Timor Est – un nouveau Président pour la stabilité politique et le bien-être économique

Timor Est, la plus jeune nation d’Asie, a voté lundi dans le cadre des élections présidentielles, la première élection depuis le retrait des troupes de maintien de la paix de l’ONU en 2012. Au sein de la République démocratique, qui compte quelques 1,2 millions d’habitants, dont 95 % de catholiques, le taux de participation a été très élevé – 86,3 % des 750.000 votants. Le nouveau Président, élu pour un quinquennat, est, avec 57 % des scrutins, 90 % des bulletins ayant été comptés officiellement, Francesco Guterres, ancien responsable de la guérilla du Front révolutionnaire de Timor Est indépendant (Fretilin), appuyé pour l’occasion par Xanana Gusmao, héros révolutionnaire et responsable de la résistance au cours de la lutte contre l’occupation indonésienne.
Dans le cadre des institutions politiques timoraises, le Président constitue une figure de représentation, dont les pouvoirs formels sont limités au droit de veto. En juillet prochain, les électeurs voteront dans le cadre des élections législatives, qui exprimeront un nouveau Premier Ministre.
Au cours de la campagne électorale, Francesco Guterres a promis de donner la priorité à l’économie, à l’instruction, au travail et au développement. L’économie de Timor Est est fortement dépendante du pétrole et du gaz, qui représentent quelques 90 % des ressources publiques. Cependant, selon des données de l’ONU de 2015, plus de 50 % de la population sont encore en dessous du seuil de pauvreté alors que le chômage dépasse 20 % de la population active et que près de la moitié de la population n’est pas alphabétisée.
Le Père Erik John Gerilla, missionnaire philippin à Timor Est depuis cinq ans actif dans le service social commente : « Les élections se sont déroulées de manière pacifique et ceci est un signe positif. Le Président a bénéficié d’un ample consensus. Il est très proche de la population. Les défis que la nation est appelée à relever aujourd’hui sont ceux de la sécurité alimentaire, qui n’existe pas encore, des bas salaires et des changements climatiques qui frappent les agriculteurs. La population est composée à 75 % de jeunes de moins de 30 ans. Il faut répondre à leurs besoins d’instruction e de travail. Les écoles publiques n’assurent pas une grande qualité. Il existe peu d’universités et, dans ce secteur, les écoles privées catholiques apportent une contribution précieuse, en garantissant un parcours et un enseignement de qualité ». Dans ce but, poursuit-il, « les jésuites travaillent à la formation des enseignants au sein de l’Institut Joao de Britto, qui a pour mission de préparer les enseignants des niveaux supérieurs même pour des matières professionnelles et techniques ». Dans le cadre du processus de construction de la nation, à très grande majorité catholique, « l’Eglise a un rôle actif, en contribuant à la croissance du pays et en collaborant avec les institutions nationales dans le domaine des services sociaux et dans la reconstruction du système éducatif » observe-t-il.
Un autre facteur important est « l’œuvre de réconciliation, commencée voici des années au sein de la société timoraise » par le biais d’une Commission spéciale pour la vérité et la réconciliation, instituée après les violences qui marquèrent le détachement de l’Indonésie, en 1999, violences qui firent plus de 1.400 morts et 300.000 évacués. « L’Eglise, au travers de toutes ses articulations, offre une contribution en particulier en ce qui concerne le suivi de critères de paix et de justice et l’assainissement des blessures par le biais du pardon » conclut le religieux.

Source : Agence Fides

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