclaves de familles fermières musulmanes. Cela implique d’abord de payer pour les libérer. Ensuite, je travaille à la construction d’un village pour que ces chrétiens puissent se rassembler et vivre leur foi librement. J’ai notamment prévu une église et une école, afin d’aider les enfants à apprendre le minimum nécessaire pour vivre et travailler. Il est absolument nécessaire de commencer par aider les chrétiens à être libres, dans leur propre pays. Libres d’être chrétiens, et libres tout court d’ailleurs.

Comment trouvez-vous la force de continuer ?

Dans l’Evangile ! « J’étais nu et vous m’avez couvert, j’avais faim et vous m’avez nourri… » C’est une parole qui résonne dans ma tête en permanence. C’est le fait d’être chrétien tout simplement, qui me fait vivre. J’ai étudié quatre ans à Rome ; j’aurais pu rester à Rome, mais il était absolument impossible pour moi d’envisager de vivre loin de ces pauvres familles chrétiennes de mon propre pays qui ont besoin d’aide pour survivre, et pour vivre.

Vous êtes en France à l’invitation de SOS Chrétiens d’Orient, pour témoigner. Quel est votre état d’esprit ?

J’ai été extrêmement surpris de l’accueil et j’en suis très reconnaissant. Vous n’imaginez pas le réconfort que c’est de constater qu’à l’autre bout du monde, des jeunes qui ont la possibilité d’avoir une vie paisible prennent le risque d’aller donner leur temps dans des pays dangereux pour aider ceux qui en ont besoin.

Source Christianophobie Hebdo.

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