La tragédie des Coptes égyptiens en Libye

Beaucoup de chrétiens égyptiens émigrent en Libye pour trouver de quoi vivre. Ils y trouvent souvent la mort et toujours de mauvais traitements. Curieusement, on parle peu dans la grande presse de ces migrantslà… Sauf The Times de Londres qui vient de leur consacrer un article poignant et dont voici quelques passages traduits.

Le signe de la croix tatoué sur leurs doigts* désigne les travailleurs égyptiens à un traitement particulièrement brutal de la part de leurs ravisseurs en Libye. Certains ont été battus à tel point qu’ils souffrent de commotions cérébrales. Shenouda, 30 ans, raconte qu’il faisait partie d’un groupe de chrétiens coptes qui fut brutalisé lors des deux mois qu’ils ont passé dans une prison de l’aéroport principal de Tripoli. Il a raconté qu’il a été fouetté deux fois par jour, après que ses gardiens musulmans eurent remarqué son tatouage. Shenouda fait partie d’une vague de la minorité chrétienne appauvrie qui est allée dans la Libye voisine pour trouver du travail malgré les risques de violence. « De plus en plus les gens vont en Libye parce que chez nous c’est la crise économique. On ne trouve pas de travail, on ne gagne pas d’argent en Égypte », déclare Shenouda désormais rentré à son village près de Samalout […]

« Nous sommes conscients du danger, surtout si on est chrétien. Nous savons qu’on risque plus de mourir que de vivre en Libye, mais nous n’avons pas le choix », déclare-t-il. « C’est à 100 % dangereux d’être chrétien en Libye », nous déclare Peter, 28 ans, qui a été rapatrié de Libye voici quatre jours.

Il a été enlevé et séquestré 18 jours par des miliciens musulmans à Benghazi. Ils l’ont libéré quand sa famille a payé une rançon de 2 200 €. Peter pré­cise qu’en Égypte il gagne l’équivalent de 2,70 € par jour comme employé agricole, et encore s’il peut trouver à s’embaucher : « S’il y avait une alternative en Égypte, j’y resterai ». Se rendre du centre de l’Égypte à Benghazi prend 15 jours et exige de changer cinq fois de véhicule plus une traversée de dix heures du désert. Beaucoup n’y arrivent pas. En juillet, les corps d’au moins vingt migrants égyptiens ont été découverts en pleine nature en Libye. Le Croissant rouge libyen a déclaré qu’ils étaient morts de faim et de chaleur. La majorité d’entre eux était originaire de Minya. Les Égyptiens qui arrivent à se rendre en Libye risquent aussi d’être arrêtés par les forces de sécurités et finir détenus dans les sordides centres de détention “officiels” pour les migrants. Ils sont alors contraints d’acheter à leurs frais un billet d’avion pour rentrer dans leur pays. Dans le chaos régnant il n’y a aucun programme officiel de rapatriement. « Si nous restons en Égypte nous mourrons de faim à petit feu » nous dit William, un autre migrant chré­ tien de 28 ans, qui est rentré de Libye voici dix jours. « D’un côté comme de l’autre, je suis mort mais en Libye, au moins, je peux avoir la chance d’envoyer quelque chose à ma famille ».

The Times, 2 septembre – © CH pour la traduction.

Source Christianophobie Hebdo. Abonnez-vous et recevez les 4 premiers numéros gratuitement

 

* En général le tatouage d’une croix ne se fait pas sur les doigts, mais sur la partie interne du poignet (note du traducteur).

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