Un Noël de foi et d’espérance … sans réveillon ni mousseux

 

Comme nous sommes encore dans le temps de Noël, nous vous proposons cette méditation de Noël de  Mgr Juan Jose Aguirre, M.C.C.I. , évêque de Bangassou, en République centrafricaine. Chacun a pu faire l’expérience que la fête de Noël, même comme beaux moments de famille, laisse parfois (souvent ?) de côté, y compris chez les catholiques les plus fervents, l’enfant de la crèche.

 

Je prends en main le globe terrestre, je passe mes doigts sur les eaux de la Mer Méditerranée et je pense à ceux qui y sont restés, peut-être même au soir du 24, un Noël noir. Notre mer est devenue un cimetière pour plus de 5.000 personnes, ses eaux ne sont plus aussi bleues, ses ondes portent des présages d’obscurité et de tristesse. Là, la mort est présente chaque jour…

 

Mon doigt passe au-dessus du Liban puis de la Syrie, d’Alep : quel goût aura Noël en ces lieux ? Les Frères Maristes avaient un orphelinat dans le quartier occupé par les guérilleros. Un Noël héroïque. Les hommes de la Croix blanche (musulmans) ne parviennent pas à arracher les personnes aux ruines avec leurs ambulances. Il y a là des enfants défigurés, des familles démembrées… des écoles qui se sont écroulées, écrasant tous leurs élèves.

 

Dans le nord du Nigeria, on compte des milliers de personnes prisonnières de Boko Haram, des jeunes filles enlevées, des villages carbonisés, l’horreur.

 

En Centrafrique, ce sera un Noël chaud, bouillant. Des groupes rebelles musulmans luttent entre eux depuis des semaines. La guerre pour le pouvoir, pour le contrôle des guérilleros est en cours… Noël tendu, plein de peur et de violence, de bombes et d’armes, qui portent leur haleine fétide jusqu’aux portes de Bangassou. Les rebelles se trouvent à 70 Km de nous. Des milliers de civils ont rejoint la mission Nzacko – où j’ai deux prêtres – fuyant l’incendie dans le nord de Bambari…

 

Noël triste dans la maison des missionnaires tuées, comme la catalane Soeur Isabel Sola, tuée à Haiti le 2 septembre, ou bien au Yémen, où, le 4 mars dernier, des milices chiites radicales ont tué quatre Missionnaires de la Charité.

 

Mais aussi Noël de joie et d’espérance pour des millions de braves gens du monde entier.

 

Noël différent parce que, dans nombre de chapelle de la jungle, dans des dizaines de pays d’Afrique, mais aussi dans des milliers de villages de la jungle du Pérou, de la Colombie et de l’Equateur, sans pollution et sans lumière, ce sera un Noël de prière et d’étonnement, parce qu’en Afrique, il n’existe pas de réveillon de Noël ou de mousseux…

Source

Et en miroir bien triste nous pouvons citer cette dépêche de l’agence Fides

Pour les enfants des rues, il n’existe pas de « réveillon de Noël » pas plus que de cadeaux. Ils vivent marginalisés, dans le froid, sous les ponts et, en l’absence de famille, ils sont exploités. A la différence de nombreux enfants qui passent ces jours de fête dans la joie, eux devront travailler pour pouvoir avoir quelque chose à manger. La pauvreté, la faim en fait des proies faciles d’abus, de violence, de crimes et de prostitution. Ces jeunes victimes non seulement sont exposées à de nombreux risques mais sont également sujettes à la discrimination, étant considérés comme des délinquants ou des mendiants. Ils sont contraints à vivre dans les rues pour différents motifs, dont la pauvreté, la violence domestique, la mort d’au moins un de leurs parents ou encore l’exode économique en direction des villes. Ils survivent en fouillant parmi les détritus afin de trouver quelque chose à manger. Parfois, ils font l’aumône et volent et souvent ils risquent de tomber dans la prostitution et la criminalité.

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